À 10 mois…

Fly, baby,fly! Henry, 10 mois./Photo Erkillian5

Fly, baby,fly! Henry, 10 mois./Photo Erkillian5

Il y en a qui marchent, il y en a qui s’assoient tout juste, il y en a qui chantent et d’autres qui tapent des mains. Miss Swing a dix mois aujourd’hui. Elle…

– s’assoit seule, quelle que soit la position initiale, même si ça nécessite de passer par un grand écart facial!

– se met sur le ventre pour jouer dans le bain, puis fait des bonds tout autour de la baignoire, comme un dauphin

– boit son biberon seule (depuis deux mois), et d’une seule main s’il vous plaît!

– fait le tour du salon à reculons, sur les fesses ou le ventre, en soufflant, râlant, criant… bref, en exprimant son mécontentement. Ca ne peut plus durer, elle voudrait savoir marcher!

– se lève sur les genoux, épicétout

– tape des objets sur d’autres objets, des objets sur le rebord de la baignoire, des objets sur le parquet, des objets sur nous aussi, parfois (on est loin du toc toc, sur nous ça fait plutôt Aieaieaiearrêteçatoutdesuite).

– a rejoint le groupe Etoile de mer à la piscine du coin

– a de l’humour : prenez un Golden Retriever et des faux bois de renne qui s’agite dans tous les sens, et vous obtenez un fou-rire!

Joyeux moisiversaire my Baby Swing!

-Lexie Swing-

Mon beau sapin… canadien!

Il brillr de mille feux./ Photo DR Lexie Swing

Il brille de mille feux./ Photo DR Lexie Swing

A deux semaines des vacances et de notre premier Noël canadien, à deux semaines du tout premier Noël de Miss Swing (ça se fête!), il était temps de dénicher un joli sapin. Après être allés faire un tour au Provigo au coin de notre rue, et avoir marchandé avec un Canado-croate incompréhensible emmitouflé jusqu’aux yeux à la porte de son estafette garée devant un supermarché, nous avons pris la direction du Canadian Tire.

25$ pour un joli sapin un peu plus grand que moi (je suis plus Mila Kunis que Gisele Bündchen quand même), le prix semblait convenable. En plus, il rentrait dans la voiture. On a pas eu le choix pris un Baumier, un sapin aux épines quelque peu suicidaires qui sent vraiment bon. Le vrai investissement pour nous a été le pied, joliment appelé Santa Solution… 45$ la bête (on aurait été en PVT, on se serait contenté de planches de bois clouées, mais là, en RP, on voit sur le long terme, le solide, le garanti à vie). Il est magique (à ce prix il peut). Le sapin tient fièrement, dans la position que l’on souhaite (inutile de le tourner de trois quart pour qu’il «ait l’air» droit), et on peut même mettre de l’eau dans le pied pour que le sapin – mort pourtant – vive plus longtemps (s’il se met à marcher les branches tendues devant lui, je vais flipper c’est sûr).

Quant aux décos… nous avions lu partout que La Mecque de la déco pas cher se situait, bien entendu, à Dollorama. Outre les parents désagréables, les mômes dopés au sucre bon marché et les rayons surchargés… les décos ne sont pas toujours du meilleur goût. Le top : les guirlandes simples, de couleur unie, et les objets à suspendre du type Candy Stick. Pour le reste, deux adresses sympas (à vous de partager les vôtres dans les commentaires) : Ikea, ses petits traîneaux rouges et ses noeuds en argent; et Canadian Tire, surtout pour les guirlandes lumineuses, indoor et outdoor, qui donnent vraiment un petit quelque chose de plus au sapin…

Et vous, le sapin est terminé, ça y’est?

-Lexie Swing-

Bébé : les bons conseils qu’on nous a donnés

A l’aube de la première naissance, quand le tour de taille n’a plus rien à envier à une montgolfière en pleine ascension, les conseils des proches fusent. Amis, frères et soeurs, parents, collègues, vieille dame croisée à l’arrêt de bus, tout le monde a un conseil à donner pour l’élevage (l’éducation pardon) de votre premier-né.

Et… (suspens)… certains conseils sont bons à prendre! Voici ceux qu’on a mis en pratique et qui nous ont, souvent, sauvés la mise.

Le biberon de 23h

Ça avait marché pour 5 enfants avant elle, on s’est dit que ça valait le coup d’essayer. L’idée? Réveiller Miss Swing à 23h pour lui donner un biberon. Les premiers jours, son rythme de réveil/biberon était donc de 19h – 23h  (à notre initiative) – 4h – 8h. Le réveil de 4h s’est lentement décalé vers 5, puis 6h. Le biberon de 23h s’est, pour sa part, rapproché de celui de 19h avec lequel il a finalement fusionné quand Miss Swing est passé à 4 biberons par jour et à des nuits complètes de 21h à 6h30… à deux mois!

Le bain allongé

A 4 mois, Miss Swing a commencé à taper des pieds dans sa petite baignoire bleue. Elle s’agrippait aux bords qu’elle essayait ensuite d’escalader. Elle se tapait aussi régulièrement la tête en se poussant dans l’eau d’un coup de talon. Nous avons alors mis en pratique la technique du bain vue chez des copains : bébé allongé au fond de la grande baignoire avec le chauffage à fond et l’eau à la moitié du corps. Elle a adoré, battant des pieds à tout va et tapant l’eau avec ses mains. A 7 mois, elle a commencé à jouer assise sans qu’on la tienne, retenue par un tapis antidérapant. A bientôt 10, elle joue seule, se met sur le ventre, puis se rassoit, le tout sans aucune aide.

Baby's sleeping./ Photo Tamaki Sono

Baby’s sleeping./ Photo Tamaki Sono

Le lait à température ambiante

C’était un conseil à l’envers, en mode « surtout ne faites pas comme nous ». Ils avaient testé le lait chaud, voire très chaud. Leur demoiselle l’avait adopté, tant et si bien qu’ils devaient faire réchauffer en cours de route le biberon de la princesse. Biberon à température ambiante nous avons donc testé, ça tombait bien, c’était la mode à la maternité! Quel que soit l’endroit ou l’heure, il suffisait donc de verser eau, lait en poudre et de bien secouer. Et comme nous l’avons testé partout, dans la voiture, en balade à la campagne, au restaurant, dans un centre commercial, on ne peut qu’approuver!

Les combinaisons

Vous avez déjà essayé d’enfiler des pantalons ou une paire de collants à un nouveau-né? Ça pique du nez, ça s’affale et bave sur votre épaule, et ça hurle par dessus le marché. On voulait l’habiller, pour de vrai, la journée, alors on a suivi le conseil parental et investi dans des combinaisons. Faciles à boutonner, agréables pour bébé, Miss Swing s’est roulée dedans pendant des mois avant qu’on leur préfère jeans et pantalons souples, à 6 mois.

Les sorties à outrance

« Emmenez-la partout, ça l’habituera ». En poussette, dans le porte-bébé, parfois juste dans les bras, on a trimballé Miss Swing. Restos chics et fast-food, courses du samedi et café du matin, week-ends, pique-niques, elle a suivi le mouvement. A 10 mois, rien ne plaît plus à la belle que d’observer les tables voisines et de dormir au supermarché. Sa dernière sortie : un souper à la pizzeria, assise directement sur la banquette, la poussette ayant été oubliée… dans l’appartement (« Chéri, t’as oublié la poussette », « c’est toi qui devait la prendre la poussette », « Non je te dis que c’est toi »…). Elle a adoré.

Dix doudous

Nous n’avons pas un, mais une bonne dizaine de doudous. Notre grande peur : que Miss Swing hurle à la mort chaque fois que le Précieux était en train de jouer dans la machine à laver, qu’elle refuse de passer la porte si Doudou ne pendouillait pas à distance respectable de sa menotte droite. Doudou n’a donc pas eu droit de cité les premiers temps. Un petit lapin blanc a veillé la demoiselle à distance respectueuse les premiers mois. Plus intéressée par son pouce que par un quelconque ami duveteux, Miss Swing n’a jamais cherché à l’attraper. Lorsqu’elle est passé du berceau au lit à barreaux, elle s’est retrouvée cernée : ils étaient dix à la dévisager avec leurs grands yeux cousus. Aujourd’hui, il y en a un qu’elle préfère, mais surtout les jours pairs. Certains soirs, elle choisit plutôt un petit éléphant glané dans une boutique de souvenirs. D’autres fois, elle joue pendant une heure avec ma propre peluche d’enfant. Dans tous les cas, le doudou number 1 n’a que rarement quitté son lit. Et si elle le retrouve avec plaisir le soir, elle n’a jamais cherché à le prendre avec elle le matin venu. Exemple flagrant : un autre doudou très aimé est parti avec elle à la garderie. Il est revenu une semaine après à la maison, la nounou ayant noté qu’elle ne le saisissait même pas pour s’endormir.

Le meilleur conseil

Le meilleur conseil, the best, ever, a été prodigué par une puéricultrice de la maternité. « Vous faites comme vous voulez », nous a -t-elle dit. « Je vous montre comment moi je fais, mais vous n’êtes pas obligés de faire pareil. L’important c’est que vous vous sentiez à l’aise ». Nous n’étions pas obligés de donner du lait chaud, pas obligés d’allaiter, pas obligés de la savonner hors du bain, pas obligés de choisir le même lait que la maternité, pas obligés d’avoir un cosy, pas obligés de la faire dormir avec nous, pas obligés de lui donner une sucette. Faire ses propres expériences, respecter ses propres valeurs, créer sa propre éducation, c’est le meilleur conseil qu’on ait reçu, le seul qu’on ait vraiment suivi, la conduite que je vous recommande par dessus tout.

-Lexie Swing-

La famille du vendredi : Pomdepin dans l’Essex (Angleterre)

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Pomdepin, du blogue Pomdepin in Wonderland, qui s’invite dans la rubrique avec le quotidien de sa famille dans l’Essex, en Angleterre.

La famille de Pomdepin... vue par Pomdepin!

La famille de Pomdepin… vue par Pomdepin!

Quel est ton p’tit nom?

Ben, forcément, je te donne mon pseudo: Pomdepin

De quel coin de France viens-tu?

De Mont de Marsan, dans les Landes. C’est paumé, mais depuis que j’ai commencé à blogger, j’ai rencontré plein de Landaises aux quatre coins du monde. Il n’y a pas que le foie gras qui soit un super produit d’exportation, les Landaises aussi!

Où es-tu parti(e) vivre ta vie?

En ce moment, c’est l’Angleterre. Avant il y a eu l’Irlande, pendant 10 ans. Et encore avant, le Mexique, toute seule comme une grande fille, pendant un an. Je suis juste rentrée en France quelques mois, le temps de rencontrer Marichéri.

Mais surtout quand, comment et pourquoiiiii?

On est parti à Dublin pour le boulot tous les deux, on travaillait dans la même boîte. On n’a pas eu le choix, c’était ça ou le chômage, notre boîte se délocalisant. Mais on avait tous les deux l’intention de partir… Au moins, on n’a pas eu à trouver du boulot! On est arrivé à Dublin un 1er octobre, sous des trombes d’eau, et la pluie s’est arrêtée au mois de mai suivant…

Qui as-tu emmené dans ta valise?

En Irlande, j’ai emmené Marichéri ( on n’était pas encore marié, euh…copainchéri? Ça sonne mal, non?). Quand on est parti en Angleterre, on a embarqué nos trois petits Irlandais, ils avaient 7 ans, 3 ans et …5 mois pour la plus jeune. Ça a été assez sportif. Et comme on est pour l’harmonie entre les peuples, la paix dans le monde et toutes ces sortes de choses, on a fait deux petits Anglais, pour compléter la famille. C’est sympa pendant le Tournoi des Six Nations, ça met une bonne ambiance!

Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job!

Je travaille à domicile, c’est pratique! Sauf quelques cours et réunions.  Donc je n’hésite pas à traverser toute la maison pour aller déjeuner dans la cuisine! Sérieusement, je suis responsable d’une école du samedi pour francophones, je gère le plus possible à la maison,  et j’y enseigne aussi pour le plaisir.

Avant bébé 5, j’enseignais aux petits Anglais en primaire. J’espère reprendre un jour, mais c’est sympa de s’occuper de petits bilingues. Entre la comptabilité, les réunions à l’ambassade, les problèmes administratifs, les parents d’élèves français, donc râleurs, les problèmes de personnel (…euh français eux aussi, je regrette mes collègues anglais, et le temps ou je n’étais pas responsable du planning!), ça fait du boulot. Je suis self-employed, donc je m’organise comme je veux.

Comment est la rue où tu vis?

On vit dans un cul-de-sac (en anglais dans le texte!), c’est sympa, les enfants peuvent faire du vélo tranquilles dehors. On connaît tous les voisins, et on fête Hallowe’en ensemble. On a fait un pique-nique pour le Jubilé de la reine, dans la rue, avec Union Jack partout. Ça me touche toujours que nos voisins anglais nous invitent à participer à tout ça, on se sent vraiment intégrés.

Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?

Au Company Shed! On est près de la mer, et il y a une île à moins de 200 mètres de la côte à marée basse,  Mersea Island. On y accède par une jetée, il ne faut pas se planter avec les horaires de la marée, sinon on reste coincé. Sur le port, il y a plein de cabanes de pêcheurs transformées en cantines. Le meilleur est le Company Shed. Tu dois amener ton pain, ta boisson et tu manges avec les doigts, mais pour £10, tu as du crabe, des crevettes, des huîtres toutes fraîches, et du saumon tout juste pêché.

Quel rythme ont tes enfants à l’école?

En primaire, ils font 9h à 3h du lundi au vendredi. En Secondary School, c’est 9h à 3h30. J’aime bien le rythme, c’est parfait pour eux. Mais, ce n’est pas pratique pour les parents. Du coup beaucoup de mamans ne travaillent pas, ou sont à mi-temps, ou self-employed comme moi.

Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin?

Le cheddar m’a toujours fait penser à du savon…par contre le stilton est délicieux. C’est une sorte de fromage bleu. Pour le vin, les locaux ne doutent de rien. Il y a de la vigne sur l’île de Mersea, en plus des huîtres, ils essaient de te refiler leur infâme breuvage…c’est assez mauvais, et je reste polie!

Tu pars où en vacances?

On fait la transhumance vers la France tous les ans, mais on essaie aussi de prendre du temps pour visiter le Royaume-Uni. Et une fois par an, on laisse la tribu aux grands-parents, et on part à deux dans un endroit sympa et romantique…(et oui, ça nous a déjà rapporté deux enfants sur les 5, mais bon…)

Et, last but not least, que fais-tu le vendredi?

Je bosse! On a une réunion de travail hebdomadaire pour l’école le matin, et l’après midi, il faut que je prépare les cours du lendemain, en catastrophe. C’est le problème de travailler en indépendante, je procrastine toute la semaine, et arrivée au vendredi, c’est la panique!

-Lexie Swing-

Madiba est mort

Madiba est mort. J’étais dans le bus quand ils l’ont annoncé. A croire que je suis toujours dans le bus d’ailleurs. J’ai laissé échappé un cri de surprise, pourtant il ne pouvait pas y avoir d’erreurs, ce n’était pas Paul Walker, il n’avait pas la trentaine. L’annonce de sa mort prochaine était devenue une vieille rengaine.

Nelson Mandela./

Nelson Mandela./

Madiba est mort. Demain, dans les journaux, il y a aura des hommages internationaux. On parlera d’un homme courageux. On évoquera quelqu’un qui parlait de la même façon, aux Grands de ce monde et aux opprimés. Ce sera un peu du déjà-vu, on transposera les hommages à Desmarais et on leur collera de la chaleur africaine, pour faire plus vrai.

Ca fait beaucoup de gentillesse perdue en peu de temps, ça va finir par nous gâcher Noël. C’était un peu un surhomme Madiba. Il faut être quelqu’un de fort pour se relever après 27 ans de prison. Il faut être un surhomme pour pardonner, oeuvrer pour la paix, louer l’amitié.

C’est chouette les héros. On se raccroche à leurs exploits. On se dit que l’espèce humaine n’est pas encore gangrenée jusqu’à la moelle puisqu’il y a encore des hommes comme ça. On balance leurs grandes phrases à voix haute. Genre « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès ». On se sent philosophe.

Madiba, il avait sûrement eu plus que sa part de bonté au départ. Et comme l’Histoire l’a souvent montré, ça ne va pas toujours de pair avec la chance. Maintenant qu’il est parti, il y a peut-être eu redistribution pour donner un peu de bon sens à une poignée de malfrats, en ce bas-monde.

Ou bien il y a une fille (chacun son tour) qui vient de naître quelque part, et quelques bonnes fées tiennent un conciliabule au-dessus du berceau. Changera le monde ou ne changera pas?

Votre regard nous manquera.

-Lexie Swing-

La chenille qui fait des trous, d’Eric Carle

En déco.../ Photo DR Lexie Swing

En déco…/ Photo DR Lexie Swing

Il a une place spéciale dans la chambre de Miss Swing. Posé sur les genoux de l’ours, il décore la pièce comme un tableau. Un tableau que l’on plie, que l’on griffe, que l’on redécouvre chaque semaine. La chenille qui fait des trous, d’Eric Carle, (The very hungry caterpillar, dans sa version anglaise) est un livre superbe. Il est tendre, drôle et l’écriture est suffisamment rythmée pour que le parent prenne du plaisir à le lire à haute voix. L’histoire est celle, bien connue, de la chenille qui devient papillon. Sauf que cette chenille-là est incroyablement gloutonne!

Les pages intérieures sont découpées de façon surprenante et les dessins sortent de l’ordinaire. En bonus, l’enfant y découvre les jours de la semaine, quelques fruits et les premiers nombres… Bref, Miss Swing je n’sais pas, mais moi, c’est assurément mon histoire préférée du moment !

Je ne suis certainement pas la seule, puisqu’il a été traduit en 45 langues et vendu à près de 29 millions d’exemplaires.

Extrait : Lundi, elle croque dans une pomme, elle y fait un trou mais elle a encore faim. Mardi, elle croque dans deux poires, elle y fait deux trous mais elle a encore faim…

Ces choses infimes que l’on partage

Dans le bus, il y a beaucoup d’échanges, de partage. Entre personnes qui se connaissent, qui ne se sont pas croisées depuis longtemps et vont débiter les événements des cinq années passées en 20 minutes de trajet.

Mais des échanges, il y en a aussi entre tous ces voyageurs qui se ne connaissent pas. Souvent, ils partagent sans le savoir, ils communient ensemble, sourient d’une même blague, s’épongent le front d’un même geste, froncent les sourcils devant la même information.

D'un même mouvement./ Photo Pulbic Places

D’un même mouvement./ Photo Public Places

C’est ce type qui découvre les chiffres de la bourse sur la page du journal que tient son voisin. Quand celui-ci se lèvera pour descendre du bus, il laissera négligemment le journal sur son siège, grand ouvert à la page partagée.

C’est cette fille qui suit l’intrigue d’un roman par dessus l’épaule de sa voisine. Elle plisse le nez, perdue par les éléments des premières pages qu’elle n’a pas lues, s’émeut face aux dialogues poignants, soupire en silence quand la lectrice tourne la page avant qu’elle l’ait terminée.

Ce sont ces deux gars qui rigolent en coeur, inconscients de rire ensemble. L’un regarde la vidéo d’un bêtisier sur son cellulaire grand format. L’autre, debout dans son dos, s’esclaffe à chaque chute grotesque et autres pitreries de chat.

C’est cette jeune femme qui est devenue mon interlocutrice privilégiée pendant 5 minutes. Qui m’a confié qu’elle espérait que sa fille marcherait pour Noël. Que tous les soirs, elle la faisait marcher en poussant son trotteur. Qu’elle s’appelait E. Que son père était Français, « comme vous ». C’est cette jeune femme à qui j’ai confié que j’espérais que ma fille ferait bientôt du quatre pattes. A qui j’ai répondu que moi, la mienne, je la plaçais au milieu du salon et que je tapais ensuite dans mes mains pour la faire venir, lui agitant sous le nez sa paire de Robeez fourrées auxquelles elle voue une véritable passion culinaire (oui, quand on essaye de tremper sa bottine dans sa compote, j’appelle ça une passion culinaire). A qui j’ai dévoilé le nom de Miss Swing.

Ce sont des moments qui peuvent rallumer le spot après une journée à broyer du noir. Ce sont des moments riches et courts, à prendre comme ils viennent, dans leur insouciance, dans leur spontanéité. De chouettes instants.

-Lexie Swing-

Gnocchis à la tomate et à la mozzarella

Je n’ai jamais connu la fameuse cafet’ de midi, celle où l’on se retrouve entre collègues pour parler de tout, sauf de boulot. Alors côté lunch, lorsque je suis arrivée au Québec, j’étais sur-entraînée!

Chaque soir c’est la même rengaine : que va-t-on manger (de gras) demain? Le repas de midi au bureau, je l’imagine crémeux et réconfortant, plein de goût et – si possible – de fromage.

Généreuse mozzarella./ Photo DR Lexie Swing

Généreuse mozzarella./ Photo DR Lexie Swing

Les gnocchis tomate-mozza existent en deux versions :

– la version repas en famille du dimanche midi, en mode « j’ai 24h pour préparer une tuerie de gnocchis » : vos scarabées de pommes de terre sont amoureusement roulés à la main, votre sauce tomate mijote une heure durant, gentiment assaisonnée des herbes du jardin, et votre mozzarella est découpée en larges tranches, délicatement déposées sur votre gratin…

– la version lunch du mercredi, en mode « je reviens du Pilates, je compte me coucher dans 20 minutes brossage de dents compris, combien de temps ça met à cuire ces foutus gnocchis » : le gratin façon supermarché.

Promis, je tenterai la première version bientôt. Quant à la seconde, elle est tellement goûteuse, rapide et bon marché qu’il serait dommage de s’en priver!

Pour deux personnes, prévoyez : un paquet de gnocchis à cuire à l’eau, une sauce tomate-basilic, de la mozzarella râpée.

Six étapes faciles : lancer le préchauffage du four à 180 degrés (370°F ici ont été parfaits ici), faire cuire les gnocchis 6-7 minutes environ, les verser (sans l’eau de cuisson quand même) dans deux petits plats à gratin, rajouter la sauce tomate et mélanger, verser généreusement la mozzarella sur le dessus, passer au gril jusqu’à ce que le gratin soit doré.

Vivement demain midi…

 

-Lexie Swing-

 

Mais pourquoi ne marche-t-elle pas?

Les Pourquoi ne marche-t-elle pas, et autres Maman, c’est quand même pas difficile à dire si, Maman?, sont autant de supplications parentales, murmurées la larme à l’oeil au dessus du berceau.

First steps./ Photo Sean Dreilnger

First steps./ Photo Sean Dreilnger

Il faut dire que c’était écrit dans le bouquin. Lequel? Tous, le Dolto, le Pernoud, et même le Doctissimo (surtout le Doctissimo). A 4 mois ton enfant se retourne, à 6 il s’asseoit, à 9 il marche à quatre pattes, à 12 il marche en s’appuyant, etc. Or ton enfant lui, il ne fait rien de tout ça. Par exemple il sait dire Sssien (chien) et Dodo alors qu’il aurait dû apprendre Papa et Non. Ou bien il te tape dans la main quand tu lui dis Give me five mais refuse obstinément de faire bravo malgré des mois d’entraînements intensifs.

La vérité est dure à entendre mais il faut que vous l’affrontiez. Allez, une inspiration, et on fait face ensemble à la terrible réalité : Oui mon enfant est normal. Non il ne rentre pas dans les cases de Dolto, même en tassant bien. Oui, sur Doctissimo, il y aura toujours des enfants qui savent faire la roue à 9 mois et le salto-arrière à un an. Oui, ces parents mentent. Sûrement parce que leur rejeton ne sait dire que ‘Zour (bonjour), Papa, Mama et Nula (Nutella – l’enfant sait ce qui est bon) et que ça ne leur suffit pas justement.

Avant même le départ, on veut enfermer nos têtes blondes dans des normes et des statistiques. Il faut tomber enceinte en moins d’un an et accoucher avant terme. La marmotte doit faire ses nuits au bout d’un mois et boire 4 biberons à trois.

Dans ma gang de mamans-de-février-2013, on a toutes des bébés de 9 mois très différents. Certains font déjà quelques pas ou jouent les équilibristes, quand d’autres parcourent encore le salon à reculons, en glissant sur le ventre. Certains font coucou, bravo, Tope-là, d’autres connaissent les boutons pour allumer leurs jouets et savent manger à la cuillère sans (trop) faire tomber de la purée. Certains disent Papa, Maman et appellent le chat; d’autres formulent des phrases très longues, et ponctuées, faites de glaglagloglutapicocha, et attendent que tu dises quelque chose en retour. Certains mangent de tout et dorment 10 heures par nuit, d’autres font la moue devant les épinards et se réveillent deux fois avant minuit.

Tous savent dire non, tous font des câlins, tous nous regardent, surveillent nos réactions, sourient quand on leur sourit, nous regardent quand on les appelle. Tous ont besoin de nous pour s’appuyer, pour grandir, pour les applaudir, pour les aider. Ne vous inquiétez pas avant l’heure, laissez votre bébé se rouler sur le parquet avec béatitude. Demain ou dans quinze jours, il fera peut-être ses premiers pas. Et votre inquiétude sera désormais toute autre.

-Lexie Swing-

La famille du vendredi : Isabelle dans le Kansas (USA)

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Isabelle, du blogue Fromside2side qui s’invite dans la rubrique avec le quotidien de sa famille à Kansas City, aux Etats-Unis.

La famille d'Isabelle./

La famille d’Isabelle./

Quel est ton p’tit nom?

 Isabelle ou Isa …

De quel coin de France viens-tu?

Très compliqué : je suis née à Versailles d’une mère à moitié de Marseille et du Nord, mais née à Casablanca et d’un père, à moitié de Marseille et à moitié Alsacien … Après d’où je suis, je n’en sais rien puisqu’à 11 ans je décollais de la région parisienne pour venir coloniser le quart sud est … Donc je me sens plus de là .. Lyon, Grenoble …

Où es-tu parti(e) vivre ta vie?

Je suis depuis deux ans à Shawnee dans le Kansas aux US, non loin de la très belle ville de Kansas City … et je viens de fêter mes 5 ans de vie aux US ! Nous étions arrivés le 1er novembre 2008 dans la Baie de San Francisco.

Mais surtout quand, comment et pourquoiiiii?

Depuis fin 2008 donc, et là pour encore … je ne sais pas vraiment ! On veut rester au moins jusqu’à ce que ma deuxième finisse la High School pour ne pas interrompre sa scolarité. On est venu grâce à la boîte de mon mari (dans la high tech) qui nous a envoyés dans la Silicon Valley. Ensuite, il a été embauché à Kansas City.

Qui as-tu emmené dans ta valise?

Mon mari et mes 4 enfants.

Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job!

Je travaille chez moi, j’essaye d’être une auto-entrepreneuse … je monte un site web de conseils d’automédication aux US, pour les voyageurs mais aussi les expats.

Comment est la rue où tu vis?

Ma rue, on dit qu’elle ressemble à celle de Desperate Housewives ! C’est possible en effet: ce sont des maisons alignées avec des beaux front yards ….

Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?

J’avale une salade chez Panera Bread : un fast food américain super bon!

Quel rythme ont tes enfants à l’école?

Les deux grandes commencent à 7h40 et finissent à 2h40, mais ont souvent des activités avant et après l’école dans l’école. La moyenne prend le bus à 7h39 pour commencer à 8h10. Elle finit à 3h10 et revient avec son bus. Mon 4ème, lui, va dans une petite école privée de 8h15 à 3h …

Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin?

On trouve du comté chez Costco, du camembert et du bleu … et le fromage Amish n’est pas trop mauvais.

Tu pars où en vacances?

Aux Etats-Unis : mes dernières vacances étaient à Moab dans l’Utah. On a aussi fait la Nouvelle-Orléans et Quebec en mars …

Et, last but not least, que fais-tu le vendredi?

Je travaille, un peu de vélo … ou une petite visite au musée !

-Lexie Swing-