Apprendre la propreté : expériences et conseils

Il y a quelques semaines, alors qu’elle venait de fêter ses 23 mois, nous avons retiré les couches de Tempête pour lui mettre des « culoc » taille 2 ans. C’était le deuxième essai que nous faisions. Le premier datait de deux semaines auparavant et s’était soldé par deux accidents pipis dans la matinée. Inutile d’insister, avions-nous alors jugé. Mais le nouvel essai, à 23 mois, fut le bon. Miss Swing, elle, était propre à 21 mois. Mes filles ont été propres tôt ? Certainement ! Rapidement ? Pas vraiment non.

Depuis que je suis maman, j’ai lu beaucoup de choses sur la propreté. Les principales idées étaient qu’il fallait aller au rythme de l’enfant, et attendre qu’il soit prêt. À côté de cela, des parents ont fait le choix de ne jamais mettre de couches et d’apprendre à repérer les signes annonciateurs d’une envie d’aller faire pipi ou à la selle. Soit. Mais moi je suis plutôt un parent lambda.

J’avais surtout gardé en tête la pression exercée sur les tout-petits, en France, pour qu’ils soient propres avant l’entrée en maternelle, à 3 ans. Coincés entre les recommandations des médecins et les obligations de l’école, les parents se retrouvaient l’été précédent la rentrée, armés de lingettes, pots, adaptateurs et serpillères, avec un objectif précis à obtenir sur un délai court.

Très peu pour moi! Moi, comme mère, je suis longue à la détente. Je suis comme les enfants, j’ai besoin d’adaptation. Alors j’ai voulu prendre mon temps.

Comment on a fait : Quand nous étions enfants, il était plutôt courant d’être mis sur le pot très tôt, à partir de moment où l’enfant savait s’asseoir. Le prix des couches, les langes à laver pour ceux qui en utilisaient, faisaient certainement partie des motivations principales. De notre côté, nos deux filles ont commencé à découvrir le pot à 15 mois. Il trônait là, dans la salle de bains. Au début, elles s’y asseyaient si elles en avaient l’envie. Vers 16-17 mois, on a commencé à leur proposer tous les soirs, puis tous les matins aussi. A 18 mois, elles faisaient systématiquement des pipis lorsqu’elles s’asseyaient. Très vite  ont suivi les selles. Vers 19-20 mois, nous avons demandé un relais à la garderie, afin qu’elles prennent l’habitude de nouvelles toilettes. A 21 mois, B. était propre. À 22 mois, parce qu’elle demandait désormais systématiquement à aller à la toilette, nous avons mis des culottes à Tempête. Ce fut un échec, sur lequel nous ne nous sommes pas appesantis. Nous avons recommencé trois jours après ses 23 mois, avec succès. 

Quelques conseils : Mes filles ont été propres tôt, c’est un fait. Mais ce n’est pas le cas de tous les enfants, chacun son rythme! Certains s’assoient avec plaisir sur le pot, d’autres ne jurent que par l’adaptateur et d’autres ne voudront juste pas en entendre parler au début. Le seul conseil qui prévaut, selon moi, est de prendre son temps et de faire les choses avec un peu de constance.

Bien qu’il s’agisse d’une façon de faire très usitée, je n’aime pas l’idée de se donner un temps déterminé pour « réussir ». Une semaine en été, on enlève les couches et on fait découvrir le pot, je trouve ça un peu intense. Si la machine est déjà bien enclenchée, que le pot a été intégré à une routine, il y a de fortes chances de succès. Mais si le pot est une totale découverte et que l’on n’a jamais tenté de faire repérer à l’enfant ses envies de pipi et de selles, bonjour la galère, sans parler du possible refus de l’enfant, de l’opposition qui surgit souvent à cet âge, etc. Faites-moi confiance, le temps est un allié précieux.

Trouvez un pot confortable, quelques livres plaisants sur le sujet (oubliez Petit Ours et son trip « je mange sur le pot pis j’amène mon précieux à Maman en le transportant jusqu’au bout de l’appartement ») et en voiture Simone! Donnez-vous du temps, ne vous comparez à personne et surtout ne vous mettez pas la pression. Ainsi vous n’en mettrez pas non plus à votre enfant. On devient tous propres un jour ou l’autre, et votre enfant découvrira bientôt qu’une culotte ou un slip propre offre plus de confort ou de liberté qu’une grosse couche souillée.

Et si c’est un cadet, faites jouer à votre aîné le rôle d’exemple! Rien n’a été plus efficace que d’inciter E. à imiter sa soeur. Elle voulait tout faire comme elle : manger sur une vraie chaise, boire dans un vrai verre, faire du vélo. Les toilettes en sont un autre exemple, et le pot, que sa soeur n’utilise plus depuis longtemps, a d’ailleurs été relégué dans le garde-robe, au profit d’un pipi en équilibre sur le bord de la cuvette, une compétence acquise bien plus tard pour Miss Swing qui adorait le confort du pot et de l’adaptateur.

Bons produits/achats : Un gros pot confortable et facile à nettoyer (Babybjorn represent!), un adaptateur tout aussi confortable, et un adaptateur de voyage (parfois le seul moyen pour que l’enfant se décide à faire ailleurs que chez lui). Une protection de toilettes jetable comme celle d’Oxybul ou un Potty Cover, et un gel nettoyant pour les mains seront aussi parfaitement utiles. Mon amie m’a également prêtée une protection imperméable de siège auto, un peu comme celle-ci, qui nous enlève du stress quand on fait de longs voyages en voiture.

Et vous, quelle est votre expérience avec la propreté? Et vos produits phares?

-Lexie Swing-

Immigrer au Canada en dix questions 

Il y a quelques jours, je fêtais mon 4e anniversaire au Québec en surveillant la mouette qui lorgnait sur ma quiche aux champignons. Elle et moi marchions le long du quai, à l’extrémité du Parc Jean-Drapeau, et je faisais face à la skyline de Montréal, comme 7 ans auparavant, lors de nos premières vacances. Cette immigration et les questions qui s’y rattachent feront, je pense, toujours partie de nos vies. J’ai pour preuve cette connaissance, Française immigrée au Québec depuis 25 ans, à qui l’on pose tous les jours une question en rapport. L’accent fait toujours office d’allumette au feu des questionnements.

Je ne suis pas contre. Les questions sont généralement bienveillantes. Mais d’autres, peut-être, se les posent aussi. Voici dix questions que l’on me pose souvent, une fois mon accent identifié. Pas les dix d’un coup, il n’y a guère que moi qui sois capable de noyer quelqu’un sous un tel flot en l’espace de quelques minutes (#monfreremappellelaGestapo).

1) Mais… pourquoi?

C’est peut-être la question la moins facile. Pourquoi es-tu là? Ton pays est si beau, on y mange si bien, tu as la Sécu, qu’es-tu venue faire ici?

En fait, il y a huit ans, nous avions envie d’aventures. J’avais vécu en Irlande, mon chum avait vécu en Suisse, être étrangers quelque part était une façon de vivre qui nous séduisait. Nous pensions demander un PVT et puis certaines circonstances nous ont contraints à repousser le projet. Un an plus tard, nous nous envolions pour des vacances méritées au Canada. Le coup de foudre! Nous avons réfléchi au projet… jusqu’en 2011! En septembre, j’ai obtenu un contrat de deux ans au fin fond de la France, seul moyen pour décrocher un boulot dans ma branche. Mon chum, lui, commença bientôt à conjuguer boulot alimentaire et job de passion indépendante. Deux ans de contrat, deux ans parfait pour donner le coup d’envoi au projet «Résidence Permanente – Destination Québec». Ce qui nous poussait : l’envie d’ailleurs toujours, doublée d’une difficulté à trouver un travail dans nos branches (Paris exclu) et un climat social délétère (ce serait bientôt la Manif pour tous, rappelez-vous). Quelques problèmes de carte bancaire, de CSQ perdu par la poste et un bébé plus tard, le sésame a été délivré un matin de juillet. Le 25 août 2013, je m’envolais pour le Québec avec Air Transat, mon bébé arrimé dans le dos et mon chien enfermé dans une caisse immense.

2) C’est pas difficile de tout recommencer?

Si! Mais on est porté par l’euphorie du projet. Cependant, je n’aurais pas le goût de recommencer là, maintenant. J’admire pour ça les gens qui immigrent de nouveau dans un autre pays, ou bien qui retournent en France, car la simple pensée de devoir recommencer des démarches entières ou de refaire des cartons me donne de l’urticaire. Mais quand on part, la première fois, c’est magnifique : on fait le tri dans sa vie, dans ses choses, on fait le point sur son existence, on abandonne des gens, des affaires précieuses, des lieux chargés de mémoire, mais on se sent libres comme jamais auparavant. On écrit un nouveau chapitre, et même un nouveau tome. C’est exaltant, magique… Le genre d’émotions qu’on devrait tous pouvoir vivre une fois dans sa vie.

3) La France ne te manque pas?

Non. Enfin si. Mais pas ce que tu crois. Ma famille me manque, mes amis me manquent. La nourriture non, les paysages pas tant. Le plus difficile pour moi est de ne pas pouvoir être dans la spontanéité avec mes proches. Plus question de faire la surprise à mon père de le retrouver pour un lunch le jour de son anniversaire, plus de café «je prends ma pause je reviens dans cinq (20) minutes» avec ma mère, à côté de mon boulot, plus beaucoup d’amis qui passent dans le coin et restent pour souper. Impossible d’accorder plus de trois heures à nos amis lors de nos retours en France et l’essentiel doit être dit dans ce laps de temps. Ils me manquent, c’est évident. C’est triste, tout un pan de vie laissé derrière soi. Mais je ne pourrais revenir en arrière. La vie gagnée ici est une véritable pierre précieuse, une émeraude magnifique. Elle est un peu croche à cause de mes proches qui me manquent, mais elle luit de mille feux.

4) Tu as eu un bébé en France, l’autre au Québec, tu as préféré quoi?

Voyons voir… J’ai adoré, en France, être suivie par une sage-femme, et mon accouchement à Toulouse, à Estaing, était au-delà de toutes mes espérances. J’avais détesté par contre mon début de suivi avec une gynéco et j’ai trouvé le temps long – 4 jours – à l’hôpital. Mon suivi au Québec était moindre. J’ai fait trois échos, même si une seulement était obligatoire. Et j’ai trouvé la deuxième écho expéditive. Si je n’avais pas eu d’autres échos, et si en plus ça avait été mon premier bébé, je pense que j’aurais été affreusement déçue. J’ai beaucoup aimé mon accouchement, la gentillesse du personnel malgré la taille de l’hôpital, la sympathie du médecin. J’ai adoré pouvoir sortir au bout de 36h.

5) C’est quoi ton plat préféré au Canada/ tu me conseilles quoi?

La tarte au sucre et le pouding chômeur. Je ne suis pas une grande fan du sirop d’érable. J’aime, j’adore dans les vinaigrettes même, mais je n’en mets jamais sur les crêpes par exemple. Mais alors le sucre à la crème et autres préparations du genre… C’est bien simple : j’ai goûté une fois les mini-tartelettes au sucre d’un endroit proche de mon ancien boulot… et j’y suis retournée tous les jours, à la saison des sucres suivante, pour savoir quand ils allaient se décider enfin à en refaire! (C’est mon petit côté harceleuse qui ressort… ou la dépendance au sucre)

6) Mais comment t’as fait pour amener ton énorme chien?

Rien de plus simple! Je l’ai fait vacciner, y compris contre la rage. J’ai acheté une cage aux normes IATA, assez grande pour qu’il puisse se tourner. Je l’ai mis dedans (mais seulement une fois à l’aéroport). Je l’ai donné au gentil monsieur qui l’a déposé sur le tapis roulant. Je l’ai retrouvé 7h plus tard la queue entre les pattes, au milieu des bagages hors-dimension et je l’ai chargé comme j’ai pu sur un chariot. J’ai payé une taxe de 30 dollars environ pour son arrivée, si ma mémoire est bonne, et il a pu entrer au Canada. Le plus difficile a été de trouver un appartement qui acceptait les chiens (mais pas si difficile dans certains quartiers comme NDG).

7) Comment sont vus les enfants au Québec?

Ils sont les rois! Ils ont généralement des sets à colorier au resto, et des crayons à disposition. Il y a des tables à langer dans de nombreux toilettes de restaurants, parfois côté homme et côté femme, parfois en mixte, dans les toilettes pour personnes handicapées. Il y a beaucoup d’initiatives à leur attention dans les villes, des spectacles, des activités. Je ne peux pas encore parler de l’école mais j’ai le sentiment qu’ils sont globalement acceptés dans leur individualité. Il n’est pas rare d’être arrêté dans la rue par quelqu’un qui veut te parler de tes enfants, parler à tes enfants, te donner un coup de main avec tes enfants (porter ta poussette dans l’escalier). Il fait bon être un enfant au Canada (et être un parent aussi, de fait).

8) Tu rentres tous les combien, en France?

Deux ans environ. On est rentré tous les 12 à 18 mois, mais notre prochain retour se fera seulement dans deux ans. Rentrer correspond à un budget vacances normal, et nous avons envie d’allouer ce budget à d’autres destinations que la France, maintenant que les filles grandissent. Notre prochaine destination devrait donc être les Îles-de-la-Madeleine, l’été prochain.

9) C’est pas difficile de se faire soigner au Québec? La Sécu ne te manque pas?

Avec les années, on oublie un peu ce qu’il est possible de faire ou non en France, notamment au niveau de la Sécurité sociale. La prise en charge y est meilleure, voir certains spécialistes est plus rapide et les hôpitaux, pour certaines choses, sont plus rassurants. Le temps d’attente aux urgences est également moins long, je crois. Mais, sans comparer, voici ce que je peux dire : nous avons eu un médecin de famille très tôt après notre arrivée au Québec, ce qui est plutôt rare. C’est le même médecin que mes filles, et elle s’est proposée pour nous prendre en plus de nos filles. Les enfants trouvent généralement très facilement un médecin, et ils sont prioritaires en bas de 5 ans.

Nous avons fait une demande pour changer de médecin car depuis notre déménagement, nous sommes à une distance trop importante pour nous y rendre. Heureusement, elle nous donne parfois des conseils par courriel, mais nous avons sauté beaucoup de rendez-vous de suivi de notre fille en raison de cet éloignement. Nous sommes désormais sur les listes du Guichet d’accès pour la clientèle orpheline.

Lorsque nous sommes malades, nous allons au «sans rendez-vous». A Montréal, il est courant de se présenter puis d’attendre pour voir le médecin, mais sur la Rive-Sud, la politique est plutôt d’appeler la veille au soir et de réserver une place pour le lendemain matin.

Côté urgences, le service est bon au Children’s pour les enfants. On y est allé 5 fois je crois en 4 ans. Les cas urgents ont été pris de suite et très bien soignés. Pour nous adultes, c’est plus compliqué. Nous avons renoncé une fois car le temps d’attente était trop important. Par contre, une autre fois, mon conjoint a été pris rapidement après que le médecin du sans rendez-vous a appelé l’hôpital pour prévenir de l’urgence de la situation… Il y a du bon, comme du mauvais. Le système aura besoin d’être amélioré, c’est certain. Mais en tant que nouvel arrivant, l’important est surtout d’arriver à le décoder. Repérer quelques adresses, glaner des noms de médecins, afin de s’enlever ce stress particulier qu’est une santé mal encadrée.

10) Pis tu vas rester?

Oui, c’est le plan A. Ce n’est pas gravé dans le marbre, aucune trace indélébile, mais cœurs et raisons nous donnent le goût de rester. Nous sommes heureux, la vie se construit, nos enfants grandissent ici, ils ont de bonnes perspectives d’avenir et avec un peu de chance, nous pourrions obtenir la citoyenneté en 2018 ou 2019. Ma personnalité fait que, à chaque nouvel appartement, maison et ville où nous avons vécus, je m’empressais de parler de la prochaine destination, je ne défaisais jamais vraiment les cartons. Lorsque je suis arrivée au Québec, j’ai su très vite que je ne voulais plus repartir. Et mon envie s’est encore plus concrétisée quand nous avons emménagé à Saint-Bruno. J’aime où je suis, ce que je vis. Je ne voudrais plus bouger d’un iota.

 

– Lexie Swing –

Le voisin pénible

On a tous un voisin pénible. J’ai toujours été étonnée par cette constante. Lancez le sujet à un souper de groupe et vous serez étonné par les histoires qui ne manqueront pas de fuser. Même le plus reclus de la gang, celui qui vit dans un château ceint de barbelés, aura une bonne joke à raconter au sujet de son plus proche voisin (1000 kilomètres) qui l’aurait attaqué en justice parce qu’une noix du seul arbre de la propriété serait tombée de son côté de la clôture sous l’effet d’une brise légère et versatile venue du nord-est-est.
Bref, on a tous un voisin pénible. Parfois il est très proche, la porte à côté. Parfois au-dessus (et il a des enfants qui font des claquettes à 5 heures du matin le dimanche). Parfois en dessous (et il a un ado qui écoute du gangsta rap sur son home cinéma à 2 heures du matin en semaine). Et parfois il est à quelques maisons de là, légèrement en diagonale, et il emmerde le monde avec : sa moto, sa tondeuse à des heures indues, son arrosage qui arrose tout le voisinage sauf sa cour, son chien qui aboie sans discontinuer hiver comme été, ses partys à toute heure de la nuit, son goût immodéré pour les attaques en justice diverses et variées (rayez la mention inutile) (ou déménagez).

Et aussi fou que cela puisse paraître, il y a rarement deux voisins pénibles. C’est comme si la rue ou l’immeuble devait attribuer le rôle à quelqu’un. De notre côté, alors que nous vivions dans un bloc de trois étages, nous avons eu quelque temps des voisins bruyants-avec-chien-aboyeur. Le plancher était fin comme du papier à cigarette et notre patience s’est rapidement réduite à la même épaisseur. Le bloc a été vendu et de nouveaux locataires ont pris la place. Home cinéma dans le salon, souliers en liberté anarchique dans l’escalier, cris dans le couloir et engueulades récurrentes ont eu raison de notre raison, justement. Lorsque le chien épeuré s’est retrouvé à dormir toutes les nuits sur le tapis de la salle de bains, tremblant et gémissant, nous avons recontacté notre ami agent immobilier et pris la poudre d’escampette. Direction la banlieue, ses maisons individuelles et leur éloignement.

Le voisin pénible a rapidement été identifié. Il avait comme tout l’kit : le chien jappant jour et nuit, les enfants adolescents et leur gang du secondaire, pétaradant bien après le crépuscule sur leurs scooters débridés, une fascination intrigante pour le gazon fraîchement coupé, des partys d’été étirées jusqu’à tard dans la nuit, des partys d’hiver toute vitre ouverte et un goût immodéré pour le rock alternatif, ainsi que l’habituel caractère acariâtre, toujours vendu en bonus avec ce genre de personnages.

La rue est sa rue. Il l’habite pleinement, complètement, faisant fi des regards courroucés et de la gêne occasionnée. Il ignore les bonjours avec un manque de savoir-vivre proche de l’insulte, et gueule volontiers sur son chien/ses enfants/sa femme, tel un petit exercice quotidien pour bien se mettre en jambes.

Depuis peu, il refait sa maison. Les enfants ont grandi, les lots sont petits, le chalet n’attend plus… Partira-t-il? Nous croisons les doigts!

Et chez vous, à qui la loterie de la rue a-t-elle attribuée le rôle du voisin pénible.

Et si c’était vous, le voisin pénible?

-Lexie Swing-

Photo : Drina, Serbie. La maison serait une cabane construite par un groupe de jeunes à la fin des années 60.

Le temps des fêtes 

Août est un mois chargé en célébrations chez nous. Outre le fait que mes neveux sont nés ce mois-ci, ainsi qu’une petite fille qui m’est très proche, nous enchaînons également en quelques jours notre anniversaire de rencontre, celui de l’arrivée de mon amoureux au Canada, l’anniversaire de naissance de notre cadette, ainsi que celui de l’arrivée de ma grande, du chien et de moi-même dans notre patrie d’adoption.
Août est un beau mois, il nous réussit certainement. Depuis dix ans désormais, nous célébrons donc chaque année notre rencontre, du moins nos retrouvailles si l’on tient compte du fait que l’on se connaît depuis l’adolescence. Nous avons tenté de nous souvenir de chacun de nos anniversaires, puisque nous les fêtons, mais sans succès! Il y a comme un creux aux alentours des années 2011 et 2012, une incertitude. Quand avez-nous mangé dans ce restaurant sur Saint-Laurent? Est-ce pour notre anniversaire que l’on s’est offert ce voyage? Impossible d’avoir la timeline parfaite. Le temps a fait son œuvre et effacé nos repères, à défaut de notre sentiment d’avoir, malgré tout, réussi. Puisque cela fait dix ans et que l’on débat toujours avec autant de plaisirs, que l’on rit, que l’on échange, et que l’on se choisirait encore certainement, pour une première danse. Bien sûr, les défauts sont devenus plus pesants, et l’habitude a parfois pris le pas sur le plaisir de la découverte. Le fait d’avoir des enfants a fait naître aussi, l’envie plus pressante d’être seul(e). Chez soi, et surtout dans sa tête. Quand les enfants se taisent, on n’a plus autant envie qu’autrefois de relancer une discussion et l’on apprécie la quiétude du silence, fut-il partagé à deux. Mais on a appris aussi à nommer cette évidence, à souligner les incohérences, souvent au prix d’éclats de voix, histoire d’éviter d’autres éclats, au niveau du cœur. Et c’est ça aussi, dix ans. L’âge de sagesse (bientôt la préadolescence! À nous les emportements hormonaux, les boutons pis les cellulaires au forfait bloqué!)

4 ans également passés ici, au Québec. 4 ans de rebondissements, de changements, de joie, de tristesse aussi, mais 4 ans passés dans la plus complète certitude : ici, c’est chez nous. Le Canada n’est pas un eldorado mais il est indubitablement notre petit paradis terrestre. Ses gens bien sûr, mais aussi ses perspectives, sa beauté inégalable, sa richesse, ses surprises, ses associations alimentaires, ses initiatives à destination des enfants et la manière dont la famille est valorisée, sa tolérance, son climat lunatique, sa faune étonnante, et surtout ce sentiment qu’il me procure de n’être jamais complètement arrivé chez moi. Comme si ma vie, depuis 4 ans, était un perpétuel voyage en terre inconnue.

Et puis deux ans d’elle, mon amour. Deux ans que tu ris aux éclats, que tu grimaces, que tu nous enchante. Un an bientôt que tu marches, que tu grimpes, que tu cours, que tu sautes, que tu grimpes encore, et toujours plus haut, que tu fais la sourde oreille, que tu fais des câlins, que tu parles désormais, que tu chantes «Maman les p’tits bateaux» même si tu ne te rappelles jamais de la partie avec le gros nigaud. Tu es mon soleil E. Je t’aime tellement.

-Lexie Swing-

 

 

 

 

Spiderman pour tous 

Hier, je me suis disputée avec ma fille de 4 ans. Elle affirmait quelque chose, j’assumais le contraire. Ce ne sera pas la dernière fois. Mais c’était la première fois sur ce sujet-là. Les princesses qui sont pour les filles et les super-héros qui sont pour les garçons.
Depuis sa naissance, nous lui rabâchons que tous les jouets sont pour tous les enfants. Que Sophie peut aimer Dora ou Batman, et que Gabriel a le droit de préférer Princesse Sophia aux méchants de Star Wars. C’est correct parce qu’en plus, comme dit Gabriel, «le méchant l’est moche alors que Princesse Sophia elle est belle et elle sent bon». Je pense qu’il a une édition spéciale de Princesse Sophia parce qu’elle sent les Caraïbes, mais passons.

Depuis sa naissance, nous lui avons laissé le choix le plus large possible : des poupées, des légos, des voitures, des outils de construction, une ferme… On a magasiné dans toutes les couleurs, pas trop aidés en ça par le grand Dieu des jouets pour qui une poussette est rose, sinon ce n’est pas une poussette, c’est une moto madame (et c’est pour les garçons).

B. a une préférence pour les poupées, et c’est bien correct parce qu’elle a eu le choix. On ne lui a pas imposé de poupées, elle a choisi d’elle-même de se diriger plutôt vers ce jouet-là. Depuis elle a ouvert une garderie, et elle squatte la pouponnière en regardant les bébés d’un air énamouré. Récemment elle a proposé à mon amie d’échanger sa sœur contre son bébé de 8 mois, je pense donc qu’elle est comme «faite pour aimer les bébés». Elle a ça en elle, et c’est beau à voir.

Reste que, aussi fou que ça puisse te paraître, Miss Swing, ma grande fille de 4 ans et demi, aime aussi Spiderman. Moi aussi ça me choque un peu qu’elle adule autant un gars qui pense que le body rouge et les collants bleus sont un bon match, mais on ne choisit pas les gens qu’on aime.

En vrai, je crois qu’elle aime plutôt ce qu’il est «en dedans» : courageux, tolérant… et puis il sait voler, ou du moins se balancer d’immeubles en immeubles, et j’avoue qu’on aimerait tous savoir faire ça, surtout à l’heure de pointe quand les saumons remontent René Lévesque et qu’on met 30 minutes pour faire Peel – Metcalfe.

Fait que, tu vois, ça m’a un peu chiffonnée de l’entendre me dire qu’hier, elle n’avait pas choisi le verre Spiderman parce que c’était pour les garçons. Ce qui m’a encore plus chiffonnée, pour ne pas dire que je contenais courageusement le hurlement qui résonnait dans ma poitrine, c’est que j’ai compris qu’elle n’avait pas eu le choix. Qu’elle avait choisi entre Elsa et Cendrillon, quand Gabriel a dû se décider entre Spiderman et Star Wars.

Mais là où j’ai atteint mon point de non-retour, et que le hurlement est sorti pour de bon, c’est lorsque ma petite fille de 4 ans et demi à qui je répète depuis l’aube de ses jours que les filles, comme les garçons, sont égaux et que tous les jouets sont pour tous les enfants… c’est lorsque cette petite fille là m’a dit «j’ai compris maman ce que tu dis, tout le monde peut jouer avec tout… Regarde on sait que les légos et la construction c’est pour les garçons mais je joue quand même avec, je joue aussi à des jeux de garçons.»

«Pourquoi ce serait pour les garçons?», j’ai demandé.

«Parce que regarde, il y a du bleu, du marron, du vert. Et puis les jeux de construction, c’est plutôt pour les garçons, et puis les poupées pour les filles», elle m’a répondu. Ma petite fille, qui construit chaque soir des immeubles de légos, avec des spidermen qui sautent entre les tours, pensent qu’elle «joue à des jeux de garçons.»

Parfait (je ne te remercie pas).

-Lexie Swing-

Le nouveau LOV de Montréal

Frites et ketchupIn LOV with, je suis LOV de… Il y a bien des jeux de mots que l’on pourrait faire avec le deuxième opus dans l’histoire d’un restaurant vegan très aimé à Montréal : le LOV.

L’original, comme les gens l’appellent, est situé dans le Vieux-Montréal. Suffisamment bas sur la rue McGill pour qu’il soit inaccessible aux travailleurs du centre-ville, comme moi. C’est donc avec beaucoup de ravissement que j’ai appris l’ouverture d’une deuxième succursale, à l’angle de De La Montagne et Sainte-Catherine.

Sans être complètement sous le charme de la deco intérieure – il y a un petit côté années 50-60 de certains items et motifs qui n’est pas à mon goût – je suis déjà accro aux plats proposés.

Pour moi qui suis veggie et qui adore les plats véganes pour la complexité des préparations et la nouveauté des associations, je suis servie avec le LOV.

J’ai testé le Grilled Cheese à la confiture camerise et aux courgettes. En accompagnement, nous avons fait le choix des frites et ketchup maisons (avec de la cannelle, incroyablement bon selon mon amoureux qui a eu honte quand j’ai demandé « mais y’a quoi dans votre sauce tomate ») (il paraît que le ketchup maison, ça ne se compare pas à de la vulgaire sauce tomate ). Un goûteux smoothie accompagnait le tout.

Gâteau veganePour les besoins de la cause uniquement nous avons succombé à la carte des desserts. Mon verdict positif est sans appel et la photo ci-dessus devrait parler d’elle-même.

Plusieurs personnes de mon entourage ont testé le LOV avec toujours la même réflexion : « on ne dirait pas que c’est un végane ». Parce que les plats sont originaux, les alliances recherchées et que les restaurateurs restent à l’écoute des clients en proposant notamment des options de fromage et d’oeufs bios.

La bonne bouffe, en parfaite harmonie et en belle compagnie.

Les prix du midi : entre 6 et 14 dollars pour une entrée, 11 dollars pour un burger et 14 dollars pour un plat de gnocchis.

Un plat sur la carte : la casserole des Indes, un plat mêlant aubergine au cari, pancakes de pois chiches et chutney d’abricots.

Bon à savoir : le LOV est aussi ouvert le soir, et pour le brunch la fin de semaine. Les ingrédients utilisés sont majoritairement locaux et/ou bios.

Et vous, votre avis sur le LOV?

-Lexie Swing-

Restaurant LOV, 1232 Rue de la Montagne, Montréal, QC H3G 1Z1. Autre succursale rue McGill. Réservations au (514) 287-1155 ou en ligne : http://www.lov.com/

Crédit photo : Lexie Swing

FaceTime family

FaceTime expat enfantsQuand j’étais enfant, mes grands-parents appelaient chaque mardi, le soir venu. «Que fais-tu cette semaine?» et « C’est tout ce que tu me racontes?» étaient probablement des questions rituelles. Avec les années, mon envie de leur confier mon quotidien a connu quelques avaries, mais la constance de leur appel, elle, a demeuré.

C’est avec la quasi même constance que nous appelons les grands-parents de nos filles, chaque semaine. Il y a quelques oublis et des semaines aussi plus prolifiques, mais la répétition est là, généralement la fin de semaine, décalage horaire oblige. La différence est que Miss Swing n’a jamais su porter un téléphone à son oreille. Dans le monde de ma grande, le téléphone a un visage et on le regarde avec ses yeux.

Nos relations sont des «FaceTime ones». Comme beaucoup d’expatriés ou d’immigrés, mais aussi finalement comme des millions de parents dans le monde. Parce que Clermont-Ferrand est à 4 heures de Paris, et que ça prend autant de temps de faire Montréal-Vancouver que de traverser l’Atlantique. Nous sommes tous des parents au bout du monde, au bout d’un monde. Combien d’entre nous ont encore la chance d’avoir leurs parents, les grands-parents de ses enfants, à distance de marche?

Alors à défaut d’être à distance de marche, ils sont à portée de voix. Il n’y a rien comme un tout-petit du XXIe siècle pour déverrouiller un téléphone ou une tablette et reconnaître le nom de ses grands-parents dans la liste des derniers appels vidéos. Plus ils grandissent, plus les choses racontées s’étoffent et plus les appels durent.

On les trimballe dans la maison, et les visages virevoltent au gré des idées de l’enfant qui les transporte. Il devrait y avoir un nom pour cette nausée qui gagne la personne ainsi bringuebalée. Ils ne voient souvent de leur petit-enfant que le haut des yeux, le front et la pointe des cheveux. Beaucoup de plafond aussi. Ils sont retournés à demi, vers le jeu qu’on voulait leur montrer ou le dernier dessin créé. Et ils essayent de deviner. Ponctuent de « oh c’est joli » et de « ah oui vraiment » les réflexions de leurs petits-enfants, qui comme tous les enfants ont le verbiage aléatoire et les histoires un peu trop longues.

Parfois, ils sont juste posés là, en travers de la table du petit déjeuner, appuyés sur le pot de confiture, entre deux tartines beurrées. Ils partagent un peu de notre quotidien, tentant de comprendre entre les bouchées et les postillons. Sans parler de cette fichue tablette qui s’affale sans cesse, le pot de confiture glissant imperceptiblement sous le poids de l’écran. Personne ne connaît aussi bien le plafonnier de la cuisine que les grands-parents.

Reste alors le perpétuel questionnement. Tempête reconnaît-elle ces grands-parents nés de l’autre côté de la grande flaque? Qu’y a-t-il de similaire entre ces faces un peu pixellisées et les visages de chair et d’os qu’elle malaxe entre ses petites mains potelées, lors des retrouvailles.

La voix.

J’ai mis longtemps à deviner à quoi mes filles reconnaissaient leurs grands-parents, et j’ai fini par comprendre. Leur voix est unique. A peu près inchangée entre l’appareil et la réalité. La voix de mon père a créé le souvenir nécessaire à B., lorsqu’à 18 mois elle s’est retrouvée face à lui, qui l’attendait sur le perron de notre maison. La voix de ma mère est imprimée dans la mémoire de Tempête, qui galope à travers la maison lorsque je l’appelle en catimini depuis ma chambre. Celle de ma belle-sœur, leur tante, est inimitable. Tout comme les rires de leurs cousins, «venus dîner chez Mamie».

Au Québec, on dit souvent que ça prend un village pour élever un enfant. Désormais, ça prendra un peu plus que ça. Quelques états, un océan, des milliers de kilomètres, des trajets en avion, et des grands-parents à portée de voix. FaceTime en plus.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

 

Aider un enfant de 4 ans à changer son comportement 

Prendre l'avion à 4 ans J’ignore comment vous percevez Miss Swing, mais c’est peu dire que le surnom de «Tempête» lui conviendrait parfaitement à elle aussi ces temps-ci. Elle crie, elle tape, elle bouillonne, elle coupe la parole, elle répond… Je peux dater assez précisément nos premiers déboires : le jour où je suis tombée enceinte de sa petite sœur. Son sixième sens lui a fait comprendre avant moi les chamboulements à venir. Depuis, nos journées ont connu leur lot de cris et de tornades.Cela fait donc deux ans et demi, mais les choses sont devenues plus compliquées il y a an. Le combo «ma sœur est en fait un véritable individu»/«j’entre dans le fucking four» a eu raison de …sa raison. Comme tous les parents modernes, nous avons lu, expliqué, crié, pleuré, puis recommencé. On en est de nouveau au début. Nous avons lu. Nous nous sommes mis ensemble, et nous avons décidé d’aborder le problème différemment. Avec ce que ça prenait de psychologie et de patience, de rabâchage et de «conséquences» (punitions).

On galère toujours à mort…

… mais moins quand même. On voit une lueur d’espoir. On gratte un peu et on s’aperçoit que la petite B. est bien là, sous la fureur née de la jalousie et la rage de tout comprendre et de ne rien pouvoir faire seule. Elle a une petite voix flûtée que je ne comprends pas toujours tant elle est haut perchée. Et des raisonnements qui laissent pantois.

« Je peux avoir encore du lait?

– Non chérie, tu n’auras plus faim pour le souper.

– Mais papa, le lait ça se boit. Si je bois encore du lait, je n’aurais plus soif. Mais j’aurais toujours faim!»

CQFD.

C’est en googlant « mon enfant de 4 ans tape» que j’ai trouvé mes premières réponses utiles. Car sa violence est, à date, notre principal problème. Le plus visible en tout cas. Les solutions que l’on a trouvées, celles auxquels on a réfléchies ensemble, évolueront sans doute. En attendant, les voici.

Être parents ensemble

Miss Swing a un soleil, moi. Je dis ça sans rire. Et avec un peu de désarroi. Mais pour bien éduquer, il faut que les adultes de la maison travaillent ensemble et de façon cohérente. Pas seulement physiquement, mais aussi dans le cerveau de son enfant. Malgré le temps dévolu à nos enfants (quasiment égal), les temps de jeu (égaux), les fois où l’un ou l’autre allait les chercher à la garderie (égales), Miss Swing se tourne toujours vers moi. Par automatisme certainement, et aussi parce qu’elle semble penser que j’ai la réponse pour toute son existence. Nous nous employons à déconstruire ça en repensant nos rôles et notre implication respective. Il n’est pas juste que ce soit toujours le même qui soit le bad cop, et toujours le même qui propose d’aller manger une glace ou de repousser l’heure du coucher. À côté de ça, mon chum a augmenté le temps consacré à notre fille : plus de partage, plus de jeux, plus de discussions. Nous voulons qu’elle comprenne que nous sommes deux, inséparables dans son existence, avec un discours commun.

Atténuer la jalousie

C’est un travail de longue haleine et il mériterait un article à lui seul. En substance, il passe notamment par le fait de lui consacrer du temps rien qu’à elle, de tenter de rester juste au maximum (pas de la punir elle seulement, en laissant à sa sœur le bénéfice du doute), de passer du temps séparément la fin de semaine, et de la valoriser comme grande sœur.

Sœur de 4 ansRéapprendre à parler normalement

«Fais la petite voix». C’est en entendant mon amoureux dire cette phrase que j’ai su qu’il avait lu à fond le dernier article que j’avais trouvé. Notre problème : Miss Swing ne parle pas, elle crie. Est-ce dû à la garderie? À son besoin de parler par-dessus sa sœur? Peut-être. Reste que cela fait vite monter la pression chez nous, avec la fatigue de la journée, les cris de la petite sœur et les tâches à accomplir au milieu de ça. «Fais la petite voix», nous lui demandons maintenant. Son papa lui a montré. Elle a reproduit. Nous recommencerons au besoin mais désormais c’est un infaillible. «Fais la petite voix, que je t’entende mieux…» Et tout le monde respire.

Se faire aider de la garderie

Lorsque Miss Swing avait la trouille des camions poubelles, je me suis fait aider de la garderie pour que nous expliquions ensemble, et avec des méthodes différentes, qu’il n’y avait pas de danger. Alors comme depuis un an Miss Swing s’endort à 22h lorsqu’elle a fait la sieste, nous avons fini par demander de l’aide de nouveau. Plus de sieste, mais un temps lecture. Et une fillette qui s’endort à 20h, fait une nuit complète et se réveille (pas toujours quand même!) de bonne humeur. Un point pour tous.

Contrôler ses émotions

Pour contrôler sa voix, encore faut-il qu’elle ne soit pas en pleine crise de nerfs. Lorsque j’ai recherché pour la première fois des informations concernant les enfants qui perdent ainsi le contrôle de leurs nerfs, je ne suis tombée que sur des articles concernant les «enfants de deux ans» qui étaient incapables de «gérer leurs émotions faute de vocabulaire». Rien ne pouvait être plus faux de notre côté. Une enfant plus âgée, un vocabulaire très élaboré pour son âge… Alors quoi penser? Finalement, en cherchant plus autour du Fucking four, je me suis aperçue que la gestion des émotions restait difficile à cet âge également. On parlait de «coups dans la porte», «d’objets qui volent», «d’enfant capable de hurler à en shaker de nervosité». Là, ça me parlait. On est donc revenu à la base : exprimer ses émotions, rappeler qu’il est correct d’être en colère, évoquer l’idée de la frustration, trouver ensemble des solutions pour gérer ces débordements. C’est notre difficulté la plus intangible et la plus difficile à gérer. Lorsque nous atteignons un certain point de colère, un bouton «non retour» se met en place et il est alors quasiment impossible de la faire revenir rapidement à un seuil de contrôle. On y travaille!

Routiniser, décrire et expliquer

Pour prévenir les crises, nous essayons d’annoncer ce qui vient ensuite dans la journée et de respecter un certain rythme. «Nous allons arriver à la maison, je vais te détacher et tu monteras sur le perron pour m’attendre pendant que je détache ta sœur et que je prends les sacs. Tu marches directement et tu vas jusqu’en haut» fonctionne nettement mieux désormais que «Voilà, tu es sortie de la voiture, va en haut allez, non ne t’arrête pas au milieu de la route! Monte je te dis! Pourquoi tu reviens? Bon sang la moto, attention…!!»

Parc des aviateurs Utiliser des phrases positives

C’est beta comme tout et pourtant nous nous sommes aperçus que dire «marche sur le trottoir» était plus efficace que «ne marche pas sur la route». C’est pourquoi «Fais la petite voix» a trouvé enfin un écho alors que «parle moins fort» pouvait être répété jusqu’à 45 fois sans succès. On a naturellement tendance à utiliser la négation, qui est certainement plus difficile à comprendre pour un enfant. «Range après avoir joué», «mange avec tes couverts» et «utilise un mouchoir» devraient donc être plus efficaces que «Ne laisse pas tout traîner!», «Ne mange pas avec tes doigts» et «Ne mets pas tes doigts dans ton nez!». C’est particulièrement vrai, je pense, lorsque l’enfant a une capacité d’attention moindre et qu’il a tendance à écouter seulement certains mots de la phrase.

Montrer l’exemple

J’ai rendu à B. une gifle qu’elle venait de me mettre. J’écris ça là. Vous en pensez ce que vous voulez, vous condamnez, vous reconnaissez que ça vous est arrivé une fois aussi, vous admettez, vous ne pouvez pas concevoir, etc… Le fait est que, c’est arrivé alors qu’elle venait de taper violemment sa sœur et que je l’ai saisie par le bras en criant «on ne tape pas dans cette famille». Elle m’a tapée, et je lui ai rendue. Si je suis parfaitement honnête, j’ai réagi d’instinct, je ne me souviens pas avoir réfléchi à quoi que ce soit. J’étais très en colère devant la violence et la gratuité de son premier geste (envers sa sœur). La gifle qu’elle m’a mise m’a surprise (dans le mauvais sens du terme) et les guts ont fait le reste.

Reste que… A quel point est-ce abscons de crier «on ne tape pas dans cette famille!» pour ensuite gifler son enfant? Je sais, je sais… Moi aussi je me suis trouvée cave. Si je donne cette règle, je dois pouvoir l’appliquer en premier lieu. Désormais, je me calme d’abord, ça m’apprendra!

La règle des trois R

Pour bien éduquer il faut être capable de se contrôler. Et Dieu sait que ce n’est pas toujours évident. La règle des trois R est donc : Recule, respire, réagis. En d’autres termes : tu sens que tu vas décapsuler, tu recules un peu, tu t’isoles, tu prends une marche si nécessaire. Lorsque tu es prêt à jouer ton rôle de parent patiemment et efficacement, tu reviens.

Et tu recommences deux minutes plus tard parce que les cris suraigus de ton petit dernier ont eu raison de tes bonnes résolutions.

À la nôtre hein! On s’en sortira…

-Lexie Swing-

Intégration à la nouvelle garderie 

Garderie CPEC’était hier. Pas comme dans l’expression mais en vrai. C’était hier. Nous avions fait le lobbying qu’un changement de garderie mérite : il y aura de supers nouveaux jouets, les amis seront formidables, as-tu vu la belle bibliothèque, regarde il y a une toilette pour chaque local (on a les arguments qu’on peut).

On était tellement bons que Miss Swing, il y a une semaine, fanfaronnait auprès des éducatrices qu’elle allait quitter. « Je pars, je m’en vais, la nouvelle garderie est tellement mieux, il y a même des VÉLOS ». Un sens du comico-tragique digne d’un Feydeau.

Le public s’est contenté de serrer les dents et de hocher la tête, en nous souhaitant bonne continuation.

Nous voilà donc, devant les portes de la nouvelle garderie. On a préparé les mouchoirs et offert des bouteilles Paw Patrol pour attirer les filles vers la cour. Les enfants jouent en criant dans le soleil déjà chaud de l’été (une rareté ces jours-ci). 

Je m’arc-boute, prête à traîner mes enfants… et Tempête me fausse compagnie pour enfourcher un vélo trop grand pour elle. Accrochée à ma main, B. disparaît soudain, ne résistant plus à l’appel du carré de sable, de la petite butte d’herbe, des ballons qui rebondissent et de la maisonnette dans laquelle se cacher.  La fontaine d’eau constitue à elle seule un nouveau passe-temps. Plus de chandail trempé par une gourde mal vissée (ou mal visée, selon les jours, les éducatrices tentant d’abreuver les enfants « à distance » pour éviter la contagion), mais de l’eau à profusion en appuyant sur un simple bouton.

J’attendais les grands cris, du mélodrame et des jupes déchirées (la mienne), je n’ai récolté que des regards fuyants et des « oui oui ok maman à tout à l’heure ». Tempête n’a même pas daigné lever les yeux à notre départ. 

Leur grand-mère les a récupérées ébouriffées et ravies trois heures plus tard. L’une avait fait du vélo, l’autre des jeux dans la cour. Les deux avaient su utiliser les salles de bains et sentaient bon la crème solaire.

Quant à la garderie elle-même, Miss Swing est formelle, il y a un truc incroyable, « ils servent du lait avec la collation, t’imagines ça Maman! ».

Par contre elle a trouvé la balade en vélo trop fatiguante.

Intégration 1 – doutes 0. Mais on m’a prévenu, il y a toujours un petit coup de mou quelques jours plus tard. Reste que l’intégration-en-trois-semaines-de-pleurs-c’est-normal-madame-tous-les-enfants-font-ça n’est plus qu’un mauvais souvenir.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Un p’tit vélo dans la tête {Remorque Coaster XT/Stroll de Thule}

Remorque enfantLe Canada, la Rive-Sud, Saint-Bruno, ses enfants et ses vélos partout… Il n’en a pas fallu plus pour que je me mette moi aussi à rêver d’un monde que je parcourrai à dos de bicyclette après avoir durant tant d’années chevauché une selle de cheval. Le vélo de mes rêves offert par mon amoureux, il restait une autre inconnue pour résoudre l’équation : que faire des enfants ? Le chariot Coaster XT/Stroll de Thule est alors entré en scène.

Ladite remorque, affectueusement appelée la chariotte chez nous, venait de faire son apparition chez MEC, enseigne incontournable au Canada pour les sports d’extérieurs.

Thule, marque suédoise, avait passé haut la main la barrière des critiques et avis Internet. Réputés solides, confortables et bien pensés, les chariots Thule avaient tout pour plaire… sauf leur prix! 600 dollars pour une remorque une place lorsque j’avais besoin de deux. C’était encore plus que ce que je payais chaque semaine pour la garderie, ce qui n’était pas peu dire !

La nouvelle Coaster était peut être moins passe-partout. Elle n’avait pas non plus la possibilité de se travestir en poussette de jogging ou en traîneau de ski de fond. Mais elle était moins dispendieuse et pouvait aussi bien tenir lieu de remorque à vélo que de poussette.

Dans le magasin, nous avons mis dedans fille de trois ans et bébé de 10 mois et nous sommes repartis avec le lot. L’enfant, le bébé et la chariotte. L’histoire d’amour ne s’est jamais démentie depuis.

La remorque est bien équipée : voile de protection pour les moustiques, voile imperméable pour la pluie. Les deux se roulent de manière indépendantes si l’on ne souhaite pas les utiliser. Assises confortables (à ce qu’on m’a dit ;)), ceintures trois points et drapeau à glisser à l’arrière, suffisamment haut pour être aperçu au dessus des voitures en stationnement.

vélo enfant siègeLa roue avant se déplace afin de ne pas gêner lorsque le chariot est tracté par le vélo, et se remet facilement lorsque l’on veut repasser en mode poussette. L’arrière présente un espace de bonne taille pour ranger toute sorte d’affaires.

Nous pouvons la mettre ouverte dans le coffre de notre SUV, mais il est aussi facile de retirer les roues (elles se déclipsent) et de replier la remorque afin de gagner de la place.

A date, nous l’avons utilisée par tout temps, toute l’année, dès que nous sortions à pied ou en vélo quelque part. Nous avons commencé avec un adaptateur pour bébé (*à vendre*) en allant tranquillement à pied, puis nous avons pris la route lorsque Tempête s’est endurcie.

C’est l’un des investissements pour enfants le plus rentable que nous avons faits. La prochaine fois que l’on me demande ce qui est indispensable avec un enfant: exit le lit à barreaux, bye bye les pull-ups… Place à la chariotte!

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing