Femme et journaliste

Nellie Bly, l'une des premières femmes journalistes vraiment influentes./ Photo Newseum

Nellie Bly, l’une des premières femmes journalistes vraiment influentes./ Photo Newseum

Il y a quelques jours, des femmes journalistes politiques françaises ont publié une longue tribune dénonçant le sexisme auquel elles ont droit. Regard appuyé sur le décolleté, blagues déplacées, minimisation des compétences. C’est un peu ça le trio infernal.

En France, l’homme politique a en moyenne, je ne sais pas, 50 ans ? Ceux que l’on rencontre sont en tout cas tous grisonnants. Ils sont assis, confiants, sur leur trône de pacotille, et vous accueillent avec la légitimité qu’ils estiment vous devoir. Aux hommes, même jeunes, la poigne confiante. Aux femmes, surtout jeunes, le dédain, le sourire condescendant ou concupiscent selon les goûts du bonhomme et l’humeur du moment.

Il faut du temps à une femme journaliste politique pour acquérir le respect auquel elle a droit. Il y a celles qui bataillent, il y a celles qui échouent, il y a celles qui s’en moquent. Mais toutes ont eu droit un jour ou l’autre à leur lot de petites remarques sexistes ou apparentées. À leur invitation à souper et plus si affinités. À leur petite drague ouvertement plébiscitée par les autres bedonnants en présence.

Ce n’est pas une poignée de femmes journalistes, parmi les plus connues du bottin, qui expriment ainsi leur désarroi. C’est une profession à part entière. La plus grosse moitié. Ce ne sont pas seulement celles qui bénéficient du package Entrée à l’Elysée et déjeuner de presse sur les Champs Elysées. Mais toutes les femmes journalistes politiques, reconnues ou temporaires, de signature ou de remplacement pour l’été.

Ce sont des hommes qui proposent des lois pour abolir les comportements sexistes au travail. Des hommes qui estiment en assemblée qu’est considéré comme du harcèlement sexuel une remarque ouvertement déplacée, et qui se permettent, dans l’antre de leur bureau, de soupeser sans gène aucune les jambes croisées de la femme qui les interviewe. Ce sont des hommes qui votent pour l’égalité des salaires et évaluent les compétences en fonction de la taille des bonnets. Ce sont des hommes qui ont la parole dorée, le rire gras et la main baladeuse.

Ce sont des hommes qui disparaîtront. Car c’est l’un des premiers arguments donnés dans la tribune précitée : ce sont des hommes dans le déclin de l’âge qui seront bientôt remplacés par une toute autre génération. Une génération que l’on qualifie volontiers de paresseuse et d’égoïste, mais une génération qui croit aussi à l’égalité des sexes, au partage des tâches et à l’importance des enfants. Une génération née sous la coupe de femmes libres. Il n’y aura plus alors de place pour les hommes d’hier, les vieux de la vieille, qui rassurent leur peur de la déchéance à grands coups de remarques sexistes.

Mais dans tout ce tapage, il y a quelque chose qui me sidère : assez nombreux sont les commentaires de femmes, et j’appuie sur ce dernier mot, qui déclarent qu’elles « l’ont bien cherché » et qu’elles n’ont qu’à pas « coucher avec des politiques » et « porter des robes courtes ». Au pays du sexisme, le premier ennemi de la femme, c’est la femme elle-même. Ça se confirme, ça perdure. Et ça ne changera pas tant que toutes les femmes ne parleront pas d’une même voix. Mais peut-être est-ce un autre débat ?

-Lexie Swing-

Vivre à deux (en une)

Porter bébé./ Photo Meagan

Porter bébé./ Photo Meagan

La miss pleure. Un cauchemar. Je chuchote à son attention depuis mon lit. Le cri s’amplifie alors je me lève (la nuit rend l’amoureux particulièrement sourd). La belle au bois dormant n’a plus le sommeil très paisible et son petit corps se tord sous l’assaut de quelque mauvais rêve.

Tandis que je l’apaise, 30 centimètres de chair et d’os s’agitent en mon for intérieur. Car quand sa soeur est réveillée, mon bébé ne tarde jamais à s’agiter. Telle une lionne tapie dans la savane, ma future-née ne dort jamais que d’un oeil. Il me suffit parfois de penser à elle pour sentir ses petits pieds s’agiter sous mon nombril. À midi ou au milieu de la nuit, elle est toujours partante pour quelques soubresauts.

Et lorsque je sens glisser sous mes doigts de fines articulations, je réalise que je ne suis plus jamais seule. Dans quelques semaines, j’aurais recouvré la propriété entière de mon corps, à défaut d’en avoir vraiment l’usage. Mais pour le moment, je suis un condo en location. Un studio un peu étroit duquel elle repousse souvent les murs, défiant les lois de la physique et des sciences humaines en réduisant mon estomac à la taille d’un timbre poste et écrasant ma vessie comme un vulgaire coussin à billes.

Ma petite mandarine est de ces pensionnaires presqu’encombrants, qui prennent deux fois la place allouée et font la fête aux aurores sans se soucier du sommeil des propriétaires.

Mais elle est aussi présente, toujours. Me tenant par la main du coeur à chaque moment de fatigue, à chaque moment de doute. Me rappelant sa présence, son énergie, une énergie vitale brûlante qu’elle me partage chaque jour. Elle est tout à tour cabotine, enthousiaste ou câline. Se serrant contre la joue de son père avant de lui décocher un coup sur le nez tandis qu’il cherche à lui parler.

Je ne sais pas si elle restera cette enfant-là, ou si le petit ouragan qui vit en moi deviendra un nouveau-né au calme olympien, à peine troublé par une porte qui claque ou un chien qui aboie. Je commence juste à retrouver le (mauvais) caractère de sa soeur lorsqu’elle était dans mon ventre. Nul doute que passer de quelques centimètres carrés au vaste monde demande un peu d’adaptation.

By the way, Mandarine, c’est juste parce que j’aime bien ce mot. Il y a longtemps elle n’était qu’une mandarine, un petit fruit rond et souple à peine éclos. Elle fait désormais la taille d’une aubergine (selon mon appli de grossesse chérie), mais c’est nettement moins sexy non?

-Lexie Swing-

 

Ses lunettes Babiators : épisode 2

Le style Babiators./

Le style Babiators./

En ce moment, c’est le rush : nous partons bientôt en vacances! Alors côté maison comme boulot, il faut ranger, trier et organiser. Du coup, le temps pour écrire se fait moindre et j’ai loupé la publication de mai pour les nouvelles, mais je me rattraperai.

Qui dit vacances, dit soleil, enfin avec un peu de chance. Et qui dit soleil, dit lunettes. On avait acheté des Babiators pour la miss il y a un an environ, mais lorsqu’il s’est agi de remettre la main dessus, impossible. J’imagine qu’elles ont été posées négligemment sur une table de café, puis oubliées. Mister S. vote pour la paire oubliée au fond d’un sac lui-même perdu quelque part entre le sous-sol et le grenier. Bref, des lunettes il nous fallait, et j’ai donc recommencé à lorgner sur les paires pour enfants, quand une petite phrase m’a sautée aux yeux : « Babiators, vous les perdez ou vous les cassez ? On vous les échange! »

Miracle de la vie, j’avais effectivement enregistré le numéro de garantie au moment de l’achat. Mais commander la nouvelle paire n’a pas été si simple. Le site s’obstinait à m’afficher un pays qui n’était pas le mien, alors j’ai contacté le service client. « Il va falloir vous réenregistrer », m’a gentiment répondu une conseillère. « Vous avez oublié de remplir la case pays la première fois et le site a mis « USA » par défaut. » Ah oui tiens, ça me ressemble d’oublier un truc pareil.

J’ai voulu me réenregistrer comme proposé, mais il me fallait le code barre sur la boîte. Cela va sans dire que, comme je n’ai plus les lunettes, je n’ai plus non plus la boîte. J’ai recontacté la conseillère qui a gardé tout son calme pour m’envoyer un nouveau code.

J’ai pu m’enregistrer, rentrer mon nouveau numéro de garantie, choisir mes nouvelles lunettes, rentrer mon adresse, taper mon code de carte bancaire et.. ça n’a pas marché. Pas plus que les douze autres fois. J’ai donc recontacter la conseillère. Je pensais qu’elle me traiterait de demeurée, c’est ce que j’aurais pensé moi, à sa place. Je lui ai dit « Thanks a lot but your website is driving me crazy ». Oui je pesais mes mots. Elle a dû comprendre qu’on était en train de me perdre. Elle a réagi promptement en me disant « ici faut pas d’espaces, pour ce truc oui, pensez à supprimer les accents, et envoyez-moi un screenshot si ça ne marche toujours pas. » Elle n’a pas dit « Je suis avec vous, bon courage » mais c’était tout comme. Elle m’a donc psychologiquement tenue la main pendant que je recommençais fébrilement la manoeuvre. Et là, magie de la technologie, la page a affiché le mot « Success!! » C’en était un!

Moyennant le coût du transport – un poil exorbitant pour le Canada – j’ai donc pu bénéficier de la paire de lunettes de remplacement. Elles n’arriveront probablement pas à temps, j’ai donc pris le parti d’en acheter une autre d’une toute autre marque. Les Babiators feront toujours le bonheur de numérobis, cette délicieuse quoique violente petite fille qui devrait pointer son nez en août.

Un service client aussi performant, c’est assez rare pour être mentionné! Non?

-Lexie Swing-

Ready for the nap ?

La sieste de la petite Reese./ Photo Donnie Ray Jones

La sieste de la petite Reese./ Photo Donnie Ray Jones

Je recommence ce texte alors même qu’il vient intégralement de s’effacer…

La sieste pour moi c’est sacré. J’ai souvent eu une pointe de culpabilité de m’assoupir ainsi tandis que mon amoureux partait bricoler ou travailler, ou que mon infatigable mère s’agitait entre les étages de la maison et que je refermais doucement la porte sur ses pas dans l’escalier. Ce sentiment doux qui enveloppe ton corps assoupi, tes paupières lourdes en ce début d’après-midi. L’endormissement est toujours un moment fabuleux… le réveil beaucoup moins! Dur de s’extirper des bras de Morphée en pleine digestion. Et que dire de la lumière qui s’étiole à l’horizon bien trop tôt l’hiver venu ?

Du côté de Miss Swing, point de problème. Le marchand sablait ses yeux dès la dernière bouchée de yogourt englouti, et c’est avec délectation que la demoiselle rejoignait alors son lit. Mais ça, c’était avant! Avant que nous investissions dans un lit de grande! Car si les couchers du soirs ne durent qu’un instant, ceux de la sieste ont rapidement pris des allures de fête foraine, la miss sautant sur le lit, battant le rappel, courant me chercher, moi qui tentait désespérément de sommeiller.

Il nous a fallu 5 essais pour trouver la solution. Essai 1 : la miss a fini dans le lit à barreaux, à sa demande. Essai 2 : la miss a fini dans son lit à barreaux, à la demande de sa mère, dont la patience à ce terme de la grossesse est inversement proportionnelle à l’envie d’aller se coucher à toute heure de la journée. Essai 3 et 4 : la sieste s’est faite en voiture (petits joueurs, les parents!). Essai 5 : transformé ! (Quoi, vous ne regardez pas le rugby??).

Nous avons trouvé la solution tout à fait par hasard. Nous devions retrouver des amis pour se promener en début d’après-midi. Or qui dit balade en début d’aprem, dit sieste déplacée (ou enfant-qui-chouine-pour-se-faire-porter). Comme la miss se lève aux aurores (6h30, dimanche compris), nous l’avons mise au lit à 11h du matin. Pas un bruissement de couette, pas un appel. Le pote Morphée attendait notre belle qui s’est endormie en deux minutes montre en main. Et moi aussi.

Depuis, chaque week-end, nous retentons l’expérience, avec toujours autant de succès. Et c’est devenu le moment parfait! Dimanche dernier, la miss s’est donc levée à son heure habituelle. 9 heures, baby gym. 10 heures : bibliothèque. 11 heures : dodo. 13h : repas. Et après : une immense après-midi rien qu’à elle pour jouer dans le jardin au soleil. Sans compter que, pour elle comme pour moi, le réveil est drôlement plus facile à 13h, lorsqu’un doux fumet nous chatouille les narines.

Le bonheur a l’odeur d’une purée – saucisses au barbecue, le saviez-vous?

-Lexie Swing-

 

Mom toujours prête!

Time goes by./ Photo Sara B.

Time goes by./ Photo Sara B.

Je n’ai jamais été scout. J’aurais pu! Mes copines étaient Jeannettes et m’apprenaient toutes les chansons à connaître! De cette période de non-scoutisme je garde un sens aigu du « toujours prêt ». Et cela vaut pour les road-trips (décollage demain dix heures pour les Maldives? Ready to go honey !) (Oui, je suis aussi totalement prête dans mes rêves) comme pour l’arrivée de mes enfants.

Je lis une future juillettiste (entendez par là : une fille qui doit accoucher en juillet) et celle -ci assure qu’elle n’est pas du tout, du tout pressée de voir sa rose progéniture pointer le bout de son nez. La preuve : elle n’a encore rien. Ni le berceau, ni le siège-auto, et encore moins l’attirail nécessaire aux 4 jours de séjour à la maternité (en France). Mais elle a bien le temps, écrit-elle.  Il ne va pas arriver demain. Peut-être même pas au terme (croise-t-elle les doigts).

Je ne suis pas non plus pressée de rencontrer ma demoiselle. Je ne suis pas encore pressée, devrais-je dire. Car je suis le genre de fille à trépigner à 37 sa venues. Je ne voudrais pas qu’elle arrive demain, parce que ce n’est pas son heure (il paraît que 37 sa non plus, ce n’est pas forcément la bonne heure, mais comprenez bien qu’à ce stade, je perds ouïe et raison). Mais si c’était le cas, je serais prête.

Je ne suis pas du genre à me poser beaucoup de questions. Je suis un chemin que je trace à mesure et deal avec les obstacles avec plus ou moins de patience (très peu en fait). Mais de question, point. Il y a des gens qui se contraignent à l’immobilisme parce qu’ils soupèsent sans cesse le pour et le contre, et que chaque pas est assorti d’un « est-ce le bon ». Chez moi, l’immobilisme est un synonyme de la flemme. Et si je ne fais pas, ce n’est pas par peur d’échouer, mais bien parce qu’à ce moment-là, je dors (et je dors beaucoup).

Je crois fermement qu’on est toujours prêt pour tout. Et qu’il faut finalement peu pour accueillir un enfant, surtout dans un pays où les magasins sont ouverts 7 jours semaine. Je ne suis pas de celles qui pensent que ma valise de maternité serait mal faite si elle devait être préparée en urgence par mon amoureux (parce qu’il aurait pensé à l’essentiel : le chocolat), ni qui relisent sans cesse leur bouquin de maternité à la page « Comment accoucher » (pousse chérie pousse). On y arrive toujours, no matter what. On se découvre des réserves insoupçonnées. On se surprend à demander poliment la péridurale à l’anesthésiste lorsqu’on aurait envie de lui arracher les yeux et de les mitonner en bourguignon. On s’aperçoit qu’un pull d’adulte peut faire une excellente couverture et que pain-chips-chocolat peut être un très bon repas improvisé (surtout avec quelques baby carottes pour se donner bonne conscience). Et on estime finalement que se coucher à 22 heures est un moment acceptable si cela signifie grasse mat’ pour tout le monde.

En d’autres termes, ne paniquez pas : vous pouvez couper votre cheveu en dix mille et en scruter un par un les morceaux, vous trouverez toujours la réponse ailleurs. Dans votre expérience, dans votre instinct, dans les yeux de quelqu’un d’autre.

-Lexie Swing-

 

Ce fabuleux pain aux bananes, noix et chocolat…

Cake banane./ Photo DR Lexie Swing

Cake banane./ Photo DR Lexie Swing

Il est désormais emballé précieusement dans le congélateur, tranche par tranche. Chaque matin, nous en sortons deux, que nous dégustons dans la journée. Avant ça, nous mangions des muffins. Demain? Je ne sais pas. Mais cette semaine, c’était pain aux bananes et… dieu que c’était bon!

J’avais goûté la recette lorsque mon amie et collègue A. a fêté son départ et son nouvel emploi autour d’un petit déjeuner tardif. J’aime beaucoup les bananes, beaucoup moins lorsqu’elles sont écrasées dans une préparation quelconque. Mais bon, je suis gourmande et puis je suis enceinte (et j’ai toujours faim). Donc j’ai goûté. 3 fois.

C’est peu de dire que j’ai aimé. Ça a été une révélation pour moi! Je trouvais des épices là où il n’y avait que de la farine et du sucre. Je pensais sentir un petit goût de noisette alors qu’il n’y en avait aucune. J’ai été séduite!

Alors dimanche dernier, je m’y suis attelée. Sucre, farine, beurre, oeufs, bananes (of course)… et puis du chocolat, pour mon chéri qui l’imaginait comme ça, et puis des noix, des vraies, parce que le goût c’est bien, mais la petite sensation de croquant, c’est mieux!

Ingrédients :

– 2 tasses de farine

– 2 cuillères à thé ou café de levure chimique (poudre à pâte)

– 125 ml ou 1/2 tasse de beurre (le mien était demi-sel et c’était parfait comme ça)

– 1 tasse de cassonade

– 1 cuillère à thé ou café d’extrait de vanille

– 2 oeufs battus

– 3 bananes

– 1/2 tasse de lait

– 1/2 tasse de noix concassées

– 1/2 tasse de pépites de chocolat

 

Préchauffez le four à  180 °C (350 °F).

Sortez deux saladiers. Dans le premier (le plus petit des deux, votre bol « bis »), mélangez la farine et la levure, puis réservez (loin des petites pattes aventureuses, la farine c’est dur à ramasser, j’ai testé pour vous).

Dans le second (votre bol principal, celui dans lequel vous faites habituellement vos préparations), fouettez le beurre (mou, voire légèrement fondu), et la cassonade pendant une bonne minute. Ajoutez les oeufs, puis la vanille.

Laissez votre enfant écraser les bananes à la cuillère (non pas avec les mains chérie, bon ok les mains c’est bien aussi, elles sont propres tes mains ? On les a lavées hier ? Parfait!) et profitez-en pour beurrer votre moule.

Mélangez la purée de bananes avec le mélange beurre – cassonade – oeufs. Puis ajoutez peu à peu les ingrédients secs, en alternance avec le lait.

Ajoutez les pépites de chocolat et les noix concassées. Puis versez la pâte dans le moule.

Enfournez pour une heure environ. Si vous faites une découpe dès le démoulage, vous aurez l’impression que le cake est encore légèrement humide. C’est parfait!

Le pain ou cake aux bananes est très courant ici au Québec. Il est de toutes les fêtes et de tous les goûters. Et honnêtement… je sais maintenant pourquoi :)

-Lexie Swing-

Pour 20 minutes de plus

Le temps s'arrête./ Photo Simon LeBlanc

Le temps s’arrête./ Photo Simon LeBlanc

6h. Si tôt et déjà trop tard. Trop tard pour être à l’heure. Trop tard pour prendre le train. Trop tard pour commencer le boulot à 8. Trop tard pour réaliser le combo douche-déjeuner avec sérénité. « Prends le train suivant », propose mon chéri. Je dis non. Partir pour 8h30 signifie finir le travail plus tard. Et puis je suis plus efficace le matin tôt. Et puis j’ai les courses à faire ce soir. Et puis on sera en retard pour préparer le souper. Et puis tandis que je reste là, à deviser, le temps file et je ne fais rien. Je dis oui. Oui, d’accord, le train d’après. Il est 6h45. Le petit déjeuner vient de commencer. Je vois ma fille compter ses petits gâteaux. Déglutir son verre de lait. Vais-je vraiment l’arracher à ce moment pour une question d’horaire, de courses et de productivité matinale ?
Je m’assieds à ses côtés. Verse mon yogourt. Mes céréales maison. Ajoute les canneberges. Touille consciencieusement. Tu as rêvé cette nuit ma chérie ? Elle hoche la tête, la bouche pleine. Sait-elle seulement ce que signifie rêver ? Son petit visage enrhumé est tout sale. Cela prendra du temps de la nettoyer, le temps d’expliquer, de maintenir, de supplier, pour moucher le petit nez douloureusement collé et nettoyer l’œil qui pleure sous les assauts des microbes. Quel choix ai-je? La ceinturer sur le lit, en lui criant « laisse-toi faire, on va être en retard! »?

Il y a quelques mois, j’ai lu le témoignage d’une autre mère, qui s’était rendu compte de ce qu’elle imposait à ses filles lorsque, sur le chemin de l’école, alors qu’elles se hâtaient, l’aînée était venue houspiller la cadette qui humait une fleur : « Mais dépêche-toi, dépêche-toi, qu’est-ce que tu es lente! ». Elle avait 7 ans et elle était déjà pressée. Elle avait 4 ans et elle ne pouvait prendre le temps de rêver. Ça lui a fait un choc, à la mère. Et ça m’a fait un choc, à moi aussi. Car je sais qu’on pourrait être comme cela. Des gens toujours en retard qui transmettent leur stress du temps à leurs enfants.

Désormais, on la lève plus tôt, pour qu’elle ait le temps de se réveiller. On déjeune à trois, pour avoir le temps de partager. Et quand on peut, ou du moins chaque fois qu’on peut, on repousse l’heure du départ. Et c’est alors l’occasion de ralentir ses gestes, de regarder par la fenêtre, de faire un jeu supplémentaire ou simplement de réaliser nos petits actes du matin un à un, et non pas la brosse à dents dans la bouche et le peigne de l’autre, avec cette maladresse propre à ceux qui voudraient tout faire mais n’ont le temps de rien.

Ce n’est pas encore tout à fait gagné. La miss part souvent mal peignée. Et j’oublie sans cesse de remettre dans mon sac le livre que j’ai commencé la veille au soir. Il n’est pas rare que l’on se mette à courir en croisant l’horloge… et je rate encore mon train souvent!

On ne peut pas arrêter le temps, mais on peut le ralentir, juste un peu. Desserrer son étau, l’espace d’un instant, pour humer une fleur ou compter ses gâteaux.

-Lexie Swing-

Porter la vie

Grossesse./ Photo J.K. Califf

Grossesse./ Photo J.K. Califf

Il y a celles qui ne sentent rien. Pas une douleur, pas une nausée, pas une intuition, et qui découvrent, hébétées, le petit plus sur le test tout trempé. Et puis celles qui psychotent, qui savent, qui se sentent enceintes, parce que c’est animal, c’est intuitif, c’est instinctif, mais qui seront tout aussi émerveillées une fois le test réalisé.

Il y a celles qui auront tout : les vertiges, les nausées, les vomissements, les fringales, les douleurs diverses. Et celles qui regarderont passer le train du premier trimestre avec parfois la sensation d’avoir oublié de monter dedans.

Il y a celles qui se réjouiront de voir leur ventre pousser, celles qui trépigneront parce qu’on ne le voit pas assez, et puis les autres : celles qui se languissent de retrouver leur 36 et leur tailleur JPG.

Il y a celles qui sentiront leur bébé dès la fin du premier trimestre, d’autres qui devront attendre le milieu du deuxième. Celles qui sentiront des bulles et des effleurements, et d’autres qui connaîtront d’office les coups à répétition.

Il y a celles qui partageront tout avec le papa, avec le conjoint, avec l’autre mère. Et celles pour qui « c’est avant tout une histoire de femmes ».

Il y a celles qui découvriront, horrifiées, bouger une main, bouger un pied, se demandant parfois quel alien elles abritent et si ça va durer. Et celles qui tapoteront sur leur ventre à toute heure de la journée, pour attirer son attention, ou le réveiller.

Il y a celles qui le portent haut. Et celles qui le portent bas, alourdissant leurs pas.

Il y a celles qui arriveront à la fin, essoufflées, exagérément cambrées, portant un ventre démesuré. Et celles qui débarquent à la maternité, le bedon à peine gonflé.

Il y a celles qui auront des contractions tôt, qui seront parfois alitées dès les premiers mois. Et celles qui ne connaîtront les contractions qu’au moment d’en être délivrées.

Il y a mille façons de porter la vie mais une seule de la donner. Avec toujours, au bout, le même sentiment incontrôlable d’avoir créé quelque chose de magique, d’irréel, d’exceptionnel.

 

-Lexie Swing-

 

Le lit parapluie Babybjorn : testé et approuvé!

La première version du lit Babybjorn

La première version du lit Babybjorn

Lorsque nous nous sommes équipés pour la venue de Miss Swing, nous savions déjà que notre immigration était imminente. Beaucoup de son premier mobilier était donc de la récup : Moïse familial puis lit de bébé de son papa, commode d’enfant de sa maman, table à langer de ses cousins, etc. Mais certaines choses devaient voyager avec nous, et allier donc confort et solidité, au minimum. Parmi elles, il y avait le choix du lit parapluie. On avait pu jauger au fil des années les lits de voyage façon supermarché à 40 euros et, au vu de l’importante utilisation, il est vite devenu évident que nous ne nous pouvions nous contenter de ça. On a donc choisi d’y mettre le prix (et d’y associer la famille ;)).

C’est comme ça que nous nous sommes tournés vers le lit parapluie Babybjorn.

– Adieu le lit parapluie dont l’irascibilité n’avait d’égale que la complexité. Je me souviens encore d’une improbable conversation lors du montage du lit de ma nièce au sujet d’un pied qu’il fallait tenir tout en tirant le montant opposé. Ici, pas de problème : on sort, on retourne, on soulève en secouant, on enclenche les 4 pieds et c’est bon. Et pareil au rangement (pas comme la tente Quechua!).

– Le lit des petits acrobates. Si Miss Swing n’a rien d’une terreur de cirque, elle a deux-trois amis qui sont de fervents adeptes de l’escalade nocturne par dessus la barrière du lit. Mon neveu connaît aussi à merveille le principe du lit parapluie qui bascule sous le poids. Ça ne risque pas d’arriver avec le babybjorn, le lit étant posé au sol et non sur pilotis.

– La solidité. Toute nordique!

– Le confort est digne d’un quatre étoiles version poupon. Point de petite chose toute dure et fine comme une crêpe de grand chef, que les spécialistes de puériculture ont le culot de qualifier de « matelas », ici le couchage est véritablement épais, et visiblement confortable!

– Le poids est light en comparaison des machins pas chers : 6 kg. Ce n’est pas le plus léger de sa catégorie mais il se défend!

A contrario, le Babybjorn a deux défauts selon moi. Déjà, il est cher. Plus de 200 euros contre 50 pour certains modèles de base. Plutôt onéreux lorsqu’on s’en sert seulement deux fois par an (240 euros mais je viens de voir une promo chez Aubert à 191 euros si ça vous intéresse, ou 300$ CAD). Cependant pour nous il a été vite rentabilisé : il a fait office de parc jusqu’aux 18 mois de la miss, il était donc déplié en permanence. De plus, il a servi non seulement en vacances, mais aussi durant plusieurs jours lorsque nous sommes arrivés au Québec. Rentabilité : maximale!

Le second défaut, c’est sa taille. Il prend un peu de place et pourtant il est impossible d’y coucher un enfant trop grand. Nous avons cessé d’y mettre Miss Swing, non pas que notre mini pouce n’y serait plus rentrée mais, en comparaison d’un lit d’enfant normal, ça devenait claustrophobique (j’invente des mots mais on se comprend). Même si le fabriquant assure qu’une utilisation est possible jusqu’à trois ans, je trouve qu’au delà de deux ans, l’utilisation devient donc difficile, voire impossible.

Bref, malgré ces deux petits défauts je l’aime d’amour. Il a servi longtemps à Miss Swing et sera bientôt ressorti comme parc pour sa petite soeur. En attendant, il va aller passer les vacances chez des amis qui hébergent bientôt un tout petit. Et c’est avec confiance que je le prête, sachant que ce petit bout qui m’est inconnu devrait y trouver un vrai confort et de la sécurité. Le top!

-Lexie Swing-

Gâteau au chocolat, pépites et beurre de noisettes à la tasse – yummy!

Mugcake au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

Mugcake au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

Il est 22h et je rêve de chocolat un peu fondu dans un gâteau mou. La plupart des cafés sont fermés et la flemme me tenaille tout autant que la faim. J’ai les ingrédients mais pas trop le temps (enfin, le temps oui, mais la patience d’attendre, c’est autre chose…) alors je demande illico à Ricardo un bon plan cuisine dont il a le secret. Ricardo, on s’entend que ce n’est pas l’une des voix dans ma tête (quoique, je trouverais ça assez chic de dire « j’ai une double personnalité, je m’appelle aussi Ricardo) mais bien un cuisinier très connu ici pour ses recettes faciles, souvent rapides et bon marché.

Bref, en deux clics, Ricardo me délivre mon précieux sésame : sa recette de gâteau au chocolat à la tasse. Deux-trois changements et un tour au micro-ondes plus tard, je surfe sur le web la cuillère en lévitation et les papilles en ébullition. Ça méritait bien que je vous partage la recette.

Ingrédients :

– 3 cuillères à soupe de farine

– 2 cuillères à soupe de cassonade

– 2 cuillères à café (ou thé) de cacao

– 1 cuillère à café/thé de levure ou poudre à pâte

– 3 cuillères à soupe de lait

– 1 cuillère à soupe d’huile (canola, tournesol, etc)

– 1 cuillère à soupe de pépites de chocolat

– 1 cuillère à café/thé de beurre (purée) de noisettes

Prenez votre tasse préférée, versez-y la farine, la cassonade, le cacao et la levure (poudre à pâte). Mélangez. Ajoutez le lait et l’huile. Mélangez bien de nouveau, si nécessaire avec une fourchette pour éviter les grumeaux. Ajoutez le beurre de noisettes et les pépites de chocolat. Faites cuire 45 secondes au micro-ondes en plaçant votre tasse non pas au milieu mais sur un côté de votre plaque tournante. Laissez refroidir quelques minutes (ou pas).

Engloutissez.

Bien sûr, tous les mélanges sont permis : la cuillère de pâte à tartiner au milieu du gâteau, le chocolat blanc, les noisettes, la noix de coco… Testez et donnez-moi vos bonnes idées!

-Lexie Swing-