
Souper au resto avec la vache Little People qui rumine dans ta salade…/ Photo DR Lexie Swing

Souper au resto avec la vache Little People qui rumine dans ta salade…/ Photo DR Lexie Swing
Le Liebster Award, c’est cette nomination qui permet aux petits blogues de se faire connaître. C’est ainsi que Laura, Suissesse expatriée à Princeton, est venue jusqu’à moi! La règle : dire 11 choses sur soi, répondre aux 11 questions de Laura, proposer 11 questions à 5 nominés.
1) Notre première idée d’expatriation, c’était l’Australie. Les 24h d’avion nous ont refroidies.
2) Dans une autre vie, je jouais du saxophone.
3) Je crois fermement à l’égalité hommes-femmes et je déteste les lieux communs du type « Ces hommes, tous les mêmes » ou « Ah ben bien sûr, c’est une femme qui conduit, j’aurais dû m’en douter ». Je crois beaucoup plus à l’acquis qu’à l’inné en termes d’habileté à faire la vaisselle et de capacité à changer une roue.
4) J’adore conduire, surtout quand je suis seule.
5) J’ai deux chevaux, qui coulent des jours heureux et pas trop agités dans le Gers.
6) J’ai fait le CP et le CE1 en une seule année (chose que je résume généralement en « j’ai sauté une classe »).
7) J’ai 8 ans d’études sups à mon actif, dans plusieurs domaines.
8) Je déteste la corrida, la fourrure, la chasse, la maltraitance animale quelle qu’elle soit.
9) Je n’ai jamais marché à 4 pattes, j’avançais à reculons, sur les fesses, en me poussant.
10) Je n’imagine pas prendre le nom de quelqu’un d’autre en me mariant. Avoir l’impression d’être une unité, s’appeler comme ses enfants, tout ça m’est égal, je ne vois pas mon nom comme interchangeable. Mister Swing et moi, on est deux personnes, avec nos identités propres. D’ailleurs, Miss Swing porte nos deux noms.
11) J’aime la musique que font les mots dans un texte bien écrit, il m’arrive alors de lire à voix haute, juste pour le plaisir. Comme je suis un peu mégalo, je fais ça pour certaines de mes nouvelles, aussi ;)

Hello you./ Photo Tifotter
Allez, c’est pas fini… Il reste les 11 questions que m’a posées Laura!
1. Quelles sont tes origines? A 95% françaises, à 5% andalouses. Curieusement, ce sont ces 5% qui se voient le plus.
2. Ton plus beau voyage? (où?, quoi?, quand?, pourquoi? ) Les Maldives, un voyage avec mes parents et mon frangin, quand j’étais en première. Pour moi qui ne suis pas friande des journées à la plage, ça a été une révélation. Si le Paradis ressemble à ça, je signe sans problème (mais pas tout de suite quand même ;))!
3. Ton pays préféré? L’Irlande et le Canada ont été mes coups de coeur.
4. Ta plus belle rencontre? Elle est petite, mince et Finlandaise. Elle se fait des sandwichs au jambon au petit déjeuner. Elle porte des chaussettes en laine et des cols roulés. Pendant plusieurs semaines, on partage une chambre exiguë dans la banlieue de Dublin, de l’Irish Stew et des lasagnes à l’italienne, des visites au musée, des pintes dans les pubs, des cours d’anglais. Un an plus tard, elle fait étape chez nous avec sa famille. 6 ans après, notre amitié est intacte, bercée par la distance et les « et comment c’est, toi, dans ton pays? »
5. Ton plat préféré? Le Pavé d’affinois fondu sur des biscottes.
6. Quel effet cela te fait-il d’avoir reçu un award pour ton blog? C’est inattendu et très sympa!
7. Que t’apporte l’écriture de ton blog? L’occasion de saouler d’autres gens que mes collègues avec les premières fois de ma fille, et d’embêter d’autres personnes que mes proches avec mon quotidien d’immigrante ;)
8. A qui est-il destiné? Malgré les apparences, ça n’a jamais été un blog pour donner des nouvelles à mes proches. Le but initial, c’était d’échanger avec d’autres parents, d’autres immigrants, d’autres amoureux des mots, d’autres fans de chiens…
9. Ton blog t’a-t-il permis de rencontrer de nouvelles personnes? Rencontrer en vrai non, mais il m’a permis de connaître d’autres blogs via les commentaires, blogs que je suis activement à présent.
10. Avais-tu déjà tenu un blog avant celui-ci? (si oui, donne le lien!) Nope, pas le moindre!
11. Ta citation/ton proverbe préféré pour conclure? Ado – comme tous les ados sûrement – j’étais friande de citations. Avec l’âge, je me suis lassée de résumer la vie à coups de mots choisis (choisis par d’autres, en plus). Alors je dirais : « Ce n’est pas parce que l’homme a soif d’amour qu’il doit se jeter sur la première gourde » (Desproges).
Et les nominés sont :
Mes questions :
1) Quel est le plat que tu demandes toujours à tes parents de te préparer, qui te rappelle ton enfance?
2) Le nom de ton animal familier, réel ou imaginé?
3) La matière que tu préférais à l’école?
4) Le blogue que tu suis le plus, et pourquoi?
5) Le prénom que tu rêvais de donner à ton enfant, mais le Papa a fait une tête genre « c’est un vrai prénom ou tu me fais une blague? »
6) La toute première chose que tu as acheté pour ton bébé quand tu as su que tu étais enceinte?
7) Que fais-tu comme job dans la (vraie) vie?
8) Quelle est la ville qui te fait rêver, où tu aimerais vivre? Pourquoi?
9) 22h, tout le monde est couché, enfant(s) et amoureux compris, que fais-tu?
10) Quelle est ta routine du samedi, plutôt courses à l’épicerie, visite à la famille ou grande sortie au parc?
11) Quelle série me recommandes-tu de télécharger pour les longues soirées d’hiver?
Merci les filles ;)
Enfin une étoile de mer, pour être précise. A 18 mois, elle deviendra un canard (C’est ça l’évolution de l’espèce!). On a commencé soft : session intensive de 8 leçons à raison de deux par week-end. Mais le fait est que notre bébé nageur est comme un poisson clown dans l’eau, elle bat admirablement des nageoires. En janvier, elle intégrera le cours régulier, tous les samedis matins, avec son papa.
Durée, animations, chansons, chaque piscine a son propre fonctionnement. Au centre sportif de Benny, à Notre-Dame-de-Grâce, les cours durent 30 minutes. La piscine n’est pas surchauffée (certaines piscines ont des bassins chauffés pour les bébés mais ce n’est pas le cas de la nôtre) donc la durée est bien suffisante.
L’eau est à température «mais si elle est bonne, venez!». Ce genre de température où les ados plongent en faisant la bombe pendant que je trempe douloureusement le gros orteil en faisant la moue. Parents et bébés entrent à la queue leu-leu, se mettent en rond autour du moniteur et commencent à chanter en faisant valser leur progéniture en couches de bain.

Première brasse./ Photo Torsten Mangner
Les parents allongent ensuite les bébés sur le dos, puis sur le ventre pour leur apprendre à faire des bulles dans l’eau. A ce stade, c’est surtout Papa qui fait des bulles dans l’eau. Il maîtrise admirablement le concept d’ailleurs. Le moniteur disperse ensuite des petits jouets en mousse, charge aux parents aux bébés de les rapporter sur le bord.
Ensuite, c’est la débandade : on se cache sous un tunnel, on promène les bébés dans des canots en mousse, on leur plonge la tête sous l’eau… Trêve de plaisanterie, le but du jeu est d’apprendre à l’enfant à fermer les yeux et à retenir sa respiration avant de mettre la tête sous l’eau. Les parents comptent donc jusqu’à trois avant de laisser glisser bébé dans l’eau et de le ressortir (un quart de seconde au total). Et ça marche! Miss Swing ferme même les yeux quand on lui rince les cheveux dans le bain à présent.
Une dernière chanson et il est temps de s’enrouler dans une serviette. Le mois prochain, on tente le crawl!
-Lexie Swing-
Des fois je te déteste. T’as le don pour me rendre dingue. Une poubelle qui dépasse, un Yorkshire qui aboie, un type qui parle un peu fort et tu me fausses compagnie. On se baladait à deux, tranquilles, et tout à coup je me retrouve seule, à crier au bord du trottoir.
Parfois tu m’insupportes. Surtout quand je te menace de te laisser là, tout seul, puisque tu ne veux pas me suivre, et que les passants me fixent d’un air désapprobateur. Surtout quand je heurte l’arrière d’une voiture garée parce que tu m’as tiré d’un coup, sur le côté. Surtout quand il fait moins 26, comme hier et que tu ne veux plus faire un pas, parce qu’il y a un couple qui marche, juste devant.
Souvent je t’adore. Parce que tu fais la fine bouche devant tes croquettes au poulet et que tu préfères celles au saumon, qui puent. Parce que tu te mangerais une oreille plutôt que de mordre quelqu’un. Parce que d’ailleurs tu n’as jamais mordu personne, pas même un autre chien. Parce que tu ne m’aimes jamais autant que lorsque je mange un filet de boeuf. Parce qu’elle te voue un culte, qu’elle se roule sur toi en t’arrachant poils et moustache, et que tu ne dis rien. Parce que tu nous accompagnes pour l’histoire du soir, veillant à la porte de sa chambre. Parce que l’autre jour, je me suis jetée sur toi pour te faire rouler dans la neige, et que je me suis retrouvée la tête dans la poudreuse, et toi qui me regardais. Parce que tu fais 40 kilos mais que tu en parais 12 lorsque tu te tasses sous une table de restaurant pour que personne ne te voit. Parce que quand je m’assois par terre, tu montes sur mes genoux comme si tu avais deux mois à nouveau.
Toujours je t’aime. Parce que lorsqu’on s’est rencontré, tes puces et toi trembliez dans un vieux carton. Et que de Toulouse à Clermont-Ferrand, du Gers à Montréal, on ne s’est plus jamais quitté. Le mois prochain, toi et moi, ça fera 4 ans.
– Lexie Swing –
On m’avait dit «C’est courant chez les jeunes filles, 50% en ont». Ensuite on m’a dit «On ne sait pas vraiment ce qui les provoque, mais un jour ca s’arrête comme c’est venu». On m’a même dit «Il faudrait faire une écho pour être sûr qu’il n’y a pas de problème inside».
Ce qu’on avait omis de me dire, c’est que ca durerait 5 ans, que j’aurais mal tout le temps, que je serai sous antibios deux semaines par mois.
La cystite, c’est un mal commun, un mal banal. Un truc de jeunes filles, un truc de femmes enceintes. Un mal qui peut vous faire arpenter votre salon cinq heures de suite à petites foulées entre une heure et six heures du matin parce que vous avez peur de vous allonger. Un mal à vous rouler par terre en sanglotant «Je m’en soooortiraaai jamais», trémolos à l’appui. Un mal qui fait que vous ne partez jamais en week-end sans une cargaison d’antibios et d’anti-douleurs.
Si tu es arrivée sur cette page, copine, c’est que toi aussi, peut-être, tu en souffres. Voici mes astuces :
– Boire, ça soulage, ça dilue, mais si tu viens de prendre un antibiotique en une seule prise, type Monuril, abstiens-toi! Pour agir, le médicament a besoin de végéter plusieurs heures dans ta vessie.
– Occupe-toi! Un médicament met souvent 3 ou 4 heures à agir. Regarde un film, dors et si tu ne peux pas rester assise : fais le ménage. Ça semble barbare dis ainsi, mais le double bénéfice cystite exterminée / ménage effectué en vaut la chandelle.
– Prends des anti-douleurs efficaces. On commence par le spasfon, et si la douleur devient insupportable, on s’autorise un Tylenol ou un Dafalgan codéiné. Ca te permettra de tenir le coup jusqu’à ce que l’antibiotique fasse effet, de reprendre le chemin du boulot ou de la fac le corps plus léger (l’esprit aussi, codéine oblige). Attention : la codéine peut entraîner une dépendance alors n’en abuse pas, et si tu es enceinte, pense à demander l’avis de ton médecin avant.
Des solutions anti-cystites?
Elles sont nombreuses! Jus de cranberry ou cranberry en gélules, savon au PH neutre, tisane de Vronie, eau et thé à gogo…
Deux médecins m’ont donné des conseils qui m’ont vraiment servi. Le premier, un homéopathe, a évoqué ce que représentait la vessie : le territoire. Pour lui, des infections urinaires à répétition pour lesquelles on ne trouve pas une cause physiologique pourraient provenir d’un sentiment de territoire envahi. Par exemple : un coloc un peu trop envahissant, le meilleur ami de Monsieur qui traîne ses pantalons sales sur ton canapé depuis deux mois, ta belle-mère qui s’invite tous les dimanches…
Le deuxième médecin, un brin fataliste, m’a dit «Je ne peux pas faire grand chose pour toi (quand on se voit deux fois par mois, on finit par se tutoyer), mais garde espoir, ça passera sûrement le jour où tu attendras un enfant.» Là, toutes celles qui ont multiplié les cystites pendant leur grossesse vont me rire au nez mais il semblerait que les femmes qui font des cystites enceintes n’en font pas (trop) le reste du temps, et vice versa.
Il avait raison. Miss Swing arrimée, les cystites se sont envolées. Est-ce que d’avoir un enfant m’a aidé à reprendre le contrôle sur ma vie, ma famille et donc sur mon territoire? Sûrement. Est-ce que les hormones ont bouleversé l’équilibre et la chimie de mon corps? C’est certain.
Miss Swing, c’était mon antidote.
-Lexie Swing-

Fly, baby,fly! Henry, 10 mois./Photo Erkillian5
Il y en a qui marchent, il y en a qui s’assoient tout juste, il y en a qui chantent et d’autres qui tapent des mains. Miss Swing a dix mois aujourd’hui. Elle…
– s’assoit seule, quelle que soit la position initiale, même si ça nécessite de passer par un grand écart facial!
– se met sur le ventre pour jouer dans le bain, puis fait des bonds tout autour de la baignoire, comme un dauphin
– boit son biberon seule (depuis deux mois), et d’une seule main s’il vous plaît!
– fait le tour du salon à reculons, sur les fesses ou le ventre, en soufflant, râlant, criant… bref, en exprimant son mécontentement. Ca ne peut plus durer, elle voudrait savoir marcher!
– se lève sur les genoux, épicétout
– tape des objets sur d’autres objets, des objets sur le rebord de la baignoire, des objets sur le parquet, des objets sur nous aussi, parfois (on est loin du toc toc, sur nous ça fait plutôt Aieaieaiearrêteçatoutdesuite).
– a rejoint le groupe Etoile de mer à la piscine du coin
– a de l’humour : prenez un Golden Retriever et des faux bois de renne qui s’agite dans tous les sens, et vous obtenez un fou-rire!
Joyeux moisiversaire my Baby Swing!
-Lexie Swing-
A deux semaines des vacances et de notre premier Noël canadien, à deux semaines du tout premier Noël de Miss Swing (ça se fête!), il était temps de dénicher un joli sapin. Après être allés faire un tour au Provigo au coin de notre rue, et avoir marchandé avec un Canado-croate incompréhensible emmitouflé jusqu’aux yeux à la porte de son estafette garée devant un supermarché, nous avons pris la direction du Canadian Tire.
25$ pour un joli sapin un peu plus grand que moi (je suis plus Mila Kunis que Gisele Bündchen quand même), le prix semblait convenable. En plus, il rentrait dans la voiture. On a pas eu le choix pris un Baumier, un sapin aux épines quelque peu suicidaires qui sent vraiment bon. Le vrai investissement pour nous a été le pied, joliment appelé Santa Solution… 45$ la bête (on aurait été en PVT, on se serait contenté de planches de bois clouées, mais là, en RP, on voit sur le long terme, le solide, le garanti à vie). Il est magique (à ce prix il peut). Le sapin tient fièrement, dans la position que l’on souhaite (inutile de le tourner de trois quart pour qu’il «ait l’air» droit), et on peut même mettre de l’eau dans le pied pour que le sapin – mort pourtant – vive plus longtemps (s’il se met à marcher les branches tendues devant lui, je vais flipper c’est sûr).
Quant aux décos… nous avions lu partout que La Mecque de la déco pas cher se situait, bien entendu, à Dollorama. Outre les parents désagréables, les mômes dopés au sucre bon marché et les rayons surchargés… les décos ne sont pas toujours du meilleur goût. Le top : les guirlandes simples, de couleur unie, et les objets à suspendre du type Candy Stick. Pour le reste, deux adresses sympas (à vous de partager les vôtres dans les commentaires) : Ikea, ses petits traîneaux rouges et ses noeuds en argent; et Canadian Tire, surtout pour les guirlandes lumineuses, indoor et outdoor, qui donnent vraiment un petit quelque chose de plus au sapin…
Et vous, le sapin est terminé, ça y’est?
-Lexie Swing-
A l’aube de la première naissance, quand le tour de taille n’a plus rien à envier à une montgolfière en pleine ascension, les conseils des proches fusent. Amis, frères et soeurs, parents, collègues, vieille dame croisée à l’arrêt de bus, tout le monde a un conseil à donner pour l’élevage (l’éducation pardon) de votre premier-né.
Et… (suspens)… certains conseils sont bons à prendre! Voici ceux qu’on a mis en pratique et qui nous ont, souvent, sauvés la mise.
Le biberon de 23h
Ça avait marché pour 5 enfants avant elle, on s’est dit que ça valait le coup d’essayer. L’idée? Réveiller Miss Swing à 23h pour lui donner un biberon. Les premiers jours, son rythme de réveil/biberon était donc de 19h – 23h (à notre initiative) – 4h – 8h. Le réveil de 4h s’est lentement décalé vers 5, puis 6h. Le biberon de 23h s’est, pour sa part, rapproché de celui de 19h avec lequel il a finalement fusionné quand Miss Swing est passé à 4 biberons par jour et à des nuits complètes de 21h à 6h30… à deux mois!
Le bain allongé
A 4 mois, Miss Swing a commencé à taper des pieds dans sa petite baignoire bleue. Elle s’agrippait aux bords qu’elle essayait ensuite d’escalader. Elle se tapait aussi régulièrement la tête en se poussant dans l’eau d’un coup de talon. Nous avons alors mis en pratique la technique du bain vue chez des copains : bébé allongé au fond de la grande baignoire avec le chauffage à fond et l’eau à la moitié du corps. Elle a adoré, battant des pieds à tout va et tapant l’eau avec ses mains. A 7 mois, elle a commencé à jouer assise sans qu’on la tienne, retenue par un tapis antidérapant. A bientôt 10, elle joue seule, se met sur le ventre, puis se rassoit, le tout sans aucune aide.

Baby’s sleeping./ Photo Tamaki Sono
Le lait à température ambiante
C’était un conseil à l’envers, en mode « surtout ne faites pas comme nous ». Ils avaient testé le lait chaud, voire très chaud. Leur demoiselle l’avait adopté, tant et si bien qu’ils devaient faire réchauffer en cours de route le biberon de la princesse. Biberon à température ambiante nous avons donc testé, ça tombait bien, c’était la mode à la maternité! Quel que soit l’endroit ou l’heure, il suffisait donc de verser eau, lait en poudre et de bien secouer. Et comme nous l’avons testé partout, dans la voiture, en balade à la campagne, au restaurant, dans un centre commercial, on ne peut qu’approuver!
Les combinaisons
Vous avez déjà essayé d’enfiler des pantalons ou une paire de collants à un nouveau-né? Ça pique du nez, ça s’affale et bave sur votre épaule, et ça hurle par dessus le marché. On voulait l’habiller, pour de vrai, la journée, alors on a suivi le conseil parental et investi dans des combinaisons. Faciles à boutonner, agréables pour bébé, Miss Swing s’est roulée dedans pendant des mois avant qu’on leur préfère jeans et pantalons souples, à 6 mois.
Les sorties à outrance
« Emmenez-la partout, ça l’habituera ». En poussette, dans le porte-bébé, parfois juste dans les bras, on a trimballé Miss Swing. Restos chics et fast-food, courses du samedi et café du matin, week-ends, pique-niques, elle a suivi le mouvement. A 10 mois, rien ne plaît plus à la belle que d’observer les tables voisines et de dormir au supermarché. Sa dernière sortie : un souper à la pizzeria, assise directement sur la banquette, la poussette ayant été oubliée… dans l’appartement (« Chéri, t’as oublié la poussette », « c’est toi qui devait la prendre la poussette », « Non je te dis que c’est toi »…). Elle a adoré.
Dix doudous
Nous n’avons pas un, mais une bonne dizaine de doudous. Notre grande peur : que Miss Swing hurle à la mort chaque fois que le Précieux était en train de jouer dans la machine à laver, qu’elle refuse de passer la porte si Doudou ne pendouillait pas à distance respectable de sa menotte droite. Doudou n’a donc pas eu droit de cité les premiers temps. Un petit lapin blanc a veillé la demoiselle à distance respectueuse les premiers mois. Plus intéressée par son pouce que par un quelconque ami duveteux, Miss Swing n’a jamais cherché à l’attraper. Lorsqu’elle est passé du berceau au lit à barreaux, elle s’est retrouvée cernée : ils étaient dix à la dévisager avec leurs grands yeux cousus. Aujourd’hui, il y en a un qu’elle préfère, mais surtout les jours pairs. Certains soirs, elle choisit plutôt un petit éléphant glané dans une boutique de souvenirs. D’autres fois, elle joue pendant une heure avec ma propre peluche d’enfant. Dans tous les cas, le doudou number 1 n’a que rarement quitté son lit. Et si elle le retrouve avec plaisir le soir, elle n’a jamais cherché à le prendre avec elle le matin venu. Exemple flagrant : un autre doudou très aimé est parti avec elle à la garderie. Il est revenu une semaine après à la maison, la nounou ayant noté qu’elle ne le saisissait même pas pour s’endormir.
Le meilleur conseil
Le meilleur conseil, the best, ever, a été prodigué par une puéricultrice de la maternité. « Vous faites comme vous voulez », nous a -t-elle dit. « Je vous montre comment moi je fais, mais vous n’êtes pas obligés de faire pareil. L’important c’est que vous vous sentiez à l’aise ». Nous n’étions pas obligés de donner du lait chaud, pas obligés d’allaiter, pas obligés de la savonner hors du bain, pas obligés de choisir le même lait que la maternité, pas obligés d’avoir un cosy, pas obligés de la faire dormir avec nous, pas obligés de lui donner une sucette. Faire ses propres expériences, respecter ses propres valeurs, créer sa propre éducation, c’est le meilleur conseil qu’on ait reçu, le seul qu’on ait vraiment suivi, la conduite que je vous recommande par dessus tout.
-Lexie Swing-
Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Pomdepin, du blogue Pomdepin in Wonderland, qui s’invite dans la rubrique avec le quotidien de sa famille dans l’Essex, en Angleterre.
Quel est ton p’tit nom?
Ben, forcément, je te donne mon pseudo: Pomdepin
De quel coin de France viens-tu?
De Mont de Marsan, dans les Landes. C’est paumé, mais depuis que j’ai commencé à blogger, j’ai rencontré plein de Landaises aux quatre coins du monde. Il n’y a pas que le foie gras qui soit un super produit d’exportation, les Landaises aussi!
Où es-tu parti(e) vivre ta vie?
En ce moment, c’est l’Angleterre. Avant il y a eu l’Irlande, pendant 10 ans. Et encore avant, le Mexique, toute seule comme une grande fille, pendant un an. Je suis juste rentrée en France quelques mois, le temps de rencontrer Marichéri.
Mais surtout quand, comment et pourquoiiiii?
On est parti à Dublin pour le boulot tous les deux, on travaillait dans la même boîte. On n’a pas eu le choix, c’était ça ou le chômage, notre boîte se délocalisant. Mais on avait tous les deux l’intention de partir… Au moins, on n’a pas eu à trouver du boulot! On est arrivé à Dublin un 1er octobre, sous des trombes d’eau, et la pluie s’est arrêtée au mois de mai suivant…
Qui as-tu emmené dans ta valise?
En Irlande, j’ai emmené Marichéri ( on n’était pas encore marié, euh…copainchéri? Ça sonne mal, non?). Quand on est parti en Angleterre, on a embarqué nos trois petits Irlandais, ils avaient 7 ans, 3 ans et …5 mois pour la plus jeune. Ça a été assez sportif. Et comme on est pour l’harmonie entre les peuples, la paix dans le monde et toutes ces sortes de choses, on a fait deux petits Anglais, pour compléter la famille. C’est sympa pendant le Tournoi des Six Nations, ça met une bonne ambiance!
Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job!
Je travaille à domicile, c’est pratique! Sauf quelques cours et réunions. Donc je n’hésite pas à traverser toute la maison pour aller déjeuner dans la cuisine! Sérieusement, je suis responsable d’une école du samedi pour francophones, je gère le plus possible à la maison, et j’y enseigne aussi pour le plaisir.
Avant bébé 5, j’enseignais aux petits Anglais en primaire. J’espère reprendre un jour, mais c’est sympa de s’occuper de petits bilingues. Entre la comptabilité, les réunions à l’ambassade, les problèmes administratifs, les parents d’élèves français, donc râleurs, les problèmes de personnel (…euh français eux aussi, je regrette mes collègues anglais, et le temps ou je n’étais pas responsable du planning!), ça fait du boulot. Je suis self-employed, donc je m’organise comme je veux.
Comment est la rue où tu vis?
On vit dans un cul-de-sac (en anglais dans le texte!), c’est sympa, les enfants peuvent faire du vélo tranquilles dehors. On connaît tous les voisins, et on fête Hallowe’en ensemble. On a fait un pique-nique pour le Jubilé de la reine, dans la rue, avec Union Jack partout. Ça me touche toujours que nos voisins anglais nous invitent à participer à tout ça, on se sent vraiment intégrés.
Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?
Au Company Shed! On est près de la mer, et il y a une île à moins de 200 mètres de la côte à marée basse, Mersea Island. On y accède par une jetée, il ne faut pas se planter avec les horaires de la marée, sinon on reste coincé. Sur le port, il y a plein de cabanes de pêcheurs transformées en cantines. Le meilleur est le Company Shed. Tu dois amener ton pain, ta boisson et tu manges avec les doigts, mais pour £10, tu as du crabe, des crevettes, des huîtres toutes fraîches, et du saumon tout juste pêché.
Quel rythme ont tes enfants à l’école?
En primaire, ils font 9h à 3h du lundi au vendredi. En Secondary School, c’est 9h à 3h30. J’aime bien le rythme, c’est parfait pour eux. Mais, ce n’est pas pratique pour les parents. Du coup beaucoup de mamans ne travaillent pas, ou sont à mi-temps, ou self-employed comme moi.
Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin?
Le cheddar m’a toujours fait penser à du savon…par contre le stilton est délicieux. C’est une sorte de fromage bleu. Pour le vin, les locaux ne doutent de rien. Il y a de la vigne sur l’île de Mersea, en plus des huîtres, ils essaient de te refiler leur infâme breuvage…c’est assez mauvais, et je reste polie!
Tu pars où en vacances?
On fait la transhumance vers la France tous les ans, mais on essaie aussi de prendre du temps pour visiter le Royaume-Uni. Et une fois par an, on laisse la tribu aux grands-parents, et on part à deux dans un endroit sympa et romantique…(et oui, ça nous a déjà rapporté deux enfants sur les 5, mais bon…)
Et, last but not least, que fais-tu le vendredi?
Je bosse! On a une réunion de travail hebdomadaire pour l’école le matin, et l’après midi, il faut que je prépare les cours du lendemain, en catastrophe. C’est le problème de travailler en indépendante, je procrastine toute la semaine, et arrivée au vendredi, c’est la panique!
-Lexie Swing-
Madiba est mort. J’étais dans le bus quand ils l’ont annoncé. A croire que je suis toujours dans le bus d’ailleurs. J’ai laissé échappé un cri de surprise, pourtant il ne pouvait pas y avoir d’erreurs, ce n’était pas Paul Walker, il n’avait pas la trentaine. L’annonce de sa mort prochaine était devenue une vieille rengaine.
Madiba est mort. Demain, dans les journaux, il y a aura des hommages internationaux. On parlera d’un homme courageux. On évoquera quelqu’un qui parlait de la même façon, aux Grands de ce monde et aux opprimés. Ce sera un peu du déjà-vu, on transposera les hommages à Desmarais et on leur collera de la chaleur africaine, pour faire plus vrai.
Ca fait beaucoup de gentillesse perdue en peu de temps, ça va finir par nous gâcher Noël. C’était un peu un surhomme Madiba. Il faut être quelqu’un de fort pour se relever après 27 ans de prison. Il faut être un surhomme pour pardonner, oeuvrer pour la paix, louer l’amitié.
C’est chouette les héros. On se raccroche à leurs exploits. On se dit que l’espèce humaine n’est pas encore gangrenée jusqu’à la moelle puisqu’il y a encore des hommes comme ça. On balance leurs grandes phrases à voix haute. Genre « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès ». On se sent philosophe.
Madiba, il avait sûrement eu plus que sa part de bonté au départ. Et comme l’Histoire l’a souvent montré, ça ne va pas toujours de pair avec la chance. Maintenant qu’il est parti, il y a peut-être eu redistribution pour donner un peu de bon sens à une poignée de malfrats, en ce bas-monde.
Ou bien il y a une fille (chacun son tour) qui vient de naître quelque part, et quelques bonnes fées tiennent un conciliabule au-dessus du berceau. Changera le monde ou ne changera pas?
Votre regard nous manquera.
-Lexie Swing-