Ce fabuleux pain aux bananes, noix et chocolat…

Cake banane./ Photo DR Lexie Swing

Cake banane./ Photo DR Lexie Swing

Il est désormais emballé précieusement dans le congélateur, tranche par tranche. Chaque matin, nous en sortons deux, que nous dégustons dans la journée. Avant ça, nous mangions des muffins. Demain? Je ne sais pas. Mais cette semaine, c’était pain aux bananes et… dieu que c’était bon!

J’avais goûté la recette lorsque mon amie et collègue A. a fêté son départ et son nouvel emploi autour d’un petit déjeuner tardif. J’aime beaucoup les bananes, beaucoup moins lorsqu’elles sont écrasées dans une préparation quelconque. Mais bon, je suis gourmande et puis je suis enceinte (et j’ai toujours faim). Donc j’ai goûté. 3 fois.

C’est peu de dire que j’ai aimé. Ça a été une révélation pour moi! Je trouvais des épices là où il n’y avait que de la farine et du sucre. Je pensais sentir un petit goût de noisette alors qu’il n’y en avait aucune. J’ai été séduite!

Alors dimanche dernier, je m’y suis attelée. Sucre, farine, beurre, oeufs, bananes (of course)… et puis du chocolat, pour mon chéri qui l’imaginait comme ça, et puis des noix, des vraies, parce que le goût c’est bien, mais la petite sensation de croquant, c’est mieux!

Ingrédients :

– 2 tasses de farine

– 2 cuillères à thé ou café de levure chimique (poudre à pâte)

– 125 ml ou 1/2 tasse de beurre (le mien était demi-sel et c’était parfait comme ça)

– 1 tasse de cassonade

– 1 cuillère à thé ou café d’extrait de vanille

– 2 oeufs battus

– 3 bananes

– 1/2 tasse de lait

– 1/2 tasse de noix concassées

– 1/2 tasse de pépites de chocolat

 

Préchauffez le four à  180 °C (350 °F).

Sortez deux saladiers. Dans le premier (le plus petit des deux, votre bol « bis »), mélangez la farine et la levure, puis réservez (loin des petites pattes aventureuses, la farine c’est dur à ramasser, j’ai testé pour vous).

Dans le second (votre bol principal, celui dans lequel vous faites habituellement vos préparations), fouettez le beurre (mou, voire légèrement fondu), et la cassonade pendant une bonne minute. Ajoutez les oeufs, puis la vanille.

Laissez votre enfant écraser les bananes à la cuillère (non pas avec les mains chérie, bon ok les mains c’est bien aussi, elles sont propres tes mains ? On les a lavées hier ? Parfait!) et profitez-en pour beurrer votre moule.

Mélangez la purée de bananes avec le mélange beurre – cassonade – oeufs. Puis ajoutez peu à peu les ingrédients secs, en alternance avec le lait.

Ajoutez les pépites de chocolat et les noix concassées. Puis versez la pâte dans le moule.

Enfournez pour une heure environ. Si vous faites une découpe dès le démoulage, vous aurez l’impression que le cake est encore légèrement humide. C’est parfait!

Le pain ou cake aux bananes est très courant ici au Québec. Il est de toutes les fêtes et de tous les goûters. Et honnêtement… je sais maintenant pourquoi :)

-Lexie Swing-

Pour 20 minutes de plus

Le temps s'arrête./ Photo Simon LeBlanc

Le temps s’arrête./ Photo Simon LeBlanc

6h. Si tôt et déjà trop tard. Trop tard pour être à l’heure. Trop tard pour prendre le train. Trop tard pour commencer le boulot à 8. Trop tard pour réaliser le combo douche-déjeuner avec sérénité. « Prends le train suivant », propose mon chéri. Je dis non. Partir pour 8h30 signifie finir le travail plus tard. Et puis je suis plus efficace le matin tôt. Et puis j’ai les courses à faire ce soir. Et puis on sera en retard pour préparer le souper. Et puis tandis que je reste là, à deviser, le temps file et je ne fais rien. Je dis oui. Oui, d’accord, le train d’après. Il est 6h45. Le petit déjeuner vient de commencer. Je vois ma fille compter ses petits gâteaux. Déglutir son verre de lait. Vais-je vraiment l’arracher à ce moment pour une question d’horaire, de courses et de productivité matinale ?
Je m’assieds à ses côtés. Verse mon yogourt. Mes céréales maison. Ajoute les canneberges. Touille consciencieusement. Tu as rêvé cette nuit ma chérie ? Elle hoche la tête, la bouche pleine. Sait-elle seulement ce que signifie rêver ? Son petit visage enrhumé est tout sale. Cela prendra du temps de la nettoyer, le temps d’expliquer, de maintenir, de supplier, pour moucher le petit nez douloureusement collé et nettoyer l’œil qui pleure sous les assauts des microbes. Quel choix ai-je? La ceinturer sur le lit, en lui criant « laisse-toi faire, on va être en retard! »?

Il y a quelques mois, j’ai lu le témoignage d’une autre mère, qui s’était rendu compte de ce qu’elle imposait à ses filles lorsque, sur le chemin de l’école, alors qu’elles se hâtaient, l’aînée était venue houspiller la cadette qui humait une fleur : « Mais dépêche-toi, dépêche-toi, qu’est-ce que tu es lente! ». Elle avait 7 ans et elle était déjà pressée. Elle avait 4 ans et elle ne pouvait prendre le temps de rêver. Ça lui a fait un choc, à la mère. Et ça m’a fait un choc, à moi aussi. Car je sais qu’on pourrait être comme cela. Des gens toujours en retard qui transmettent leur stress du temps à leurs enfants.

Désormais, on la lève plus tôt, pour qu’elle ait le temps de se réveiller. On déjeune à trois, pour avoir le temps de partager. Et quand on peut, ou du moins chaque fois qu’on peut, on repousse l’heure du départ. Et c’est alors l’occasion de ralentir ses gestes, de regarder par la fenêtre, de faire un jeu supplémentaire ou simplement de réaliser nos petits actes du matin un à un, et non pas la brosse à dents dans la bouche et le peigne de l’autre, avec cette maladresse propre à ceux qui voudraient tout faire mais n’ont le temps de rien.

Ce n’est pas encore tout à fait gagné. La miss part souvent mal peignée. Et j’oublie sans cesse de remettre dans mon sac le livre que j’ai commencé la veille au soir. Il n’est pas rare que l’on se mette à courir en croisant l’horloge… et je rate encore mon train souvent!

On ne peut pas arrêter le temps, mais on peut le ralentir, juste un peu. Desserrer son étau, l’espace d’un instant, pour humer une fleur ou compter ses gâteaux.

-Lexie Swing-

Porter la vie

Grossesse./ Photo J.K. Califf

Grossesse./ Photo J.K. Califf

Il y a celles qui ne sentent rien. Pas une douleur, pas une nausée, pas une intuition, et qui découvrent, hébétées, le petit plus sur le test tout trempé. Et puis celles qui psychotent, qui savent, qui se sentent enceintes, parce que c’est animal, c’est intuitif, c’est instinctif, mais qui seront tout aussi émerveillées une fois le test réalisé.

Il y a celles qui auront tout : les vertiges, les nausées, les vomissements, les fringales, les douleurs diverses. Et celles qui regarderont passer le train du premier trimestre avec parfois la sensation d’avoir oublié de monter dedans.

Il y a celles qui se réjouiront de voir leur ventre pousser, celles qui trépigneront parce qu’on ne le voit pas assez, et puis les autres : celles qui se languissent de retrouver leur 36 et leur tailleur JPG.

Il y a celles qui sentiront leur bébé dès la fin du premier trimestre, d’autres qui devront attendre le milieu du deuxième. Celles qui sentiront des bulles et des effleurements, et d’autres qui connaîtront d’office les coups à répétition.

Il y a celles qui partageront tout avec le papa, avec le conjoint, avec l’autre mère. Et celles pour qui « c’est avant tout une histoire de femmes ».

Il y a celles qui découvriront, horrifiées, bouger une main, bouger un pied, se demandant parfois quel alien elles abritent et si ça va durer. Et celles qui tapoteront sur leur ventre à toute heure de la journée, pour attirer son attention, ou le réveiller.

Il y a celles qui le portent haut. Et celles qui le portent bas, alourdissant leurs pas.

Il y a celles qui arriveront à la fin, essoufflées, exagérément cambrées, portant un ventre démesuré. Et celles qui débarquent à la maternité, le bedon à peine gonflé.

Il y a celles qui auront des contractions tôt, qui seront parfois alitées dès les premiers mois. Et celles qui ne connaîtront les contractions qu’au moment d’en être délivrées.

Il y a mille façons de porter la vie mais une seule de la donner. Avec toujours, au bout, le même sentiment incontrôlable d’avoir créé quelque chose de magique, d’irréel, d’exceptionnel.

 

-Lexie Swing-

 

Le lit parapluie Babybjorn : testé et approuvé!

La première version du lit Babybjorn

La première version du lit Babybjorn

Lorsque nous nous sommes équipés pour la venue de Miss Swing, nous savions déjà que notre immigration était imminente. Beaucoup de son premier mobilier était donc de la récup : Moïse familial puis lit de bébé de son papa, commode d’enfant de sa maman, table à langer de ses cousins, etc. Mais certaines choses devaient voyager avec nous, et allier donc confort et solidité, au minimum. Parmi elles, il y avait le choix du lit parapluie. On avait pu jauger au fil des années les lits de voyage façon supermarché à 40 euros et, au vu de l’importante utilisation, il est vite devenu évident que nous ne nous pouvions nous contenter de ça. On a donc choisi d’y mettre le prix (et d’y associer la famille ;)).

C’est comme ça que nous nous sommes tournés vers le lit parapluie Babybjorn.

– Adieu le lit parapluie dont l’irascibilité n’avait d’égale que la complexité. Je me souviens encore d’une improbable conversation lors du montage du lit de ma nièce au sujet d’un pied qu’il fallait tenir tout en tirant le montant opposé. Ici, pas de problème : on sort, on retourne, on soulève en secouant, on enclenche les 4 pieds et c’est bon. Et pareil au rangement (pas comme la tente Quechua!).

– Le lit des petits acrobates. Si Miss Swing n’a rien d’une terreur de cirque, elle a deux-trois amis qui sont de fervents adeptes de l’escalade nocturne par dessus la barrière du lit. Mon neveu connaît aussi à merveille le principe du lit parapluie qui bascule sous le poids. Ça ne risque pas d’arriver avec le babybjorn, le lit étant posé au sol et non sur pilotis.

– La solidité. Toute nordique!

– Le confort est digne d’un quatre étoiles version poupon. Point de petite chose toute dure et fine comme une crêpe de grand chef, que les spécialistes de puériculture ont le culot de qualifier de « matelas », ici le couchage est véritablement épais, et visiblement confortable!

– Le poids est light en comparaison des machins pas chers : 6 kg. Ce n’est pas le plus léger de sa catégorie mais il se défend!

A contrario, le Babybjorn a deux défauts selon moi. Déjà, il est cher. Plus de 200 euros contre 50 pour certains modèles de base. Plutôt onéreux lorsqu’on s’en sert seulement deux fois par an (240 euros mais je viens de voir une promo chez Aubert à 191 euros si ça vous intéresse, ou 300$ CAD). Cependant pour nous il a été vite rentabilisé : il a fait office de parc jusqu’aux 18 mois de la miss, il était donc déplié en permanence. De plus, il a servi non seulement en vacances, mais aussi durant plusieurs jours lorsque nous sommes arrivés au Québec. Rentabilité : maximale!

Le second défaut, c’est sa taille. Il prend un peu de place et pourtant il est impossible d’y coucher un enfant trop grand. Nous avons cessé d’y mettre Miss Swing, non pas que notre mini pouce n’y serait plus rentrée mais, en comparaison d’un lit d’enfant normal, ça devenait claustrophobique (j’invente des mots mais on se comprend). Même si le fabriquant assure qu’une utilisation est possible jusqu’à trois ans, je trouve qu’au delà de deux ans, l’utilisation devient donc difficile, voire impossible.

Bref, malgré ces deux petits défauts je l’aime d’amour. Il a servi longtemps à Miss Swing et sera bientôt ressorti comme parc pour sa petite soeur. En attendant, il va aller passer les vacances chez des amis qui hébergent bientôt un tout petit. Et c’est avec confiance que je le prête, sachant que ce petit bout qui m’est inconnu devrait y trouver un vrai confort et de la sécurité. Le top!

-Lexie Swing-

Gâteau au chocolat, pépites et beurre de noisettes à la tasse – yummy!

Mugcake au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

Mugcake au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

Il est 22h et je rêve de chocolat un peu fondu dans un gâteau mou. La plupart des cafés sont fermés et la flemme me tenaille tout autant que la faim. J’ai les ingrédients mais pas trop le temps (enfin, le temps oui, mais la patience d’attendre, c’est autre chose…) alors je demande illico à Ricardo un bon plan cuisine dont il a le secret. Ricardo, on s’entend que ce n’est pas l’une des voix dans ma tête (quoique, je trouverais ça assez chic de dire « j’ai une double personnalité, je m’appelle aussi Ricardo) mais bien un cuisinier très connu ici pour ses recettes faciles, souvent rapides et bon marché.

Bref, en deux clics, Ricardo me délivre mon précieux sésame : sa recette de gâteau au chocolat à la tasse. Deux-trois changements et un tour au micro-ondes plus tard, je surfe sur le web la cuillère en lévitation et les papilles en ébullition. Ça méritait bien que je vous partage la recette.

Ingrédients :

– 3 cuillères à soupe de farine

– 2 cuillères à soupe de cassonade

– 2 cuillères à café (ou thé) de cacao

– 1 cuillère à café/thé de levure ou poudre à pâte

– 3 cuillères à soupe de lait

– 1 cuillère à soupe d’huile (canola, tournesol, etc)

– 1 cuillère à soupe de pépites de chocolat

– 1 cuillère à café/thé de beurre (purée) de noisettes

Prenez votre tasse préférée, versez-y la farine, la cassonade, le cacao et la levure (poudre à pâte). Mélangez. Ajoutez le lait et l’huile. Mélangez bien de nouveau, si nécessaire avec une fourchette pour éviter les grumeaux. Ajoutez le beurre de noisettes et les pépites de chocolat. Faites cuire 45 secondes au micro-ondes en plaçant votre tasse non pas au milieu mais sur un côté de votre plaque tournante. Laissez refroidir quelques minutes (ou pas).

Engloutissez.

Bien sûr, tous les mélanges sont permis : la cuillère de pâte à tartiner au milieu du gâteau, le chocolat blanc, les noisettes, la noix de coco… Testez et donnez-moi vos bonnes idées!

-Lexie Swing-

Le deuxième enfant, un ouragan?

Deux soeurs./ Niklas Montelius

Deux soeurs./ Niklas Montelius

Il paraît que rien n’est plus différent que deux enfants. Entre deux sexes, on s’attend toujours à des écarts (peut-être pas si grands finalement?) mais quand on attend une deuxième fille (ou un deuxième gars), on l’imagine volontiers comme une copie conforme.

Physiquement j’ai tendance à me projeter avec un modèle que je connais déjà même s’il ne me déplairait pas d’avoir une fille dont on dirait pour une fois « qu’est ce qu’elle te ressemble! » (alors qu’en vrai Miss Swing me ressemble mais on trouve toujours que c’est « tout son père », tout ça parce qu’ils ont la même coupe de cheveux) (et la même maniaquerie) (non j’ai rien dit chéri ;)). Ceci dit, si tout va bien, elle sera blonde et bouclée, comme deux de ses grands-parents (et ma blonde mère aura ainsi sa vengeance sur dame nature qui lui a fait avoir deux enfants bruns).

Mais peu importe le physique, c’est surtout sur le caractère que je m’interroge. Miss Swing est têtue et un peu caractérielle, mais elle est aussi surprenante de maturité. Jamais une morsure ou une tape à un autre enfant pour se défendre, jamais d’objets jetés dans la poubelle ou les toilettes pour « voir comment ça fait », une incroyable capacité à rester assise au restaurant plusieurs heures (pour peu qu’on la nourrisse), des jeux qu’elle invente souvent seule, etc. Tout peut encore changer et sans doute nous réserve-t-elle une crise quelconque, qu’on appellera la crise des 27 mois ou des 32, selon le moment où elle débarquera.

Mais il nous est difficile, du coup, d’imaginer qu’une petite fille puisse être si différente. Et pourtant ce sera immanquablement le cas, et heureusement d’ailleurs. Du coup je m’interroge : sera-t-elle du genre à courir partout, à ne pas tenir en place? À avoir besoin de beaucoup d’attention et de bras pour la porter? Sera-t-elle de ces bébés qui sont toujours souriants ? Ou très renfrognée comme je l’étais moi-même enfant ?

Mes filles auront, pour toujours, ceci de différent que leur pays de naissance ne sera pas le même. Et si, au final, elles auront je l’espère toutes deux la double nationalité, il n’en reste pas moins que notre Mini Swing sera la seule petite canadienne de souche.

Et forcément, du coup, je me demande… Aimera-t-elle le sirop d’érable et la poutine?

Bon et chez vous, entre un et deux (ou trois?) (quatre ? Et vous dormez encore ?), quelles différences ?

-Lexie Swing-

Bilingue, le Québec?

Enfant bilingue

Enfant bilingue

« Bonjour, Hi » a longtemps été l’expression qui nous accueillait dans les magasins à Montréal. Il faut dire que nous vivions à NDG, quartier majoritairement anglophone, et que je travaillais (et c’est toujours le cas) proche de la station Peel, le quartier des affaires. L’anglais était donc partout roi, mais les vendeurs et serveurs passaient avec aisance d’une langue à l’autre comme s’ils étaient nés avec les deux depuis toujours.

Pourtant, je me rends compte de plus en plus que cette aisance n’a rien de répandu. Par ma profession, j’ai l’occasion d’échanger avec des personnes travaillant dans l’administration québécoise. Or selon elles, un fossé se crée de plus en plus entre le niveau réel des postulants (qui possèdent souvent un anglais fonctionnel tout au plus) et le niveau de maîtrise d’anglais demandé à Montréal.

Alors quoi? On peut être une petite Française et débarquer en terrain conquis avec sa langue maternelle comme seul bagage ? Que dalle. Je n’en crois pas un mot. La plupart des offres d’emploi requièrent un certain niveau d’anglais. Parfois, celui-ci n’est même pas utilisé, mais c’est « au cas où ». Au cas où l’entreprise ouvrirait des antennes plus à l’Ouest, ou plus au Sud, aux « États » (comme on dit ici). Au cas où le boss serait remplacé par un (une) autre, anglophone cette fois. Au cas où, sur les 10 000 requêtes quotidiennes, il y en aurait une toute petite en anglais dans le texte.

Mais le fait est qu’on se débrouille. Je fais désormais sans problème des entrevues en anglais, même si j’ai toujours un petit chouillas de doute avant de décrocher mon téléphone. Et regarder Netflix (non francophone) est devenu notre lot quotidien. Je suis persuadée aujourd’hui qu’on peut passer sa vie au Québec sans décrocher un mot d’anglais, mais si l’on veut s’y intégrer, c’est le minimum. Ne serait-ce que pour déjouer les traductions parfois douteuses sur les aliments et autres produits du commerce.

Et de votre côté, anglais obligatoire ou non?

-Lexie Swing-

 

 

Bonjour la crise de nerfs!

L’autre jour, à l’épicerie, un cri suraigu a retenti à travers le magasin, suivi d’un autre, et plusieurs encore. Miss Swing a déclaré, laconique, « il pleure maman ». Pas dupe. C’était bien un petit garçon qui hurlait de désespoir au rayon des surgelés. Une glace refusée? Pas les frites qu’il voulait? Les pleurs ont laissé place à des cris de nerfs et sa mère, blonde et rougie par l’effort, a finalement abandonné courses et caddy et a pris la poudre d’escampette, son garçon sous le bras, à qui elle murmurait : « je suis tannée, tannée, tannée ».

Quel parent d’un enfant de plus de deux ou trois ans n’a pas eu droit un jour ou l’autre à une crise de colère? Qui n’a jamais assisté au spectacle d’un enfant qui se roule par terre pour un « non » au rayon des bonbons?

La réaction est souvent inversement proportionnelle à la gravité du moment. Plus petit est le refus, plus grande est la crise. Et elle peut surgir à tout instant : une chaussette mal mise, un morceau de puzzle incompétent qui refuse de prendre son emplacement, un « non » du parent de laisser l’enfant arracher méthodiquement les poils du chat, etc.

Si elle n’est pas férue des crises de nerf, Miss Swing n’hésite pas à exprimer toute sa colère en lançant divers objets. Un morceau qu’elle n’arrivait pas à piquer vendredi avec sa fourchette a ainsi transformé le repas en pugilat, lorsqu’elle a jeté successivement son assiette, puis son pain et ses couverts par dessus la table.

Punie? Illico! On ne jette pas ses couverts sur les genoux de sa mère! Cependant je m’efforce de plus en plus de l’aider à mettre des mots sur ce qu’elle ressent. Tu es en colère parce que je n’ai pas voulu que tu manges un bonbon; parce que tu n’arrives pas à faire tes lacets; etc.

La réaction paraît souvent énorme au regard du côté dérisoire du moment. Hurler pendant 25 minutes parce que tu n’arrives pas à tourner la page du livre; vraiment? Mais quand on y réfléchit bien, le sentiment ne l’est pas. Quand je mesure la frustration ressentie face à un problème que je ne parviens pas à résoudre, ou la colère de mon amie quand son boss lui refuse une augmentation qu’elle jugeait méritée, je comprends quel chemin nous avons à parcourir. Quelle claque que ce « non »! Quel sentiment détestable que celui de ne pas parvenir à faire quelque chose, fusse de mettre ses chaussettes.

En grandissant, on apprend à moins s’émouvoir, à se contrôler, à juger de l’importance de l’acte. N’en reste pas moins que lorsque la colère ou la frustration nous envahissent, elles nous prennent à la gorge, s’attachent à notre vue comme ces sensations bien égoïstes qu’elles sont, nous obnubilant au point de nous faire oublier le reste. Et que dire du fait que nous sommes souvent, dans ce cas, incapable d’entendre les voix de la sagesse qui nous murmurent à l’oreille : « Ce n’est pas important, il y a des choses plus graves dans la vie ». Il y a plus grave que de ne pas parvenir à faire ses lacets; il y a plus grave aussi que de ne pas obtenir le poste qu’on souhaitait. Il y a toujours plus grave. Mais à cet instant même, on se ferait quand même bien une petite crise de nerfs au rayon des surgelés, juste pour s’exprimer…

-Lexie Swing-

Pipi et comédie

./Photo Todd Morris

./Photo Todd Morris

Je suis aux toilettes et j’ai laissé le verrou ouvert car je suis seule avec la miss.

– Maman?

– Ferme la porte chérie, je fais pipi, j’arrive.

Miss Swing ferme la porte… après être entrée dans les toilettes.

– Maman?

– Oui?

– Je veux faire pipi.

– Tu peux attendre ? Là c’est moi qui fait pipi.

– Fini pipi maman.

– Tu permets ?

– Maman?

– Oui?

– (Tendant le papier toilette) Tiens, essuie ton pipi.

– Merci chérie, tu ne veux pas sortir?

– Non, je veux faire pipi.

– Moi aussi j’aimerais bien…

– Maman?

– Quoi chérie?

– (Tentant de glisser l’adaptateur sur les toilettes malgré le fait que je suis assise dessus) Pousse-toi!

– Super merci chérie, bon ok c’est bon, je te laisse la place.

– Fini pipi maman?

– Oui voilà, j’ai fini.

– Bravo pipi maman.

 

Molière n’aurait pas fait mieux…

 

-Lexie Swing-

 

 

 

29 bougies

Mon apprentie écrivaine./ Photo DR Lexie Swing

Mon apprentie écrivaine./ Photo DR Lexie Swing

J’ai atteint le grand âge de 29 ans. Je le trouve terriblement moche ce chiffre, ce 9, j’ai beau le tourner en tout sens, il a un goût d’inachevé pour moi. Il me paraît boiteux, et pourtant il a quelque chose de magnifique, en ce sens qu’il clôt une année riche (première bougie de notre expatriation au Canada, premier achat de maison…) et qu’il augure d’une autre encore plus incroyable (l’arrivée de notre deuxième fille…).

Je n’ai pas trop le sens des jours J. Tout jour peut devenir LE jour pour peu qu’on le pare de suffisamment de paillettes et d’artifices pour le rendre inoubliable. Je n’attendais rien de ce 8 avril particulier, puisque nous le fêterons sûrement le 11, peut-être un peu le 12 et que nous retrinquerons (au jus d’abricot!) au fur et à mesure des visites.

C’est peut-être parce que je n’en attendais rien qu’il a choisi de devenir spécial. Comme lorsque j’ai reçu le cadeau parfait – une machine à écrire Underwood de 1925 en parfait état de marche ; que j’ai réalisé que j’avais exactement aujourd’hui l’âge qu’avait ma mère lorsque je suis née et que j’accoucherai donc au même âge de mon deuxième enfant ; ou encore lorsque ma fille, après avoir dit plusieurs fois « non pas fête de Maman » et « il est où le gâteau? » a choisi de combler le silence laissé par mon acharnement à lui presser un verre plein de jus d’orange en entonnant « Bonne fêteuuuh maman, bonne fête mamaaaan… » ainsi qu’on lui a appris pendant les différents anniversaires de sa garderie.

Il y a eu aussi tous ces copains  et ces proches qui ont pensé à mon anniversaire, les messages débarquant aussi bien sur Whatsapp, que par courriel ou Facebook, et me cueillant au rythme de la journée. Il y a eu ces échanges de nouvelles un peu plus longs que d’ordinaire, parce que ce n’était pas une journée qui l’était. Il y a eu ces photos un peu spéciales prises par des amies qui me connaissent bien. Et ce gâteau offert par mes collègues, le tout premier sur lequel j’ai soufflé des bougies cette année.

Ça s’est fini par un souper improbable. Grilled-cheese et cheesecake. Du cheese partout. Et Miss Swing qui criait « mais il est où le gâteau maman ». Cette bougie que je n’arrivais pas à souffler parce que je voulais qu’elle souffle aussi, et que le souffle que je retenais, conjugué au sien si ténu, n’atteignait même pas la flamme. Ce souper improbable et parfait, en trente minutes parce que j’avais yoga après.

Et puis ces quelques minutes, ma tête contre la sienne dans son grand petit lit. Mes jambes repliées. Mon corps trop grand pour ce petit radeau. La veilleuse coccinelle qui fait danser les étoiles au dessus de ma tête, éclairant tour à tour la montgolfière, le panda au nez pointu et l’arbre de nouveau enneigé derrière la fenêtre. Sa respiration tranquille. Cette nouvelle année qui commence.

-Lexie Swing-