Dans son grand lit

Nouveau lit./ Photo DR Lexie Swing

Nouveau lit./ Photo DR Lexie Swing

Ce n’était pas prévu pour tout de suite. Nous voulions attendre mai, lui laisser le temps d’abandonner son lit à barreaux pour le léguer sans regrets à sa petite soeur, mais pas trop tôt non plus, elle qui est si petite encore.

Et puis, au détour du coin enfants chez Ikea, elle a plongé dans un lit. Pas un de ces lits tout petits, qui accueillent nos toddlers qui grandissent. Un lit suffisamment large pour en accueillir trois comme elle, mais aussi suffisamment bas pour que notre toute petite puisse y grimper sans encombres. En faire un lieu de repos certes, mais aussi une cabane, un radeau ou même un paquebot.

Alors on est reparti avec, comme souvent chez Ikea. On vient pour trois assiettes et l’on repart avec un salon de jardin. Logique implacable du grand magasin suédois.

Son papa l’a monté, tandis qu’elle trépignait à ses côtés, essayant de grimper dans le carton et d’assembler elle-même les morceaux. Et puis le moment est venu : elle a pris son élan et a sauté dedans. Après s’y être roulée, à plat dos, puis à plat ventre, et encore à plat dos, elle est redescendue et a couru chercher couverture et doudous dans son lit de bébé. La rupture était consommée!

Tout n’est pas encore idéal. Les deux siestes de la fin de semaine se sont faites dans le lit à barreaux, à sa demande. Et c’est un peu perdue qu’elle a suivi le déménagement de celui-ci dans ce qui sera la chambre de sa soeur. Mais le plaisir du grand lit est évident. Elle y reste tard le matin, faisant mine de ne pas entendre nos appels. Et elle en sort par elle-même lorsqu’elle l’a décidé.

Aucun regret de notre côté. Ce nouveau lit lui apporte une belle autonomie. C’est ainsi que ce matin, tandis que je pensais devoir la tirer par les pieds la soulever doucement de son lit pour l’emmener petit déjeuner, je l’ai retrouvée debout dans sa chambre, à moitié nue, enfilant chaussettes et culotte que j’avais préparées la veille. Épatant!

Et chez vous, comment s’est passé le passage dans le grand lit?

 

-Lexie Swing-

Du granola au chocolat…

Granola au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

Granola au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

Des noix, des flocons d’avoine, un peu de sirop d’érable et du cacao surtout… De quoi te donner envie de te lever d’un bond le matin! J’ai piqué cette recette à Marilou, la blogueuse québécoise de plus en plus connue. Si vous n’avez jamais entendu parler d’elle, allez faire un petit tour sur son site Trois fois par jour…

Ce mélange est parfait à réaliser avec des enfants! Ils peuvent manipuler les cups sans créer de catastrophe (bien sûr on aide pour l’huile, ça fait briller le sol façon patinoire mais ça s’éponge mal, tout comme le sirop d’érable).

Marilou sépare les deux mélanges liquide et solide. Du côté des solides :

3 tasses de flocons d’avoine à cuisson rapide

3/4 de tasse de noix de coco non sucrée, râpée

1/2 tasse de noix de Grenoble, grossièrement hachées

1 tasse de noix de pécan, grossièrement hachées

1/2 tasse de noix de cajou, grossièrement hachées

1/2 tasse de graines de chia

2 c. à soupe de cassonade

Une pincée de sel

Du côté des liquides :

1/2 c. à thé d’extrait de vanille

3/4 de tasse d’huile de canola

1/2 tasse de miel ou de sirop d’érable

1/2 tasse de poudre de cacao

Pour ma part, je ne mets pas de graines de chia, et j’ai choisi le sirop d’érable plutôt que le miel ou l’agave. J’ai déjà utilisé de l’huile de tournesol, elle fait tout aussi bien l’affaire que l’huile de canola, qui se nomme en France huile de colza. Je hache les noix en petits morceaux, moins par goût que pour éviter que ma petite fille, qui raffole du granola mais pense que le mâcher est une option, ne s’étouffe avec une noix entière.

Préchauffez le four à 275 degrés F. ou 135 degrés C.

Mélangez tous les ingrédients liquides d’un côté, et tous les secs de l’autre. Versez les liquides dans les ingrédients secs. Mélangez. Versez sur une plaque de cuisson recouverte de papier parchemin (sulfurisé).

Enfournez pour au moins 30 minutes. Tournez régulièrement pour que vos céréales cuisent uniformément.

Dégustez avec du yogourt (le meilleur selon moi…) et quelques pépites de chocolat!

-Lexie Swing-

Mais qu’es-tu donc numérobis?

./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

Quand on a demandé à Miss Swing si elle voulait un petit frère ou une petite soeur, elle a répondu qu’elle préférait une banane. On a senti son implication immédiate :)

Lorsque nous l’attendions, les mois nous ont semblé interminables avant l’annonce du sexe. La gyneco revêche du premier trimestre avait refusé de se prononcer et l’écho du deuxième trimestre repoussée aux calendes grecques, ou plutôt à 23 sa. Le jour J, je me faisais presque pipi dessus, et pas seulement parce qu’on m’avait demandé d’ingurgiter une bouteille d’eau complète trois heures avant (je suis un peu Marseillaise dans l’âme oui). Je savais que j’attendais un garçon. J’ai toujours su que j’aurais un jour un garçon. Le moment venu, lorsque l’échographiste nous a montré son intimité (à notre enfant, pas la sienne, Dieu merci), j’ai vu que c’était un garçon à qui il manquait quelque chose et ça m’a embêtée trente bonnes secondes avant que je réalise que c’était une fille et qu’elle avait bien tout à la bonne place. Oui ma chérie, ta mère est un sacré boulet.

J’avais rendez-vous hier pour l’écho morphologique de mon second enfant. Mon plus gros problème depuis la prise de rendez-vous un mois avant était de savoir comment 750 ml d’eau bus cul sec 1h15 avant l’écho allaient tenir dans ma ridicule petite vessie. J’ai calculé, recroisé les données, arpenté les forums et fait des tests minutés plusieurs semaines avant. 500 ml 40 minutes avant m’ont donc suffi. Après avoir demandé toutes les 3 minutes à mon chéri quelle heure il était et s’il pensait que je pouvais aller faire un peu pipi mais pas trop, on nous a appelés.

Un bras, deux bras, une tête toute ronde, le nez de sa mère, indubitablement. Nous avons découvert ses traits, ri devant ses petits bras qui s’agitaient. Puis la technologue a placé la sonde sous les fesses du bébé, et nous a souri : « Alors, à votre avis? »

Il y avait quelque chose entre les jambes de mon bébé. Je ne m’y ferais pas prendre cette fois. Il y avait vraiment quelque chose. Deux petits traits tout fins. Je le sais parce que moi aussi je suis née ainsi. Avec deux petits traits et pas d’zizi.

Et mon chéri s’est exclamé : « Non… Vous allez être trois filles à la maison ?? Vraiment ?? »

Et puis il a réalisé. Et je crois pouvoir dire que ce matin-là, dans ce coin du Canada, il y avait un papa très heureux à côté de moi.

-Lexie Swing-

 

Entre deux wagons

Métro Berri./ Photo Michel Filion

Métro Berri./ Photo Michel Filion

Il m’a adressé la parole sur le quai du métro, plaisantant poliment sur l’information que je lisais avec tant d’attention. Je l’ai ignoré, feint la surdité. Ils sont tous les mêmes. Ils abordent avec des sourires et des ronds de jambe, demandent l’heure en estimant le monde au balcon. Ils te complimentent quand ils t’approchent et te conspuent quand ils sont forcés de te quitter, agacés parce qu’ignorés.

Enfin ça, c’était avant.

Il m’a adressé la parole sur le quai du métro, plaisantant poliment sur l’information que je lisais avec tant d’attention. Je ne savais pas vraiment ce que le texte disait. Je relisais pour la cinquième fois la même phrase, les yeux encore à moitié fermés par une nuit trop courte. Je me suis un peu raidie. J’ai relevé la tête et j’ai souri. Il avait 40 ans et des tresses africaines. J’ai dit que c’était une information de première main, quelque chose entre la météo glaciale et les retards de train. Il m’a demandé si j’étais Française, m’a avoué que j’avais été trahie par mon accent. M’a demandé d’où j’étais Française. La formulation m’a amusée. Il m’a dit qu’il connaissait Toulouse, m’a cité la brique, la violette et le Capitole. A ajouté que c’était beau le Capitole. Mais qu’il y avait trop de crottes de chien. Pourquoi les Français ne ramassent-il pas les crottes de chien ?, s’est-il exclamé. J’ai hoché la tête, reconnu l’urgence du problème. Dit que Toulouse c’était à peu près ça. La brique, la violette et les crottes de chien. Il a ri. Le métro est arrivé. Je me suis engouffrée pour trouver une place assise pour mon gros ventre et moi. Je n’ai pas relevé la tête. Je me suis replongée dans l’article. Je ne sais toujours pas de quoi il parlait.

Ce matin j’ai échangé 20 mots avec un parfait inconnu. Ce n’était ni bon, ni mauvais. Mais pour la première fois depuis des années, je ne me suis pas sentie oppressée, je ne me suis pas sentie comme une brebis piégée qui évalue les chances de s’éclipser avant d’être interpellée. Et le Canada, pour moi, c’est aussi ça.

-Lexie Swing-

Et tu t’appelles B. comment?

Miss Swing ne connaît pas son nom de famille. Je ne sais pas à quel âge les enfants sont susceptibles de donner leur nom entier mais ce n’est pas demain la veille pour nous. Elle ne répond pas à la question « Comment tu t’appelles? », elle parle beaucoup mais répond rarement aux questions, surtout si c’est en public, encore plus si elle peut nous faire honte. Ma fille est une sacrée tête de mule mais c’est une autre histoire…

Dans son billet d’hier, Marine évoquait ce choix, ce difficile choix, peut-être le premier vrai choix à faire à deux qui nécessite moult argumentations : le choix du prénom. S’il y en a un autre qui se fait souvent naturellement, c’est plutôt le choix du nom de famille.

En France, comme au Canada et dans de nombreux pays, le nom du père a longtemps été plus qu’une légitimité : une légalité. L’enfant prendra le nom du père, point. Et puis l’évolution de la société a joué son rôle et le nom de la mère est devenue une option.

Pour moi,  et cela ne concerne que mon ressenti, on en est resté là. Dans les mentalités, le nom de la mère reste une option. Pourquoi ? Parce que la coutume a la vie dure et la carapace solide. Parce que les administrations jouent admirablement leur rôle en termes de destruction de l’équilibre chèrement acquis, il suffit de lire le témoignage de LMO pour s’en rendre compte. Mais aussi parce que, nous tous, nous nous sommes habitués à ce que ce soit « le nom du père ». « Vous êtes Monsieur Martin, le papa de Jean Martin? ». C’est l’évidence même.

Notre cas le prouve. Notre fille, et bientôt son frère ou sa soeur, porte mon nom, puis celui de son père. Elle porte nos deux noms, mais le mien en premier. Aucune vélléité féministe, j’ai laissé libre choix au papa quant à l’ordre des noms ou même d’ailleurs, quant au fait de donner seulement l’un des deux, car vraiment la question m’indifférait. Mais il a fait ce choix là, dans ce sens là, entre autres pour une facilité de prononciation.

Seulement voilà : aussitôt décidé, aussitôt rebaptisé! Mon conjoint a gagné le droit de s’appeler Monsieur N., comme moi. Cocasserie : il est ainsi renommé comme mon frère, dont il partage le prénom. Exemple : le médecin demande le nom de notre fille, puis remplit les cases père et mère. Il sait que les noms sont différents puisque le nom de notre fille est double et que de surcroît au Canada la femme ne porte pas le nom du mari (et vice versa), mais il commence toujours pas remplir la case père avec le premier nom. Puis c’est logique non?

Dans la vie, nous avons beaucoup d’automatismes. Malgré toutes mes bonnes résolutions progressistes, je continue à chercher les femmes mariées au nom de leur mari, une habitude que j’apprends à perdre puisqu’elle n’a pas lieu d’être ici. Au même titre que j’apprends chaque jour à ne pas supposer que l’ami de mon enfant a forcément un papa et une maman, ou que cette dame qui vient le chercher à la garderie est forcément sa mère (alors que c’est sa belle-mère, une situation très courante aujourd’hui). Mais il est dur de repartir l’esprit vierge de toute supposition et de toutes habitudes.

À noter qu’au Québec, on peut donner le nom du père, le nom de la la mère, les deux, dans un sens, dans l’autre, et changer pour l’enfant suivant. Oui, oui. Notre deuxième pourrait donc porter nos noms dans le sens inverse. Bonjour les complications!

-Lexie Swing-

Pâte à tartiner maison : la française

Pâte à tartiner maison./ Photo DR Lexie Swing

Pâte à tartiner maison./ Photo DR Lexie Swing

J’ai dans mes innombrables mémos de recettes « à tester » deux pâtes à tartiner maison. Je ne vouais pas un culte au Nutella avant que mes hormones s’en mêlent. Et puis le premier trimestre est passé et j’ai remisé mes vieux pots. Mais voilà que l’épicerie m’a fait don de trois lots de pain de mie en échange de ma – encore trop généreuse – note. Qu’en faire sinon des croques-monsieur, des tartines de fromage et des sandwichs à la pâte à tartiner ? Pas question de recourir à la facilité et aux additifs en surnombre de M.Ferrero, j’ai opté pour la version maison.

Point de crème liquide suffisamment riche pour tester la recette québécoise que j’avais dénichée, je me suis rabattue sur l’autre, la petite française, le Lucky Luke de la pâte à tartiner, sitôt imaginée sitôt tartinée, ou presque. Et ça tombait bien j’avais tout!

Si vous êtes au Canada, vous vous posez peut-être la question du chocolat… Le chocolat dessert se vend à prix d’or et les allées et venues de la famille ne sont pas toujours assez fréquentes pour rapporter le précieux Nestlé Dessert bon marché depuis la France. J’ai trouvé dans mon épicerie des petits sacs de vrac : lentilles, pâtes, riz, graines diverses… et pistoles de chocolat. À 2 dollars et quelques les 220g, pas de quoi se priver et le chocolat est excellent.

La recette provient du site Le journal des femmes. Les ingrédients :

– 60g de chocolat au lait

– 45g de purée de noisettes ou beurre de noisettes (magasins ou rayons bio en France, partout au Canada)

– 40g de sucre glace

– 40g d’huile de tournesol ou canola

– 1 cuillère à soupe rase de lait en poudre

– 1 cuillère à café/thé de cacao non sucré (type Van Houten)

Prenez un récipient quelconque, en verre par exemple, et mettez-le dans un bain-marie. Versez-y votre chocolat (en morceaux ou haché), ajoutez l’huile et le beurre de noisettes. Soupesez du regard les calories que vous allez ingurgiter. Décidez qu’on a qu’une seule vie et ruez-vous sur les miettes de chocolat qui traînent. Mélangez à la cuillère en bois.

Éteignez le feu. Ajoutez le lait en poudre, le sucre glace et le cacao. La recette initiale conseille de tamiser ces trois ingrédients, j’ai sauté cette étape. Lorsque votre pâte est bien mélangée, versez-la dans un pot de conservation  type Parfait, laissez tiédir et réfrigérez pendant au moins deux heures.

À noter que cette pâte est assez dure lorsqu’elle sort du frigo, et plus liquide que du Nutella après une nuit passée sur ma table de cuisine à m’attendre. Elle présente l’avantage de se converser assez longtemps, à température ambiante, puisqu’elle ne contient aucun ingrédient frais. Ceci dit : conserver quoi? Ce matin, après le petit déjeuner, il n’en restait déjà que la moitié.

Et si vraiment cette pâte n’est pas à votre goût et que Ferrero vous a perverti, utilisez-la pour des muffins ou pour faire de petits chaussons au chocolat (et envoyez m’en!!).

Bonne dégustation.

-Lexie Swing-

 

OH, les p’tits produits écolos

J’ai été élevée par des parents écolos, amoureux des animaux, et qui se sont volontiers tournés vers le bio lorsque celui-ci s’est démocratisé. Cependant, devenue adulte, ma conscience écolo a été proportionnelle à mon budget courses : faible! J’ai perpétué ce qu’on m’avait enseigné : le tri du papier, les emballages réduits, les petits producteurs, sans pour autant y consacrer beaucoup de réflexion.

On réutilise le même flacon./ Photo Montréal Gazette

On réutilise le même flacon./ Photo Montréal Gazette

J’ai connu OH de Baleco lorsque j’ai voulu, non pas réduire mon empreinte écolo, mais réduire mon budget à l’épicerie. Marre des notes sans fin avec un chiffre équivalent à un abonnement au gym. Alors on a fait le tri dans nos impératifs et on s’est naturellement tournés vers certaines solutions plus économiques. C’est ici que OH fait son apparition.

Dans mon IGA, il est apparu un samedi, trônant entre les Monsieur Propre et les mouchoirs. Quatre bonbonnes pleines de liquide, voisinant des savons pour les mains, des liquides vaisselle ou encore des détergents affublés du même logo. Samedi, après avoir comparé les prix avec nos bonnes vieilles marques, nous nous sommes décidés à tester un savon pour les mains. Un dollar de moins que les autres marques, lorsque nous remplirons notre précieux flacon à ces bonbonnes.

Au passage en caisse, le flacon s’est retrouvé orné d’un autocollant, qui nous permettra désormais de payer le prix faible, le prix du savon pour les mains à la pompe, lorsqu’on le remplira de nouveau. Mention spéciale à l’hôtesse de caisse, à qui j’ai demandé « Et comment ça marche? » (le concept) : « Ben, vous mettez le flacon en dessous de la pompe pis… vous appuyez, comme sur les bonbonnes d’eau… vous voyez? » Je vois…

Le concept est prometteur : écolo (réutilisation des flacons), contenants sans BPA, produits sans paraben, sans parfum, non testés sur les animaux, biodégradables en 28 jours, entre autres. Mieux encore : l’achat est local car OH est une entreprise québécoise.

J’ai lu un test sur ces produits : l’auteur, un habitué des tests de produits sanitaires et ménagers, s’attendait à l’inefficacité habituelle de certains produits écolos, mais il s’est dit agréablement surpris par le liquide vaisselle et la lessive, même si l’absence d’odeur peut-être déconcertante.

À voir sur le long terme donc, mais l’initiative méritait, grandement, d’être saluée. Gamme complète sur le site de Baleco.

-Lexie Swing-

PS Oui j’ai payé de mes piastres propres mon flacon, pas de sponsoring dissimulé ici!

Tout ce que l’on ne dit pas

S'aimer et se le dire./ Photo  Tam Tran

S’aimer et se le dire./ Photo Tam Tran

L’autre soir, tandis que je frottais avec une énergie rare, de celle que confère une fin de journée ayant mêlé travail et grossesse, de la porcelaine blanche, mes doigts se réchauffant tranquillement au gré de l’eau mousseuse (je faisais la vaisselle quoi), mon esprit s’est attardé sur une photo entr’aperçue sur Facebook. Un ami backpacker voyageant au bout du monde. Songeant à lui, à notre amitié, des mots me sont venus. Quelque chose comme : « Il était quelqu’un à qui je vouais une confiance inébranlable, malgré le silence, malgré nos absences de messages, il y avait cette confiance et cette tendresse que l’on n’accorde qu’à une poignée de personnes dans sa vie ».

Je sais, c’est beau comme discours. Ça aurait fait merveille à un enterrement. Parce que c’était précisément ça le problème. Je parlais au passé. Mon ami est bel et bien en vie, et je la lui souhaite très longue (je touche du singe en le disant)(ma tête quoi). Mais ces mots que mon esprit déclamait sonnaient comme une épitaphe.

Pendant que je rinçais mes assiettes (j’aime bien ces détails passionnants), j’ai réalisé qu’on est, ou que je suis, prompte à imaginer tout le bien que je dirais de mes proches APRÈS. C’est peut-être une déformation de rédactrice. Trop de post-mortem rédigés, trop de discours griffonnés au bénéfice des autres, qui doutaient de leurs mots et de leur plume.

Pourtant, ces mots ne devraient pas être de ceux que l’on réserve aux morts. Ils devraient être le privilège des vivants. Si mon Pépé cleptomane est quelque part dans mon dos, je ne doute pas que savoir que je l’aimais lui réchauffe l’âme à défaut des os, mais il eut été judicieux de le lui dire de son vivant. Bon je n’étais qu’une jeune enfant et l’odeur de sa maison de retraite me poussait plus à un désir ardent de fuite qu’à jouer cartes sur l’espèce de pauvre petite table à roulettes qui jouxtait son lit en lui confiant mes mots d’amour.

Mais nous ne sommes plus des enfants. Et autour de nous gravitent des gens, proches ou moins proches, qui auraient bien besoin d’entendre combien on les aime, combien on les admire, combien nous savons qu’ils travaillent dur même si les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous.

Parfois on entend « mais il sait bien que je l’aime » parce que l’on a peur de ces mots qui déforment un peu la bouche, un peu le coeur, on est timides de les prononcer, de connaître l’impact qu’ils auront. Mais on devrait être généreux de ces mots-là, parce qu’ils seront toujours trop rares au regard des critiques, des réprimandes, des insultes, des regards malveillants, qu’un individu lambda recevra au cours de sa vie.

On noie nos enfants sous les mots doux et après on oublie. Notre coeur bat fort, si fort, mais il sera toujours désespérément muet si aucun mot ne vient ponctuer ce qu’il ressent.

 

-Lexie Swing-

Pourquoi le travail a fait de moi une (bonne) mère

Mother and son./ Photo Blue Skyz Studios

Mother and son./ Photo Blue Skyz Studios

Pendant un temps, il y a eu deux clans : les mères au foyer et les mères qui bossaient. Ces dernières s’autoproclamaient mères imparfaites et s’enorgueillissaient volontiers de leur absence dans le but ultime de faire râler les mères à la maison, elles-même un peu trop vertueuses pour être vraies.

Les bad mothers ont plus ou moins disparu, ou du moins ont-elles cessé de se vanter d’en être, se cachant désormais derrière ce terme pour reconnaître une certaine culpabilité quant à leur absence du foyer. Ça me gène, moi, cette culpabilité. Ça me gène, car je ne la ressens pas. Et je me sens parfois coupable de ne pas la ressentir. On a un esprit tortueux ou pas…

Je ne serais pas devenue mère si je n’avais pas travaillé. En tout cas je ne serais pas devenue « cette mère-là ». Le travail, qu’il m’ait passionnée ou donnée envie de m’exiler au fin fond de l’Afrique (coucou Heidi ;)) m’a toujours équilibrée, épanouie, donnée envie d’aller plus loin et de chercher ailleurs lorsque l’envie s’en faisait sentir. Je suis de celles pour qui il est un pan de vie. Pas une option alimentaire, encore moins quelque chose que j’abandonnerais volontiers si mon mari était un riche entrepreneur. Je suis de celles-ci. Tout comme certaines de mes amies s’épanouissent pleinement dans le fait d’être mères au foyer. Il y a une pluralité de mères et toutes n’aspirent pas à s’occuper à la journée longue de leurs enfants.

Si l’on m’avait dit que faire des enfants signifiait rester à la maison, je n’en aurais probablement pas eu, ou peut-être bien plus tard, ou bien trop tard. Tout le monde peut-être parent au foyer mais ce n’est pas si courant de s’y épanouir, de rester un bon père ou une bonne mère lorsque l’on vit 24h sur 24 avec ses enfants, de garder du recul et de la patience. Mes copines mères au foyer savent à quel point je leur tire mon chapeau. Je leur dis souvent mon admiration. Cela me semble, à moi, aussi compliqué et inatteignable qu’être ingénieur aérospatial. Et j’étais nulle en maths, c’est dire!

Je suis de ces mères qui ont besoin de parfois prendre leur distance, qui n’ont pas un centre d’intérêt mais mille. Si mon enfant, et bientôt le second, est ma priorité, il n’est pas toute ma vie. Il est un (grand) pan de ma vie seulement, et j’ai besoin du reste pour tenir debout. Travailler me rend plus patiente, plus prompte à jouer, plus prête à accorder tout mon temps lorsque je suis présente. Cela m’aide à délimiter mes moments, ce que je ne sais pas faire les week-ends, quand coincée entre le linge à plier et la vaisselle à essuyer, je ponctue ses demandes d’un « plus tard chérie ».

Est-ce que la culpabilité vient en combo avec la peur lorsque l’enfant naît? Pourquoi culpabiliser de ce que l’on est, de ce que l’on fait, quand parallèlement on donne le meilleur de soi pour être un bon parent? Je préfère me donner pleinement à mon enfant quatre heures par jour qu’à moitié durant dix. Tout comme je préfère donner le biberon avec un plaisir évident que de donner le sein sous la contrainte. Je préfère être une mère heureuse. Il paraît que ça peut faire des enfants heureux. Et je ne crois pas que l’on devrait culpabiliser de cela.

-Lexie Swing-

 

Le grand tableau

Aéroport playmobil./ Photo Stéfan

Aéroport playmobil./ Photo Stéfan

Le soir je rentre par le train. Dans la gare, je prends toujours le même chemin. Tout droit devant la chocolaterie, à gauche devant la boulangerie, puis je dépasse les différentes places de lunch pour déboucher dans le grand hall central. Je m’assieds quelques minutes devant le tableau d’affichage, attendant que l’heure tourne et que mon départ approche, histoire d’obtenir de la 3g jusque dans les dernières secondes, sans être coupée du monde trop longtemps dans les profondeurs où mon train attend.

Les gares comme les aéroports semblent toujours exister dans leur espace temps propre. Vous sortez du travail pour vous trouver parachutée au milieu d’écoliers en tenues de ski, partant pour la semaine profiter des dernières neiges. Vous partez commercer dans le pays voisin, et croisez sur le chemin des familles entières de touristes, guide et espoirs en main, prêtes à perdre leur souffle dans des grandes villes étrangères. Ce sont deux mondes opposés qui se frôlent sans cesse.

Et si je doute que les gamins piailleurs ou le touriste perdu basculent un instant dans la routine tranquille du métro-boulot-dodo en m’apercevant, les croiser provoque chez moi ce sentiment unique de pause. J’aurais rêvé de travailler dans un aéroport et observer sans cesse des gens en partance, en transit. Avoir la douce impression d’être hors du temps, d’avoir mis la vie en attente, entre un Replay et un vendeur de sandwichs bios.

Faute de mieux, je m’octroie ce petit détour sous le grand tableau. Les destinations ne sont jamais très lointaines, mais pour moi la Française de naissance, NY et Boston restent des lieux de voyage au bout du monde. Désormais à quelques heures de route, à peine.

-Lexie Swing-