La publicité qui interroge

./ Photo Famili

./ Photo Famili

Il y a toujours un article, une émission, une photo, qui nous fait nous interroger sur ce que nous sommes et ce que nous souhaitons. Comme cet article récent sur une Instagrameuse accomplie qui a choisi brutalement de dénoncer la « perversité » des médias sociaux en révélant l’envers du décor de ses photos.

Pour ma part, c’est une publicité récente d’Ikea qui m’a fait réfléchir. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une publicité à proprement parler, mais d’un projet vidéo d’Ikea visant à faire parler de la grande chaîne. Les réactions des enfants et parents filmés sont censées être honnêtes, mais comme je ne peux en attester, je préfère voir ça comme une publicité. Ce qui ne change rien au message qu’elle véhicule.

 

Dans le cadre de ce projet vidéo intitulé « The other letter », Ikea fait intervenir dix familles. Parents et enfants sont séparés. Individuellement, les enfants sont amenés à écrire une lettre au Père Noël. Puis une seconde à leurs parents. « Que voudrais-tu demander à tes parents pour Noël? » interroge une voix derrière la caméra. Les enfants flanchent un peu puis retrouvent l’inspiration, pour une ligne ou deux, pas plus. Face caméra, les parents découvrent ensuite la lettre qui leur est destinée. Emotion, culpabilité, sourires, larmes, je vous passe les réactions parfois mièvres, mais les mots sont là. Pour Noël, ces enfants voudraient plus de temps avec leurs parents, plus de soupers en famille, plus de parties de jeu. L’un demande à sa maman de jouer au soccer avec lui, quand d’autres aimeraient plus de sorties familiales. Une maman résume la pensée de tous : « On voudrait leur donner le meilleur, on est prêt à dépenser des fortunes alors qu’on a déjà tout ce qu’ils veulent vraiment, en nous ».

On connaît tous l’histoire de l’enfant très riche dont les parents travaillent beaucoup et qui le couvrent de cadeaux pour remplir le gouffre de la culpabilité de laisser leur gamin unique dans une maison immense administrée par une nanny qu’il considère comme sa mère puisqu’elle est la seule à lui donner un peu d’amour. C’est un scénario mille fois repris, qui a déjà bien rempli les poches de Disney Channel.

Mais il y a un peu de vrai (beaucoup, en fait) dans ceci. Quand on regarde en arrière, ce ne sont pas nos dizaines de cadeaux de Noël qui nous restent en mémoire, mais le moment où on les a ouvert, un sourire sur un visage, une chanson qui faisait la tradition familiale, ou une tourte aux pommes spéciale. Il y a bien longtemps que j’ai remisé ma gameboy et mes Polly Pocket, mais les instants restent, eux.

Faible que je suis… J’ai visionné la vidéo quelque temps avant d’aller chercher Miss Swing à la garderie. Son papa devait rentrer un peu tard. Nous avions prévu de la faire dîner seule, du coup. Mais qu’est-ce qui était vraiment important? Qu’elle goûte en rentrant, quitte à souper une heure plus tard que d’habitude, ou qu’elle suive son train-train mais soupe seule devant son assiette et ne voit guère son père?

En rentrant, j’ai repoussé l’ordinateur, j’ai éloigné le téléphone, je me suis assise sur le banc à côté d’elle. A ses côtés, j’ai empoigné un crayon de couleur pour colorier le chapeau d’une sorcière (rapport à l’Halloween de la semaine dernière). Elle a dessiné, sa hanche contre la mienne, tandis que la petite mandarine l’observait, perchée sur le genou opposé. Elle m’a regardé tenir mon crayon (mal d’ordinaire, mais pour une fois je faisais un effort). Elle m’a demandé de lui placer le sien pareil. Ensuite, elle l’a fait seule. J’ai gagné un joli moment, dont je me souviendrais sûrement encore dans quelques mois. Elle, elle oubliera peut-être. Mais elle se souviendra du sentiment, de l’impression de partage. Je le sais, parce qu’en se levant elle m’a dit « Maman et moi on a dessiné hier. J’ai fait la maman et elle a fait le papa ». Oui, la grosse sorcière large d’épaules était un papa, et la petite aux cheveux filasses une maman.

Il va falloir qu’on ait une discussion.

-Lexie Swing-

Le congé parental au Québec : en profiter?

En pleine découverte./ Photo DR Lexie Swing

En pleine découverte./ Photo DR Lexie Swing

Le Québec possède quelque chose que le monde occidental nous envie (sauf les nordiques, je suis sûre que les nordiques ont inventé un truc mieux encore) : le congé parental bien rémunéré. Les prestations se présentent ainsi :

Congé maternité :

  • 18 semaines (congé long) rémunérées 70% de votre revenu hebdomadaire moyen.
  • 15 semaines (congé court) rémunérées 75% de votre revenu hebdomadaire moyen.

Congé paternité :

  • 5 semaines (congé long) rémunérées 70% de votre revenu hebdomadaire moyen.
  • 3 semaines (congé court) rémunérées 75% de votre revenu hebdomadaire moyen.

L’avantage par rapport aux autres pays, c’est ce qui suit : le congé parental. Un congé pris par la majorité des parents, bien ancré dans la conscience collective et qui est généralement (mais pas universellement, faut pas déconner) bien admis par les employeurs.

Congé parental (partageable entre les deux parents) :

  • 32 semaines (congé long) dont 7 semaines payées à 70 % et 25 semaines payées à 55%
  • 25 semaines (court court) payées à 75%.

Le congé long permet donc à la famille qui le choisit de garder son enfant pratiquement jusqu’à ses un an, en admettant que la mère se soit arrêtée de travailler juste avant la naissance (il n’y pas de moment type pour s’arrêter, c’est au choix de la mère et/ou du médecin).

Pour notre part, nous avons fait le choix du congé court, mieux rémunéré. Nous l’avons également partagé. Aux 6 mois de la petite mandarine, je passerai la main à son papa pour reprendre le travail. Il s’en occupera à temps plein jusqu’à fin avril, date à laquelle elle prendra le chemin de la garderie (pour laquelle nous venons d’obtenir une place, hourra!).

Et vous, Québécoises, quel choix avez-vous fait? Et autour de la planète, ça donne quoi les congés maternité/paternité/parentaux?

-Lexie Swing-

Mon petit cuisinier de l’Halloween

Pour son premier Halloween, Miss Swing était déguisée en lion (mon plaisir). Pour son deuxième, grâce à une team d’amies, ma belle s’est retrouvée avec un très beau costume de Petit Chaperon Rouge, incluant le loup et mère-grand.

Cette année, je voulais lui faire plaisir tout en tuant dans l’oeuf toute envie de déguisement de princesse (joke)(or not). Un soir j’ai été saisie d’une idée qui m’a semblé lumineuse : un déguisement de petit chef. Elle parlait depuis longtemps d’avoir son propre tablier. L’occasion était parfaite d’en faire réaliser un personnalisé et sur-mesure.

La toque assortie./ Photo DR Lexie Swing

La toque assortie./ Photo DR Lexie Swing

Après quelques recherches sur Etsy, je suis tombée sur la page d’une couturière québécoise qui proposait exactement ce que je recherchais. Elle suggérait de lui envoyer un courriel pour soumettre nos préférences. Au final, ce n’est pas un mais une dizaine de courriels que nous avons échangés, tandis qu’elle me suggérait des couleurs et des motifs, ou m’interrogeait sur la personnalisation du tablier.

Le tablier replié par mes soins./ Photo DR Lexie Swing

Le tablier replié par mes soins./ Photo DR Lexie Swing

Son service a été parfait. Sa rapidité d’exécution incroyable. Son travail… Superbe! Le tablier n’a rien à envier aux grandes marques de la couture. Il est personnalisé d’un bouton de bois marqué « Chef B… » et Julie a réalisé une toque assortie au tablier. J’ai fait quelques points de couture sur l’ensemble car il a été confectionné pour lui aller plusieurs années et je ne voulais pas qu’elle s’empêtre dans le bas en jouant avec ses amis, ce matin, à la garderie. En tout cas, aux dires de son papa, lorsqu’elle a passé la porte, elle a largement remporté les suffrages…

La boutique de Julie, nommée « Ça, c’est à moi » est à découvrir sur Etsy.

-Lexie Swing-

Carnets de bord

Late writing./ Photo Terry Brock

Late writing./ Photo Terry Brock

Il y a tout dedans. Toutes les aventures de mes petites moussaillonnes. Leurs premiers sourires, leurs premières dents, leurs tailles, leurs chansons préférés et les livres que nous lisons. Il y a aussi mes impressions et la liste des noms que nous avions retenus. Aussi souvent que possible, je leur raconte. Comment c’est la vie, ce que nous faisons comme travail, qui est venu en visite et leurs jeux du moment. Parfois je leur pose la question : « Qui es-tu au moment où tu me lis? A quoi ressembles-tu? Et à quoi penses-tu? »

Ce sont leurs carnets de bord. Tout à la fois contextuel et émotionnel. J’y note le nom du premier ministre et la couleur de leur chandail préféré. Je veux me rappeler. Et je veux qu’elles puissent se nourrir des détails de leur enfance, comme je le fais avec la mienne, tannant ma mère pour en savoir plus. Qui étais-je? A qui ressemblais-je? Est-ce que je dormais bien? Est-ce que j’étais petite, ou grande? Etais-je timide? Extravertie? Qui était ma meilleure amie?

Lorsqu’on devient parent, le besoin de retrouver l’enfant qu’on était devient pressant. Moi j’aime bien comparer, me référer. Sont-elles comme moi? Ont-elles les mêmes habitudes? De qui ont-elles hérité ce goût pour le sommeil? Je suis chanceuse, ma maman est là pour égayer mes souvenirs. Mais j’ai beau frapper de la phalange le bois de ma table à dîner, je ne peux leur assurer que je serais là, toujours, pour leur raconter. Alors je leur écris. Et de temps en temps, je plonge dans leurs carnets pour en retirer une date, une mensuration. Nul besoin de fouiller à la recherche du carnet de santé, j’ai mon mémo personnel. Les dates y sont précises, les impressions franches. Et je garde précieusement ce petit bout de leur enfance, avant de le leur transmettre.

Et vous? Album photo? Carnet ? Boîte à souvenirs? Avez-vous fait quelque chose?

– Lexie Swing-

30 bougies à souffler

Happy Birthday./

Happy Birthday./

30. Ça fait un paquet 30. Ton souffle tiendra-t-il jusque là? Quel vœu feras-tu? Hier je suis sortie de la salle de bain, j’ai embrassé du regard notre maison que tu améliores petit à petit, notre bébé endormi dans son petit lit, notre grande fille accroupie près du chien, les genoux déjà plein de poils dans la douceur du matin. Sur le pas de la porte, nous parlions de ton travail. Je souriais. Tu souriais. Quel voeu feras-tu? Nous avons déjà tout…

En quelques années, la vie s’est accélérée. D’étudiants, de prétendants à des jobines, nous sommes devenus des professionnels. De jeune couple, nous sommes devenus une famille. Et au matin de tes 30 ans, nous ne pouvons que constater : nous avons réussi à avoir la vie que l’on voulait.

Tu as gagné des cheveux et des poils au menton. Peu d’hommes peuvent s’en targuer. Tu es bien plus grand aussi que le petit bonhomme que j’ai rencontré il y a 15 ans. Sais-tu cela? Nous aurons désormais passé plus d’années à nous connaître que dans l’ignorance l’un de l’autre. Cette année, celle de tes 30 ans. C’est un signe, tu crois?

Je ne suis pas sûre que tu sois de ceux pour qui le cap de la trentaine était angoissant. Mais si quelques relents d’inquiétude flottent dans ton air, sache ceci : les meilleures années arrivent.

Mon amour, à 23h55, heure française, tu auras 30 ans. Tu attaques une nouvelle dizaine, les bras plus chargés, l’esprit plus encombré, le coeur plus large encore mais l’horizon définitivement plus lumineux.

Joyeux anniversaire.

-T.-

 

Le goût chez l’enfant : et la diversification?

Diversification autonome./ Photo Ani-Bee

Diversification autonome./ Photo Ani-Bee

Il y autant de modèles de diversification que de cultures, de tendances ou encore de pays. Quand nous avons commencé la diversification, nous étions encore en France. C’était l’été et nous avions fait goûter à la miss ses toutes premières cuillères : des carottes en purée. Arrivés un mois et demi plus tard au Canada, nous avions quelques aliments de retard, n’en déplaise aux médecins canadiens qui recommandent les céréales en premier lieu.

Chacun fait finalement comme bon lui semble, en accord avec ses propres idées. De notre côté, nous avons choisi de :

  1. Ne pas commencer par les céréales. Les céréales sont plutôt pauvres en goût et ont souvent pour mission de rassasier les petits gloutons. A moins que la petite mandarine ne se révèle un enfant soudainement affamé, nous nous en tiendrons au « plan initial ».
  2. Commencer vers 5 mois. Selon les guides français et canadien, la diversification devrait commencer entre 4 mois révolus (l’enfant fête donc son 5e mois) et 6 mois révolus. Pour miss Swing, nous avions coupé la poire en deux. Elle n’était pas spécialement intéressée par la nourriture, mais en bons parents-pour-la-première-fois, nous avions hâte de lui faire goûter toutes sortes de légumes. Si la petite mandarine montre de l’intérêt pour la nourriture avant cela, nul doute que nous testerons quelques légumes et fruits. Après tout, c’est LE premier signe que l’enfant est prêt.
  3. Lui faire boire l’eau de cuisson des légumes. Cela peut sembler scabreux de prime abord, et pourtant. A partir du 5e mois (un mois avant de commencer la diversification donc), nous avons acheté des légumes bios que nous faisions cuire à l’eau. Avec cette eau, nous préparions nos biberons (et nous mangions nos légumes cuits à l’eau donc ;)) (ceci dit, ça peut-être l’occasion de préparer et congeler quelques purées). L’idée est de préparer le corps du bébé à recevoir les nutriments lors de la future diversification. Elle vient de l’homéopathe de mon amie A., si mon souvenir est bon, et elle se tient.
  4. Faire « trois jours ». Donner le même aliment plusieurs jours de suite, c’est s’assurer que l’enfant n’y est pas allergique. Car si certaines allergies interviennent immédiatement, d’autres peuvent mettre plus de temps à se déclarer. Et quid alors de l’aliment à incriminer?
  5. Oublier les patates. L’amidon de la pomme de terre est dur à digérer pour un nouveau-né. Pourtant, les médecins français recommandent volontiers de proposer des purées « légumes et patates ». Nous avons donc dit « oui oui » à notre médecin tout en pensant le contraire. Et nous avons effectivement fait le contraire.
  6. Tout tester. Au Canada, on recommande aujourd’hui d’introduire le plus tôt possible des aliments qui, hier, étaient introduits très tard car réputés très allergènes. Comme la plupart des pays occidentaux sont en train de rejoindre le Canada sur ce point, nous suivrons la tendance en introduisant arachides et autres fruits tropicaux dès les premiers mois de la diversification.
  7. Donner des purées. Je me suis intéressée à la diversification autonome, durant laquelle l’enfant découvre les aliments, en morceaux, par lui-même, et j’ai trouvé le principe très pertinent. De nombreux exemples montrent aujourd’hui qu’il s’agit d’une excellente façon de faire découvrir de nouveaux goûts à l’enfant. Pour autant, c’est un principe que nous n’appliquerons pas car il ne convient pas à notre mode de vie, ni d’ailleurs à notre degré de patience. Nous sommes tous deux des obsessionnels des miettes sur la table, nous peinons à garder notre calme lorsque la miss échappe des morceaux saucés, nous avons une peur bleue de l’étouffement (nous avons attendu les un an et de nombreuses dents de Miss Swing pour lui donner un morceau de pain), la garderie où elle commencera à 8 mois donne les repas à la cuillère… bref, les conditions ne sont pas vraiment réunies pour tester la diversification autonome de notre côté (même s’il y a une évidente mauvaise volonté parentale de notre bord).

Je crois qu’il est indispensable de donner la chance à l’enfant de découvrir le vrai goût des choses : une carotte sans sel, une compote sans sucre (ajouté), un yogourt sans arômes. On a trop tendance à adapter nos propres goûts et à les reproduire sur notre enfant, au motif qu’il ne pourra aimer les sardines ou le yaourt sans sucre puisque nous-mêmes sommes bien incapables d’en manger. C’est comme le couvrir systématiquement sous prétexte que l’on porte toujours un pull ou bien le faire dormir avec une veilleuse parce que les enfants ont peur du noir. Il y a toutes sortes d’enfants. Et certains n’aiment pas le chocolat.

Et chez vous, quelle diversification? A la cuillère? Autonome? A partir de quel âge? Qu’avez-vous introduit plus tard?

-Lexie Swing-

Cours de cuisine pour enfants

Petit chef./

Petit chef./

Lorsqu’on a un enfant, on aspire à passer du temps seul avec lui. A fortiori encore plus lorsqu’il est au coeur d’une fratrie et que tous les pedopsys de la terre recommandent de passer du temps de qualité avec chacun d’eux. Pas évident, en effet, de passer de bons moments lorsqu’il faut jongler tous les jours avec le rangement, le ménage, les devoirs, les cris du premier, les pleurs du deuxième. On voudrait bien faire mais rapidement l’attention dérape. Et puis, ce n’est pas toujours drôle pour un parent de jouer à la poupée ou de faire des puzzles niveau 3+.

Je suis d’avis que, si l’on veut partager une activité avec son enfant, il est important d’en choisir une qui plaise aux deux, et pas seulement chercher quelque chose qui plaira à sa progéniture en se pliant à ses desiderata. Faire quelque chose pour son gamin, c’est bien, faire quelque chose pour vous deux, c’est encore mieux.

Chez nous, faire la cuisine est un plaisir. C’était déjà quelque chose qui nous plaisait en tant que couple, et nous l’avons transmis, je crois, à notre fille. J’aime peut-être ça un peu plus que Mr Swing, en tout cas je m’y plie plus volontiers. C’est pourquoi j’ai pensé que partager un cours de cuisine mère-fille serait sûrement une bonne idée. Pour le moment nous cuisinons ensemble à la maison, car à deux ans et demi elle n’a pas encore l’âge requis. Mais j’ai découvert avec plaisir que l’école culinaire du Provigo de Saint-Bruno proposait des cours dès 3 ans. Il y a fort à parier que les chefs nous verrons débarquer dès février!

En attendant, voici quelques adresses pour les parents qui aimeraient apprendre à cuisiner avec leurs enfants. J’en ai trouvé beaucoup plus en France qu’au Québec. J’ignore si seul le référencement de Google en est la cause, ou si l’offre est définitivement moins importante.

Au Québec :

En France :

Listes non exhaustives, n’hésitez pas à communiquer vos bonnes adresses!

 

-Lexie Swing-

Le goût chez l’enfant : comment lui faire manger de tout?

Souper./ Photo Natasha Mileshina

Souper./ Photo Natasha Mileshina

Je pose la question mais je n’ai pas la réponse. Je n’ai que des pistes de réponses. Le goût de chaque individu lui est propre, et les enfants habitués à manger exactement les mêmes plats développeront parfois des goûts diamétralement opposés, l’un préférant le sucré, quand le second ne jurera que par la charcuterie. Il s’agit moins d’une habitude que d’une conséquence physiologique.

Mais comment faire en sorte que, sans prétendre lui faire « aimer » tout, on le pousse à manger le plus de choses possibles. Je ne prétends à aucune expertise, si ce n’est celle-ci : je suis l’enfant qui n’aimait rien. Votre pire cauchemar de parents. Celui avec qui chaque dîner est une foire, et chaque sortie au restaurant une crise de nerfs. L’enfant avec qui vous n’irez jamais en Asie parce qu’il ne mange ni le riz, ni les sauces, ni le « mélangé ». L’enfant qui fait une crise quand la sauce de la viande a touché la purée mousseline. Pour qui il faut demander un hamburger « nature » dans les fast-food avec l’échange surprenant que l’on sait (« Nature s’il-vous-plaît. », « Nature? Sans rien? », « Sans rien », « Sans le steak? », « Non avec le steak quand même »). Ou renvoyer une énième fois un plat de pâtes parce que « pâtes nature » pour les Italiens impliquent forcément des herbes dessus, et que l’enfant difficile ne mange pas les pâtes avec des herbes dessus (il les mange avec du Pavé d’Affinois).

Je pourrais continuer sur des lignes et des lignes ainsi. J’ai commencé à manger des tomates vers 12 ans, des oeufs sur le plat vers 14 (j’aimais les oeufs, mais pas sur le plat. Pourquoi? Mystère), le fromage de chèvre à peu près au même moment… Vers 20 ans, j’ai commencé à ajouter de la sauce dans la salade verte, puis enfin passé l’étape du riz à 22 avant d’accepter de manger des pâtes à la sauce tomate quelques années plus tard. Votre pire cauchemar, je dis.

Avec le recul, je me rends compte de la galère que ça a été pour mes parents, pour mon grand frère qui ne pouvait jamais choisir un restaurant, pour la famille qui me gardait en vacances, et pour moi-même, terrifiée de devoir dîner chez des gens que je connaissais pas, et devoir faire honneur à du foie de veau, des brocolis ou encore du boudin. J’ai voulu épargner à ma fille (celle qui mange autre chose que du lait) mes difficultés. Alors très tôt, je me suis plongée dans le petit guide du « tout faire manger à votre enfant », et j’ai su qu’il n’y avait pas de solution.

Mais qu’il y avait des possibilités.

  1. De deuxième plat jamais tu ne feras. C’est un principe établi. A moins d’avoir un enfant dont le goût est déjà bien marqué et qui mange presque de tout. On peut alors lui proposer un plat qu’il aime le jour où ses parents ont décidé de s’offrir des petites douceurs pour le repas du soir (généralement : des huîtres). Pour tous les autres, on oublie le deuxième plat. On goûte une bouchée, une seule. Il n’aime pas? Ce n’est pas grave. Il mangera au repas suivant. Non il ne mourra pas de faim.
  2. Dix fois tu reproposeras. Le goût d’un enfant se développe lentement. Des choses qu’il mangeait bien (exemple : les carottes) peuvent devenir son pire ennemi, quand il se mettra soudainement à aimer les champignons. Les spécialistes estiment qu’une dizaine de tentatives peuvent être nécessaires avant que l’enfant décide que « finalement, c’est bon ». Et quelque chose qu’il n’aimait pas à 5 ans peut soudainement devenir agréable à son palais à 10 (j’en suis la preuve).
  3. De dessert tu ne priveras pas. Il est mieux de ne jamais faire de la nourriture un enjeu, pour éviter des dérapages à l’adolescence vers les troubles alimentaires. L’enfant ne veut pas manger son plat, même après avoir goûté une bouchée? Il attend à table et prend ensuite son yogourt avec tout le monde. On ne menace pas « si tu ne manges pas tu seras privé de dessert ». Par contre on ne lui file pas deux petits suisses et la moitié du brie au motif que « le pauvre petit va avoir faim ». La dose normale. Il se rattrapera au prochain repas on a dit.
  4. Resservir tu oublieras. On ne ressert pas le même plat au goûter à son enfant, ni le soir. Et d’ailleurs on ne le laisse pas des heures devant en espérant qu’il finisse. Qu’espérez-vous en réalité?
  5. Décorer le plat tu feras. Il y a mille façons d’appâter l’enfant, en dessinant un bonhomme dans ses asperges ou des avions dans ses saucisses. On peut aussi dissimuler les légumes maudits dans une panure légère, noyer le poisson dans de la purée (ça fait de la brandade) (je déteste toujours ça)… Il y a  plein d’idées!
  6. Cuisiner avec lui tu essaieras. Faire cuisiner l’enfant est l’un des actes positifs à faire pour l’aider à apprécier la nourriture. Il sera plus enclin à goûter le plat qu’il a lui-même préparé. Il appréhendera aussi différemment la nourriture, les repas, etc. Et puis vous créerez peut-être une vocation.
  7. Un plat spécial tu ne commanderas pas. J’ai lu il y a quelques années le témoignage d’un chef français qui disait que, selon lui, on faisait une erreur en commandant des menus pour enfants dans les restos. Souvent, ceux-ci sont en effet des plats « faciles » : pâtes, poulet, etc. Les enfants ne font donc pas l’expérience culinaire que l’on réserve souvent à un moment au restaurant. Je trouve cependant sympa que les enfants puissent manger ce dont ils ont envie au restaurant, histoire que ce soit un moment agréable pour tous. Ceci dit, l’avis de ce chef est intéressant. Comme Miss Swing mange des petites quantités, nous avons renoncé à lui commander des menus enfants pour le moment. Nous demandons plutôt une petite assiette supplémentaire, dans laquelle nous lui mettons ce qu’elle désire de nos propres plats. C’est ainsi qu’elle a découvert les crevettes (son grand-père n’a pas pu y goûter lui), la moutarde, le poulet curry, etc. A tester donc, au moins de temps en temps. Ledit chef suggérait aussi, pour un enfant plus grand qui aime la gastronomie, de lui faire faire une assiette spéciale (par là entendez « plus petite ») avec un plat de la carte.

Le point 4 m’inspire d’ailleurs quelque chose. Demandez-vous ce que vous attendez de l’apprentissage du goût. Voulez-vous que votre enfant mange? Aime? Goûte? Vous obéisse? Un enfant que l’on laisse des heures devant son plat avec les pires menaces n’apprendra pas pour autant à aimer un plat. Il ne l’aimera toujours pas la fois suivante, même si vous lui mettez de force dans la bouche, et il y a fort à parier que le plat le dégoûtera encore plus. La nourriture doit se découvrir et s’apprécier, car elle est un élément important de notre vie. Pour notre propre survie, bien sûr mais aussi pour tout ce qu’elle véhicule : le plaisir, le partage, les moments entre amis ou en famille.

-Lexie Swing-

 

Goût, enfants et cuisine : le gâteau à 4 mains

Gâteau chocolat-noix de coco./ Photo DR Lexie Swing

Gâteau chocolat-noix de coco./ Photo DR Lexie Swing

Je lance ma semaine cuisine, goût et enfants. Parce que développer le goût, c’est important. La vache, j’aurais pu bosser pour mangerbouger.fr…

Dimanche, Miss Swing, vêtue de son plus beau tablier (à découvrir vendredi!!), a retroussé ses manches pour nous concocter un dessert. En vérité, il était « pour papa » mais celui-ci ne goûtant rien du tout à cause d’un rhume carabiné, je me suis sacrifiée de bonne grâce pour le tester. Le gâteau du jour : noix de coco – chocolat. D’une simplicité enfantine donc. Et une super idée pour un moment de cuisine parents – enfants. La recette d’origine est issue de ce site. Je voulais que nous réalisions ensemble un gâteau qui soit bon (ça va de soi), mais aussi présentable pour un repas un peu chic, facile à réaliser pour un enfant, et avec une partie réservée à l’adulte (pour la touche « à 4 mains »). Le voici.

Ingrédients :

  •  2 œufs
  • une tasse de sucre
  • une tasse de farine
  • 1/2 tasse de lait
  • 1/4 de cuillère à thé de vanille liquide
  • 15 ml de beurre
  • 1/2 cuillère à thé de poudre à pâte (levure)
  • Une tasse de grosses pépites de chocolat ou de pistoles

Glaçage

  • 1/2 tasse de cassonnade
  • 1/2 tasse de noix de coco rapée
  • 45 ml de beurre
  • 60 ml de lait

Couvrez l’enfant. Couvrez la table. Couvrez le sol. Couvrez le chien.

Armez l’enfant d’un fouet à sa taille, et c’est parti.

Préchauffez votre four à 340° F ou 170°C.

Cassez les œufs dans un cul-de-poule, et laissez votre petit ajoutez le sucre. Battez la préparation. Lui d’abord, pour mélanger. Vous ensuite, pour obtenir un mélange mousseux.

Faites chauffer le beurre 30 secondes par 30 secondes au micro-ondes dans un bol. Ajoutez le lait et la vanille, et aidez votre enfant à verser précautionneusement le tout dans le cul-de-poule. Laissez-le mélanger. Ajoutez « plus vite » quand il faiblit (au bout de 4 secondes généralement).

Incorporez progressivement le mélange farine-levure au mélange liquide. Le deal? Au début, vous versez, l’enfant mélange. Ensuite vous échangez. La tendance voudra que votre tout petit verse d’un coup la fin malgré les « doucement » que vous répétez, vous serez alors bien avisé de fouetter nerveusement votre préparation afin d’éviter les grumeaux.

Laissez-le ajouter les pépites de chocolat, veillez à ce qu’il n’ait pas déjà mangé la moitié du paquet et anticipez en lui proposant quelques morceaux au préalable. Versez la préparation dans un moule à gâteau beurré (ou recouvert de papier sulfurisé pour ma part). Rendez le cul-de-poule à votre cuisinier en herbe afin qu’il fasse ce que tout cuistot qui se respecte devrait faire : lécher le plat.

Enfournez pour 35 minutes. Un peu plus si nécessaire.

Au bout de 25 minutes de cuisson, enfilez votre tablier, c’est votre tour de cuisiner! Saisissez une casserole et faites fondre le beurre pour le glaçage. Ajoutez-y la cassonade, le lait et la noix de coco, et portez à ébullition. Versez ce mélange chaud sur votre gâteau tout juste sorti du four et démoulé.

Laissez solidifier le glaçage au moins une heure à l’air libre.

Ce gâteau est excellent légèrement tiède. Pour cette raison, il est idéal à congeler. Coupez-le en parts puis congelez-le. Vous n’aurez qu’à le décongeler une minute et demi environ avec le mode adapté du micro-ondes. Chocolat fondant garanti :)

-Lexie Swing-

 

Les secrets

Les secrets./

Les secrets./

Tandis que je prépare ma semaine « Goût, cuisine et enfants », une conversation dévie et aborde le sujet des secrets de famille. « Tous les psys diront qu’on part avec un handicap dans la vie quand on nous cache des secrets sur l’histoire de notre famille », souligne quelqu’un. « Balivernes », répond quelqu’un d’autre (je romance, car en vrai je crois qu’il a répondu « c’est des conneries de psy ça », mais balivernes c’est tellement plus chic).

En termes de secrets de famille et de psychologie, il y a les pros et les anti. Je dirais qu’il y a ceux qui ont des choses à cacher, et les autres, mais bon… Disons qu’il y a plutôt des gens qui sont secrets par nature, et trouvent des excuses pour ne pas se dévoiler (les fameux partisans des « conneries de psy ») et ceux qui, quelle que soit leur histoire, sont à l’aise avec la vérité.

Je suis de ceux qui pensent qu’on porte notre histoire comme un bagage plus ou moins lourd. Avec Mr Swing, nous avons fait le choix de tout dire, même le plus compliqué. Nous ne cachons rien à nos filles, aussi petites soient-elles, aussi dure que puisse paraître parfois la réalité. Nous pesons nos mots, hésitons encore à parler d’un « ciel » pour soulager la peine d’une mort, préférant souvent s’en remettre à la vérité : « En fait, je ne sais pas ». Est-ce dur pour un enfant de savoir que son parent ne sait pas tout? Je ne suis pas si sûre.

Je me souviens avoir dit à quelqu’un, ado, que les enfants adoptés en avaient conscience même quand on leur avait toujours caché. Le type, qui devait avoir la mèche grasse et cette ironie toute prépubère, m’a répondu avec la voix mélodieuse d’un ado en pleine mue quelque chose comme « ouin, comme ça on t’adopte pis tu sais qu’on t’a adopté, genre t’es devin ». Je l’aurais volontiers frappé. Je l’ai peut-être fait. J’avais la tape facile à l’époque. Bref, je pense que sans pouvoir imaginer quel est le secret, ou le verbaliser, on grandit avec un poids proportionnel au secret dissimulé. Une difficulté à s’attacher, à faire confiance, une tendance aux excès, etc.

Adulte, je me suis posée la question. Est-ce égoïste de vouloir confier à tout prix son secret à son enfant à l’image d’une personne qui trompe son conjoint et voudrait à tout prix le lui dire, moins par souci de transparence que pour soulager sa conscience? J’ai longtemps réfléchi et estimé que non. Par contre, je pense qu’il est égoïste de choisir de dissimuler à un enfant son histoire, au nom d’un « je n’en suis pas capable ». Car c’est au delà de nous, c’est libérer nos enfants que de leur confier qui ils sont, et d’où ils viennent. Bien sûr, il y a parfois la souffrance, le deuil d’une vie, derrière ce secret. Mais en le faisant connaître, nous donnons à nos enfants la possibilité de faire leur propre deuil et d’avancer plus léger.

En grandissant, j’ai connu mille histoires. Des adoptions, des tromperies, des enfants cachés, des parents remariés, des mères battues, et un père aussi. Des demi-frères, des demi-soeurs, des frères et soeurs décédés, des fausse-couches, des avortements. Il y avait des copains qui savaient, d’autres qui l’ont appris sur le tard. Certains par des grands-parents, un oncle ou une tante, un grand frère qui avait besoin de se confier. Parfois dans des lettres bien cachées, des dossiers rangés aux cases « adoption », « divorce » ou « infertilité ». Il y avait mille histoires, mais il y avait une constante : le besoin de savoir. Ce sont nos histoires, sans être vraiment les nôtres, ce sont nos histoires, mais souvent les décisions ou les erreurs de quelqu’un d’autre. Et c’est parce que nos enfants n’en sont ni décideurs ni responsables qu’il faut les délester de ce poids.

« Ce que tu ignores ne peut pas te faire de mal », m’a sorti ledit ado au terme d’une discussion houleuse. Je dirais précisément l’inverse. C’est ce que tu ignores qui te nuit.

Et vous, comment gérez-vous histoires de famille, petites vérités et gros secrets?

-Lexie Swing-