J’ai vu ton nom

Fillette./ Photo Courtney Carmody

Fillette./ Photo Courtney Carmody

C’était dans un flot de commentaires, une fille était taggée, une fille blonde, une ado tout juste sortie des rondeurs de l’enfance. J’ai cliqué sur son profil, lu un commentaire sur sa photo, un commentaire qui la nommait, qui te nommait. Elle porte ton prénom. Ou tu portes le sien, puisqu’elle a la primeur des années. Chaque fois que je le vois sur un message, dans un livre, que je l’entends dans un film ou dans une chanson, je m’imagine un peu de toi. Tu es tour à tour une héroïne, une journaliste new-yorkaise, la serveuse d’un bar perdu, une musicienne enviée, une jeune fille d’un blond presque blanc qui sourit de toutes ses dents à l’objectif. Tu es mille personnages. 

Et chaque fois que je vois ton nom, et que tu revêts, dans mon imagination débordante, les chaussures d’une autre, j’applaudis ce choix que nous avons fait de te donner un prénom qui résonne comme un rire à mes rires à mes oreilles, rond et scintillant, doux, et jamais anodin. 

– Lexie Swing –

En morceaux…

Jeu de patience./ Photo Joachim Schlosser

Jeu de patience./ Photo Joachim Schlosser

Miss Swing est une huuuuge fan des puzzles. À bientôt 19 mois, elle peut rester une petite heure, à imbriquer et renverser ses puzzles à empiècements. Mais voilà, son doigté est de plus en plus rapide et il n’est pas rare de lui présenter un nouveau puzzle et de voir la demoiselle le remplir en deux temps trois mouvements, avant de repartir chercher d’autres jouets plus attractifs. Nous avons donc commencé par trouver de nouveaux tableaux à pièces, avant de se rendre à l’évidence : il lui fallait du plus complexe. Voici notre cheminement puzzléen pour toddler amoureux des morceaux.

Les tout-premiers

Ils sont en formes d’animaux, de personnages, de voitures… On a commencé avec les animaux de la jungle, de plusieurs natures différentes, avant de passer à des empiècements un poil plus compliqué : les instruments de musique. Guitare et violon se ressemblent, tout comme trompette et euphonium, tandis que piano et batterie ont des tailles plutôt imposantes et de multiples coins. Le petit plus, c’est la petite musique qui correspond à l’instrument que le tableau joue chaque fois qu’une pièce est mise. C’est charmant et instructif. C’est chiant aussi, alors après quelques jours nous avons retiré les piles!

Sound Puzzle de Melissa et Doug

Sound Puzzle de Melissa et Doug

 

 

 

 

 

 

 

Les tâtonnements

Il existe des encastrements à plusieurs morceaux. Grâce à la marraine de Miss Swing, nous avons pu passer directement à un petit bijou de Djeco, le puzzle en relief. Avec, une nouvelle fois, des animaux de la jungle, les dix doigts de notre fée apprennent plus ou moins patiemment à faire glisser l’encoche de la pièce pour accrocher les deux morceaux ensemble. C’est la partie d’apprentissage la plus compliquée pour elle à ce stade. Elle maîtrise à merveille les deux morceaux du toucan, et séduit tranquillement le crocodile. Mais le tigre à 4 morceaux demande encore l’intervention parentale pour le moment. À noter que les puzzles peuvent se monter à plat ou debouts.

Puzzle Tunga and co de Djeco

Puzzle Tunga and co de Djeco

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vrais morceaux

J’ai acheté rapidement des animaux qui avaient tout de vrais puzzles. Problème : ils sont relativement plats. Miss Swing, à peine sortie de l’encastrement, s’est donc échinée à pousser les morceaux l’un vers l’autre avant de s’avouer vaincue et de me les jeter à la figure. La manipulation du jeu précédent contribue à lui faire comprendre le principe du puzzle en carton : elle est à présent capable de faire glisser le morceau et de l’accrocher à l’autre s’il est posé au-dessus. Attraper le morceau de carton elle-même reste encore trop compliqué, sauf si c’est pour le jeter par terre bien entendu…

Primo puzzle de Djeco

Primo puzzle de Djeco

 

 

 

 

 

 

 

 

Le puzzle des grands

Je me pâme devant ce joli puzzle en attendant que le moment soit venu de l’acheter pour y jouer. Je trouve les images des chiens très amusantes et j’ai hâte que l’on puisse assembler ensemble ces mini-puzzles « pour de vrai ». Pour les avoir vu en magasin, ils sont la digne continuité des précédents. Estampillés 2 ans et +,  ils sont toutefois un poil (de chien) plus compliqués et nécessitent que l’enfant commence à appréhender l’idée d’un dessin à reconstruire. Mais on y viendra! Comme les autres puzzles, ils se présentent sous des formes de plus en plus évoluées : de 4 à 9 morceaux. Rendez-vous dans quelques mois…

Primo puzzle chiens de Djeco

Primo puzzle chiens de Djeco

 

 

 

 

 

 

 

 

 

– Lexie Swing-

Première fois

Estampillée "first time" sur Flikr./ Sean McGrath

Estampillée « first time » sur Flikr./ Sean McGrath

Il le tient entre ses doigts, ridé comme un escargot recroquevillé. Le plonger ou attendre encore un peu ? Savourer ce moment, cette première fois, ce face-à face imperturbable. Elle l’a laissé seul, c’est son moment à lui. Elle en a déjà vécues tant, de premières fois. Elle a été la coquille et le corps mou, tout à la fois.

Sous ses doigts, l’eau tiède est comme une caresse. Bientôt, elle lui paraîtra trop froide, habitué qu’il est aux plongeons matinaux brûlants. Sa peau rosie par l’expérience des années a oublié cette sensation apaisante d’une eau à peine chauffée. Il hésite. Derrière la porte, elle veut interroger. Se tait. C’est sa première fois. Son intimité.

Au contact du liquide, le corps chaud se rétracte encore, s’accroche, se débat, hurle son refus en agitant les bras. Et puis sa voix douce, sa voix grave, qui chantonne et apaise, répétant son prénom, mille fois. Et puis elle, la main sur la poignée, qui sourit, qui expire, silencieusement. Il sait. Elle savait qu’il saurait. Une connaissance instinctive.

Être un père qui baigne son enfant, pour la toute première fois.

Être un bébé qui prend son bain, pour la toute première fois.

Être une mère qui apprend à faire confiance, pour la toute première fois.

Et pour toutes les autres, ensuite.

 

-Lexie Swing-

 

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Il s’agissait de la troisième rencontre des Jolies Plumes, autour du thème « La première fois ». Si vous souhaitez y participer, vous pouvez écrire à latelierdesjoliesplumes@gmail.com.

 

Les autres participants : Ma vie de brune – Xelou – Illyria – Miss Blemish – Camille – La fille h – Virée dans l’espace – LaNe – The endless journal – D. – I feel Blue

 

Saumon wellington

Saumon wellington./ Photo DR Lexie Swing

Saumon wellington./ Photo DR Lexie Swing

Ça a commencé par une surprise. Au détour d’un commerce local, nous avons découvert l’une des créations du chef : un chateaubriand. Le principe ? Un pavé de saumon, délicatement roulé sur lui-même, avec en son coeur quelques épinards et un joli morceau de chèvre. De quoi saliver non? Il n’en fallait pas plus pour nous donner une bonne idée : recréer ce mélange entre deux pâtes feuilletées, histoire d’apporter une saveur croustillante et de donner au saumon un côté plus « plat principal familial ».

Pour 4 personnes, comptez donc deux beaux filets de saumon, deux pâtes feuilletées, de 300 à 500g d’épinards, et une grosse bûchette de chèvre ou un morceau généreux de chèvre frais.

Ensuite, c’est un jeu d’enfant : étalez votre pâte, puis répartissez vos épinards préalablement cuits (pour nous, des épinards en branches surgelés ont fait la job). Déposez par dessus vos filets de saumon émincés dans l’épaisseur, puis vos morceaux de chèvre. Recouvrez de la seconde pâte et badigeonnez de jaune d’oeuf.

Vous pouvez aussi essayer en sens inverse, ou de mixer le tout avant de répartir sur la pâte… une fois la seconde pâte mise, on y verra que du feu!

Enjoy!

-Lexie Swing-

Mon ado fume du pot

Je peux t'appeler Samuel?./ Photo Meral Crifasi

Je peux t’appeler Samuel?./ Photo Meral Crifasi

Mon ado fume du pot. Je suis certaine de gagner un bon référencement avec ça. Mais ce n’est pas le but.

Il y a quelques matins de ça, les ados québécois (ainsi que leurs petits frères et soeurs, ne chipotons pas) ont fait leur rentrée.  À grands renforts d’uniformes (mon quartier en est friand) et de mines renfrognés, ils ont repris le chemin de l’école tandis que le journal Métro décryptait leur « eux » profonds avec un portrait type digne d’une enquête de police en règle. Et le portrait de l’ado québécois, c’est un type qui s’appelle Samuel. Salut Samuel. Rien d’inquiétant à s’appeler Samuel me direz-vous. Non. Sauf que Samuel n’a rien d’un enfant sage. Démonstration. Selon Métro, Samuel :

– a 16 ans (rien que l’âge est une menace pour tout parent bien informé)

– boit de l’alcool

– mange mal

– est en surpoids

– a déjà eu des relations sexuelles

– et fume du pot donc…

Super. Déjà quand t’es parent d’un schtroumph de moins de cinq ans t’as moyennement envie de le voir grandir, ses petits bras qui te serrent le matin sont bien trop doux pour les laisser filer si vite. Mais quand, en plus, on t’apprend que ton ado va devenir… ça! Ça donne follement envie. Merci Métro. Vous pensiez être à l’abri parce que vous avez une fille. Ne bougez pas, on vous gâte! L’édition de l’année dernière a fait le profil de la coquine.

Elle s’appelle Audrey, elle a 16 ans, elle a déjà consommé alcool et drogue (cannabis, en majorité, on est pas dans Breaking Bad non plus), elle a déjà eu des relations sexuelles (vous commencez à flipper hein? Moi aussi), et… attention tenez-vous bien… elle envoie plus de 4000 sms par mois. 4000. Actionnaire chez Fido, c’est un métier à temps plein.

Parlons-en du métier ceci dit. C’est une donnée tout à fait nouvelle pour moi française. Audrey, comme Samuel, et comme 50% de leurs petits camarades, occupe un emploi occasionnel. Pas mal à 16 ans non? Et cela lui a servi à payer… une voiture d’occasion!

Finalement, pas de doute… mon ado dépote!

 

-Lexie Swing-

 

PS Si Métro pouvait arrêter d’écrire « Prendre des leçons de conduite avec PAPA ».

Et ta mère!

Touché, coulé, écroulé

Nounours est malade./

Nounours est malade./

La première année de garderie, niveau maladies vous êtes vernis. Votre tendre protégé revient – au choix – criblé de boutons, les oreilles rouge saignant, le nez cascadesque, le dos courbaturé, ou même tout à la fois. Mère Nature a parfois l’humour un peu lourd.

Mais il y a en réalité deux types d’enfants : le récepteur et le transmetteur de virus. Le premier a passé plus de temps dans son lit, son parent éploré lui épongeant le front, qu’à la garderie, et chaque fois qu’une épidémie se déclare vous réservez votre place en ligne chez le médecin. Il attrape tout, à se demander s’il n’y met pas du sien, traînant sa langue sur tous les jouets que contient sa pouponnière. Devant votre désarroi, le médecin vous a rappelé cette croyance ancienne : les enfants qui sont tout le temps malades ne le sont presque jamais adultes; et vous vous accrochez à cette illusion tel un capitaine cerné par une déferlante de pleurs et de morve gardant les yeux sur son phare.

Et puis il y a le deuxième modèle : l’enfant transmetteur. Ce bambin-là est d’une générosité sans égale. La maladie coule sur lui comme un canard bien emplumé. A peine remarquez-vous de temps en temps une petite éruption cutanée annonciatrice d’un virus à proximité. Il vous délivre alors, avec joie et bonne humeur, son cadeau secret: la grippe, la gastro ou tout autre charmant plaisir que compte la bible du médecin. Vous n’êtes pas malade, vous êtes mourant. Et quoi de plus charmant qu’une poupée qui dit non branchée sur 10 000 volts tentant de vider la cuisine tandis que ses parents – oui ses DEUX parents – peinent à garder les deux yeux symétriquement ouverts?

– Lexie Swing- (40 de fièvre)

Crise du non et le non en crise

Terrible two./ Photo Terry Johnston

Terrible two./ Photo Terry Johnston

Non. Comme n’importe quel parent je savais que ça allait se produire. C’est presque la première chose que l’on t’annonce, juste après « vous allez avoir un bébé ». Ils ajoutent alors : » il vous dira non tout le temps, à tout bout de champ, et ensuite il se roulera par terre pour exprimer son désaccord ».

On nous avait prévenu que ça pouvait arriver plus tôt. Les Américains parlent du « Terrible Two », et ça veut bien dire ce que ça veut dire : deux ans est un âge terrible. Oui mais avant ? Avant aussi.

Mon amie Jiji m’a juré, croix de bois croix fer que son fils, 19 mois, disait « oui ». Je ne l’ai pas crue, elle a dû m’envoyer une vidéo pour me le prouver. Car Miss Swing dit « non », pour tout. Y compris pour dire oui. Elle dit « non » pour se coucher, « non » pour le bain, « non » pour se changer, « non » pour manger, même quand c’est du chocolat et qu’elle fait des bonds sur les fesses pour tenter de me dérober la délicieuse friandise.

Mais le terrible two, c’est un peu (beaucoup) plus que le non. C’est l’expression du désaccord. Et si cette expression doit passer par du trépignage, poings et mâchoire serrés, accompagné d’un cri strident lancé après une inspiration digne du recordman d’apnée (vous voyez ces parents qui se bouchent nonchalamment les oreilles, tournant la tête sur le côté, lèvres pincées, dans l’attente du cri hulkéen, c’est moi), c’est une option tout à fait recevable.

Mais. Mais ce qu’on avait omis de nous dire, c’est que cela irait de pair avec une autre crise du non : le vôtre. « Non Miss Swing, n’approche pas de l’enceinte ». « Non, j’ai dit non ». « Noooooon ». Vous lui crieriez « vas-y chérie, poinçonne de ton petit index musclé la maudite enceinte si fragile que ton père a emballée avec dix kilos d’amour et de bulles pour lui faire traverser l’Atlantique, vas-y, vas-y, vas-y », elle n’irait pas plus vite. Si un jour elle fait de la compétition, je saurais quoi crier depuis le banc des parents.

« Non » est un mot qui la rend sourde. Et pour peu que vous finissiez par le lui lancer en plein visage, en lui attrapant la main, elle vous regarderait d’un air totalement innocent, qui selon moi signifie quelque chose comme « plaît-il chère mère? »

Finalement, je crois que le « oui » et le « non » sont un éternel équilibre. Elle a 18 mois. Elle dit « non », attend que l’on dise « oui ». Elle aura 18 ans. Ce sera notre tour de dire « non ». Elle dira « si, si, si, allez, dis oui ». Mais non.

-Lexie Swing-

PS Oui l’enceinte a été mise hors d’état de nuire. Rest in…

Toi et moi

Montréal mon amour./ Photo Gerry Lauzon

Montréal mon amour./ Photo Gerry Lauzon

Je ne me souviens pas du moment précis de notre coup de foudre, mais je pense qu’il s’est produit sur papier glacé, avant même que l’on se rencontre pour de vrai. Je t’ai aimé au premier regard. Tu étais charmant, accueillant, tranquille et bienveillant. Tu n’étais pourtant pas de tout repos! Les premières semaines, tu soufflais le froid et le chaud, m’obligeant à redoubler d’ingéniosité pour te suivre.

Grâce à toi, j’ai redonné un souffle à ma carrière professionnelle, attrapant au vol les rênes que l’on me tendait, et me rendaient désormais responsable d’un site tout entier.

Grâce à toi, j’ai donné à ma fille la chance de connaître deux nounous parfaites, qui la font rire et danser chaque jour, et lui apprennent tant de choses que je reste souvent pantoise de ses progrès au quotidien.

Grâce à toi, mon amoureux poursuit sa carrière avec brio, et a choisi sans hésitation de changer de parcours, parce que tu lui as rappelé que, oui, c’était possible, et qu’avec toi toute expérience était une expérience de plus, et pas une tache dans un CV.

Tu m’as fait découvrir la tarte au sucre, et le hockey, le cidre en petites bouteilles, les expressions comme « sa blonde » même si je suis brune, « avoir la fale à l’air » qui m’a valu quelques quiproquos, et « ça me bouillonne dans le fond d’la flûte » , sans commentaires! Tu m’as fait aimer les orignaux et détester les écureuils, parce qu’ils vident ma poubelle sans vergogne dès que j’ai le dos tourné.

Tu m’as appris à traverser les tempêtes et les canicules,  à résister au -40 degrés de l’hiver dernier et aux +35 d’il y a quelques jours. Tu m’as montré que j’avais des ressources, des tas, même en plein blizzard, perdue au milieu de nulle part, ma fille sur la hanche, avec pour seule vision le bus qui file au loin.

Grâce à toi, je sais désormais prendre mon temps. Je ne râle plus. Je ne critique presque plus. Sauf les vélos, qui continuent à me griller la priorité à tous les coins de rue.

Tu as fait de moi quelqu’un de meilleur, je crois, et de plus heureux, c’est sûr.

Joyeux premier anniversaire mon Canada.

 

-Lexie Swing-

Ces choses qui disparaissent

Mes précieux./ Photo Adrigu

Mes précieux./ Photo Adrigu

Mon cellulaire. Mes lunettes de soleil. Mes clés. Mon cellulaire. Mon bouquin du moment. Un papier important. Je perds systématiquement quelque chose. Et surtout mon cellulaire. C’est un problème carrément incurable, malgré toutes les tentatives de Mister Swing pour en finir avec ce défaut un poil agaçant. « Mais tu ne cherches même pas », s’énerve-t-il. On dirait ma mère.

Je dois reconnaître qu’après avoir soulevé un bout de coussin, je suis fatiguée de chercher. Et comme le problème ressurgit une bonne dizaine de fois par jour, je suis rapidement épuisée. Je m’assois donc au milieu du salon en criant « Chériiii, tu n’as pas vu mon cellulaire/mes clés/mon soutien-gorge ». Non, ce n’est pas une blague, à ce jour, mon précieux cache-poitrine est toujours aux abonnés absents, disparu dans un monde parallèle fait de faste et de paillettes. Bref, je perds beaucoup de choses.

Mais depuis quelque temps, les pertes se sont intensifiées. Je ne retrouvais plus mes escarpins le matin, encore moins mes pantoufles le soir. Je cherchais vainement mon gel douche, qui réapparaissait derrière les toilettes. Mister Swing a même égaré l’intégralité de ses chaussettes, que l’on a retrouvées en paires dépareillées, endormies du sommeil du juste dans le tiroir des pantalons. J’ai accusé mon arrière-grand-père, comme toujours, comme pour la clé USB qui a disparu à Dublin, le livre d’histoire perdu dans la salle de bain, et peut-être même mon soutien-gorge.

Et puis je l’ai vue. 78 cm et des pieds nus qui chuchotent sur le parquet du salon. Dans ses mains, ma paire de ballerines se faisaient la belle encore une fois, destination les coussins du sofa.

Si ma fille s’y met aussi, je suis bonne pour l’asile.

-Lexie Swing-