Tu te maries…

Mariage./ Photo 古 天熱

Mariage./ Photo 古 天熱

Aujourd’hui tu te maries… Dans une autre vie, celle où je ne m’expatries pas, j’aurais été là, à tes côtés. J’aurais été témoin de vos voeux, j’aurais réajusté ta robe, repeigné ta fille, terminé de dresser le dessert pendant que tu entamais ta première danse. J’aurais voulu prendre des photos, et puis très vite, l’appareil n’aurait plus eu de batterie, comme à chaque fois, et je t’aurais mitraillé avec mon cellulaire, qui afficherait déjà quelques signes de faiblesse.

Vous seriez sortis de la mairie sous la grêle, je t’aurais abrité sous l’ombrelle, et il y aurait eu mon bras sur les photos.

Je t’aurais tenu ton sac à main, enfilé tes chaussures, j’aurais eu une paire de rechange pour le petit matin, et de quoi te redonner de l’allure après quelques verres de vins.

Mais de verre, il n’y a que le mien, celui que je t’ai photographié, te portant un toast à distance. C’était le prix à payer, je le savais, ça n’enlève rien à l’amertume.

Je t’accompagne, je suis là, pas loin, quelque part. La mer qui clapote non loin de toi a le même goût salé que l’eau qui borde le Canada. Je suis à un coup de rame, à un battement de coeur. Mes pas sont dans les tiens, comme il y a 25 ans.

Je te souhaite le plus beau des mariages.

 

-Lexie Swing- (émue)

17 mois : tout ce qu’il y a derrière tes grands yeux

Lecture./ Photo thejbird

Lecture./ Photo thejbird

Miss Swing aura bientôt 17 mois. Elle ne marche pas encore. Il faut donc bien qu’elle s’occupe. Et ça tricote dur derrière ses grands yeux au thé vert!

À 17 mois, elle a une capacité d’observation extraordinaire. Vous triez vos papiers? Elle vous les met dans les bannettes (Dans les documents « à trier », mieux vaut une double vérification, on est jamais trop prudents). Vous pliez les chaussettes? Elle les range pour vous dans le tiroir (le plus bas, celui des pulls, mais qui se soucie de ces détails?). Vous cherchez votre cellulaire? Elle vous le retrouve (généralement parce que c’est elle qui l’a caché). Pour moi qui ne me souvient jamais de ce que j’ai fait de mes affaires, ma fille est une source d’aide inépuisable.

Mais ce qui nous étonne encore plus, ce sont ces échanges banals, qu’hier nous articulions lentement pour être sûrs de sa compréhension, et qui aujourd’hui révèlent toute sa compréhension. Plus besoin de dire « Papa? », vous pouvez lui demander « Est-ce que tu peux aller chercher Papa s’il te plait chérie?’. Elle ne revient pas toujours avec, la faute audit papa qui ne comprend pas ce qu’elle lui explique pourtant clairement en le dévisageant sans un mot, mais elle part le chercher. Plus nécessaire non plus de lâcher « bain?’, vous pouvez dire « Miss vient te laver tout de suite, tu es noire de poussière, pas question de passer à table comme ça », et elle accourt (à quatre pattes donc) dans la salle de bain.

Par contre, si vous voulez une discussion, il faut y mettre les formes, et les mots. Extrait (rapporté):

– Maman?

– Maman fait dodo, chérie.

– Dodo?

– Oui, elle fait la sieste.

– Papa?

– Oui, chérie.

-Caca!

S’ensuit une cavalcade de Papa, qui n’a pas toujours besoin de beaucoup d’explications finalement. Pull-up down, pot, pipi, et le reste. Miss Swing sait dire qu’elle a envie, mais pas toujours retenir l’envie. La fameuse différence entre le développement intellectuel et moteur. Et en attendant que le petit moteur, justement, marche sur ses deux jambes, nous profitons chaque jour des rouages de son cerveau… lancés à plein régime.

 

-Lexie Swing-

Je déménage, tu déménages…

Tout doit partir./ Photo David Goehring

Tout doit partir./ Photo David Goehring

Hier, au Canada, c’était le double D Day: fête du Canada et jour de déménagement. Moi ça va merci, j’ai choisi de garder mes meubles chez moi, mais ce n’est pas le cas de la moitié de Montréal qui a profité de ce que les baux courent généralement du 1er juillet au 30 juin pour prendre d’assaut les camionnettes, sortir sofa et table de cuisine dans la rue, empiler des sacs en vrac à l’arrière des voitures et partir pour leur nouveau logement en laissant leur vieux mobilier et quelques chaises sur le trottoir à l’attention du passant en quête d’un nouveau salon. A noter que le chaland est toujours en recherche de trésors à rapporter chez soi, la preuve, ma copine M. n’avait pas fini de sortir ses affaires sur le trottoir qu’un vieux l’a apostrophée pour savoir s’il pouvait se servir :)

La famille Swing, moins son plus petit membre, qui a préféré roupiller dans son siège auto, à l’abri des 30 degrés environnants, est donc allée prêter main forte à une déménageuse du mardi. Et comme c’est une institution, nous y avons croisé un autre ami, passé donner un coup de main avant un autre déménagement, tandis qu’un autre devait arriver un peu plus tard, avec le camion récupéré après avoir déménagé un cousin, dans l’après-midi.

Parce que le 1er juillet, c’est aussi le jour où il est plus cher de louer un camion, qu’une voiture pour aller à New-York, et où le carton se vend à prix d’or. Autant cumuler la main d’oeuvre et regrouper les dépenses, donc.

L’an prochain, nous tenterons sûrement notre chance à ce grand jeu du déménagement. En espérant y gagner un bel appartement, le nôtre, pour de vrai.

-Lexie Swing-

Salade de Kale, Framboises et Amandes

Toujours chic... De quoi honorer la fête du Canada./ Photo DR Lexie Swing

Toujours chic… De quoi honorer la fête du Canada./ Photo DR Lexie Swing

La semaine dernière, après un maigre magasinage, nous avons décidé de faire halte chez un petit restaurateur de notre quartier. Parmi ses salades, il proposait un mélange savoureux : salade de chou vert frisé (kale), framboises, amandes effilées grillées et vinaigrette au sirop d’érable. Une recette sitôt adoptée et refaite par Mr Swing dans la foulée. A tester ab-so-lu-ment.

-Lexie Swing-

Longtemps déjà…

Dublin./ Photo Giuseppe Milo

Dublin./ Photo Giuseppe Milo

J’allais écrire « huit ans déjà », mais ce défilé du temps me surprend à chaque nouveau rappel du passé, quelle qu’en soit l’origine. Des amis italiens, rencontrés à Dublin, se sont retrouvés pour le mariage de l’une d’eux, ce week-end, à Rome. Sur Facebook, les photos de leurs retrouvailles, et cette mention « huit ans déjà ».

Huit ans que nous nous sommes rencontrés, puis que nous avons quitté Dublin. E. était une jeune fille à peine majeure, délurée, mais pleine de projets, I. et A. se tournaient autour, avec la ferveur de ceux qui savent qu’ils ne se reverront peut-être jamais, Ele était déjà une fille calme, souriante et solide comme un roc, quand C. hésitait entre ses études de commerce et sa vocation d’acteur. Et puis Chia aimait déjà la musique…

Huit ans déjà. E. est désormais responsable du secteur Asie pour un producteur de vins espagnols… et quadrilingue. I. et A. se sont mariés, et Ele a du user de toute sa force intérieure pour accompagner sa première petite fille, née trop tôt. C. est finalement devenu un businessman accompli, mais à voir ses pitreries, je n’ai pas de doute sur le fait que ses qualités d’acteur le taraudent encore. Quant à Chia, elle s’est accrochée, pour devenir chanteuse professionnelle.

Je ne leur parle pas, ou peu. Je voyage avec leurs photos d’Asie, m’émeut de leurs sourires, de leurs succès et de leurs premiers pas de parents. Nous avons partagé il y a huit ans des mois qui nous ont changé. Nous étions à des carrefours, de façon plus ou moins marquée. Mais que nous ayons replongé dans nos études ou changé de pays, aucun de nous n’a repris le fil de sa vie comme il l’avait commencée.

Je vois dans leurs sourires cet avant et cet après. Nous étions des enfants. Huit ans après, et même si la silhouette de E. est toujours aussi fine et élancée, nous avons vieilli. Nous avons pris de l’assurance. Nous sommes devenus des adultes. Et par nos accomplissements, nous sommes aussi devenus « quelqu’un ».

Difficile de prendre conscience de l’âge qui passe. Mais dans leurs sourires, que je ne croise pas si souvent, je vois le reflet de mes propres changements. Nous étions insouciants, et sans doute n’avons nous rien perdu de cette flamme vive de liberté. Mais elle est dissimulée sous les piles de nos responsabilités et de nos ambitions. La flamme est toujours là, je l’aperçois chez chacun de nous, à chaque fou rire, à chaque entrechat qu’un ami se permet dans la rue, quand il croit que personne ne l’a vu. A chaque fois qu’une copine reconnaît s’être époumonée en bobettes sur du Katy Perry. La flamme est là, petite mais intense. Brûlera-t-elle les piles? Pas forcément. Mais elle devrait réchauffer nos vieux os, au crépuscule…

 

-Lexie Swing-

Ta ta ta ta ta ta……… Tarantino in concert!

Tarantino in concert./ Photo Sorstu.ca

Rumer Willis et Johanna Jones se battent au milieu du public./ Photo Sorstu.ca

Dans la cinquième de salle de Montreal hier, nous avons été pris au jeu de « For the record : Tarantino in concert « . Je fais rarement des critiques de spectacle, pour les seules et bonnes raisons que je n’ai ni les mots pour le faire, ni l’intérêt puisque le spectacle est rarement rejoué ensuite dans la même ville, assez agaçant lorsqu’on lit un truc sympa « ça avait l’air d’être le fun j’y serai bien allé(e) »

Hier, c’était le fun, et vous pourrez même y aller!

« For the record: Tarantino in concert » redonne donc vie aux meilleures scènes des films de Tarantino : Inglorious Basterds, Réservoir Dogs, Pulp Fiction, Django Unchained, et les différents volumes de Kill Bill. Ils sont 9 sur scène (10 prévus initialement au programme), à jouer, chanter, danser aussi (mais rien d’élaboré).

Assis au 5e ou 6e rang, en fait le dernier du parterre, nous espérions avoir ainsi une bonne vue sur la scène sans pour autant risquer de voir s’écraser sur nous les gouttes de sueur des artistes. C’était sans compter le fait que les acteurs jouent sur scène mais aussi dans la salle. Mr Swing s’est fait broyé l’épaule lors d’un échange de tirs dans Réservoir Dogs, puis ma voisine de devant a craint de se faire piquer son sac par un acteur faussement armé (mais pleinement dans son rôle) tandis qu’une autre se retrouvait aux prises avec un type qui fouillait partout à ses pieds pour retrouver sa montre :) ils étaient parfois tellement près de moi que j’avais du mal à les regarder dans les yeux. Et c’est là aussi toute l’intensité du spectacle!

A noter que ce sont des acteurs de série télé et de Broadway qui font le show, par exemple Tracie Thoms, l’une des héroïnes de Cold Case, également vue dans Death Proof de Tarantino, Lindsey Pearce (troisième saison de Glee), ou la fille aînée de Bruce et Demi (intimement vôtre): Rumer Willis.

Tous chantent extrêmement bien, et leur jeu d’acteur est excellent. La pièce est en anglais, je n’ai pas compris tous les passages mais le show était suffisamment prenant pour que ce ne soit pas un problème. Courez vite voir!

Encore sur scène cet après-midi à 14h et ce soir à 19h, et lundi soir à 19h. Places: 54,50 dollars avec taxes.

– Lexie Swing –

Corolle, toujours

Mon premier Corolle./ Photo DR Lexie Swing

Son premier Corolle./ Photo DR Lexie Swing

Elle s’appelle Alexia. Son nom était épinglé sur la boîte pour autant que je m’en souvienne. Elle a les yeux sombres, le teint velouté des métissées, elle porte une robe à fleurs et ses cheveux bruns se sont emmêlés au fil des ans et des déménagements. Alexia, c’est ma poupée Corolle. Ma poupée Corolle des îles.

Je me faisais offrir pour elle des vêtements spéciaux, vendus aussi chers que les miens, au Multiprix de la rue des dragons, à Niort.

Alexia dort sur une chaise, dans ma chambre d’antan, mais Corolle n’a rien perdu de son talent. La semaine dernière, c’est donc Miss Swing qui a reçu, grâce à sa tante, son premier poupon. Un bébé au corps souple, vêtu d’un pyjama et d’un bonnet bleus. 30 centimètres. La taille parfaite pour une petite bonne femme qui en fait 77, tout au plus.

Elle l’a pris sans ses bras, l’a serré contre son coeur, avec cet amour immodéré que certains enfants ont pour les poupées. Et puis elle l’a transporté, parfois brutalement jeté sur le canapé pour l’asseoir, parfois abandonné au milieu du couloir parce qu’elle avait soudainement aperçu un autre jouet, laissé un peu plus tôt.

Dans quelques jours, elle recevra l’accessoire parfait pour qui aime les poupées: une poussette miniature. Sous couvert d’un nouveau jouet, on espère ainsi favoriser son goût pour la marche, et sa confiance surtout.

Corolle édite désormais sa poussette spécial premier poupon en bleu. Malheureusement, celle-ci se vend à prix d’or au Canada. Miss Swing (et surtout nous) devra donc se contenter de la rose. A voir le plaisir qu’elle prend à pousser sa MacLaren, elle devrait apprécier le cadeau. Et, à tout le moins, le poupon devrait passer de meilleurs nuits que coincé dans la boîte à jouets. Il me remerciera.

 

-Lexie Swing-

 

C’est ma maison

Se méfier du racoon qui dort./ Photo Trevor Blake

Se méfier du racoon qui dort./ Photo Trevor Blake

C’est toujours la lune de miel. Les choses sont moins nouvelles mais le plaisir reste le même. Montréal est ma maison. Celle que j’ai choisie. J’aurais pu me tromper, mais il fallait s’y rendre pour en avoir le coeur net. Certains rêves sont faits pour devenir réalité.

Et à l’image de l’amour, il suffit parfois de s’en éloigner pour se rendre compte de son importance. Lorsque nous avons plongé dans le brouhaha de New-York et que les voisins du dessous ont poussé à fond les premières notes de la musique techno qui allait accompagner notre samedi soir (jusqu’à 4 heures du matin, petits joueurs), nous avons soupiré, les yeux grands ouverts et le moral à -200 en dessous du niveau de la mer, que l’on voulait « rentrer chez nous ». Et aussitôt, je me suis posée la question: c’est où chez nous? Cela semblait, comme ça, évident. Chez nous, c’était là d’où nous arrivions, tout droit au nord de la 87. Mais j’ai pensé un instant à ma belle-soeur, éveillée aussi (difficile de dormir sur autant de « db ») de l’autre côté du mur. Chez elle, c’est la France. Je me suis imaginée un instant en France. Et j’ai frissonné.

La France, c’est le pays de ma famille, mon pays de naissance. Mais c’est aussi un pays qui m’inquiète, dont je me moque volontiers, dans lequel certains commerçants ont l’amabilité d’une porte mal refermée: tu crois à une ouverture mais le battant menaçant qui claque au vent t’indique clairement de passer ton chemin. C’est un pays dont je suis fière de l’histoire et déçue des perspectives d’avenir, pour les jeunes, pour les femmes, pour les pauvres, pour les riches aussi, pour les LGBT et pour tous ceux dont la couleur de peau ne se situe pas entre blanc cireux et café avec un grand nuage de lait. Il fait partie de mon histoire, mais guère de mes perspectives d’avenir. Ou peut-être que si, et alors je retournerai m’enterrer dans ce Sud-Ouest chaleureux qui m’a si bien accueillie.

J’ai pensé aux sourires, au calme, aux gens qui pensent qu’un demi-centimètre entre eux et moi, dans le métro, ça ne suffit pas. J’ai pensé à cette fille, qui a traversé en courant la rue, il y a quelques jours, pour m’aider à sortir le carrosse de l’autobus. Et aux quatre femmes, cet hiver, qui l’ont saisi ensemble pour le soulever par dessus la congère de neige. J’ai pensé au parquet qui grince, au four XXL, à cette énorme bête qui dit être un raton-laveur et à qui on abandonne volontiers poubelle et balcon lorsqu’on l’aperçoit. J’ai pensé à la tarte au sucre, qui à elle seule mérite que je sois venue ici.

C’est ma maison. Montréal.

 

-Lexie Swing-

La vie sur pause

Il va falloir songer à racheter un pot./ Photo DR Lexie Swing

Il va falloir songer à racheter un pot./ Photo DR Lexie Swing

Avez-vous déjà rencontré des gens qui n’ont « jamais le temps »? Ils virevoltent, slaloment entre les jouets des enfants, collent un baiser sur une joue, tout en mouchant un nez de l’autre. Ils sont en mode « on » jusqu’à l’heure où ils s’effondrent sans concession, et parfois tout habillés, sur l’oreiller. Je suis fascinée, et un brin admirative. Comment peuvent-ils courir ainsi lorsque je récompense mes heures de repassage par vingt minutes de télé, avec une tendancieuse mauvaise foi à inverser le rapport en deux heures de télé / vingt minutes de repassage?

Je suis de celles qui prennent des pauses. Je n’aime rien tant dans une journée que la perspective de savourer la relâche une fois l’effort accompli. C’est comme ça que le caramel au beurre salé est arrivé dans ma vie.

Chaque soir, j’escalade les escaliers qui mènent à notre appartement, mes sacs sur l’épaule et ma fille sous le bras. Chaque soir, je la largue dans sa chambre, le temps de redescendre chercher la poussette et d’écluser la vessie du chien. Et puis je m’assieds. Miss Swing est toujours dans sa chambre. Je pourrais aller la chercher mais j’attends un peu. Je savoure. C’est l’heure du caramel. Les pieds sous la table et le dos rond, je trempe la cuillère dans le pot et regarde le liquide ambré dessiner des vagues sous ma cuillère. J’expire. C’est ma pause nécessaire. J’aime moins la saveur en bouche que l’instant de relâchement, et la contemplation. Un, deux, trois coups de cuillère, et puis le goût douceâtre devient vaguement écoeurant. L’urgence de l’heure qui tourne reprend le dessus. Ma vie de mère me tapote l’épaule. Je range le pot, rince (difficilement) la cuillère, en attendant la prochaine pause, demain.

Et vous, quels sont vos instants de relâchement dans la vie qui tourbillonne?

 

-Lexie Swing-

New York, New York…

New York./ Photo Jerry Ferguson

New York./ Photo Jerry Ferguson

New York, concrete jungle where dreams are made of
There’s nothing you can’t do
Now you’re in New York
These streets will make you feel brand new
Big lights will inspire you
Hear it for New York, New York, New York

Voilà ce que je me chantonnais samedi dernier tandis que la voiture filait vers la Grosse Pomme. Je suis persuadée que la vie serait plus épatante si elle était vécue en musique, et l’occasion s’y prêtait parfaitement. Il n’y avait rien de potable à la radio et je m’étais déjà époumonée sur toutes les chansons de Goldman que je connaissais.

New York est une jungle certes, mais une jungle un peu anxiogène pour qui apprécie ces espaces où l’autre ne juge pas que tes pieds constituent un bout de trottoir appréciable pour y poser les siens. C’est aussi une ville définitivement bruyante, où les immeubles tutoient le soleil, couvrant d’ombre les plus larges avenues. Quant au New-Yorkais des zones touristiques, s’il semble avoir définitivement perdu son amabilité dans les secousses du métro, il n’a malheureusement rien perdu de sa gouaille, et t’en abreuve pour te refiler tout ce que sa ville a de meilleur à offrir: tickets de l’Empire State Building, bouteilles d’eau fraîche et photos souvenirs photoshoppées.

Je n’ai pas détesté New York. J’ai aimé le sud de Manhattan: Soho et le Greenwich Village, le Financial District, Nolita et même Chinatown. J’ai été étonnée devant Central Park et ses arbres touffus, qui chatouillent le nez des grands immeubles, juste derrière. J’ai suffoqué dans Times Square, Times Square et ses écrans géants. Times Square et ses hordes de touristes. Times Square et ses vendeurs à la sauvette, qui vous prennent par le cou en réclamant une photo, s’énervent lorsque vous voulez vous dégager, pour aussitôt vous réclamer de l’argent à peine l’objectif refermé. Je n’ai pas détesté New York, mais son ambiance oui.

Il y a sûrement des tas de rêves réalisables à New-York, mais les miens se heurtent aux façades vitrées et aux sourires fermés. J’irais chercher le plaisir ailleurs, et puis je reviendrai à New-York, pour la voir autrement, oublier les touristes, arpenter les ruelles, côtoyer les costumes de Wall Street et les hipsters de Soho, découvrir les marques locales et les endroits insolites. Finalement, ce week-end, c’était du défrichage: j’ai joué à la touriste, peut-on commencer les choses sérieuses à présent?

 

Et vous, votre New-York?

 

-Lexie Swing-