Tout ce que l’on ne dit pas

S'aimer et se le dire./ Photo  Tam Tran

S’aimer et se le dire./ Photo Tam Tran

L’autre soir, tandis que je frottais avec une énergie rare, de celle que confère une fin de journée ayant mêlé travail et grossesse, de la porcelaine blanche, mes doigts se réchauffant tranquillement au gré de l’eau mousseuse (je faisais la vaisselle quoi), mon esprit s’est attardé sur une photo entr’aperçue sur Facebook. Un ami backpacker voyageant au bout du monde. Songeant à lui, à notre amitié, des mots me sont venus. Quelque chose comme : « Il était quelqu’un à qui je vouais une confiance inébranlable, malgré le silence, malgré nos absences de messages, il y avait cette confiance et cette tendresse que l’on n’accorde qu’à une poignée de personnes dans sa vie ».

Je sais, c’est beau comme discours. Ça aurait fait merveille à un enterrement. Parce que c’était précisément ça le problème. Je parlais au passé. Mon ami est bel et bien en vie, et je la lui souhaite très longue (je touche du singe en le disant)(ma tête quoi). Mais ces mots que mon esprit déclamait sonnaient comme une épitaphe.

Pendant que je rinçais mes assiettes (j’aime bien ces détails passionnants), j’ai réalisé qu’on est, ou que je suis, prompte à imaginer tout le bien que je dirais de mes proches APRÈS. C’est peut-être une déformation de rédactrice. Trop de post-mortem rédigés, trop de discours griffonnés au bénéfice des autres, qui doutaient de leurs mots et de leur plume.

Pourtant, ces mots ne devraient pas être de ceux que l’on réserve aux morts. Ils devraient être le privilège des vivants. Si mon Pépé cleptomane est quelque part dans mon dos, je ne doute pas que savoir que je l’aimais lui réchauffe l’âme à défaut des os, mais il eut été judicieux de le lui dire de son vivant. Bon je n’étais qu’une jeune enfant et l’odeur de sa maison de retraite me poussait plus à un désir ardent de fuite qu’à jouer cartes sur l’espèce de pauvre petite table à roulettes qui jouxtait son lit en lui confiant mes mots d’amour.

Mais nous ne sommes plus des enfants. Et autour de nous gravitent des gens, proches ou moins proches, qui auraient bien besoin d’entendre combien on les aime, combien on les admire, combien nous savons qu’ils travaillent dur même si les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous.

Parfois on entend « mais il sait bien que je l’aime » parce que l’on a peur de ces mots qui déforment un peu la bouche, un peu le coeur, on est timides de les prononcer, de connaître l’impact qu’ils auront. Mais on devrait être généreux de ces mots-là, parce qu’ils seront toujours trop rares au regard des critiques, des réprimandes, des insultes, des regards malveillants, qu’un individu lambda recevra au cours de sa vie.

On noie nos enfants sous les mots doux et après on oublie. Notre coeur bat fort, si fort, mais il sera toujours désespérément muet si aucun mot ne vient ponctuer ce qu’il ressent.

 

-Lexie Swing-

Pourquoi le travail a fait de moi une (bonne) mère

Mother and son./ Photo Blue Skyz Studios

Mother and son./ Photo Blue Skyz Studios

Pendant un temps, il y a eu deux clans : les mères au foyer et les mères qui bossaient. Ces dernières s’autoproclamaient mères imparfaites et s’enorgueillissaient volontiers de leur absence dans le but ultime de faire râler les mères à la maison, elles-même un peu trop vertueuses pour être vraies.

Les bad mothers ont plus ou moins disparu, ou du moins ont-elles cessé de se vanter d’en être, se cachant désormais derrière ce terme pour reconnaître une certaine culpabilité quant à leur absence du foyer. Ça me gène, moi, cette culpabilité. Ça me gène, car je ne la ressens pas. Et je me sens parfois coupable de ne pas la ressentir. On a un esprit tortueux ou pas…

Je ne serais pas devenue mère si je n’avais pas travaillé. En tout cas je ne serais pas devenue « cette mère-là ». Le travail, qu’il m’ait passionnée ou donnée envie de m’exiler au fin fond de l’Afrique (coucou Heidi ;)) m’a toujours équilibrée, épanouie, donnée envie d’aller plus loin et de chercher ailleurs lorsque l’envie s’en faisait sentir. Je suis de celles pour qui il est un pan de vie. Pas une option alimentaire, encore moins quelque chose que j’abandonnerais volontiers si mon mari était un riche entrepreneur. Je suis de celles-ci. Tout comme certaines de mes amies s’épanouissent pleinement dans le fait d’être mères au foyer. Il y a une pluralité de mères et toutes n’aspirent pas à s’occuper à la journée longue de leurs enfants.

Si l’on m’avait dit que faire des enfants signifiait rester à la maison, je n’en aurais probablement pas eu, ou peut-être bien plus tard, ou bien trop tard. Tout le monde peut-être parent au foyer mais ce n’est pas si courant de s’y épanouir, de rester un bon père ou une bonne mère lorsque l’on vit 24h sur 24 avec ses enfants, de garder du recul et de la patience. Mes copines mères au foyer savent à quel point je leur tire mon chapeau. Je leur dis souvent mon admiration. Cela me semble, à moi, aussi compliqué et inatteignable qu’être ingénieur aérospatial. Et j’étais nulle en maths, c’est dire!

Je suis de ces mères qui ont besoin de parfois prendre leur distance, qui n’ont pas un centre d’intérêt mais mille. Si mon enfant, et bientôt le second, est ma priorité, il n’est pas toute ma vie. Il est un (grand) pan de ma vie seulement, et j’ai besoin du reste pour tenir debout. Travailler me rend plus patiente, plus prompte à jouer, plus prête à accorder tout mon temps lorsque je suis présente. Cela m’aide à délimiter mes moments, ce que je ne sais pas faire les week-ends, quand coincée entre le linge à plier et la vaisselle à essuyer, je ponctue ses demandes d’un « plus tard chérie ».

Est-ce que la culpabilité vient en combo avec la peur lorsque l’enfant naît? Pourquoi culpabiliser de ce que l’on est, de ce que l’on fait, quand parallèlement on donne le meilleur de soi pour être un bon parent? Je préfère me donner pleinement à mon enfant quatre heures par jour qu’à moitié durant dix. Tout comme je préfère donner le biberon avec un plaisir évident que de donner le sein sous la contrainte. Je préfère être une mère heureuse. Il paraît que ça peut faire des enfants heureux. Et je ne crois pas que l’on devrait culpabiliser de cela.

-Lexie Swing-

 

Le grand tableau

Aéroport playmobil./ Photo Stéfan

Aéroport playmobil./ Photo Stéfan

Le soir je rentre par le train. Dans la gare, je prends toujours le même chemin. Tout droit devant la chocolaterie, à gauche devant la boulangerie, puis je dépasse les différentes places de lunch pour déboucher dans le grand hall central. Je m’assieds quelques minutes devant le tableau d’affichage, attendant que l’heure tourne et que mon départ approche, histoire d’obtenir de la 3g jusque dans les dernières secondes, sans être coupée du monde trop longtemps dans les profondeurs où mon train attend.

Les gares comme les aéroports semblent toujours exister dans leur espace temps propre. Vous sortez du travail pour vous trouver parachutée au milieu d’écoliers en tenues de ski, partant pour la semaine profiter des dernières neiges. Vous partez commercer dans le pays voisin, et croisez sur le chemin des familles entières de touristes, guide et espoirs en main, prêtes à perdre leur souffle dans des grandes villes étrangères. Ce sont deux mondes opposés qui se frôlent sans cesse.

Et si je doute que les gamins piailleurs ou le touriste perdu basculent un instant dans la routine tranquille du métro-boulot-dodo en m’apercevant, les croiser provoque chez moi ce sentiment unique de pause. J’aurais rêvé de travailler dans un aéroport et observer sans cesse des gens en partance, en transit. Avoir la douce impression d’être hors du temps, d’avoir mis la vie en attente, entre un Replay et un vendeur de sandwichs bios.

Faute de mieux, je m’octroie ce petit détour sous le grand tableau. Les destinations ne sont jamais très lointaines, mais pour moi la Française de naissance, NY et Boston restent des lieux de voyage au bout du monde. Désormais à quelques heures de route, à peine.

-Lexie Swing-

Muffins avoine et pépites de chocolat

Muffins à l'avoine et au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

Muffins à l’avoine et au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

Deux barres tendres par jour. 10 par semaine. 45 par mois. Voici le calcul que nous avons fait avec mon amoureux ce week-end lorsqu’il a été question de réduire notre budget. Et il ne s’agit que de ma conso personnelle! Pour l’ensemble de la famille, vous pouvez doubler la note. Comme c’est le genre de choses qui chiffrent vite, nous avons décidé d’utiliser notre congel et notre grande plaque héritée de l’anniversaire de la miss pour réaliser des muffins pour nos collations. Je voulais de l’avoine dedans (pour le côté santé) et du chocolat (pour ma santé… mentale). Par ici la recette!

Ingrédients (12 muffins) : – Une tasse 1/4 de farine- Une tasse 1/4  de flocons d’avoine- Une tasse 1/4  de lait- Un oeuf

– 4 cuillères à café (thé) de levure (poudre à pâte)

– 1 cuillère à café (thé) de sel

– 1/2 tasse d’huile

– 1/2 de tasse de cassonade

– 1 tasse de pépites de chocolat (au lait pour moi)

Remontez vos manches. C’est parti.

Préchauffez votre four à 400F ou 200C.

Mélangez l’avoine et le lait dans votre saladier « bis » (celui dans lequel vous n’aimeriez pas avoir à tout mélanger). Réservez pour quinze minutes.

Dans votre bol fétiche, mélangez la farine, la levure et le sel. Lorsque votre mélange lait-avoine a suffisamment reposé, ajoutez-y un oeuf, l’huile, la cassonade et le chocolat. Versez votre préparation dans le bol principal. Mélangez sommairement (il s’agit simplement de « mouiller la préparation », on dit que le secret de muffins moelleux réside dans une pâte peu mélangée).

Répartissez dans vos moules (graissés ou pourvus d’une caissette de papier), saupoudrez le restant de cassonade sur le dessus, enfournez pour 20 à 25 minutes.

Dévorez.

-Lexie Swing-

Les petits détails

Détail./ Photo Yann Gar

Détail./ Photo Yann Gar

Je suis le genre de personne qui ne trouve jamais rien. Une vraie plaie pour mon entourage. Je farfouille dans les placards, souvent de bon coeur, parfois avec minutie, et puis j’annonce « Non je ne vois pas…? Tu peux venir? » Et mon proche, Mr Swing en tête, met généralement la main en quelques secondes sur ce que je cherchais depuis dix minutes.

Hier soir, je me suis brossée les dents avec la pâte fraise de la miss, faute d’avoir trouvé le modèle adulte mentholé. J’ai failli demander à l’amoureux où il l’avait rangé et puis je me suis ravisée : il serait bien temps de l’épier demain matin pour trouver sa cachette. Nul besoin d’échafauder tout ce plan : sitôt ma brosse à dents reposée, j’ai vu le dentifrice abandonné là, de l’autre côté du lavabo. Ou mon défunt Pépé s’est remis à cacher des choses, ou je ne sais pas voir ce qui est sous mon nez.

Miss Swing sait, elle. Quand je ne me souviens déjà plus ce que j’ai fait de mes clés quelques secondes après les avoir posées, elle est capable de retrouver un jouet rangé depuis trois jours à un endroit connu d’elle seule. Si elle était un labrador, nul doute qu’elle retrouverait tous ses os enterrés dans le jardin, et par ordre chronologique en plus.

Elle m’épate, surtout quand je la vois courir chercher ses chaussons le matin, sans hésitation, même hier alors qu’ils étaient posés à un endroit improbable : le comptoir de la cuisine. Elle ne s’est pas demandée s’ils étaient restés, comme d’habitude, vers la baignoire avant le coucher. Ou s’ils ne s’étaient pas glissés sous sa petite chaise d’écolier. Elle a couru à la cuisine, ses petits pieds nus foulant le parquet, parce qu’elle les avait vus là, la veille, et qu’ils devaient logiquement s’y trouver encore.

Je vois bien que je la désespère. Du haut de ses deux ans, elle m’assiste dès que je perds le moindre objet, et me le dépose alors avec plus ou moins de bienveillance sur les genoux. Son exaspération a atteint son comble hier lorsque je lui ai demandé ce qu’elle avait fait de ma deuxième pantoufle, persuadée qu’elle me l’avait empruntée et cachée. « Elle est là Maman », a-t-elle lâchée en soupirant. Et puis elle s’est penchée.

La pantoufle se trouvait sous mon pied.

Pardon chérie, pour hier, et pour toutes les fois à venir.

-Lexie Swing-

Comment choisir le bon prénom ?

Faire part./ Photo Morgan

Faire part./ Photo Morgan

Qui dit grossesse dit liste à rallonge de prénoms, des ratures, des propositions, des « c’est une blague c’est ça? » face aux idées de l’autre. Parfois, il est encore plus difficile de prénommer son enfant que de le porter neuf mois. Mais une fois que les goûts se rejoignent et que l’accord se fait (« ok je renonce aux prénoms en A mais on choisit un prénom breton vu que ma mère a 1/8e de galette de blé noir dans le sang »), il reste un autre problème : comment sera-t-il perçu?

Quand mes anciennes collègues ont appris le nom de ma fille, elles m’ont dit que ça avait fait « jaser ». Entendez par là que la moitié le trouvait moche. Mais je ne suis pas un agneau de trois semaines, j’avais parfaitement conscience que le prénom choisi ne serait pas accepté avec bienveillance par tout le monde. Aucun prénom ne l’est. Trop original. Trop classique. Trop long. Trop farfelu. Trop vieux. Si vous rêvez d’appeler votre fils Octave il y a peu de chances que vous adhériez au prénom Kimberley. Et pourtant il y a fort à parier qu’une mère dopée aux hormones s’est levée (difficilement) un matin avec la certitude qu’il s’agissait du plus beau prénom du monde.

Ce problème écarté, il nous en restait un autre : nous allions nous expatrier. Nous savions comment pouvait être perçus les prénoms choisis dans notre pays d’origine, la France, mais au Canada? Et si c’était un nom associé à une personnalité controversée ? Et si ce prénom moderne en France était porté par des Québécoises de 70 ans et que tout le monde répondait « Ah oui? Comme ma grand-mère… »

Nous avions par exemple pensé à Cléo. Saviez-vous que Cléo est le nom d’un chien très célèbre ici? J’ai pu le constater dès que ma voisine s’est entichée d’un petit chiot. Pour elle, il s’agissait du nom tout trouvé! Quant aux différences générationnelles, elles ne cessent de me perturber. Les prénoms désuets dans l’Hexagone sont à la mode ici, tout comme d’autres prénoms portés par des femmes d’une quarantaine d’années en France.

Ainsi, l’une des petites copines de ma fille se nomme Simone, comme ma grande-tante. Mais sa grand-mère s’appelle Charlotte! Si une personne m’écrit en me disant s’appeler Manon, je sais immédiatement qu’elle a une cinquantaine d’années, à l’inverse d’Andrée qui a trente ans à peine. L’une de mes collègues – 27 ans – se prénomme Véronique, un prénom que porte également ma tante. Ma jeune collègue m’a raconté qu’elles avaient toujours été plusieurs à porter ce prénom dans sa classe. Ça m’a rappelé les quatre Julie de ma classe de première! Florence est dans le top 5 des prénoms de petite fille les plus donnés, mais c’est Olivia que j’ai le plus entendu jusqu’ici. Nous qui voulions un deuxième prénom courant pour notre fille, nous avons été servis!

Ces différences alimentent pas mal de nos lunchs québéco-français, on s’étonne, on se questionne. Outre les prénoms courts, comme en France, la mode est ici aux prénoms composés et certains ne cessent de me surprendre, comme une jeune femme croisée récemment et prénommée Alexe-Sandra.

Si c’est de nouveau une fille, notre choix de prénom est déjà fait. Il est intemporel. Mais la question du deuxième prénom se pose. Est-il courant? Désuet? Impossible d’interroger nos connaissances sans révéler nos cartes. Les forums seront donc nos meilleurs amis (sous un faux nom, bien évidemment ;))

-Lexie Swing-

 

Tu seras développeuse ma fille – apprendre HTML et CSS avec le Ladies Learning Code

Le Ladies Learning Code à la maison Notman./ Photo Branchez-vous

Le Ladies Learning Code à la maison Notman./ Photo Branchez-vous

Il y a quelques mois, j’ai eu l’occasion d’interroger les deux « Montreal chapters » (les responsables donc) du Ladies Learning Code. Créée par une Torontoise d’environ 25 ans à l’époque (vous pouvez pleurer, c’est ce que j’ai fait), l’organisme vise à rendre accessible l’apprentissage des codes html et css, de javascript, de WordPress ou encore de Python aux femmes (mais aussi aux hommes), un public qui, selon la fondatrice, se sent plutôt mal venu d’ordinaire dans ce genre de cours.

Avec mon amie et collègue, nous avons été séduites par l’idée et avons donc décidé de rejoindre les rangs d’un cours de six heures sur le langage HTML et les CSS dispensé en français un samedi après-midi. La leçon a lieu à la maison Notman, une vieille maison qui a pour habitude d’accueillir de nombreux organismes et start-ups dans le domaine des nouvelles technologies.

Nous sommes une soixantaine, installés par table de trois ou quatre, avec chacun notre ordinateur personnel. Café et thé à volonté, le cours peut commencer.

On attribue à chaque groupe un mentor, chargé de nous aiguiller pendant la séance et de nous réexpliquer au besoin des notions inconnues.

Pendant cinq heures, on code. Petit à petit, on chemine dans le cours, créant de nos mains un site internet à notre effigie. On apprend à rentrer dans le style et le body, à partir d’une page blanche pour réaliser un contenu vivant. Quand je clique sur un onglet, le site m’amène directement à la page concernée. C’est moi qui ai fait ça?

C’est attractif, c’est simple, c’est fatiguant aussi. Après 5 heures, plus une heure de pause dîner offerte par la maison, on a les yeux comme des soucoupes et la tête qui flanche. Tant mieux, on a terminé! Et si le coeur nous en dit, on peut approfondir nos connaissances avec d’autres cours plus avancés.

Alors, tenté(e)?

Ladies Learning Code, 60$ avec taxes. Calendrier à retrouver sur Ladieslearningcode.com. Cours disponibles dans tout le Canada. À noter que des sessions existent pour enseigner le code aux petits gars… et aux petites filles, à un âge où les stéréotypes de genre n’ont pas encore trop marqué les jeunes esprits.

-Lexie Swing-

 

Premier trimestre de grossesse : France VS Canada

France VS Canada./ Photo Mohamed Kharbouch

France VS Canada./ Photo Mohamed Kharbouch

J’ai passé l’épreuve du premier trimestre. Les nausées (pas trop), la fatigue (beaucoup), la sciatique (omniprésente, chez moi c’est un symptôme de grossesse, c’est dire!). C’est mon deuxième bébé. Il sera tamponné Canadien à la naissance (non pas sur son front) quand sa soeur navigue encore avec un passeport uniquement français (désolée chérie).

Quand j’attendais ma fille je me demandais souvent quelles étaient les différences dans le suivi de grossesse entre le Canada et la France. Je n’étais pas la seule à me poser la question puisque les mots-clés « différences France-Canada suivi de grossesse » m’ont menée à bien des forums. Eurêka! Aujourd’hui je sais. J’ai la réponse, ou du moins un ressenti. Voici mes premiers trimestres de grossesse, en dates.

France

3 sa (semaines d’aménorrhée, le mot que je ne sais jamais écrire) : le test est positif! Je cours faire un test sanguin au laboratoire que je paies de ma poche, je demanderai une ordonnance par la suite à mon médecin pour me faire rembourser. J’ai le résultat le soir même.

3 sa +1 jour : j’appelle ma gynéco, elle me propose un rendez-vous autour de 8 sa pour une échographie de datation et un premier bilan sanguin.

8 sa : on voit un petit coeur clignoter pour la première fois et c’est très émouvant. La gynéco nous fait l’ordonnance pour un premier bilan sanguin complet, incluant la toxoplasmose. Je devrais faire ce dernier test tous les mois jusqu’à l’accouchement. Celui-ci est estimé autour du 21 février, soit à 41 sa.

12 sa : on revoit la gynéco. Notre bébé est un nageur de compétition! La clarté nucale est mesurée afin de déterminer les risques de trisomie. On nous propose le test sanguin qui va avec, que l’on accepte. « Si je ne vous appelle pas dans dix jours c’est que tout va bien », m’assure-t-elle. Je lui demanderais bien si des fois ils oublient d’appeler mais elle est déjà passée à la suite. Elle remplit les papiers de la déclaration de grossesse, à envoyer aux organismes concernés avant la 14e semaine.

12 sa+1 : je contacte la maternité que nous avons choisie pour nous inscrire pour l’accouchement comme ils le demandent. Ouf, il reste des places, ce n’est pas toujours le cas! Ils feront le suivi à partir du 7e mois, ainsi que l’écho morphologique à 22 sa. Le bébé est bien arrimé, la grossesse est en route!

Canada

3 sa : le test est positif! J’en fais un second quelques jours plus tard. Pas de test sanguin possible pour vérifier le taux. Je fais trois clearblue supplémentaires, de semaine en semaine pour vérifier que mon 1-2 semaines passe à 2-3, puis à 3+. Ici, pas d’inscription à la maternité, c’est en fonction du médecin qui va faire le suivi de grossesse. Je choisis un centre de périnatalité proche de chez moi. J’appelle. RDV à… 11 sa.

4 sa : je suis en France, et si j’allais faire une prise de sang? Je me raisonne.

5 sa : du foie gras ? Je peux manger du foie gras déjà? J’appelle les copines : « Non mais t’es folle ou quoi? »

6 sa : je passe un message angoissé à mon médecin de famille : « Dis, c’est normal que le premier rdv soit si tard? ». « Oui, prends tes vitamines, tout va bien se passer », me répond-elle, laconique.

8 sa : mon centre de suivi organise une rencontre pour parler de ce qui va se passer et découvrir les lieux. Le moment est chouette, je découvre d’autres femmes dont les termes sont proches du mien, on parle des différentes étapes et de ce que le centre propose. C’est agréable d’entendre verbaliser enfin sa grossesse, même si ce n’est pas à titre personnel.

9 sa : je me demande pour la 32e fois si son coeur bat encore.

11 sa : RDV, écrit dans l’agenda en Verdana police 42. Mr Swing et moi avons réservé une heure de notre matinée à ce premier rendez-vous qu’on dit long. On passe au crible les antécédents, les maladies, la première grossesse (ah bon c’est votre deuxième grossesse? Et oui, j’ai toujours autant l’air d’avoir 16 ans), les éventuelles difficultés. Le terme est estimé à fin août, à 40 sa. C’est une semaine de moins qu’en France. On passe ensuite à l’écoute du coeur. On retient son souffle, le médecin a prévenu avant : « parfois même à ce terme on n’entend rien ». Notre petit pois tord le nez à son parfois : elle tombe pile poil dessus dès la première seconde et le coeur qui bat la chamade résonne dans l’appareil. Nous sommes encore tout sourire lorsqu’elle nous explique les différentes options pour la trisomie : test sanguin en hôpital remboursé par la RAMQ, test sanguin en hôpital et écho en clinique privée à la charge du participant, euh du parent, les deux tests en clinique privée. On choisit la troisième option car notre assurance privée prend en charge une partie et l’on repart l’ordonnance en main.

12 sa : en passant par Ovo, qui est aussi une clinique de fertilité, nous avons pu avoir un rdv rapidement. Direction l’écho. Le bébé est là, allongé, sage, parfait. L’échographiste mesure dans tous les sens, nous évoque une clarté nucale très bonne et estime même le sexe (non non je ne dirais rien, même sous la torture) (ok combien vous me donnez?? :)) Je passe dans la salle suivante pour la prise de sang. Comme il s’agit d’une clinique privée, le package est complet : estimation des risques pour la trisomie 18, mais aussi 21 et 13, ainsi que pour la spina bifida. « Je vous appelle dans quelques jours », me certifie l’infirmière.

12 sa +3 : le téléphone sonne, l’infirmière prend son temps, pour finalement m’annoncer que le risque est minime, « le plus bas du plus bas » souligne-t-elle. Nous voilà bien engagés pour le deuxième trimestre :)

Alors, au final? Et bien, sur le papier, c’est évident, notre suivi en France a été bien plus important sur le premier trimestre. Ceci dit, il est important de souligner que ce n’est pas le cas de tout le monde. Certaines de mes amies n’ont pas eu d’écho de datation. D’autres copines au Canada ont eu une écho avant les 12 sa pour vérifier que tout allait bien ou pour dater la grossesse. Je suis cependant soulagée d’avoir eu une première grossesse en France, grâce à laquelle je connais les risques potentiels : huiles essentielles, viande pas cuite, légumes mal lavés, etc, car si, au Canada, dès la première visite à l’hôpital vers 13-14 sa, on vous fournit un guide très très complet avec toutes les infos qu’il faut, on est complètement démunis en attendant. Quant à celles qui pourraient subir une fausse couche les premières semaines, quel est le suivi médical et psychologique lorsqu’aucun rdv n’est prévu ?

Et vous qui avez connu les deux ou seulement l’un  des deux, comment avez-vous trouvé le suivi au premier trimestre? Et dans les autres pays, est-ce plus light que la France, plus complet encore? J’attends vos comparaisons!!

-Lexie Swing-

Deux dessins animés à voir!

Je ne suis pas une grande fan de dessins animés (alors que regarder Violetta sur Disney Channel … ;)) mais de temps en temps, j’ai l’occasion d’en découvrir certains qui valent vraiment le coup. En voici deux parfaitement valables pour des enfants allant de 6 ans à… 28 ans comme moi :)

Mr Peabody and Sherman

Un chien, parfaitement érudit et créateur hors-pair adopte un jour un bébé humain trouvé dans une boîte. Ensemble, ils inventent une machine à remonter le temps et l’on redécouvre avec eux des temps enfouis : Egypte ancienne, guerre de Troie ou plus près de notre ère : Marie-Antoinette et ses brioches (transformées en gâteaux pour l’occasion). Tout vacille lorsque Sherman, désireux de montrer qu’il n’est pas aussi inintéressant qu’une fille de sa classe veut bien le dire, lui fait découvrir la machine… Si les différents protagonistes parlent tous anglais (je l’ai regardé en anglais), il est drôle de noter que le réalisateur a fait l’effort de leur donner un accent de leur pays. Et redécouvrir l’histoire du monde dans un dessin animé … le pied! (Disponible sur Netflix Canada).

 

La légende de Manolo (The Book of Life)

Des enfants, réputés difficiles, débarquent dans un musée. La guide, une jeune femme surprenante, choisit de les faire entrer par une porte dérobée parce qu’ils sont des « enfants pas comme les autres ». A ses côtés, ils découvrent la superbe histoire de Manolo et de ses amis Maria et Joaquin.

Au Mexique, une fois par an, on fête les morts. Ces morts que l’on a chéri et que l’on n’oublie pas vivent joyeusement dans un monde qui leur est dédié. La reine de ce monde, La Muerte, parie un jour avec son adversaire (et amoureux) Xibalba, roi des Ténèbres et du monde des morts oubliés, et met en jeu leurs places respectives. Le deal? Chacun d’eux se choisit un champion, Manolo pour La Muerte et Joaquin pour Xibalba, et parie que son poulain gagnera le coeur de la belle Maria. La jeune femme semble éprise de Manolo, mais voilà… Xibalba est un fieffé tricheur…

Ce dessin animé est riche, coloré, il aborde la mort à la manière joyeuse des Mexicains. Deux choses m’ont plu (et vous le comprendrez me connaissant) : Maria n’a rien d’une jeune femme bonne à marier, elle se moque volontiers de Joaquin qui recherche la femme qui lui fera de bons soupers et manie avec talent l’épée. Deuxième chose : Manolo et elle sont contre le fait qu’on achève les taureaux à la fin de la corrida, ce qui posera bien des problèmes au jeune homme, toreador de son état.

 

-Lexie Swing-

Je suis la deuxième

Deux soeurs./ Photo Amanda Tipton

Deux soeurs./ Photo Amanda Tipton

Je suis arrivée dans ma famille en numéro bis. J’étais la fille après le garçon, ce mal nommé choix du roi, la deuxième née. J’ai eu un premier enfant, je sais ce que ça implique. C’est la surprise, l’inconnu, les premiers mouvements dans le ventre, la première peluche que l’on chine comme un trésor. C’est l’annonce à la famille et aux amis, irréelle et festive. C’est l’impression de construire quelque chose de vrai, de palpable, de chair et d’os avec l’autre, son double, son conjoint, avec qui l’on partageait déjà tout mais pas encore nos gènes ou nos conceptions d’éducation.

Moi, et lui, nous sommes arrivés les deuxièmes. Nous sommes ceux pour qui l’annonce était plus convenue, moins attendue, ceux pour qui on avait gardé les affaires, les meubles, avant de les remiser faute d’avoir le sexe adapté. Nous sommes ceux pour qui nos parents savaient déjà; les gestes, les pleurs, les maladies, les inquiétudes. Nous sommes ceux que l’on a laissés plus libres parce que le premier avait déjà épongé les erreurs parentales. Nous sommes la copie idéale après le brouillon (non c’est une blague frangin :)). Nous sommes aussi, peut-être, les enfants du regret : sera-t-il le dernier ? Dois-je en profiter plus ? Est-ce ma dernière grossesse ? Ma dernière annonce ?

Tu es le deuxième. L’enfant que nous attendions depuis longtemps. En naissant, ta soeur a apporté avec elle cette certitude : nous te voulions toi pour être au complet. Tu es le deuxième. Ou la deuxième. Tu es l’enfant pour qui nous avions décidé, avec notre sens de la mesure habituel, que ce ne serait pas moi, mais ton papa qui m’annoncerait la naissance. Tu aurais dû me voir alors quitter la salle de bains les mains sur les yeux pour ne pas lire le résultat sur le test mouillé abandonné par terre. Tu es l’enfant pour qui j’ai eu peur souvent, faute d’avoir rencontré un médecin avant le troisième mois. Tu es l’enfant que j’ai senti tôt. Tu es l’enfant pour lequel je me sens fatiguée, tellement fatiguée, parce que tu es le deuxième à porter (et que ta soeur ne se lasse pas de mes bras!). Tu es l’enfant qui sera franco-canadien de naissance, quand nous n’obtiendrons ce statut qu’à la faveur d’un test sur papier imprimé. Tu es l’enfant qui naîtra au début de l’été des indiens, la saison que l’on préfère, moi et ton père.

Tu es notre deuxième, notre accomplissement, notre troisième coeur. Tu es notre chance inouïe de pouvoir construire la famille dont nous rêvions. Nous t’attendons mon bébé.

-Lexie Swing-