Guess how much I love you, par Sam Mc Bratney

Guess how much I love you./

Guess how much I love you./

Je cherchais ma fameuse histoire de chenille pour la petite O. quand je suis tombée sur ce petit livre cartonné, joliment illustré et tout en anglais. Après un rapide coup d’oeil, j’ai considéré que mon fluent english et moi pourrions comprendre cette histoire pour les toddlers. J’ai donc acheté Guess how much I love you pour Miss Swing.

Bien m’en a pris! Passée la première lecture à voix haute où nous accrochions sur les noms Little Nutbrown Hare et Big Nutbrown Hare, Mister Swing et moi avons commencé à parfaitement maîtriser l’histoire. Et à l’aimer! Au point que le jour où je lui ai proposé de séparer la lecture de l’histoire sur deux soirs, il a fait la moue avant de répondre: «Mais le meilleur est à la fin!»

Il a raison. C’est la première histoire pour tout-petits où je lis une chute aussi délicieuse. C’est aussi la seule histoire dont les mots tournent dans mon esprit comme un poème appris par coeur. Ils surgissent dans ma mémoire quand je découpe des carottes, je les murmure en prenant le bus, je les déclame sans même baisser les yeux sur les pages en carton quand vient l’heure de lire l’histoire du soir.

Ce n’est ni sirupeux, ni chichiteux, ni sexiste. Il n’y a pas de princesses, pas de robots, pas de mollesse. C’est juste de l’amour, entre un papa lièvre et son levraut. Juste de l’amour. Et c’est déjà tant…

Extrait : – I love you all the way done the lane as far as the river, cried Little Nutbrown Hair.

– I love you across the river, and over the hills, said Big Nutbrown Hair.

-Lexie Swing-

Canada, ces choses que je n’connaissais pas!

À Montréal, de nombreuses choses sont nouvelles pour nous : l’accent, la température, les caribous. Mais pas que!

Caribou./ Photo Peupleloup

Caribou./ Photo Peupleloup

Dans le désordre, il y a aussi :

– Le gars qui range mes courses dans mon sac à l’épicerie. Plus de sueurs froides à l’idée de passer à la caisse, plus de cassier ultra concentré dans le seul but ultime de battre son propre record de produits encaissés en moins d’une minute, ici à Montréal je suis relaxe! Un type bien intentionné met mes courses dans mes sacs réutilisables tandis que je discute avec l’hôtesse de caisse. Si je suis chargée (d’un enfant par exemple) et que ma voiture est loin, il me propose même le service à la voiture : mes sacs dans une caisse, la caisse sur un tapis qui file dehors, un autre gars (congelé, le pauvre) qui transfère mes sacs du tapis à mon coffre tandis que je lui adresse des sourires d’encouragements (je me sens un peu coupable de le voir bleu quand même) depuis le siège de mon char. J’aime.

– Le service automatique qui t’appelle sur ton cellulaire pour te rappeler ton rendez-vous médical. Comme je note toujours tout sur des bouts de papier, c’est top! Comme à chaque fois que j’entends le message, je l’efface aussitôt en me disant «C’est bon je l’ai déjà noté», ça l’est moins! Et n’essayez pas de Googler «Récupérer des messages supprimés», j’ai essayé ça ne donne rien!

– Le chauffeur du bus qui dit au revoir à (presque) chaque passager qui descend, et ceux-ci qui lui répondent «Merci pour le trajet».

– Mes interlocuteurs, au téléphone, à qui je dis en fin de conversation «Merci de m’avoir rappelée», et qui terminent par «Bienvenue! Bonjour!» Je reste accrochée au Bienvenue, je bafouille «Bienvenue à vous» alors que c’est l’équivalent de mon De rien. Et puis je dis «Oui, oui, bonjour! Et bonsoir!» Pathétique ;)

– L’Advil, le Tylenol (équivalent du paracétamol) et autres médicaments du genre disponibles en libre-service, tard le soir, et même le dimanche. Pratique, sauf lorsque vous hésitez sur le bon médicament à refiler à votre marmotte hurleuse aux joues couleur cerise trop mûre et que l’assistant du pharmacien vous dit d’un air pincé «Asseyez-vous, le pharmacien viendra vous voir d’ici 20, ou plutôt 30 minutes.» Dans le même genre, je laisse mon ordonnance à un guichet, puis j’attends cinq minutes (je peux acheter des tas de trucs qui ne sont pas des médicaments pendant ce temps, comme des cartes d’anniversaire ou du chocolat), on m’appelle, je récupère mes produits à un deuxième guichet et là on m’annonce… «Patientez au troisième guichet, le pharmacien va venir vous parler des contre-indications et de l’usage du médicament.» Et tu peux pas filer à l’anglaise, parce que le médecin a soigneusement gardé le secret de la posologie que tu dois prendre pour son ami pharmacien!

– Les panneaux de stationnement. Le panneau de stationnement québécois est fourbe. Il t’indique qu’il est interdit de te garer. Il te précise qu’il est interdit de te garer le lundi et le mercredi de 12h à 13h. Il te spécifie qu’il est interdit de te garer le lundi et le mercredi de 12h à 13h du 1er décembre au 1er avril. Le reste du temps, tu peux. Sauf que le temps que tu déchiffres, que tu hésites, tu as refait un tour et quelqu’un t’a piqué ta place. Pas grave, il y en a une autre deux mètres plus loin. A côté d’un autre panneau. Qui te dit que tu n’as pas le droit de te garer. Sauf si tu as la vignette 401. Le mardi de 15h à 17h…

Tarte aux bleuets facile

Tarte aux bleuets./ Photo DR Lexie Swing

Tarte aux bleuets./ Photo DR Lexie Swing

Les bleuets, mon nouvel amour. Après en avoir fait des muffins, j’ai eu l’idée de transformer une vieille recette de tarte aux prunes en ultra simple et terriblement bonne recette de tarte aux bleuets. C’est une recette parfaite pour les fruits congelés ou les fruits frais particulièrement juteux, à l’image des prunes très mûres.

A l’épicerie, il vous faudra deux œufs, du beurre, du sucre glace, du sucre semoule, de la farine, des bleuets congelés. Vous pouvez également choisir l’option « pâte sablée toute prête » et réduire votre liste à farine, sucre semoule, pâte du commerce et bleuets.

Pour la pâte, j’ai choisi de suivre les bons conseils de Trish Deseine (ôôô Trish) mais il existe des dizaines de recettes tout aussi simples sur Internet.

Battez deux jaunes d’oeufs, ajoutez 125 g de beurre froid coupé en dés et 75 g de sucre glace. Mélangez.

Versez la farine tamisée en pluie. Mélangez.

Faites-en une boule et réfrigérez-la pendant une heure entourée d’un film plastique.

*Une heure et deux épisodes d’Orange is the new black plus tard*

Sortez votre pâte, laissez-la se réchauffer à température ambiante pendant dix minutes, puis abaissez-la.

La meilleure technique? Déposez une feuille de papier cuisson sur votre table (papier parchemin ici au Québec), placez votre boule de pâte au centre et posez par dessus une feuille de film plastique (vous pouvez réutiliser celle qui entourait votre pâte). Abaissez au rouleau à pâtisserie en déplaçant votre film alimentaire au fur et à mesure.

Votre pâte est dans son moule? Piquez-la et préchauffez votre four à 180°C ou 350°F.

Dans un bol, mélangez deux cuillères à soupe de farine et trois cuillères à soupe de sucre semoule. Répartissez ce mélange uniformément sur votre fond de tarte et lissez-le avec le dos de la cuillère.

Versez 1 tasse et demi de bleuets ou de myrtilles surgelé(e)s. Saupoudrez d’une cuillère à soupe de sucre semoule.

Enfournez pour 40 minutes. La pâte vous semble dorée mais molle? Elle durcira en refroidissant. Le fond de tarte vous semble peu cuit? Baissez la température et laissez cuire encore dix minutes. Si vous aimez les tartes croquantes, cuisez votre pâte à blanc 10 minutes avant d’y déposer le mélange farine-sucre et les fruits, puis d’enfourner pour 30 minutes.

En cuisant, les bleuets vont délivrer un jus qui va se mélanger à la farine et au sucre pour former un véritable appareil à tarte. Effet garanti!

A vos fourneaux, j’attends vos photos!

-Lexie Swing-

La famille de Stéphanie, à Hong Kong

La famille du vendredi est de retour! Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Stéphanie, du blogue Nouvelles aventures à Hong Kong, qui s’invite dans la rubrique avec le quotidien de sa famille… à Hong Kong.

Hong-Kong./ Photo Herry Lawford

Hong-Kong./ Photo Herry Lawford

Quel est ton p’tit nom?

Stéphanie

De quel coin de France viens-tu?

De Champagne, mais c’est bien loin! Avant de quitter la France, j’étais en région parisienne.

Où es-tu parti(e) vivre ta vie?

A Hong Kong… pour le moment!

Mais surtout quand, comment et pourquoiiiii?

Pendant l’été 2007

En avion!! :-)

Monsieur a été muté à Hong Kong, on était dans les starting blocks depuis plusieurs années, prêts à repartir (nous avions passé 20 mois au Japon pour moi et 18 mois en Ukraine pour lui).

Qui as-tu emmené dans ta valise?

Déjà deux enfants, Maxime 4 ans et Lucie 2 ans à l’époque. Entre temps on a agrandi la famille avec Alexis né à HK en 2010.

Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job!

Alors là c’est compliqué! J’ai plusieurs casquettes :-) Je suis guide touristique à HK. Avec cette casquette, mes journées commencent à 8 heures et se terminent entre la mi journée et 17 heures. Selon les cas je déjeune ou pas avec mes clients. Le plus souvent c’est un restaurant de fruits de mer sur une île ou une paillote sur la plus belle plage de Hong Kong, un paradis perdu loin des buildings.

Je vends aussi des voitures, des Citroën avec des plaques rouges, les TT. Les expats connaissent souvent cette formule qui leur est dédiée : il s’agit d’une alternative à la location pour des longs séjours comme le retour estival en famille. Pour ce job, je travaille de la maison à des horaires très très variables et c’est fonction de la saison. En ce moment c’est plutôt la saison basse mais au printemps cela me prend mes journées et aussi mes soirées!! Le déjeuner est pris à la maison ou ailleurs puisque je garde une grande flexibilité, je suis ma propre chef! A moins que ce ne soit le client?! Parfois je cale aussi des visites entre deux grosses journées « voitures »…

En résumé, pas de journée type! Et j’ai deux autres projets en cours d’éclosion ;-)

Comment est la rue où tu vis?

Ma rue est pentue, accrochée à une colline et surplombe le champ de courses de Hong Kong. Pas vraiment de jolies petites maisons, mais plutôt des hautes tours plantées comme des allumettes le long de la route pour optimiser le m² le plus cher au monde! Un vrai paysage urbain, beaucoup de béton, mais en même temps de la verdure tout au tour, la jungle (serpents, araignées…) et entre les tours la mer avec le port qui est tout près.

Depuis cette rue et surtout depuis mon living (au 36ème!) on jouit d’une vue fantastique qui résume tout ce que HK peut offrir : effervescence urbaine et exotisme offert par la nature et la mer de Chine (vous avez compris: j’adore Hong Kong!!).

Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?

Difficile de répondre… cela n’arrive pas souvent dans ce contexte là en fait. Mais pour me faire plaisir, il me suffit de descendre la colline et d’aller me régaler de Dim Sum (bouchées vapeur, spécialité locale) chez Din Tai Fung, une référence en la matière, à seulement 10 minutes de marche de chez moi!

Quel rythme ont tes enfants à l’école?

Les deux grands vont à l’école française donc le rythme est très similaire à celui des écoles en France (sans le sempiternel débat sur le nombre de jours par semaine!). Il y a école tous les jours du lundi au vendredi. Cela commence entre 8.30 et 9.00 le matin selon les sites (4 pour le moment) et se termine entre 15.30 et 16.00, sauf les mercredis et vendredis: entre 13.15 et 13.45 pour faciliter les activités extra-scolaires.

Côté vacances, il y a deux mois en été, et des coupures en cours d’année comme en France à peu près. Seule différence majeure: le nouvel an chinois. C’est une coupure obligatoire car de nombreuses entreprises sont fermées à cette période. Le problème c’est que cela tombe parfois 3 semaines après la reprise de janvier! En fonction de cette fête mobile, les vacances d’hiver et de printemps sont décalées…

Le petit dernier va à l’école anglaise, de 9.00 à 16.00 tous les jours. Les vacances sont similaires à celles de l’école française sauf en octobre ou elles sont toujours décalées…

Les 3 prennent le bus scolaire ce qui signifie qu’ils partent 15 à 30mn plus tôt que l’horaire de l’école et rentrent 15  à 30 minutes plus tard que la fin des cours.

Ils ont également pas mal d’activités extra scolaires: foot, tennis, cross country, caté, natation, athlétisme, théâtre…

Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin?

Oui aucun souci. Deux raisons à cela: d’une part il y a beaucoup d’argent à Hong Kong donc on trouve tout ce que l’on veut mais il faut parfois mettre le prix (mais on n’est jamais trop sûr de quand et où trouver les choses car les approvisionnements sont assez irréguliers) et d’autre part il y a plus de 15000 Français à HK, un vrai marché qu’il serait dommage de négliger :-)

Tu pars où en vacances?

En été, c’est « l’obligation »: retour en France et beaucoup de kilomètres!

Mais le reste de l’année, on explore la zone: On a déjà bien rayonné en Asie, mais de nombreux pays méritent plus d’une visite! Les pays majeurs qui restent à visiter sont la Birmanie, le Laos et la Nouvelle-Zélande.

Pour info, on revient d’une semaine à Bali, notre second séjour (premier il y a 4 ans).

Et, last but not least, que fais-tu le vendredi?

Je travaille, un peu de vélo … ou une petite visite au musée …

Compte tenu de ce que j’ai raconté plus haut, le vendredi est une journée qui reste “imprévisible” du côté de mon emploi du temps: parfois je bosse à la maison, parfois je me promène! Mais les enfants finissant tôt j’essaye d’être disponible pour les emmener à leur cours de tennis à 17 heures, l’occasion pour moi de papoter avec d’autres mamans.

Si vous voulez raconter votre vie au bout du monde (oui la Suisse peut être aussi le bout du monde), contactez-moi à lexie.swing@gmail.com.

-Lexie Swing-

Lexie Swing a sa page Facebook

L’avez-vous vue? Elle est parfaite pour se tenir au courant des derniers articles, commenter, me donner des idées, poster vos photos de bébés, vos bons plans, me faire envie avec vos photos de voyage, vos gâteaux choco-caramel, les exploits de vos têtes blondes. Bref, likez la page, venez faire un coucou, je vous attends! Rejoignez-moi sur le Facebook de Lexie Swing.

Habiller son moustique (9 mois – 15 mois) par moins 25 degrés

La tuque, les mitaines, le blouson chaud, c’est parfait pour un hiver dans le Nord de la France. On prévoit une petite couverture pour mettre sur les genoux de bébé et hop on est paré pour un rude hiver. Sauf qu’au Canada la notion de froid n’est pas tout à fait la même. Lorsque je me suis levée ce matin, il faisait -25 (et je vous épargne le ressenti qui flirte avec la reine des glaces). Autant dire que le combo blouson-tuque-mitaines c’est juste bon à passer la porte sans éternuer. Si vous voulez éviter de transformer votre poupon en Mister Freeze, il va falloir doubler les doses.

L’accessoire indispensable, c’est la combinaison de neige en duvet approuvée grand froid. On a choisi cette année un modèle de Columbia, orange histoire qu’elle soit facilement identifiable par les automobilistes/ les usagers du bus susceptibles de me laisser leur place/ le chauffeur du bus qui pense parfois que vu la distance entre l’arrêt et le métro, je pourrais tout aussi bien marcher.

Ajoutez à cela un bonnet en laine doublé polaire et une écharpe du même acabit (à nouer par dessus la combinaison selon le bon conseil d’un papa québécois de la garderie). Pas besoin de gants (de mitaines), la combinaison se retourne pour garder les mains au chaud.

Henry in the snow./ Photo Harald Groven

Henry in the snow./ Photo Harald Groven

Les pieds sont plus délicats à vêtir… La combinaison se retourne également en bas mais cela ne suffit pas. On utilise pour le moment une paire de chaussettes, surmontées de Robeez fourrées, elles-mêmes recouvertes de jambières qui vont du coup de pied aux genoux de Miss Swing. Mais le gros orteil reste désespérément froid. Je lorgne depuis quelque temps sur des Patous, un mélange de jambières et de chaussettes qui peut se porter au dessus du chausson ou directement comme pantoufles l’été, juste avec un body (ils arrivent en haut de la cuisse ou se retournent).

Si tout est noué/emmitoufflé/recouvert correctement, on aperçoit seulement les yeux de votre enfant. Le froid n’y verra que du feu ;)

L’idéal c’est de le porter alors en écharpe ou en porte-bébés, contre vous. Si vous n’avez qu’une poussette, investissez dans un habillage de pluie qui fait barrage au vent, et dans une petite couverture.

Le défi, à présent, est de rester vous-même à peu près vivant car un parent dans le froid c’est un parent qui:

– a laissé ses mitaines dans ses poches, trop difficile d’habiller bébé avec.

– a la tête nue – la tuque est avec les mitaines et la capuche est empêtrée sous la dizaine de sacs que vous transportez dans votre dos tel un sherpa.

– lutte contre les éléments – pendant que votre douce progéniture roupille le nez dans votre écharpe, vous affrontez le vent glacial et les jets de boue du bus qui vous dépasse.

– patauge et galère dans la neige – un bébé, dans la neige, c’est lourd à porter, une poussette, c’est carrément du suicide et le traineau, ça ne glisse pas sur le bitume.

Profitez bien de l’hiver, fin avril il sera parti! Outre le soleil radieux qui règne quand vient le froid, les moins 25 et des brouettes ont cette vertu incomparable : ils zigouillent tout sur leur passage (veaux, vaches, cochons, écureuils, pigeons), y compris les microbes. Autant dire que vous tenez une forme olympique (mais vous ne vous lavez plus les mains parce que la moitié de la peau de vos doigts est déjà partie dans le siphon).

A bon entendeur…

-Lexie Swing-

Muffins aux bleuets de Ricardo

Le bleuet, cousin québécois de la myrtille, est un pur bonheur gustatif (surtout le sauvage, un peu plus acide). On le trouve facilement en surgelé, à des prix beaucoup plus abordables que les fruits congelés en France.

Et comme le dimanche après-midi, à la faveur du jour déclinant, est parfait pour embaumer la maison avec des douceurs sucrées… J’ai googlé Ricardo et déniché l’une de ses fameuses recettes 5 étoiles : le muffin aux bleuets.

Comme à mi-parcours, je me suis aperçue que j’avais un seul oeuf, et non pas deux, j’ai glissé dans un sac congélation la moitié de la préparation sèche avec une étiquette ‘muffins aux bleuets’. Je n’aurais plus qu’à la ressortir et à la mélanger à la préparation liquide pour la prochaine fournée (je me trouve particulièrement intelligente sur ce coup!).

Muffins aux bleuets./ Photo DR Lexie Swing

Muffins aux bleuets./ Photo DR Lexie Swing

Pour 10 muffins, faites un tour à l’épicerie et investissez dans de la farine, des flocons d’avoine, de la cassonade, du bicarbonate de soude (ou de la levure), du sel, un yaourt, de l’huile, un oeuf, du miel, de l’extrait de vanille et un sachet de bleuets (ou de myrtilles) frais ou congelés.

Les anglo-saxons ont inventé un truc génial : le dosage par mug. Dans la plupart des recettes, il est donc inutile de dégainer sa balance. Un bon truc si, comme c’est mon cas, votre balance refuse obstinément de s’allumer en votre présence (alors qu’elle fait les yeux doux à votre bien-aimé). Sortez donc votre tasse, enfilez votre tablier et c’est parti.

Préchauffez votre four à 180 degrés (350 degrés F.). Mélangez ¾ de tasse de farine, avec une demi-tasse de flocons d’avoine et une demi-tasse de cassonade. Ajoutez une cuillère à café de levure (un petit peu moins si vous utilisez du bicarbonate) et deux pincées de sel. Réservez.

Prenez un second bol. Battez un oeuf, puis ajoutez ¼ de tasse d’huile (Ricardo utilise de l’huile de canola, c’est-à-dire du colza, mais l’huile de tournesol fera très bien l’affaire également). Versez ensuite le contenu d’un yaourt, nature ou aux fruits (j’ai utilisé un yaourt aux fraises… C’est l’occasion de passer les parfums dont personne ne veut jamais!), puis une cuillère à soupe de miel et quelques gouttes d’extrait de vanille. Lorsque le tout est bien mélangé, ajoutez une tasse de myrtilles ou de bleuets et incorporez doucement.

Versez les liquides dans la préparation sèche, mélangez grossièrement (il paraît que le secret des muffins aérés, c’est de très peu mélanger). Placez des caissettes en papier dans vos empreintes et remplissez-les aux deux tiers.

Enfournez pour 35 minutes environ.

Pour découvrir la recette originelle ou doubler les doses, rendez visite à Ricardo! Si l’on en croit les commentaires, la recette peut se décliner à l’envi avec d’autres fruits, ou même du chocolat, du caramel, un yaourt à l’érable…

-Lexie Swing-

Immigration choisie

En arrivant à Montréal, je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas une seule immigration qui soit semblable à une autre. Entre ceux arrivés à la faveur d’un échange universitaire ou d’un contrat obtenu à distance, les PVTistes qui décident de rester via un permis jeunes pros et les immigrants qui, comme nous, ont commencé par dealer leur immigration avec le Canada avant de fouler le terrain pour de bon, il y a parfois de larges fossés.

Skyline./ Photo Maha

Skyline./ Photo Maha

Il y a aussi plein de « si on reste… » Comment ça « si »?, me demandais-je sans cesse au départ. Vous êtes là, vous avez tout quitté, tout reconstruit ici, et vous songez à repartir? Suivant le parcours initial, « rester ici » n’est pas toujours acquis. Une de mes collègues est venue pour ses études, elle est restée pour le travail et repartie pour la famille… avant de revenir, parce que leur vie ne pouvait s’inscrire, finalement, qu’ici. C’est aussi le cas d’une de mes amies, arrivée avec un permis de travail fermé et qui est repartie au bout de quelques années, parce qu’elle avait l’impression d’être toujours dans le temporaire ici. Après quelques mois passés en France, elle est revenue. Depuis elle s’est installée en couple et se construit une vie riche qui n’a rien de… temporaire! Elle m’a dit un jour que c’était comme si elle avait eu besoin de retourner en France pour se rendre compte à quel point elle voulait vivre et construire sa vie ici, au Canada. Pour moi, ça revient à mettre sa foi à l’épreuve.

Nous, ça relève plutôt du mariage. Le Canada et nous, ça aura pris deux ans de préparation. Deux ans pour être sûrs, deux ans pour s’interroger, deux ans pour soupeser, deux ans pour renoncer. On s’est passé la bague au doigt, on s’est dit oui, pour la vie. Dans la joie, comme dans la peine, dans la santé comme dans la maladie. On a fait la fête, on a consommé.

Là, c’est la lune de miel. Puisse-t-elle, comme dans tout mariage réussi, durer toute la vie.

-Lexie Swing-

On a testé pour vous le Children’s : l’hôpital de Montréal pour enfants

« Si tu as un problème, va au Children’s! » Children’s, ça sonnait comme une barre chocolatée ou un jeu d’aventure. Et quelle aventure! Miss Swing avait de la température depuis à peine plus de 24h lorsque l’on s’est décidé à rendre visite au Children’s. Loin de nous l’envie de faire perdre leur temps aux médecins et nous avions largement attendu les trois jours requis lors du dernier épisode de fièvre. Mais voilà, 24h avec une température de 39,5 résistante à tous les médicaments employés, ça nous rendait perplexes, pour ne pas dire inquiets!

Dimanche, 20h, on pousse la porte de l’hôpital pour enfants de Montréal. Première étape, dire « coucou, c’est nous » à l’accueil. On présente la carte soleil (c’est le petit nom de la carte d’assurance maladie québécoise) de Miss Swing et on part s’asseoir dans la salle d’attente. On vient à peine de s’étaler sur un banc avec nos manteaux/combinaisons/bonnets/sac à langer/sacs à mains qu’on nous appelle pour l’enregistrement. Nom, âge, pédigrée, raison de la visite, voilà la belle fichée et désormais affublée d’un bracelet nominatif décoré d’oursons et d’une carte en plastique rouge à son nom.

On se rassoit, en s’étalant de nouveau. On sort la vache, le mouton, Baba, Michael, tous les petits personnages qui se sont invités dans notre quotidien… Et on remballe tout 5 minutes plus tard, direction le triage. Le triage c’est l’endroit où tout se décide. C’est là où une infirmière ausculte ton gnome tout nu pour savoir à quel point son cas est grave. C’est là où l’on aurait peut-être du prétendre que Miss Swing avait menacé de faire une grève de petits pots haricots verts si elle ne voyait pas un médecin là, tout de suite, maintenant. C’est là où l’infimière a dit « She has tears » et qu’on s’est précipité pour étouffer notre progéniture de baisers croyant qu’on nous reprochait de nous tenir trop loin alors qu’elle mentionnait juste à sa collègue que puisqu’elle avait des « tears » son cas n’était pas trop grave (pas de larmes = déshydratation probable du bébé = urgence). Elle avait 39,8, ils lui ont collé une double dose d’advil en attendant la suite.

Le petit Enni./ Photo jarkko Laine

Le petit Enni./ Photo Jarkko Laine

Il y a 5 catégories, du « par-ici-s’il-vous-plaît-le-docteur-vous-attend » à « on-se-revoit-demain-matin ». Pour chaque catégorie un temps d’attente est annoncé. A vue de nez, on devait être catégorie 4, la « vous-auriez-bien-pu-ne-pas-venir-mais-comme-vous-avez un-bébé-de-moins-d’un-an-on-va-quand-même-lui-coller-un-stéthoscope ».  On a attendu 2h00 de plus. Deux heures durant lequelles Miss Swing a souri à chaque enfant qui la regardait, assise droite comme un i sur une de mes jambes, avec à la main son éternelle vache Little People.

A un moment on a entendu son nom, alors on s’est précipité avec notre barda susmentionné. Mais une fois devant le médecin on nous a assuré que non non non elle n’avait pas été appelée. Avec son prénom peu commun et son nom à rallonge, on avait pourtant peu de chance de confondre. Il y avait sûrement une Miss Twing à l’hôpital ce soir là.

Et puis ça a été notre tour… Une étudiante en médecine nous a dit « do you speak french or english ». J’ai répondu « french », elle m’a aussitôt demandé « do you understand english? » Heureusement cough, lungs, fever, on connaissait. On a bloqué à la question « par quel endroit avez-vous pris la température? » J’avais un mot en tête, mais il ne seyait guère à la situation et à ma princesse joufflue. Alors j’ai désigné l’endroit. « Back », elle m’a dit.

Pour eux, ce n’était qu’un virus, une angine, un rhume, une mini-grippe peut-être, mais quelque chose de viral, qui allait traîner ses guêtres dans le petit corps chaud de Miss Swing quelques jours encore. Pour être bien sûr, on a passé en revue les maladies qui nous venaient à l’esprit, juste pour voir si l’interne n’allait pas s’exclamer « oh mais oui bien sûr, vous avez raison, c’est peut être ça! ». Le médecin qu’on a vu (à peine entré, immédiatement ressorti) a validé la théorie de l’étudiante et nous a laissés partir.

La fièvre est tombée le lendemain.

En résumé l’hôpital pour enfants, c’était plutôt pas mal. On sentait qu’en cas d’urgence, on nous aurait pris de suite. L’enregistrement était rapide, ainsi que le triage. Il y avait des dessins animés projetés sur des télés, et quelques livres dans une bibliothèque. Miss Swing avait un très joli bracelet à nounours qui l’a fascinée un certain temps. Le debrief en anglais nous a bien plu (l’interne était très sympa, au demeurant) mais je doute que tous les francophones se satisfassent de cette solution.

Est-ce qu’on aurait pu éviter d’aller aux urgences? Certainement, parce que dix cas comme le nôtre et c’est l’engorgement. Mais on est parents, de jeunes parents, des parents « de premier ». Comment savoir quelle tolérance votre enfant a aux médicaments? Quelle température est pour lui commune? 39 degrés, Miss Swing les avait déjà frisés quand les incisives du haut sont apparues. Moi, sa mère, si j’ai 39 degrés, vous pouvez appeler les urgences, c’est que je suis en train de passer l’arme à gauche. Bref, je ne suis pas de ceux qui font le pied de grue devant les urgences au moindre soupir un peu rauque (je préfère la clinique sans RDV, il y a le wifi), mais je suis parent et parfois je doute. Comme vous.

-Lexie Swing-