6 choses sur la rééducation du périnée

./ Flikr

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En France, toutes les nouvelles mères, ou presque, ont droit à des séances de rééducation du périnée. C’est largement conseillé, et en plus c’est remboursé. Ici, au Québec, c’est plus subtil. On suggère aux mères de « bien pratiquer leurs exercices de Kegel », et puis les cours de yoga, pilates ou autre « maman-bébé » promettent souvent un renforcement du périnée. But, that’s it. La rééducation périnéale n’est pas prise en charge par l’assurance maladie, seulement par les complémentaires, ce qui fait que de nombreuses mères sont obligées de payer de leurs poches. Pas drôle. Et puis, la rééducation, comment c’est vraiment?

  1. C’est important. Dans le genre indispensable. « Tu vois ce que c’est les couches pour femmes spéciales 45 ans et +? » m’a demandé ma kiné quand je lui ai demandé à quel point c’était important. Je vois oui.
  2. En France, ça m’a pris 8 séances à faire des « vagues », « remonter le seau du puits », « fermer les portes de l’ascenseur ». Au Québec, trois. Dont une à décortiquer mon quotidien tout entier, de mon menu au petit-déjeuner au bon fonctionnement de mes intestins, en passant par… Je suis sûre que vous pouvez imaginer.
  3. Avoir accouché par césarienne ne dispense pas de rééduquer son périnée, au contraire. Le moment où celui-ci supporte le plus, c’est durant la grossesse. Si vous avez eu une césarienne pour un bébé un peu trop lourd ou une grossesse multiple, vous êtes mille fois due pour vous rééduquer le pompon. Le pubococcygien pardon.
  4. Ça demande une pudeur niveau zéro. Imaginez une femme (un homme? Quelqu’un a fait ça avec un gars?) assise entre vos jambes et qui vous dit « Serrez mes doigts! Plus. Moins maintenant. Encore dix secondes. Je sens bien que vous ne serrez plus là… » Certes, votre pudeur en a vu d’autres. Rapport à la sortie en fanfare de votre tout-petit. Mais est-on prête à recommencer là, tout de suite?
  5. La première fois que j’ai entendu Kegel j’ai pensé à bébelle. Et puis Babel. Forcément j’ai pensé à Brad Pitt. Forcément je n’écoutais plus.
  6. Les hommes aussi ont un périnée. Siiii, j’vous jure. On va pouvoir faire du Kegel pis des vagues tous ensemble.

Alors, rééducation or not? Qu’avez-vous fait de votre côté?

-Lexie Swing-

Tatoué(s)

Old man./ Photo Jess Cheng

Old man./ Photo Jess Cheng

Je suis tatouée. Longuement. Discrètement. Mon frère l’est aussi. En couleurs. En largeur. En tapageur.

Et qu’importe les motifs et le choix, ou non, de la discrétion, nous nous sommes l’un et l’autre souvent demandé à quoi nous ressemblerons dans plusieurs dizaines d’années. Quand notre peau sera non seulement tatouée, mais aussi amochée, ridée, constellée des taches improbables que le temps semble semer.

On voit parfois passer des diapos photos de personnes relativement agées arborant bagou et peaux tatouées. Mais qui sont-elles ces personnes? D’anciens musiciens, de vieilles célébrités. Pas plus vous ou moi que la vie n’est représentée par la télé-réalité. Quel regard portera-t-on sur moi dans 40 ans, si mon chandail échancré dévoile au passage une courbe de mon tatouage?

A l’épicerie (oui je passe ma vie à l’épicerie) (merci congé maternité), il y a ce gars qui aide à mettre les courses dans les sacs. Au Canada, ce n’est pas du bénévolat, c’est un emploi rétribué largement apprécié. Et attention, j’ai déjà essayé de mettre moi-même mes courses dans mon sac et essuyé un regard désapprobateur, tout autant à cause de mon manque de civisme (je piquais le boulot de quelqu’un) que de la manière déplorable dont je rangeais mes courses. Ben oui, ça prend une formation, et non le pain de mie ça ne se met pas sous le jus de fruits pis trois cannes de haricots. Mais bref (folle digression). Ce gars donc, je l’aime bien. Il est poli, bienveillant, affable. Il a l’âge où l’amertume a souvent pris le pas sur la bienséance au nom d’un je-m’en-foutisme bien commun chez ceux que la vie n’a pas toujours épargné et qui se disent que quitte à s’emmerder, autant le faire dans les grandes largeurs et si possible à voix haute. Pourtant, ce gars-là reste gentil. Il gazouille devant la petite mandarine, propose toujours de porter mes courses et range mes produits avec un soin particulier. Il a toujours un mot gentil pour le sourire du bébé, toujours une remarque drôle sur le temps qu’il fait. J’aurais le goût de l’appeler Papi, et pas parce qu’il est âgé. Juste parce qu’il a cet humour et cette bonne humeur que je chérissais chez le mien. Il porte des petites lunettes, des cheveux parfaitement blancs et une chemise à carreaux bien repassée.

Aujourd’hui, dans la chaleur de l’effort, il avait fait deux revers bien pliés sur ces bras de chemise. Il avait la peau tachée, la peau ridée, la peau bronzée, d’ailleurs, aussi.

Pis des ENORMES TATOOS. La couleur était un peu passée. Je n’étais pas sûre de discerner les contours. D’en comprendre les dessins. Mais j’ai deviné qu’il y avait une histoire derrière. Qu’elle soit triste ou stupide, drôle ou candide, que ce soit des tatouages de m’as-tu-vu ou des pensées bouddhistes, ils me sont apparus comme une photo d’époque, un clin d’oeil à ce qu’il avait été, comme s’il portait, tatouée sur sa peau, ses jeunes années. Et j’ai trouvé ça « hot », au sens québécois du terme. J’ai trouvé ça stylé. Gonflé. J’ai admiré.

Et je me suis dit que dans quarante ans, peut-être qu’une jeune femme comme moi, peut-être que l’un de mes petits enfants, apercevra mon tatouage à la faveur d’un pull flottant. Et qu’il sourira. Comme moi.

-Lexie Swing-

Le bain libéré

Barboter les oreilles dans l'eau./ Photo DR Lexie Swing

Barboter les oreilles dans l’eau./ Photo DR Lexie Swing

Allonger le bébé au fond de la grande baignoire pour lui faire prendre son bain, nous avons fait ça pour nos deux filles. Vers 5 mois pour Miss Swing, après avoir vu des amis faire de même et leur bébé s’amuser à éclabousser partout. A deux pour la petite Mandarine, parce que lui donner le bain était devenu un challenge tant elle se tortillait, se jetant dans tous les sens pour se sortir de notre empoigne et du transat de sa baignoire préformée. Nous le pratiquions sans savoir qu’il s’agissait d’une technique validée et de plus en plus recommandée : le bain libéré (ou la motricité pendant le bain).

L’auteure Michèle Forestier l’évoque dans son livre « De la naissance au premier pas ». Le principe est simple : on met un peu d’eau au fond de la baignoire familiale, on chauffe la salle de bain à fond, on allonge bébé sur le dos et on reste tout proche.

En pratique pour la petite Mandarine, cela donne : un gant sous la tête car elle bouge bcp et je ne veux pas qu’elle se fasse mal, de l’eau qui recouvre juste ses épaules et que je réchauffe fréquemment, moi assise sur le tapis de bain avec ma main dans l’eau qui l’arrose (nous n’avons pas la possibilité de chauffer la salle de bains exclusivement alors, même si E. semble peu frileuse, je l’arrose fréquemment pour éviter qu’elle ne se refroidisse).

Les deux premières fois, elle était un peu anxieuse, en tout cas clairement circonspecte. Cela fait maintenant un mois qu’elle prend son bain ainsi et elle traverse la baignoire dans un crawl approximatif qui m’oblige à la redescendre fréquemment près du robinet puisqu’elle se retrouve coincée en haut de la baignoire. Clairement : elle adore. S’agiter en tout sens, être libre de ses mouvements, c’était ce qu’il fallait à ma petite cascadeuse. Le bain n’est plus le moment pénible qu’il était au départ quand je tentais tant bien que mal de la ceinturer d’une main sur le transat pour éviter qu’elle ne plonge la tête la première dans l’eau de sa baignoire d’enfant. En plus, j’ai mes deux mains libres pour jouer et la savonner.

Dans son livre, Michèle Forestier évoque aussi le développement du bébé vers des mouvements de plus en plus libres, découvrant l’espace autour de lui, prenant ainsi confiance en ses capacités et appréciant l’eau.

A-t-elle déjà bu la tasse? Oui. Une fois. Parce que j’avais mis trop d’eau. Les enfants de cet âge apprennent-ils de leurs erreurs ? J’en doute. Les adultes eux-mêmes en sont rarement capables. Depuis je mets moins d’eau. Et non elle n’en a pas gardé peur ou rancune (mais j’ai quand même du la sortir immédiatement ce jour là).

Il y a deux jours, grand bonheur de Miss Swing : j’ai déposé sa sœur avec elle dans le bain. Oui, j’ai encore dû sortir le bébé avant l’heure. Elle arrosait tellement sa sœur et lui mettait tellement de coups de pied que celle-ci était trempée et pressée d’en finir. Oui oui. Vous avez bien lu. Ce n’est pas parce qu’on fait 60 cm qu’on ne sait pas prendre toute la place …

-Lexie Swing-

L’effet papillon du sourire (bis)

L'effet papillon./ Photo Steven Depolo

L’effet papillon./ Photo Steven Depolo

J’en ai déjà parlé parce que je l’avais étudié : une personne à qui l’on sourit, fait un compliment ou tend la main est beaucoup plus susceptible de recréer ce même comportement (sourire, compliment, aide) qu’une personne à qui l’on n’offre rien (et a fortiori encore plus si l’on agresse cette personne, l’insulte ou l’ignore alors qu’elle a besoin d’aide, l’effet papillon fonctionne également dans le sens négatif. Plus l’on est insulté, plus on est susceptible de le faire.).

J’essaye autant que faire se peut de me ranger à cette théorie et d’offrir le maximum aux gens qui m’entourent. C’est à la fois altruiste et assez égoïste car on se sent généralement assez en paix avec soi-même après avoir offert un sourire ou un coup de main. Mais aujourd’hui j’ai vécu la situation inversée, j’ai été celle qui a recueillie la bonne humeur transmise par quelqu’un d’autre. Explications.

Me voilà à la caisse. La dame devant prend tout son temps et le mien au passage. Je ne fulmine pas. Cela ne sert à rien. J’ai été caissière et les gens qui rouspètent et se plaignent attendent toujours deux fois plus que les autres. C’est le cercle de l’agacement (et c’est toujours la caissière qui gagne). Donc je me tais et pianote sur mon téléphone. La dame agite enfin sa carte bancaire sous le nez de la caissière. Celle-ci remercie poliment. Elle a le regard las. Je le remarque. Et je ne suis pas la seule. La dame devant moi l’interpelle (tout en retirant soudainement sa carte qu’elle n’a toujours pas mise dans le lecteur, on est multitâches ou on ne l’est pas) : « Vous paraissez fatiguée…? », « Oh oui, le petit ne fait pas ses nuits…(elle raconte) et donc, j’ai des cernes, c’est affreux non? », « Mais non… », « Mais si. », « Mais non, et d’ailleurs j’ai ce qu’il vous faut, regardez! ». Et la voilà qui brandit un tube neuf de ce qui doit être une crème correctrice de cernes. « C’est la meilleure. J’en sais quelque chose je la vends. Mais je vous la donne, vous en avez bien besoin. Je sais ce que c’est un petit qui ne dort pas la nuit. Je n’ai pas la solution pour lui, mais pour votre visage, oui! » (Notre coach beauté est visiblement une fétichiste de la rime :)).

La caissière sourit. Elle semble un peu gênée mais elle est probablement très touchée. Assez pour que, mon tour venu, elle prenne le temps de feuilleter le catalogue des rabais. « Je suis sûre qu’il y avait des réductions qui allaient avec vos produits ». Je n’ai rien vu, je ne feuillette pas souvent les circulaires (je m’en sers plutôt de protection quand Miss Swing repeint le monde). Je lui dis que ce n’est pas grave, je n’ai pas de bon. « Mais si, mais si, vous n’allez pas payer en plus. Regardez, je l’ai trouvé. 3 dollars sur votre produit. Réduction immédiate. Il suffit de découper le bon. » Et la voilà qui s’éloigne en trottinant, pour revenir armée de ciseaux. Aussitôt découpé, aussitôt scanné. Trois dollars en plus dans mes poches et son sourire qu’elle me tend comme une offrande. « Passez une très belle journée Madame, une très belle, et profitez de ce soleil surtout. » J’ai saisi mon sac et son sourire, et puis je suis partie. Je n’y ai pas réfléchi mais je suis sûre qu’en sortant, je le portais sur mon visage.

J’ai souri à une dame en passant, je lui ai tenu la porte même si elle avait le temps. Le papillon flottant.

-Lexie Swing-

(Des) espoirs


Je me suis mise dans un bain. Quelque part derrière la porte, la petite mandarine sanglotait. Son papa veillait alors j’ai mis l’eau à couler. Le flot de mes pensées se diluaient dans celui du robinet. Un peu plus chaud. Jamais assez chaud. Réchauffer le froid qui saisit mon cœur.

Mon téléphone vibre. Vous avez dix amis en sécurité. En sécurité. Des amis perdus au milieu d’un état de siège. C’est la guerre à leur porte. Ils se géocalisent. Twittent leur angoisse. Relaient leur souffrance. Ils entendent des cris. Des cris qu’ils étouffent. Ce sont les leurs. Ce sont des voisins. Ce sont ceux de mon peuple, et de mes amis parisiens, pris dans les feux d’une bataille qui n’est pas la nôtre. C’est un temps de guerre. Ce n’est ni l’Afrique, ni le Moyen-Orient, ni l’insécurité des bidonvilles des pays en développement. C’est la France. C’est l’Occident. Et c’est la peur, partout.

L’eau va déborder mais je refuse de l’arrêter. Elle noie mes pensées, elle dilue mes angoisses, elle baigne les espoirs qui accompagneront mon soir.

A tous mes amis, courage. Demain se lève déjà.

-Lexie Swing-

La veilleuse qui Veille sur Toi

La veilleuse de la petite mandarine./ Photo DR Lexie Swing

La veilleuse de la petite mandarine./ Photo DR Lexie Swing

Dimanche dernier, nous avons pris la route direction Drummondville, pour faire un tour à la première édition du marché des lutins. Là-bas, un certain nombre d’exposants présentaient leurs créations pour enfants : jouets, vêtements, bavoirs, couvertures et autres. Une promenade qui m’a permis de découvrir « en vrai » plusieurs vendeuses etsy dont je possédais des items (dont mon indispensable matelas à langer nomade réalisé par Little Marine Design).

Dès la première allée, nous sommes tombés nez à nez avec les géniales veilleuses de Veille sur Toi. Le petit hibou était sur notre liste de naissance et choisi par l’une des grands-mères de la petite mandarine. Mais les mois passant, nous avons oublié de commander notre précieux. Le retrouvant juste là sous nos yeux, il nous a été impossible de reculer. Nous avons même investi dans un petit renard dans la foulée, comme cadeau de naissance d’un (chanceux) petit garçon juste né.

Ces jolies veilleuses sont réalisées en verre fusion, une matière sur laquelle l’enfant ne peut pas se brûler. Elles se branchent directement sur la prise, et peuvent même être adaptées pour les prises de certains autres pays, notamment la France. Un petit interrupteur situé sur le bas permet d’allumer et éteindre la veilleuse, ce qui met en joie Miss Swing, trop petite pour atteindre les interrupteurs classiques, qui passe son temps à faire jour-nuit-jour-nuit dans la chambre de sa soeur. Mais ce qui me plaît le plus, ce sont leurs looks. Les animaux représentés ont des jolies bouilles de personnages de livres. Vous savez, ces jolis livres. Ceux que l’on achète plus pour les illustrations que pour l’histoire. Ce sont des compagnons parfaits. Et enchanteurs.

L’histoire de la boutique aussi est belle. Karine l’a créée sur Etsy en 2013. L’an dernier, elle a remporté le prix Etsy Canada et l’une de ses veilleuses a même été choisie pour figurer (un quart de seconde seulement, selon ce qu’elle raconte avec humour) dans le film américain Southpaw (La rage au ventre, avec Jack Gyllenhaal). C’est la success story d’une vendeuse très simple, très sympathique, maman de trois enfants dont un petit dernier à peine plus âgé que la petite mandarine et qui m’a fait grâce d’un superbe sourire au marché des lutins.

La boutique Veille sur Toi sera présente au marché Nënë cette fin de semaine, et tous les jours sur Etsy.

-Lexie Swing-

Faire ses nuits

Avant le coucher./ Photo serzhile

Avant le coucher./ Photo serzhile

Je suis chanceuse. Ma première fille a fait ses nuits à un mois et demi. C’est ce que j’ai marqué dans son carnet. Un mois et demi. Je pensais que cette chance ne se représenterait pas. Je l’avais accepté. Je croisais simplement les doigts pour ne pas accoucher d’un bébé à bras, qui n’aurait bien dormi qu’à côté de moi sur mon couvre-lit. Et puis la petite mandarine, ses crises herculéennes et sa joie débonnaire ont déboulé dans notre vie. Et malgré les fameuses crises de larmes qui font trembler les murs, notre petite a tout de suite adopté son lit avec plaisir. Alors quand la nuit est venue, elle s’est endormie pour ne se réveiller que vers 3h. Un jour, ce fut 4h, puis 5, puis 6. Nous avons alors décalé le biberon du soir, le rapprochant petit à petit d’un souper normal, à mesure que les doses de lait augmentaient et que le ratio biberons-jour diminuait. Un matin, elle s’est réveillée à 8h. Le dernier biberon datait de 20h la veille. Elle avait un mois.
Je suis chanceuse. Ma première fille a fait ses nuits à un mois et demi. Ma deuxième fille a un mois. Mes filles font leurs nuits. Mais moi je ne dors pas. Je n’avais jamais pensé à ça. Je ne fais pas mes nuits. J’en suis incapable. Je suis ce nouveau-né qui se réveille 5 fois, sauf que ce n’est pas pour manger. Ma seconde maternité a décuplé ma propension à me lever la nuit. Un rien me réveille. Le chien, les ronflements, un toussotement. Je me surprends à replacer une sucette avant même qu’elle ne soit tombée, à caresser un front perlé de sueurs avant même que le cauchemar n’ait provoqué les pleurs. Entre les mouvements des uns et des autres, je me suis déjà vue me lever toutes les vingt minutes, durant une nuit entière.
Ces matins-là, je m’extirpe avec difficulté du sommeil, agacée d’avoir réalisé un marathon nocturne quand les autres baillent mollement en effaçant les dernières esquisses de leurs rêves de la nuit. Pourtant, j’ai le sommeil facile. Quand l’amoureux est incapable de se rendormir après « l’appel à la suce » de 5h du matin, je me rendors aussi bien à minuit qu’à 3h. Mais je me réveille avec tout autant de facilité, comme ses mamans animaux dont on vante l’abnégation quand elles dorment l’œil ouvert pour protéger leurs petits.
A 29 ans, je ne fais pas mes nuits. Mais mes filles oui.

-Lexie Swing-

La ritournelle

Entre soeurs./ Photo DR Lexie Swing

Entre soeurs./ Photo DR Lexie Swing

Pas comme ça. Pas cette tuque. Laisse ces chaussons. Non, ce ne sont pas les chaussons de bébé. Ce sont ceux-là les chaussons de bébé. Où as-tu pris ces chaussettes? Et cette couche, à qui est cette couche? On avait dit que c’était la dernière. Tu peux aller me chercher une couche? Sa tuque? Ses chaussons? Occupe-là. Raconte-lui une histoire. Tu peux lui chanter une chanson? Je suis sûre qu’elle aimerait une chanson. Maman doit faire la vaisselle, peux-tu veiller sur elle? Que fait-elle? Elle a sa suce? Ne touche pas sa suce. Ne touche pas sa suce. Ne touche pas sa suce! J’avais dit quoi pour la suce? Non je dois laver la suce maintenant. Tu as mis tes doigts dessus. Si, il y a des « microkes » sur tes doigts. Non, pas des microkes de nez. Du moins, je n’espère pas. Voilà j’ai lavé la suce. Tu peux aller me chercher la suce? Fais-lui une caresse. Non, pas sur la tête. Pas sur les joues. Tu ne t’es pas lavé les mains. Sur la bouche encore moins. Sur le pied, oui, tu peux. Sur la main d’accord, mais viens on va laver les tiennes. Un câlin? Si tu veux, mais je la tiens. Non, tu ne peux pas la prendre encore. Tu es trop petite. Ok, mais assieds-toi. Non, pas comme ça. Soutiens-là. Tiens-là bien. Regarde, elle te sourit. Elle t’aime tu sais. Elle t’aime déjà. C’est précieux ce qu’il y a entre elle et toi…

-Lexie Swing-

La publicité qui interroge

./ Photo Famili

./ Photo Famili

Il y a toujours un article, une émission, une photo, qui nous fait nous interroger sur ce que nous sommes et ce que nous souhaitons. Comme cet article récent sur une Instagrameuse accomplie qui a choisi brutalement de dénoncer la « perversité » des médias sociaux en révélant l’envers du décor de ses photos.

Pour ma part, c’est une publicité récente d’Ikea qui m’a fait réfléchir. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une publicité à proprement parler, mais d’un projet vidéo d’Ikea visant à faire parler de la grande chaîne. Les réactions des enfants et parents filmés sont censées être honnêtes, mais comme je ne peux en attester, je préfère voir ça comme une publicité. Ce qui ne change rien au message qu’elle véhicule.

 

Dans le cadre de ce projet vidéo intitulé « The other letter », Ikea fait intervenir dix familles. Parents et enfants sont séparés. Individuellement, les enfants sont amenés à écrire une lettre au Père Noël. Puis une seconde à leurs parents. « Que voudrais-tu demander à tes parents pour Noël? » interroge une voix derrière la caméra. Les enfants flanchent un peu puis retrouvent l’inspiration, pour une ligne ou deux, pas plus. Face caméra, les parents découvrent ensuite la lettre qui leur est destinée. Emotion, culpabilité, sourires, larmes, je vous passe les réactions parfois mièvres, mais les mots sont là. Pour Noël, ces enfants voudraient plus de temps avec leurs parents, plus de soupers en famille, plus de parties de jeu. L’un demande à sa maman de jouer au soccer avec lui, quand d’autres aimeraient plus de sorties familiales. Une maman résume la pensée de tous : « On voudrait leur donner le meilleur, on est prêt à dépenser des fortunes alors qu’on a déjà tout ce qu’ils veulent vraiment, en nous ».

On connaît tous l’histoire de l’enfant très riche dont les parents travaillent beaucoup et qui le couvrent de cadeaux pour remplir le gouffre de la culpabilité de laisser leur gamin unique dans une maison immense administrée par une nanny qu’il considère comme sa mère puisqu’elle est la seule à lui donner un peu d’amour. C’est un scénario mille fois repris, qui a déjà bien rempli les poches de Disney Channel.

Mais il y a un peu de vrai (beaucoup, en fait) dans ceci. Quand on regarde en arrière, ce ne sont pas nos dizaines de cadeaux de Noël qui nous restent en mémoire, mais le moment où on les a ouvert, un sourire sur un visage, une chanson qui faisait la tradition familiale, ou une tourte aux pommes spéciale. Il y a bien longtemps que j’ai remisé ma gameboy et mes Polly Pocket, mais les instants restent, eux.

Faible que je suis… J’ai visionné la vidéo quelque temps avant d’aller chercher Miss Swing à la garderie. Son papa devait rentrer un peu tard. Nous avions prévu de la faire dîner seule, du coup. Mais qu’est-ce qui était vraiment important? Qu’elle goûte en rentrant, quitte à souper une heure plus tard que d’habitude, ou qu’elle suive son train-train mais soupe seule devant son assiette et ne voit guère son père?

En rentrant, j’ai repoussé l’ordinateur, j’ai éloigné le téléphone, je me suis assise sur le banc à côté d’elle. A ses côtés, j’ai empoigné un crayon de couleur pour colorier le chapeau d’une sorcière (rapport à l’Halloween de la semaine dernière). Elle a dessiné, sa hanche contre la mienne, tandis que la petite mandarine l’observait, perchée sur le genou opposé. Elle m’a regardé tenir mon crayon (mal d’ordinaire, mais pour une fois je faisais un effort). Elle m’a demandé de lui placer le sien pareil. Ensuite, elle l’a fait seule. J’ai gagné un joli moment, dont je me souviendrais sûrement encore dans quelques mois. Elle, elle oubliera peut-être. Mais elle se souviendra du sentiment, de l’impression de partage. Je le sais, parce qu’en se levant elle m’a dit « Maman et moi on a dessiné hier. J’ai fait la maman et elle a fait le papa ». Oui, la grosse sorcière large d’épaules était un papa, et la petite aux cheveux filasses une maman.

Il va falloir qu’on ait une discussion.

-Lexie Swing-

Le congé parental au Québec : en profiter?

En pleine découverte./ Photo DR Lexie Swing

En pleine découverte./ Photo DR Lexie Swing

Le Québec possède quelque chose que le monde occidental nous envie (sauf les nordiques, je suis sûre que les nordiques ont inventé un truc mieux encore) : le congé parental bien rémunéré. Les prestations se présentent ainsi :

Congé maternité :

  • 18 semaines (congé long) rémunérées 70% de votre revenu hebdomadaire moyen.
  • 15 semaines (congé court) rémunérées 75% de votre revenu hebdomadaire moyen.

Congé paternité :

  • 5 semaines (congé long) rémunérées 70% de votre revenu hebdomadaire moyen.
  • 3 semaines (congé court) rémunérées 75% de votre revenu hebdomadaire moyen.

L’avantage par rapport aux autres pays, c’est ce qui suit : le congé parental. Un congé pris par la majorité des parents, bien ancré dans la conscience collective et qui est généralement (mais pas universellement, faut pas déconner) bien admis par les employeurs.

Congé parental (partageable entre les deux parents) :

  • 32 semaines (congé long) dont 7 semaines payées à 70 % et 25 semaines payées à 55%
  • 25 semaines (court court) payées à 75%.

Le congé long permet donc à la famille qui le choisit de garder son enfant pratiquement jusqu’à ses un an, en admettant que la mère se soit arrêtée de travailler juste avant la naissance (il n’y pas de moment type pour s’arrêter, c’est au choix de la mère et/ou du médecin).

Pour notre part, nous avons fait le choix du congé court, mieux rémunéré. Nous l’avons également partagé. Aux 6 mois de la petite mandarine, je passerai la main à son papa pour reprendre le travail. Il s’en occupera à temps plein jusqu’à fin avril, date à laquelle elle prendra le chemin de la garderie (pour laquelle nous venons d’obtenir une place, hourra!).

Et vous, Québécoises, quel choix avez-vous fait? Et autour de la planète, ça donne quoi les congés maternité/paternité/parentaux?

-Lexie Swing-