Pizza party? Tentez une pizza roulée: la stromboli

Vendredi, c’est pizza party. Bon pas toujours. C’est surtout « j’ai mangé de la soupe tous les soirs de la semaine alors place à quelque chose de gras/ plein de fromage et de pommes de terre/ avec un dessert chocolaté à la hauteur ». Ce vendredi, c’était donc pizza stromboli. Une pâte moelleuse roulée sur elle-même avec garniture généreuse au choix. Le principe est simple: réaliser sa recette habituelle et la rouler ensuite sur elle-même, de préférence à quatre mains.

Fromage, sauce aux tomates fraîches et généreuse mozzarella./ Photo DR Lexie Swing

Jambon, sauce aux tomates fraîches et généreuse mozzarella./ Photo DR Lexie Swing

Pour la recette, j’ai testé celle de « La popotte de Manue ». Pour les courses, prévoyez donc un demi-paquet de farine, un cube de levure fraîche, de l’huile d’olive et du sel.

Diluez 15g de levure dans 50 ml d’eau tiède. Mettez dans le bol du robot ou dans votre saladier habituel 500g de farine T55, 250 ml d’eau tiède, 3 cuillères à soupe d’huile d’olive. Dans un coin du bol glissez deux cuillères à café de sel et dans un autre coin le mélange levure/eau. Pétrissez cinq minutes.

Faites une boule, couvrez d’un linge et laissez reposer dans un coin chaud jusqu’à ce que la pâte ait doublé de volume. Farinez le plan de travail, dégazez la pâte avant de l’étalez en rectangle puis recouvrez-la de tous les ingrédients qui vous font rêver (ici mozza di buffala, sauce aux tomates fraiches et jambon blanc – on a le rêve soft). Roulez-la pâte serrée, et laissez reposer le temps que le four préchauffe (10 minutes à 200 degrés). Badigeonnez la pizza d’huile d’olive à l’aide d’un pinceau de cuisine et faites des entailles régulières (espacements qui correspondront mas o menos à une part) avec un couteau très aiguisé. Enfournez pour une trentaine de minutes.

Le principe est original et moelleux et, une fois n’est pas coutume, la pizza est encore meilleure le lendemain. Régalez-vous!

-Lexie Swing-

Un marbré moelleux pour le goûter

Facebook, forums, Twitter, la France s’était nouée lundi son tablier de cuisine pour suivre « Le meilleur pâtissier » sur M6. Entre « mmmh » et « ooooh », toute la blog/facebook/twittosphère » ne parlait que des tartes qui défilaient en prime-time. Même si l’Express juge le premier épisode de l’émission « très tarte » (le jeu de mot était facile au passage), « Le meilleur pâtissier » dont le jury est d’ailleurs composé de Cyril Lignac, « chef préféré des Français » dit toujours la chaîne (C’est du sondage Ipsos ça?), et de l’excellente Mercotte, a au moins le mérite d’avoir donné envie de cuisiner à 50% des téléspectateurs (sondage maison, à l’oeil). J’en fais partie.

J’ai donc remonté mes manches pour me plonger dans un « marbré », communément appelé « Savane maison » chez nous. Pour la recette, direction le blog d’Audrey Bourdin. Ce que j’apprécie dans sa recette, c’est qu’elle utilise du chocolat et non pas du cacao. Peut être que la fine fleur du marbré, chez Savane en particulier, ne se déguste qu’agrémenté de cacao, mais je trouve que le chocolat en morceaux lui donne une tenue en plus.

Marbré au chocolat

Tout est dans la vague./ Photo DR Lexie Swing

Pour vos courses: farine, quatre oeufs, sucre, une brique de crème liquide entière, de la levure ou du bicarbonate, une tablette de chocolat noir à pâtisser, une petite plaquette de beurre doux ou salé, de la vanille (extrait, gousse, sucre vanillé…), du lait. Commencez par battre ensemble 120g de beurre mou (salé pour moi) et 210g de sucre. Ajoutez ensuite quatre oeufs, un par un, en remuant entre chaque. Pour le moelleux (annoncé par Audrey, et approuvé par moi et sûrement des dizaines d’internautes), rajoutez 120 g de crème liquide entière, puis 220g de farine et une demi-cuillère à café de bicarbonate de soude (ou un sachet de levure chimique) tamisés ensemble. Viens ensuite le moment fatidique où Audrey ajoute les graines d’une gousse de vanille, le genre de trucs que je n’aie jamais. Je me suis donc fendue de quelques gouttes d’extrait de vanille et d’un sachet de sucre vanillé.

Séparez votre pâte dans deux saladiers (à parts égales), faites fondre 120 g de chocolat noir dans 4 cuillères à soupe de lait, puis incorporez à l’un des deux saladiers. Réservez au frais une heure environ.

Préchauffez votre four à 180°, beurrez un moule à cake puis versez, en alternant, la pâte au chocolat et la pâte nature (j’ai fait chocolat-nature-chocolat-nature). Enfournez pour 40 minutes, puis baissez le four à 160° et faites cuire 20 minutes supplémentaires. Vous vous léchez les babines? Ce n’est pas fini! Sortez le cake du four, mélangez 15g de sucre et 4 cl d’eau, et nappez-en le cake toujours dans son moule à l’aide d’un pinceau de cuisine. Emballez cake et moule dans du film alimentaire et laissez reposer deux heures (j’ai attendu une heure et demi, ensuite je n’en pouvais plus de le voir, je l’ai attaqué).

Le mien est un peu plat, j’ai oublié le bicarbonate… Mais la preuve, ça marche aussi sans puisqu’il est démentiel! Vous avez vu ces vagues, ça fait rêver hein?

-Lexie Swing-

Grossesse: les joyeux symptômes de la femme enceinte

Pertes, vertiges, nausées, fatigue…. Le cocktail est détonnant, le résultat peu agréable et pourtant il s’agit pour beaucoup de femmes du « mélange idéal », celui qui prédestine un « + » sur un test de grossesse.

Deux barres parallèles: un test de grossesse positif.

Deux barres parallèles: un test de grossesse positif.

Vous avez déjà eu la gastro-entérite, la grippe? Vous avez déjà passé plusieurs nuits accroché à une bassine comme Robinson à son radeau de fortune? Il s’agit rarement de souvenirs agréables, et pourtant ce sont ces mêmes symptômes qui vous rendront euphorique le moment venu (sûrement encore plus si vous êtes le conjoint, ça s’appelle « les avantages sans les inconvénients »). Un petit tour par les forums de grossesse sera la meilleure illustration: « J’ai des pertes marrons et des douleurs de règles, suis-je enceinte? » Entendez par là que la demoiselle est pliée en deux sur son canapé. « J’ai le ventre ballonné et très mal aux reins »… Vous vous souvenez de vos coliques néphrétiques, celle où vous vous rouliez pas terre en gémissant « je vais mou-riiiir » (la séparation des deux dernières syllabes et l’accentuation de l’ultime voyelle est importante), ça vous revient? C’est un symptôme! « J’ai passé la nuit à vomir et j’ai des vertiges dès que je me lève. » La gastro couplée à la grippe, le meilleur des deux mondes.

Tous ces symptômes que l’on abhorre d’ordinaire puisqu’ils sont annonciateurs de moments peu sympathiques revêtent soudainement leur costume de fête. Je vous en fait la promesse très officielle. Une femme qui cherche à tomber enceinte peut prononcer des phrases aussi improbables que « Chéri(e), j’ai l’impression qu’on essaye de m’arracher le sein droit, les entrailles, j’ai une migraine depuis deux jours et je viens de rendre le gigot de midi, c’est superfragilisticultraformidable non? »

Dans tous les cas, et pour celles qui chercheraient la recette idéale, il n’y a pas un symptôme qui se ressemble, pas une femme enceinte qui puisse comparer sa grossesse à celle d’une autre. En vrac, on peut cependant considérer que:
des maux de ventre, une hyper-émotivité, des nausées/vomissements, de la fatigue, des vertiges, des insomnies, des pertes blanches, parfois des pertes marrons, des douleurs à la poitrine, des maux de tête, une hypersalivation, des gencives qui saignent, peuvent être des signes de grossesse. Vous pouvez les avoir tous (petite veinarde) comme aucun. Le seul à vraiment prendre en compte est l’absence de règles, ou aménorrhée, même s’il arrive à certaines femmes d’avoir ce que l’on a coutume d’appeler « des règles anniversaire ».
Dans tous les cas, inutile d’énumérer vos symptômes sur un forum puisque la réponse sera invariablement la même: « Faites un test ». Et sans faire de pub, les tests qui écrivent en toutes lettres « Enceinte » ont quelque chose en plus, un petit côté Cupidon qui devrait vous plaire…

-Lexie Swing-

Le Canada vu par les Canadiens

Prenez une soirée, une vingtaine de convives l’estomac rassasié par les amuses-gueules et lancez: « J’envisage d’immigrer au Canada ». C’est un sujet de conversation sans fin, un de ces thèmes qui réunit parce que les gens ont toujours dans leur entourage « quelqu’un qui connaît quelqu’un ». Et ce quelqu’un, connu par le camarade de votre quelqu’un à vous (ça se complique hein?), a immigré, lui, au Canada. Il (Elle) a un salaire de dingue, une maison au bord du lac et passe ses week-ends à New York ou Seattle (tout dépend d’où vient le quelqu’un de votre quelqu’un, le Canada fait 9 984 670 km2 de superficie, la France 675 417 km2, nous n’avons pas les mêmes valeurs…).

Tout ça pour dire que le Canada, qu’on veuille s’y installer pour la vie ou écumer ses rivières pour un été, ça fait rêver… et pas que nous! La preuve, Voyage Montréal a demandé aux Canadiens d’envoyer quelques minutes de vidéo pour illustrer « leur Canada ». Résultat: 65 heures de vidéo, résumées pour le moment en 2 minutes. Un shot de grands espaces, d’animaux, de sports, de gratte-ciel et de moments d’ivresse à s’injecter sans attendre.

-Lexie Swing-

Le cochon nain, un NAC à la mode

Chien, chat, gerbille… vous trouvez ça has been? Vous êtes plutôt « retour vers la nature », confitures et légumes du jardin? Le cochon nain est fait pour vous.

Bébés cochons vietnamiens./ Brent Moore

Bébés cochons vietnamiens./ Brent Moore

Appelé aussi cochon vietnamien ou cochon chinois, il est gros comme un labrador et largement aussi intelligent. Pesant de 35 à 60 kilos environ, et mesurant de 35 à 55 cm au garrot, il peut vivre en partie à l’intérieur. Par comparaison, un cochon de ferme pèse environ 300 kilos. Exit l’idée du cochon comme animal sale, il apprend tout aussi bien qu’un chien à faire ses besoins à l’extérieur, voire dans une litière lorsqu’il est encore petit. Il atteint sa taille adulte à l’âge de 3 ans. Le cochon nain possède des petites oreilles courtes et un groin écrasé qui le fait ressembler, selon un internaute propriétaire, « à un cochon qui se serait pris une porte ».

Balade en laisse

Balade en laisse./ Photo DR Eli Duke

Assis, couché, pas bougé, il sait tout faire, même dormir sur la descente de lit. Il finit les restes (mais plutôt végétariens quand même, les plats riches en lipides sont mauvais pour lui), peut être transporté en voiture et se révèle généralement plus rustique que le moindre cabot aboyeur. Qui voudrait d’un chien après ça?
Attention, cependant, un cochon nain, comme n’importe quel animal, n’est pas un jouet. Il nécessite un habitat particulier, une nourriture adaptée et des soins quotidiens. Plusieurs sites recensent les éleveurs sérieux et prodiguent des conseils pour bien élever son cochon, à l’image de groingroin.org. Alors, convaincu?

-Lexie Swing-

Invincibles rugbymen français

Samedi soir, les Bleus du rugby battaient les Pumas lors des matchs de la tournée d’automne. 39 à 22, une véritable leçon donnée aux rugbymen argentins par une équipe de France particulièrement solide. Une semaine plus tôt, l’équipe composée par le sélectionneur Philippe Saint-André laissait pourtant dubitative. Mais ça, c’était avant (je regarde trop la télé). Avant que les Bleus remportent, façon promenade de santé, un superbe match contre les Australiens le 10 novembre. Le score: 33 à 6. Quand on connaît le niveau historique de ces insulaires en matière rugbystique, ce n’est plus une victoire, c’est un hommage aux Dieux (du stade). (Non, pas ceux qui sont tout nus sur les calendriers). (Quoique…). Le problème avec les sportifs français, c’est qu’ils sont inconstants. On festoie après une victoire à l’arrachée pour finalement repartir tête basse dès la partie suivante. C’est assez agaçant. Ça explique cependant l’engouement suscité par les handballeurs français, rois presque incontestés en Europe et même au niveau mondial, de la moyenne balle ronde. Mais bref, il semblerait que cette nouvelle équipe de France de rugby soit de cette trempe là. Ou qu’elle ait décidée, comme le soulignait le site du Point après la victoire de samedi, de « ne pas être Français ». Les probabilités n’allaient pourtant pas dans le sens des Bleus, les Pumas ayant jusqu’ici remporté huit de leurs douze rencontres.

Brice Dulin incertain pour le match contre les Samoa

Brice Dulin incertain pour le match contre les Samoa./ Photo DR Pierre-Selim (http://www.flickr.com/photos/pierre-selim/)

A bord du bateau Saint-André, une charnière Michalak-Machenaud (essayez de le dire plusieurs fois, c’est un excellent exercice de diction) qui fait redécouvrir l’ex-Toulousain Frédéric Michalak au public français. Le rugbyman a ainsi pu redorer son blason en apportant la corde manquante à son jeu originel: le sens du collectif. Excellent travail de défense mais surtout un jeu au pied quasi parfait (9 sur 10) qu’on ne lui connaissait plus, voilà qui laisse augurer le meilleur pour la suite. A ne pas oublier: Florian Fritz, qui assure les coups de pied longue distance avec sa force légendaire. Autre joueur particulièrement marquant, Brice Dulin n’a, pour sa part, pas failli à sa jeune réputation. A 22 ans, l’Agenais, actuellement titulaire au Castres olympique, a fait son entrée au poste d’arrière dans l’équipe de France. Blessé au muscle fessier (plus classe que l’expression « à la fesse » comme j’allais initialement l’écrire) et à la cuisse, la participation de ce dernier reste incertaine face aux Samoa, ainsi qu’annoncé aujourd’hui en conférence de presse. Il serait alors remplacé par Benjamin Fall (Racing Métro 92), qui avait d’ailleurs rejoint l’équipe de France pour la première fois à l’automne 2009 pour un match contre les Samoa.

Pour la suite des événements et, on l’espère, des victoires, rendez-vous samedi lors d’un match qui s’annonce épique après l’éclatante victoire des Samoans la semaine dernière, tombeurs du Pays de Galles.

-Lexie Swing-

Il est temps de légaliser le mariage pour tous

J’ai honte. Je me trouvais à Toulouse samedi dernier, prise en sandwich entre diverses manifestations, et surtout entre deux camps: les pour et les anti mariage gay. Parmi ces derniers, des tas de monsieur et madame Toutlemonde, qui ne montrent jamais leur bout de nez dans les manifs mais qui ont trouvé la cause suffisamment importante pour venir à celle-là. Lorsqu’il s’agit de défendre les droits des enfants ou celui des femmes battues, ils sont une poignée tout au plus. Lors des piliers de grève contre les délocalisations d’usines, on compte à peine une centaine de sympathisants, qui acceptent de baisser la vitre de leur voiture deux minutes 35 pour écouter les salariés et futurs chômeurs. Mais lorsqu’il s’agit de défendre l’idée d’un mariage entre un homme et une femme, ils sont des milliers. La France est, encore une fois, le pays où les hommes sont libres et égaux en droits mais bon pas tous quand même, pas trop les homosexuels, pas vraiment les femmes, et très moyennement selon la couleur de peau ou la religion…

Humour

Humour

Ce n’est pas faute d’être cernés pourtant. En Europe, la Belgique (2003), les Pays-Bas (2001), voire, plus au Nord, la Suède et la Norvège, en 2009, et le Danemark depuis cette année, ont légalisé le mariage gay. Serions-nous un pays encore trop tenu par la religion? Pourtant l’Espagne (2005) et le Portugal (2010), deux pays fortement catholiques, proposent le mariage pour tous. Huit pays en tout sont concernés.

Du côté des USA, le chemin se fait doucement, dans un pays qui oscille entre l’adoption par des couples homosexuels et la pénalisation de l’avortement, selon les états. Au début du mois, le Maine et le Maryland ont à leur tour reconnu par référendum le mariage gay. Parce qu’il y a de la route à parcourir, le site College Humor propose une savoureuse petite vidéo: ils sont acteurs, ils sont charmants et ils sont gays, alors ils préviennent « Nous savons danser, cuisiner, nous comprenons les femmes, si vous ne soutenez pas le mariage gay, c’est vos copines que l’on va épouser ».

-Lexie Swing-

SkyFall: plongée dans les souvenirs de James Bond 007

Après Frankenweenie, le nouveau James Bond s’est présenté comme une sortie ciné tout à fait honorable. Le film commence par une course-poursuite et se finira dans une grande bataille: les ingrédients des James Bond originels sont là. Dans Skyfall, Daniel Craig est soigneusement musclé, acerbe, authentique, mais aussi, pour la première fois, fragile. Porté disparu, et potentiellement mort, après une mission qui tourne mal, il reapparaît en apprenant à la télévision que le MI6 a été victime d’une attaque terroriste. Affaibli, dépassé par ses mois de convalescence, il peine à retrouver sa place. Un maillon essentiel a pourtant besoin de protection: M., directement visée par un ancien agent revanchard.

Affiche du film Skyfall

Affiche du film Skyfall./ Photo DR Allocine

Ce James Bond ne ressemble à aucun autre: les batailles des début et fin sont presque les seules, l’introspection des différents personnages est de mise et leur passé flotte comme un brouillard de plus en plus opaque sur le présent du MI6. On est clairement à un tournant: James Bond et M. ne sont-ils pas trop vieux pour continuer leurs missions? La lutte contre le terrorisme peut-elle être menée uniquement derrière un bureau et un ordinateur, avec des ingénieurs en couche culotte aux manettes?

Outre Daniel Craig et Judi Dench (« M »), plusieurs acteurs marquent le film. En première ligne, Javier Bardem, dans un jeu aussi follement jouissif que celui de Heath Ledger dans Batman « The Dark Knight ». Ultra maquillé, blond platine et totalement dingue, son personnage de « Raoul Silva » vaut à lui seul le déplacement. Dans le rôle du jeune prodige « Q », Ben Whishaw est parfait. La découverte vient peut être de Gareth Mallory, joué par Ralph Fiennes, qui loin du politique plus bureaucrate qu’homme de terrain, se révélera être un atout majeur pour le MI6. Et puis voir se transformer un costume-cravate en chemise déchiré et pistolet au poing, ça fleure toujours bon l’aventure.

On regrettera la « James Bond girl » qui, si elle a beau être française et magnifique, n’a pour autant rien de ces femmes féroces et ultra sexy auxquelles les James Bond nous avait habitués. 20 minutes du film lui sont consacrées, elle est une victime et elle meurt très vite. Ok, elle a de beaux cheveux. Mais elle n’est pas assez dans le film pour mériter d’être estampillée « James Bond Girl ». Dans ce rôle, j’aurais plutôt vu Naomi Harris. Certes, la fin révèle que son importance est tout autre. Mais elle est sexy, elle maîtrise pas mal les courses-poursuites et elle s’adonne à quelques jeux sexuels avec James Bond, que demander de plus…

Skyfall est-il bon, mauvais, mieux ou pire que ses prédécesseurs? Aucune idée, mais il ne ressemble à aucun autre. Son rôle charnière en fait un James Bond à voir, et pourquoi pas au cinéma. La lande écossaise n’a jamais été aussi belle et mystérieuse que sur un grand écran.

 

-Lexie Swing-

Gris mais désopilant… Frankenweenie, de Tim Burton, est dans les salles

Les films sont comme les livres, faire la queue durant des heures pour les voir le Day « D » de leur sortie ne m’a jamais attiré. Je me dis qu’il devrait en rester pour les autres les jours d’après aussi… Et en plus confortable même! Hier, il y avait 30 personnes devant Frankenweenie de Tim Burton, et 100 places laissées vides. De quoi étendre les jambes sur les sièges du devant et s’empiffrer de tous les bonbons qui n’étaient pas en rupture de stock à la machine du cinéma.

Sparky, héros de Frankenweenie

Sparky, héros de Frankenweenie./ Photo DR Allocine

Frankenweenie est un véritable film d’animation pour adultes. Sombre, en noir et blanc, avec des références très présentes aux films d’horreur et d’épouvante. Mais surtout, il met en scène un souvenir, réel pour certains, seulement désiré pour d’autres, partagé en tout cas par beaucoup de spectateurs: l’amitié intense d’un enfant et de son chien. Sparky le chien, qui ressemble, disons, à un bull-terrier, est terriblement attachant. Tim Burton l’a rendu doux, calin mais aussi obéissant et joueur. Il va chercher la balle sans fin, mime avec un redoutable sens de la scène les scénarios créés par son petit maître Victor pour les besoins de ses mini-films, et s’endort le soir sur le tapis au pied du lit du petit garçon. Curieusement, Sparky est encore plus attendrissant ensuite, lorsque Victor le ramène à la vie: sa queue mal recousue s’arrache lorsqu’il l’agite un peu trop fort, il fuit après avoir bu de l’eau et ne retrouve de l’énergie qu’après avoir été branché sur secteur. Mais il est toujours incroyablement attaché à son maître. Tout part ensuite à vau-l’eau lorsque les caramades de classe de Victor vole au petit garçon ses formules scientifiques pour redonner vie à leurs propres animaux de compagnie… dans des proportions quelque peu démesurées.

Tim Burton, qui avait imaginé ce scénario dès 1984, a utilisé la technique du stop-motion. Chacun des personnages a été créé et manipulé à la main. Pour une seconde du film, 24 photos sont prises et projetées les unes après les autres pour obtenir un mouvement. Frankenweenie est considéré comme autobiographique car Tim Burton voulait, d’une certaine manière, rendre hommage à la relation que lui-même avait eu enfant avec son chien. Le cimetière qui domine la ville est un élément habituel des films d’épouvante. L’originalité réside dans le fait qu’il s’agit ici d’un cimetière d’animaux. Sur les tombes, ce n’est plus Mark Untel ou Jane Chouette mais plutôt Shelley, Hercule, Kitty et autre Colosse que l’on peut lire. Pour l’anecdote, les gens qui travaillaient sur le film d’animation auraient tous demandé à leurs proches les noms de leurs animaux de compagnie. Un joli clin d’oeil.

-Lexie Swing-

Le mec de la tombe d’à côté et le Caveau de famille, de Katarina Mazetti

Ce qui est sympa avec les auteurs à la mode, c’est de les découvrir en période post-gloire, lorsque l’enthousiasme est retombé, que les aficionados et les détracteurs se sont exprimés et que, surtout, leurs livres sont sortis en poche.

Ma nouvelle marotte, c’est Katarina Mazetti. J’étais tombée dans « Le mec de la tombe d’à côté » il y a quelques mois. Ecriture fluide mais surtout, scénario rocambolesque. Un rat de bibliothèque un peu gris, plus déco aseptisée de catalogue que chine dans les brocantes, rencontre sur un banc de cimetière un agriculteur du coin, pantalon crotté et discours patois.

Le mec de la tombé d'à côté

Le mec de la tombé d’à côté, de Katarina Mazetti

Elle vient d’enterrer son mari, qui lui ressemblait en tous points, sans que cela n’ait jamais fait réellement vaciller son âme cependant. Le mec « de la tombe d’à côté » vient, pour sa part, fleurir la tombe de ses parents. On est évidemment dans le scénario type « tout les oppose, l’amour va les réunir ». Katarina Mazetti aime assez ces histoires, elle a d’ailleurs repris la même trame dans « Les larmes de Tarzan ». Son vrai talent, c’est d’en faire quelque chose de complétement différent. Désirée la bibliothécaire est attachante mais chiante à souhait. Elle n’a rien de la veuve éplorée qui s’épanche sur son (mauvais) sort, restant plutôt surprise d’avoir perdu un mari qui, comme le dit Evene, « a eu le mauvais goût de partir trop tôt« . Benny est tel qu’on peut l’imaginer: un peu lourdaud et maladroit, levant un sourcil surpris devant les affres de la vie citadine dont il ignore tout. Mais il est aussi résolu à évoluer, à changer pour lui plaire. Katarina Mazetti croque à merveille ces deux personnages pleins d’aspérités.

Le caveau de famille

Le caveau de famille, de Katarina Mazetti

Elle réussit également un tour de force: donner un rendu complètement différent à la suite qu’elle a imaginé pour eux dans « Le Caveau de famille ». Au point d’ailleurs, d’avoir reçu pas mal de critiques négatives. Il est pourtant, par bien des aspects, plus savoureux, parce qu’on va plus loin. Au lieu de les laisser s’observer durant trois tomes du haut de leurs tours d’ivoire, Mazetti les fait fusionner, sombrer l’un dans l’autre. Ni pour le meilleur, ni pour le pire, mais pour une réalité qui est celle de n’importe qui: les couches sales, les pleurs des otites à répétition qui suivent les pleurs des dents, le couple qui s’oublie, le papier peint qui se décolle dans la salle de bains et qu’il faudrait changer mais pour lequel on a jamais le temps. Ces deux personnages « que tout oppose », vont être réunis, certes, « par l’amour » mais aussi par la vie, la vraie, avec tous ses excès, et c’est délicieux de réalisme.

-Lexie Swing-