La cup oui, mais pas chez moi

Diva Cup et The Keeper./ Photo Michelle Tribe

Diva Cup et The Keeper./ Photo Michelle Tribe

La cup. Partout on ne parle que de ça. J’ai longtemps pris ça pour la nouvelle lubie de quelques écolos mal rasées sous les bras. Ignarde que j’étais, j’imaginais ça comme une mini-barque logée au fond de tes bobettes. Manquait que les rames pour naviguer. Deux ans ont passé, et le nom est réapparu sous mes yeux, le phénomène prenant de l’ampleur à mesure que blogosphère et journaux féminins s’en emparaient. Tout le monde y est allé de son « j’ai testé pour vous ». Il y a quelques mois, j’ai donc investi une trentaine de dollars dans Mon Précieux (en plastique). Je l’ai pris taille 1. Grossière erreur. Femme qui accouche n’a plus un vagin de jeune fille, malgré les tentatives pour envoyer les vagues sur le fond de la grotte, exercice autrement appelé rééducation périnéale. Les 3, 4, voire 5 kilos parfois (beauseignes) de poulets plumés ont raison des femmes les plus élastiques. Bref, amie maman, sache que c’est une taille 2 ou rien, pas besoin de minauder parce que tes foufounes rentrent dans du 36 de collégienne.

(EDIT : Mr Swing me demande de souligner le fait que non, aucune femme n’a plusieurs vagins – Tampax aurait fait fortune depuis longtemps – mais qu’au Québec, les foufounes sont bien les fesses)

La cup, c’est tout un art. D’origami premièrement. Vous ignorez la technique des cocottes en papier? Vous apprendrez à faire toutes les lettres de l’alphabet avec votre bouchon de silicone. D’une main en plus. Mais le mieux reste encore la suite : « Enfoncez, puis faites tourner la cup sur elle-même pour l’ouvrir en corolle telle une fleur ». La vache! Une fleur! Et pourquoi pas une hirondelle qui déploie ses ailes tant qu’on y est?

Bref, la blogosphère applaudit des deux mains cette initiative formidable qu’est la coupe menstruelle. Moi aussi. C’est écolo, économique, généralement pratique, discret, inodore, etc. Surtout chez les autres. Parce que chez toi, ça peut vite virer au cauchemar quand :

– Ton origami en Y refuse de devenir une rose et préfère se la jouer pissenlit en boule.

– Ton col de l’utérus s’est carapaté pleine droite, loin de la fameuse corolle.

– Ta maladresse est légendaire.

– Ton corps tout entier a décidé d’expulser le mécréant et te refile des contractions dignes de la conception du monde (le tien) (celui qui faisait 3 kilos).

Tu te retrouves donc à stresser, vérifier huit fois que tout est en place, tu abuses des protections supplémentaires « au cas où » et tu subis les assauts de ton utérus qui s’est levé de l’ovaire gauche. Tu supplies père, mère et chum de mettre fin à tes souffrances et, enfin, tu renonces, vaincue, agitant tes bobettes blanches devant la ligne ennemie.

La cup, tout un combat.

-Lexie Swing-

PS Je plaisante dessus mais même avec un corps retors comme le mien, la cup peut s’avérer très pratique. Le mieux est encore de se laisser une petite marge avant de sortir, pour ne pas être tentée d’entrer dans le premier café venu pour vérifier que tout est en place (vécu). Et dans les dix cafés suivants (vécu aussi). Elle est notamment parfaite pour celles qui ont un débit vraiment important, par exemple avec le stérilet. Car là où le tampon « super plus » vaincu en heure vous donne l’effet d’un revival des chutes Victoria, la cup vous montre que le flux n’est pas si important et qu’elle peut largement le contenir en 4 à 5 heures. De quoi travailler ou danser l’esprit serein. En admettant que cette foutue corolle… ;)

Restaurant Confusion, à Montréal (Tapas du monde)

Tapas magret et polenta au fromage bleu./ Photo DR Lexie Swing

Tapas magret et polenta au fromage bleu./ Photo DR Lexie Swing

Je n’ai rien d’un critique culinaire. Déjà, je n’aime rien. Quand on me loue l’extraordinaire chair d’une crevette, je menace de tourner de l’oeil, et c’est la croix et la bannière pour me faire manger le moindre poisson qui n’ait pas les yeux dans les coins et une veste jaune panure. Lorsqu’il s’agit de me faire choisir un resto, je tape inévitablement « italien » dans Google. Autant dire que mes amis ont les pâtes qui leur sortent des oreilles. Alors après de vaines recherches de mon côté – plusieurs semaines de recherche – Mr Swing s’est décidé à consacrer dix petites minutes à la recherche du Graal. Et il l’a trouvé en trois clics (Arthur l’a mauvaise).

Jeudi dernier, nous nous sommes donc présentés, vêtus comme à notre première communion (ou comme j’aurais pu l’être si j’avais fait une première communion) (ceci dit, vu le décolleté, le prêtre m’aurait probablement excommuniée plutôt) devant un petit resto de la rue Saint-Denis, non loin de la station Berri : le Confusion. L’intérieur est plutôt romantique, du moins intimiste. Certains clients sont assis sur de véritables balançoires à la place des traditionnelles chaises. Original.

On nous propose du vin (une demi-bouteille nous a été suffisante, tant pour le prix exorbitant des vins servis dans les restaurants que pour conduire la voiture en rentrant), puis la carte des menus. En fait de menus, il s’agit surtout de choisir des tapas. Il existe des menus type découverte, mais nous optons pour des choix divers sur la carte, les menus planifiés débordant de poissons et autres animaux amphibies. Dattes pancetta et chèvre (un « wow » magistral pour Mr Swing), des roulés chèvre pavot (généreux), une salade betterave agrumes poivrons et croustillant de chèvre (décidément), un magret de canard polenta et fromage bleu, et enfin des triangles croustillants recouverts d’une fine epice assez savoureuse. Vous l’aurez compris, je n’aime pas le poisson, mais le fromage oui. A volonté si possible. Et j’ai été servie.

Mais il y a pour tous les goûts! Et pour un dîner en amoureux, le concept de ces petits plats plutôt généreux à partager est une belle expérience. D’entrée de jeu, j’aurais été tentée de prendre le magret-polenta, mais ce n’est finalement pas ce qui m’a le plus plu. L’idée de plusieurs petits mets à goûter est donc vraiment intéressante. A la sortie, la note est assez salée, mais les soirées dans les restaurants chics restant assez épisodiques pour nous, nous avions choisi d’y mettre le prix.

J’oubliais nos desserts : fondant au chocolat épicé et glace au caramel, pour mon amoureux, et pudding chômeur, sirop d’érable jeune et glace aux dattes pour moi. Et non, là, je ne partage pas.

-Lexie Swing-

Humour de nounou

Miss Couettes./ Photo Andy Eick

Miss Couettes./ Photo Andy Eick

J’arrive à la garderie. Devant ma moue, la nounou prend un fou rire. Dans une tentative désespérée pour dompter la crinière de Miss Swing, elle lui a planté une couette de chaque côté du crâne. Je suis persuadée qu’à ce stade, elle capte une cinquantaine de chaînes.

– A quel personnage elle te fait penser ?, me demande la nounou.

Je suis joueuse : – Fifi Brindacier ? Sailor Moon ? Couette-couette des Razmokets?

– Quoi ? C’est qui ça ? Non. A Niko!

– A Niko ?

– A Niko le petit Renne!

Et puis j’entends au loin l’autre nounou qui appelle « petit renne, il est où mon petit renne? » Et ma Miss Swing de se précipiter dans la cour, avec une joie… parabolique. VDM. (Vengeance de mère).

-Lexie Swing-

5 jours sans enfant (et sans chien)

Couple./ Photo Aimee Custis

Couple./ Photo Aimee Custis

Miss Swing ayant pris ses quartiers dans une autre région du Québec, ses pauvres parents (nous) se sont retrouvés esseulés. Nous avons tourné, l’oeil vitreux et l’âme en peine, quelques minutes dans l’appartement vide. Désoeuvrés devant tant de temps à ne consacrer désormais qu’à nos petites personnes. Ensuite ? Ensuite ce fut la débandade! Nous avons sorti calepin et stylo, et rédigé un programme tout-terrain : lundi – tennis, mardi – ciné, mercredi – pizza-télé, jeudi – resto. Aucune course, aucun lunch, nous avons mangé sur le pouce, traîné sur notre canapé, lézardé dans notre lit, faisant des grasses mat’ jusqu’à 7h (boulot oblige) et dormant sur nos deux oreilles. Nous avons redécouvert avec plaisir une autre vie d’adulte, intense et pleine parce que temporaire. Et c’était bon, bon comme des vacances, bon comme une parenthèse, bon comme un couple qui se fait face dans un resto chic un jeudi soir et qui rit, qui partage et débat, sans crainte et sans gêne, puisqu’il a déjà tout, et qu’il peut enfin profiter…

Et vous, des petites vacances sans les enfants ?

 

-Lexie Swing-

 

Cours de secourisme

Chien sauveteur./ Photo Mirror

Chien sauveteur./ Photo Mirror

Je suis désignée pour suivre le cours de secourisme et sauver ainsi la vie de mes congénères. Enfin de mes collègues. Oui, ils ont peur maintenant.

Le secourisme au Québec, ça ressemble en tout point au secourisme en France, sauf sur deux points : on aborde la question des procès (« vous lui avez planté un stylo d’épinéphrine, vous agissiez en toute bonne foi, non il ne peut pas vous attaquer parce que son coeur s’est emballé après ça ») et la fameuse question « Mais qui va payer l’ambulance » (que celui qui vient de répondre « la Sécu » veuille bien reboucher un peu du trou qu’il a creusé).

Sinon, on a rigolé un peu. Il faut bien. C’est pas facile de mettre sur le côté quelqu’un qui fait le mort. Surtout quand on te crie : « Mais attrape-là par ses jeans je te dis. Ses jeans! Je t’ai pas dit ses bobettes non plus ».

Extrait :

La monitrice :  Tu sais qu’elle est asthmatique. Elle se met à respirer difficilement, tu fais quoi ?

Moi : J’vais lui chercher sa ventoline.

Un autre stagiaire : Attends, qu’est-ce qu’elle a dit?

– Elle a dit sa ventoline. Elle veut dire sa pompe.

– Ok, je vais chercher sa pompe. Et là?

– Et là tu reviens et t’as pas la pompe.

– J’ai pas la pompe?

– T’as pas la pompe!

– Pourquoi j’ai pas la pompe?

– Parce que t’as oublié de lui demander la clé de son casier.

 Extrait 2 :

– C’est quoi l’hémophilie?

– C’est une maladie génétique qui ne te permet pas de bien cicatriser, du coup si tu te blesses, tu saignes et ça ne s’arrête pas.

– C’est ça! L’hémophile, il a des plaquettes solitaires. Alors que pour consolider, c’est une gang de plaquettes qui s’tiennent par les épaules qu’il te faut!

 

– Lexie Swing-

 

To leave her behind (and not)

Christmas time./

Christmas time./

On a fermé la portière, baissé la vitre, fait coucou une dernière fois, remonté la vitre. On a roulé quelques minutes en silence, et le premier qui l’a rompu a lâché : « la vache c’est dur quand même ». On lui a dit qu’elle allait nous manquer, mais une fois seulement, pour ne pas l’étouffer. On aurait voulu lui dire encore, pour se rassurer, pour abandonner sur place un peu du poids qui lestait notre cœur. On est rentré, on s’est arrêté, on a dîné dans ce restau rapide, songé qu’elle aurait adoré ces frites. On a parlé de notre programme, de notre semaine de couple sans enfant. On a passé la porte, détourné le regard devant la chambre vide. On a pensé à cette nuit sans réveil, sans pleurs, juste du sommeil, beaucoup de sommeil. A nos activités, aux moments que l’on va partager. On a imaginé le moment où on allait la retrouver, à son sourire, à nos bras qui la serreraient si fort, à nos nez dans ses cheveux, sa peau chaude, sa voix douce, et son rire, son rire surtout…

Canapé, restaurant, cocktails et cinéma… Nous voilà!!

-Lexie Swing-

Crumble courgettes-feta-pignons et autres…

Crumble courgettes-feta./ Photo DR Lexie Swing

Crumble courgettes-feta./ Photo DR Lexie Swing

Je cuisine au quotidien des tas de plats dont je ne parle pas, parce qu’ils sont corrects mais pas awesome non plus et qu’on est tous capable de couper trois tomates, de les jeter dans une poële et de casser un oeuf par dessus. Des crumbles de légumes, on en fait presque toutes les semaines, mixant les ingrédients selon les provisions du primeur local et l’envie du moment. Hier, ceci dit, le mélange était vraiment bon, toujours simple à préparer, avec juste ce petit truc en plus qui te fait dire « je tiens une bonne recette ».

Dans votre panier de courses, déposez de la farine, du beurre, 60g (plus ou moins, selon votre goût, de 20 à 80g disons) de parmesan, de la feta, des pignons de pin et six courgettes. Avec cela, vous obtiendrez un repas pour 4 personnes, ou deux repas, comme chez nous.

Préchauffez votre four à 200 degrés Celsius ou 400 degrés Fahrenheit. Découpez en cubes grossiers vos six courgettes épluchées. Versez-les dans le plat et arrosez-les d’un filet d’huile d’olive. Salez, poivrez et aromatisez comme vous le sentez (basilic, herbes de Provence, etc). Répartissez une trentaine de cubes de feta. Dans le bol du robot (ou un saladier), mélangez 150g de farine, 100g de beurre et votre parmesan. Mélangez au robot ou aux doigts.  Ajustez la quantité de farine ou de beurre selon la consistance obtenue et l’effet escompté. Ajoutez encore deux poignées de pignons de pin. Salez, poivrez, répartissez sur votre mélange courgettes – feta et enfournez jusqu’à ce que votre crumble soit fumant et doré (un bon 45 minutes ici).

Alors, approuvé?

 

-Lexie Swing-

Quartier multilingue

Montréal-Ouest./ Arianne Relocation

Montréal-Ouest./ Arianne Relocation

On dit souvent que l’Ouest de Montréal est celui des Anglophones, et pour nous qui vivons à l’ouest de la 15 (Décarie), c’est une réalité. On préfère te dire « sorry » ou « how can I help you » qu’une phrase francophone. La presse-librairie n’affiche des magazines français qu’en vitrine et le rayon des bouquins pour enfants anglophones de la boutique de jouets est deux fois mieux achalandé que celui des livres francophones. C’est dans les paramètres; dans le quartier, l’anglais est la langue par défaut.

J’ai longtemps cru vivre au contact de quelques Canadiens anglos privilégiés (au vu des prix de l’immobilier), oscillant entre le dandy anglais et le pro-environnement de Seattle. Et puis je me suis mise à tendre l’oreille. Non pas au coeur de Monkland, où la population a la peau désespérément laiteuse et l’anglais châtié, mais dans le bus qui me conduit chaque jour un peu plus à l’ouest encore. J’y ai vu de toutes les couleurs, entendu des langues parfois inconnues, reconnu des signes d’autres langages sur des cellulaires dernier cri. A Montréal, en particulier à l’ouest, les communautés se mélangent, s’interpellant dans un anglais parfois hésitant. Mais toutes et tous, de la vieille dame équatorienne de 80 balais au p’tit cul originaire de Chine, ont conservé leur langue. Ils sont là, parfois, depuis trois générations, mais la technologie et les verbes qu’ils manient reflètent leur appartenance d’origine, quand parfois même leurs traits ne la montrent plus. Je trouve ça à la fois charmant, et perturbant. Comment cet ado Japonais que je croise parfois dans le bus, né au Canada de parents nés Canadiens, manie-t-il mieux la langue de ces ancêtres que celle du pays qui l’a vu naître? Comment conservent-ils tous si précieusement leur langue, quand le Québec peine à maintenir son français en l’état? Et comment font-ils pour cohabiter tous avec cette indifférence joyeuse, retrouvant dans l’anglais une langue de rassemblement (quoique souvent maltraitée) et de partage ?

Je vais continuer à creuser la question…

 

-Lexie Swing-

En silence

6 jours./ Photo DR Lexie Swing

6 jours./ Photo DR Lexie Swing

J’ai bondi. Il était 2 heures 40. Tu étais perdu, endormi depuis quelques minutes à peine. J’ai bondi et c’était le jour J. L’aventure commençait. On nous avait parlé des photos, de ces visages tirés, de la fatigue visible. On a fait fi de tout ça. On a ri. On s’est douché. On s’est lavé les cheveux. Tu les portais déjà longs. On les a séchés. Un peu plus vite que d’habitude. Je me suis maquillée. Pour que tout soit parfait. Il était 3 heures 45. On a pris la route. On avait une heure. On avait craint les bouchons, la neige, les contractions chaotiques. On était dimanche, le jour n’était encore qu’un espoir et la route parfaitement dégagée. On a sillonné les routes de notre campagne. Toutes les cinq minutes, notre conversation s’arrêtait. Je serrais ta main plus fort. C’était le signe. Imprévu. Inaudible. Compris de toi seul. Dans un virage, nous avons échangé un regard. Je t’ai dit « nous allons être parents ». Ou peut-être est-ce toi. Nous repasserons cent fois encore par ce virage, changés à jamais. Mais c’est le jour J. Nous ne sommes encore que deux, avec des pieds qui dansent la sarabande dans mon ventre. Il est presque 5 heures, Toulouse est silencieuse. Nous pénétrons doucement dans notre ancien quartier, notre premier quartier, à quelques mètres à peine de ce cocon suspendu qui fût notre maison. Je te dis que je peux marcher. Je fais dix pas, et je te dis que peut-être pas. Je serre les dents, tu me soutiens. Il en sera ainsi jusqu’au bout du chemin. L’hôpital chuchote. Une heure passe. Lasse de serrer les dents en silence, je lâche la seule phrase qui traversera mes lèvres ce matin là : s’il vous plaît, faites quelque chose. Serrer ta main ne suffit plus. En silence, on me fait asseoir, me pencher en avant, plonger mes yeux dans les tiens. Voilà, madame, bientôt ce sera mieux. La voix est douce à mon oreille. Et puis l’éternité baigne la pièce, le temps est suspendu. Deux heures encore. Deux heures à rire, deux heures à dormir (pour moi), deux heures indécises. Il est temps. Elle est là. Quelques minutes à peine. Elle n’est pas encore sortie qu’elle pousse déjà un cri. Affronte le monde avec cette personnalité si forte et si calme à la fois, qui la caractérise. Elle est au milieu des courbes, à l’heure du café, arrivée sur un nuage de coton blanc au détour de nos vies. Plus tard, un médecin dira : « Elle est si sage, sa venue au monde a dû être très douce, je ne suis pas sûre qu’elle sache qu’elle est née ». Mais nous sommes là pour en témoigner. Toi et moi. On a accompli ce miracle pourtant banal. Il y aura dix-huit mois dans quelques jours, un peu de toi, un peu de moi, tes yeux, mon nez, et une bouche indécise, sont entrés dans nos vies… en rompant le silence. Elle est de nous, unique au monde.

-Lexie Swing-

Je la croise souvent…

Juliana Just Costa./

Juliana Just Costa./

… elle joue au moins une fois par semaine à ma station. Le guichet à peine passé, sa voix résonne en moi, rebondissant sur les larges murs du métro. Je souris aussitôt. Je suis habituée à la voir, toujours bercée par sa musique et envoûtée par sa voix mélodieuse. Elle me fait cadeau de quelques minutes de jazz entre ma maison et mon travail, un petit pont, une main tendue. Le métro qui s’annonce et la voix métallique annonçant un retard sur la ligne verte m’agacent, et j’incendie du regard les hauts-parleurs invisibles qui couvrent son timbre pourtant puissant.

Elle s’appelle Juliana Just Costa. Native du Québec, elle est fille de musiciens et se nourrit, si j’en crois sa biographie, de la richesse de quelques mois ou années passé(e)s à Mexico. Elle chante pour moi trois minutes à peine et j’ai le sourire (et sa chanson dans la tête) pour deux heures au moins. Merci à elle et à toutes ces « étoiles du métro » qui me donnent envie d’esquisser quelques pas de danse chaque matin.

 

-Lexie Swing-