Gérer la douleur : le top 10!

Tout le monde a une (ou plusieurs, certains sont moins chanceux que d’autres) douleur ou maladie chronique : bas du dos douloureux, migraines, infections à répétition, troubles intestinaux… Chacun a droit à son petit ou gros dysfonctionnement, qui depuis des années entache week-ends et jours fériés. Voici 10 règles absolues et élaborées au cours de discussions hautement scientifiques sur le coin d’un comptoir de bar.

1) La douleur survient toujours un jour férié, un dimanche, un soir dès 22 heures. Et si possible quand vous n’avez plus de médicament et que l’envie de vous rendre à l’hôpital vous botte comme de participer à une course en sacs. La maladie a d’autant plus de chances de surgir si vous vous apprêtez à partir en vacances, et cette hypothèse frôle les 99% si vous venez de vous asseoir dans la voiture/l’avion/le train.

2) On vous dit « avec le temps, on s’habitue à la douleur ». Et vous hochez vigoureusement la tête pour confirmer cette belle idée… tant que vous n’êtes pas malade. Car une (nouvelle) fois malade, vous vous dites que vous n’avez jamais eu aussi mal et que vous allez probablement mourir, là, maintenant, tout de suite, roulé en boule sur le tapis du salon.

3) Vous envisagez toujours le pire. Vous savez vous (con)tenir, vous n’émettez que rarement des hypothèses farfelues ou des jurons imagés en présence de témoins. Mais lorsque la douleur survient, vous pouvez devenir véritablement incontrôlable. « Bordel de vaches qui pissent en rond dans un champ, c’t’ostie de maladie ne me lâchera jamais! Je vais crever avec, je te dis que je vais crever avec. C’est encore pire que les 42 premières fois, j’le sens, ça irradie partout, ça se généralise, je vais passer la sarbacane à droite, c’est clair comme l’eau du puits un soir d’été!! »

4) Vous avez votre « position favorite ». Assis sur les toilettes, les pieds en l’air sur le canapé du salon, allongé dans le noir complet sur votre lit ou arpentant le sous-sol, chacun a son ptit « truc » pour mieux supporter le douleur. Certains font le ménage, d’autres méditent ou lisent un bouquin « facile », bref, chacun a ses préférences…

5) Vous avez de la came d’avance. Vous êtes censé avoir de nouveaux médicaments à chaque nouvel épisode douloureux, mais, pour vous soulager, votre médecin, bon samaritain, a préféré vous faire des prescriptions d’avance. Prescriptions que vous vous êtes empressé d’utiliser à la pharmacie pour ne pas avoir à ressortir le jour J, et surtout, surtout, pour en avoir toujours sur soi, même en vacances (voir point 1).

6) Vous surfez sur tous les forums. Et ce en tapant des recherches improbables, comme « j’ai mal sous la troisième mèche de cheveux, à gauche, qu’est-ce que c’est ». Le mieux : il y a toujours des gens qui ont vécu exactement la même chose que vous… mais qui n’ont jamais dit comment ils allaient depuis.

7) La guérison est toujours un moment très heureux. La douleur cesse enfin? C’est le bonheur! Et un bonheur d’autant plus fort qu’il est le parfait contrepoint du sentiment d’impuissance précédent. Vous oubliez vos craintes, vos litanies et votre peur de voir la maladie revenir, et vous recommencez à manger, fumer et boire n’importe quoi… jusqu’à la prochaine fois!

8) Vous êtes un expert de cette maladie. Bien plus que votre médecin lui-même.

9) Vous avez testé mille et une recettes miracles. Même les rondelles d’oignon sous l’oreiller ou la tisane de pissenlit écrasé à la main durant une chaude journée d’été;. Et ça n’a pas marché.

10) Vous rêvez du jour où vous pourrez dire que c’est fini. Vous vous imaginez écrire « moi aussi c’était comme toi et puis un jour… » Vous avez les protagonistes, les dialogues, ne reste que le moment pour le dire!

A vous tous qui souffrez parfois en silence… vous n’êtes pas seuls!

-Lexie Swing-

Onze minutes, de Paolo Coelho

paulo coelhoOnze minutes. Onze minutes de quoi? De silence? D’absence? D’amour? Non : de sexe.

J’ai mis 2 jours à le lire et il y avait tant de fois des citations à noter que je n’en ai notée aucune.

Je vous dirais « ben c’est un Coelho quoi », mais en fait c’est le premier que je lis.

Vous, vous en avez déjà lu d’autres, sûrement, alors je vous le dis « c’est un Coelho quoi ».

Extrait : « Un être qui vit intensément jouit tout le temps, le sexe ne lui manque pas. S’il a un rapport sexuel, c’est parce qu’il y a profusion, que son verre est tellement plein qu’il déborde, que c’est inévitable, qu’il accepte l’appel de la vie, qu’à ce moment, à ce moment seulement, il parvient à perdre le contrôle. »

Extrait 2 : « Vous savez où se trouve le point G? » La femme rougit, toussota, mais s’enhardit à répondre : « En entrant, au premier étage, fenêtre du fond. »

 

-Lexie Swing-

 

 

Cette odeur de papier

Lecture./ Photo  raider of gin

Lecture./ Photo raider of gin

Elle lit, les sourcils froncés, le nez sur sa tablette. Pas de bruit de page qui tourne, pas d’odeur. Je ne peux laisser vagabonder mon regard sur la quatrième de couverture ou découvrir l’objet de sa lecture. Elle lit sur tablette. J’ai parfois eu envie d’une tablette. Petite, design, mignonne. Une tablette de lecture, qui se glisserait dans mon sac à main, pour satisfaire mes envies pressantes, au boulot, dans le métro, avant même le dodo. Je m’y suis toujours refusée. Je trouve des arguments, je parle des yeux qui fatiguent, de la fragilité du support et des livres qui ne joncheraient plus le parquet à côté de mon lit. Je transporte sur mon épaule mon sac déformé par le livre trop grand, la peau endolorie par le poids des mots. Parce que j’ai peur que l’odeur de papier disparaisse.

Parce que, comme tous les auteurs en devenir, je rêve mes écrits sur des livres vivants. Je vois les annotations, les pages cornées, l’ouvrage abîmé d’avoir été trop lu. Je vois ses deux mains qui soupèsent mes paroles, l’encre qui s’estompe et les mots qui restent. Je vois ses doigts impatients jouer avec un marque-page trop grand, une vague liste de course ou un morceau de carton, imprimé pour l’occasion. Je vois mon livre dans sa bibliothèque, les coins raccornis par le temps, sa fille qui plie sauvagement la couverture dans sa main d’enfant. Je la vois revenir encore, quelques années plus tard, et découvrir l’histoire, avec ses yeux d’adolescente. L’odeur est imprégnée, il sent le livre usé. Certaines pages ont collé, le titre s’est effacé. Sur le papier, des dizaines de mains, et des mots par milliers. Et puis elle, dans 50 ans peut-être, qui l’ouvrira, sourira devant la dédicace, lissera la première page, redécouvrira des mots cent fois lus, avant de le ranger tout en haut de la bibliothèque, au rayon des souvenirs.

 

-Lexie Swing-

 

Pas de une

"Reese" marche./ Photo Donnie Ray Jones

« Reese » marche./ Photo Donnie Ray Jones

Alors que les solides militaires français se préparaient fièrement pour leur valse à deux temps; dimanche soir, Miss Swing a saisi sa chance et exécuté une course parfaite de mes bras à ceux de son père. Grisée par l’incroyable liberté que lui offrait ses deux pieds – pas faute d’avoir tenté de la convaincre pourtant, décidément les gamins n’écoutent jamais rien – elle a fait demi-tour et est repartie dans l’autre sens, pour se jeter dans les bras de sa mère (moi). Et puis elle est repartie, et ainsi de suite. Une vraie marathonienne cette petite. Je m’étais levée avec Franklin la tortue, je me couche avec Forrest Gump.

Elle aura donc marché à 17 mois et 3 jours. Marché pour de vrai je veux dire, parce que se dandiner au bout de mon doigt elle sait faire depuis un paquet de temps! Trois mois qu’elle attrape la première main qui se présente pour faire quelques pas. J’ai essayé de lui donner la sienne, l’autre, sans succès. Elle n’est pas dupe. Sa nounou lui a tendu la main d’un autre petit garçon, le concept a été prometteur jusqu’à ce que celui-ci se propose de mener la danse. En bonne débutante, elle lui a marché sur les pieds, avant de s’effondrer devant. Même “Bébé” n’aurait pas fait mieux.

Mais Miss Swing n’est que la dernière descendante d’une longue lignée de canards boiteux. Son grand-père a lui même l’honorable record d’avoir marché “à presque 17 mois”, sa cousine a également attendu ses 17 mois, son père ses 16 mois, quant à son oncle il a attendu la veille de ses 18 mois, la veille tout pile, pour daigner mettre un pied devant l’autre. Ceci dit, l’attente n’a guère été fructueuse, il a toujours eu un équilibre précaire. Il n’y a que moi (et sa tante, mais quel bébé digne de ce nom marche à 12 mois? D., ça sent la tricherie à plein nez) qui relève quelque peu le niveau. Mes premiers pas datent de mes 15 mois et demi (j’étais jeune et belle à ce moment là, mais j’avais quand même un monosourcil. Ça ne m’empêchait guère de marcher vous remarquerez. De voir peut-être, mais de marcher non). Je pensais avoir marché « à presque 16 mois » mais le temps filant, ma mère déclare désormais que non, il s’agissait bien de 15 mois et demi, elle s’en souvient quand même, d’ailleurs elle passe son temps à me le dire, et je fais toujours semblant de ne pas le retenir. Les enfants ont toujours tort, c’est bien connu.

D’ailleurs Miss Swing avait tort, mais elle ne le reconnaîtra pas, comme tous les enfants. Depuis qu’elle a commencé à marcher, elle court partout. On la pose sur ses deux jambes et elle démarre tel le lapin Energyzer. Ce soir, les piles ont lâché, et son nez a rencontré le gravier. Plus de mal que de peur : le nez rouge, elle est repartie comme si de rien n’était. Quand je pense qu’elle manquait de confiance en elle…

Et vous, à quel âge avez-vous marché? Et les fiérots, arrêtez de mentir, marcher avant un an est une légende, vous irez pas me faire prendre des poneys pour des licornes.

-Lexie Swing-

 

Ma fille 2.0

Génération tablette./ Photo Richard Leeming

Génération tablette./ Photo Richard Leeming

Comme toute bonne famille d’immigrants, on skype ou facetime régulièrement nos familles, au point qu’ils sont devenus des verbes communs. Mais plus que les nôtres encore, c’est la bouille de Miss Swing qui s’affiche régulièrement sur les vidéos longue distance. Et il suffit de la voir agiter sa menotte face à l’iPad pour deviner qu’elle maîtrise parfaitement le concept.

De quoi sont faits les fils du cerveau d’un enfant de 17 mois pour savoir que c’est bien Mamie qui lui parle sur la drôle de tablette? Que sait-elle des outils technologiques, des ondes et du vaste monde? Soupçonne-t-elle un peu de magie derrière l’écran?

Hier, pour la première fois, Miss Swing et ses cousins de 3 ans ont eu une « conversation », ils ont dit « gros dodo », elle a répondu « dodo? », et puis les adultes ont parlé de la sieste alors ils ont dit « au r’voir » et la miss a répondu « byebye » en agitant la main. Ils l’appellent par son prénom, elle applaudit lorsqu’elle les voit. Ils n’ont pas la relation traditionnelle des cousins, mais ils ont quelque chose de différent.

Qui reconnaîtra-t-elle lorsque nos pas en visite nous mèneront jusque chez ses cousins, pour de prochaines vacances? Entendra-t-elle leur rire? Percevra-t-elle leurs mimiques de la même façon?

En attendant, elle skype, avec l’aisance de ces tout-petits nés en pleine gloire du web 2.0. Elle zappe sur l’iPad et l’iPhone, s’énerve lorsqu’elle se retrouve face à un appareil ancienne génération non-tactile, et sait revenir au menu principal. Plus étonnant encore : apercevant un jour sa tante sur l’écran, elle a arraché un écouteur à son père avant d’y coller son oreille et de dire « allo? ». Une drôle de génération en marche!

-Lexie Swing-

50 kilos d’amour

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Friends./ Photo Purple Slog

Elle dit « attends , attends », et il attend. Elle le pousse, se détourne, l’éclabousse, puis de ses petits bras dodus, l’enlace tendrement. Elle dit « cahess, cahess » et il prête son front tout doux, les yeux à demi-fermés, moitié bercé par les caresses, moitié méfiant de la menotte qui serpente doucement sur l’arête de son nez. Elle saisit ses poils, ferme la main brutalement, les arrache d’un cri victorieux, puis s’excuse d’un « oh, oh », devant les poignées blanches qui recouvrent le sol. Elle dit « padon, padon », et il s’écarte, laissant le passage au poupon, roi triomphant dans son carosse de chiffon. Serf paresseux, il réagit à peine quand une roue de plastique frôle de près sa patte arrière. Elle ne dit rien, mais il est là, toujours, ombre blanche sur le parquet marron. Il accourt à ses bravos, assiste impassible à l’histoire du soir, et repart en sautillant devant la gamelle qui l’attend. Il fait 41 kilos, mais est persuadé de n’en faire que 10, surtout quand il lui marche dessus. Il est tendre et brutal, délicieusement serein devant ses empoignades, résolument indifférent à sa présence sur le perron lorsque rentrer dans la maison est une question de vie ou de mort. Ils forment une joyeuse équipe, qui culminent à peine à 80 cm au dessus du niveau de la mer. Ils s’embrassent, se téléscopent, se croisent, s’enlacent, s’enchevêtrent, se blessent parfois. Pour le meilleur, et pour le pire, avec l’insouciance de ceux que la vie fait grandir côte à côte.

-Lexie Swing-

Ces jeux d’adulte

Escarpins./ Raphaël Labbé

Escarpins./ Raphaël Labbé

« Je vais à une réunion sur les investissements immobiliers… des trucs d’adulte quoi! » Elle pouffe. Des trucs d’adultes. Comme les responsabilités, les papiers à trier et le linge à repasser. Ces trucs d’adulte avec lesquels on jongle sans y croire vraiment, persuadés que c’est une scène, un rôle attribué. Le rideau va retomber et la maîtresse va crier : « Allez Lexie, enlève ton masque, c’est la récréation, n’as-tu pas entendu la cloche sonner? »

S. et moi, on est comme ça. Elle paye, je rédige, elle coache, je materne, et demain peut-être, nous investirons. Mais ce sont des trucs d’adultes. On regarde Disney Channel, on braille en voiture, chantant « et toujours le poing levé » en tenant la (fausse) note, on compare nos escarpins, nos robes, notre poids sur la balance.

Hier, elle m’a dit « il a pris un coup de vieux non? ». « Il » a notre âge : la trentaine en lointaine ligne de mire. Ses joues se sont creusées, ses yeux sont plus cernés et ses cheveux… enfuis! Il porte un costume et des chaussures qui craquent, et souvent il rentre tôt parce que « demain il bosse ». Nous aussi. Lorsque je me couche deux soirs de suite à minuit, j’ai un oeil qui tourne en rond et la bouche qui s’affaisse dès 13 heures venu. J’ai les joues plus creuses, et les yeux plus cernés. Mais Dieu merci, mes cheveux tiennent bon.

Est-ce ça, la vie d’adulte? Ce sens des responsabilités, mêlé à une envie féroce de sauter à pieds joints dans les flaques? Cet argent que l’on gagne, précieusement, pour le claquer dans la première robe venue? Ces enfants qu’on aime passionnément? Cette vie dont on est enfin maître? Cet appartement rien que pour soi… et rien qu’à soi?

Si on m’avait dit que la vie d’adulte était l’addition compliquée d’un gros lot d’amour, d’une sensation de contrôle, d’un stress permanent, d’un tas de choses à découvrir et d’une acceptation presque totale de soi, j’aurais dit vas-y donne, je prends, je prends tout. Le bébé, le chum, la job, l’exil, le chien, les rires, les doutes, et les rides aussi. Je prends tout. Le bonheur j’aime ça, et puis je connais un excellent anti-rides.

 

-Lexie Swing-

Tarte soleil

Tarte soleil ovale./ Photo DR Lexie Swing

Tarte soleil ovale./ Photo DR Lexie Swing

Cette tarte en forme de soleil m’a tapé dans l’œil la semaine dernière. Il faut dire que la blogueuse qui l’a initialement réalisée a un vrai talent pour la photo! J’ai donc refait sa recette, que je vous laisse découvrir ici: Tarte soleil.

Mes changements:

– ma propre pâte brisée avec 300g de farine, 125g de beurre, un œuf, 45g d’eau (à ajuster selon la texture de la pâte) et une cuillère à café de sel.

– j’ai choisi de la garnir de courgettes, pignons et feta, et non de crottin de chavignol comme proposé dans la recette, difficile à trouver voire hors de prix au Canada.

– j’ai utilisé les chutes de pâte pour créer une mini tarte courgettes-chavroux pour Miss Swing.

Alors, qu’en pensez-vous?

– Lexie Swing-

Balade à Sainte-Anne-de-Bellevue

Sainte-Anne de Bellevue./ Photo DR Lexie Swing

Sainte-Anne de Bellevue./ Photo DR Lexie Swing

Nous étions partis pour Fundissimo (qui s’appelle en réalité FundoMundo mais impossible de retenir le bon nom), une aire de jeux intérieure pour les enfants. Mais la place étant déserte, les proprios ont décidé de tout fermer une heure avant l’horaire habituel. Les bras ballants et la mine coupable, nous avons donc digéré le refus et choisi de nous replier un peu plus à l’ouest de Montréal : à Sainte-Anne-de-Bellevue.

La belle a pignon sur fleuve. Au vu des vacanciers léchouillant des glaces à la vanille et des enfants courant sur le ponton, un sentiment de vacances nous a chatouillé l’estomac. Les yeux mi-clos dans le soleil et les cheveux rabattus par le vent marin, nous avons longé le fleuve, découvrant au passage les jolies terrasses et les bateaux avec Monsieur aux commandes et Madame à l’ancrage. Nous avons même admiré l’imbattable combo: vieux beau au volant, Barbie sur la proue et le caniche sur la poupe.

Arrivés sur la jetée, nous avons fait demi-tour pour traverser le village, tout aussi sympathique! Un joli spot qui sent bon les vacances. Parfait pour se sortir la tête du quotidien durant quelques heures!

Le petit plus de la sortie : Nous avons repris la voiture direction l’Ile-Perrot où Mr Swing connaît un excellent restaurant. C’est un secret bien gardé: un japonais installé dans la zone commerciale, pas loin de l’IGA. Appelé le Zento, il propose des plats très variés, aussi bien bar à sushis que poulet frit sauce sucrée. Un délice! Quant aux minipouces, ils vous blufferont pour leur goût des épices et leur capacité à manger avec des baguettes! A tester absolument…

-Lexie Swing-

Quel deuxième prénom choisir?

Ted./ Photo Jimmy Cheng

Ted./ Photo Jimmy Cheng

Ce matin, je lisais sur Urbania la complainte de ce pauvre Kéven, né dans la vague québécoise des années 90 qui a connu, comme en France, son lot de Kévin, et dérivés. Prénommé ainsi car sa mère voulait Kevin, mais pas tout à fait, et si possible avec un son français, dont le « é », le jeune homme assure avoir grandement souffert de ce prénom et de l’image qui lui était associée (intellectuellement faible, si j’en crois son article). Mais comment ses malheureux parents, tout à leur bonheur d’affubler ainsi leur nouveau-né d’un prénom original et dans l’ère du temps, auraient-ils pu se douter que celui-ci donnerait lieu à moult moqueries? Impossible.

On ne sait jamais, à moins d’appeler son fils Jambonneau, de quoi demain sera fait. Ni même qui il sera. Angelo est un très joli prénom pour qui sait le porter. Mais voilà qu’Angelo se révèle être un adolescent timide, avec des quadruple fonds de bouteille et le Vésuve en éruption sur le menton. Son prénom va vite devenir son pire ennemi. Quand on veut dissimuler son existence, mieux vaut s’appeler William – au Canada du moins – qu’Angelo ou Athena.

La solution, à portée de tous, est alors le second prénom. Pas de bol pour Kéven, il se prénommait également Berthier, probablement le nom d’un aïeul. Il a donc choisi de garder son premier prénom, qu’il trouvait moche certes, mais qu’il avait pris l’habitude de, plus ou moins, assumer. On est nombreux (pas moi ceci dit) à arborer un magnifique second prénom hautement moderne, comme Gertrude ou Alphonsine. Vous ne la connaissiez ni d’Ève ni d’Adam et votre père ne pouvait pas la saquer mais « ça se faisait » de coller le nom d’un ancêtre à son baveux nouveau-né, qui n’en demandait pas tant.

Alors que fait-on?

1) On donne le nom d’une personne qui compte. Grand-père, marraine, ami, il y a l’embarras du choix et vous pouvez même féminiser ou masculiniser le prénom au besoin. Vous tenez très fort à appeler votre enfant Cunégonde, parce que c’était le prénom de votre mamie adorée? L’amour se transmet de génération en génération, et c’est un joli lien que vous faites là. Peut-être choisir un troisième prénom passe-partout peut alors être une façon d’associer le meilleur des deux mondes.

2) On donne un deuxième prénom facile et courant. Surtout valable quand le premier est merveilleusement original, bien choisi, voire audacieusement écrit. C’est le choix que nous avons fait. Et que mes parents ont fait avant moi. Et puis ça déculpabilise.

Prénommer, ce n’est pas anodin. Comme parent, on choisit le plus beau prénom qui soit. Mais bourré d’hormones (les mères, du moins), ou bourré tout court (les pères, parfois) on a parfois l’esprit un peu large, persuadé que l’enfant assumera. Mais l’enfant n’assume pas toujours. Je connais des enfants qui n’ont pas assumé, et qui étaient soulagés de pouvoir compter sur un deuxième prénom. Je suis persuadée qu’il y a un vague instant (entre deux minutes ou deux ans, selon le degré de susceptibilité) où le parent accuse le coup. Mais est-ce vraiment grave? Nous leur donnons un prénom qu’ils vont devoir porter toute leur vie. Nous faisons des choix, des bons et des mauvais. Ce choix fondamental n’était parfois pas celui qui correspondait à notre enfant. Mais ce serait un choix encore pire que de décider d’en vouloir à son enfant parce qu’il ne peut l’assumer.

Elle s’appellera peut-être un jour Olivia.

 

-Lexie Swing-

 

PS Et vous? Vos deuxièmes prénoms? Et pour vos enfants?