L’Indien n’est pas un costume d’Halloween

Lorsque j’étais petite fille, l’Halloween n’était pas encore très courant en France. Lorsque nous nous déguisions, c’était pour Mardi Gras, une fête catholique située juste avant le Carême. Un défilé avait lieu, on mangeait des choses grasses comme des bugnes (ça n’a pas la même forme que des beignes mais c’est gras pareil) ou plus sucrées comme des crêpes, on allait à la vogue et on était heureux.
J’avais les cheveux longs, j’avais le visage fin, je portais bien les nattes, j’étais faite pour être déguisée comme les Indiennes des contes. On m’affublait d’un ruban et de plumes, et d’une robe à franges en suédine. Je me plaisais dans le miroir, c’était un joli déguisement.

On en trouve encore, des déguisements comme ça, dans les rayons des boutiques françaises. Ils sont toujours aussi mignons, mais même si je magasine volontiers dans ces boutiques-là pour l’Halloween, le costume d’Indienne n’est plus sur ma liste. La vision de l’Indienne telle qu’elle est perçue en France n’a rien à voir avec la façon dont est perçue la culture autochtone. Car la femme autochtone n’est pas un personnage. Ce n’est pas le Rocky de Paw Patrol, ce n’est pas le Mario de Mario Kart. Ce n’est pas une pompière, ce n’est pas un M&M’s. Ce n’est ni une job, ni un objet, ni un personnage de dessin animé, ni même un personnage célèbre. C’est une culture et une communauté plurielles. Ce sont des coutumes. Ce sont des langues. Ce sont des personnes auxquelles il serait doux de s’identifier si leur culture n’avait pas été tant (re)niée dans l’Histoire et à l’époque actuelle.

Aussi, et ce n’est pas moi mais une étudiante de Winnipeg qui le disait l’an dernier, ces costumes – car oui il s’en vend aussi au Canada – donnent une image non seulement fausse, mais également très figée de la culture autochtone, une image très datée en réalité. Un professeur du Manitoba, interrogé dans le même article, déplorait même que les Autochtones soient perçus, à travers ces déguisements, comme des « sauvages exotiques ».

Tous, cependant, ne sont pas d’accord avec cette vision des choses. Dans un second article daté également de l’an dernier et paru dans La Presse, on aborde la notion de tabou et d’hypersensibilité, on y insère les mots censure et liberté d’expression, déplorant qu’au nom du politiquement correct, on ne puisse plus se déguiser en Indienne, ou en Geisha, en Chinoise, en Mexicain portant cigare et sombrero ou même en Noir.

Pourtant, cela va – et c’est seulement mon opinion – au delà de la liberté d’expression, c’est prioritaire sur la notion de droit ou de censure, c’est une question de respect. Et c’est la raison pour laquelle ce n’est pas un problème d’être déguisée en Petite Indienne en France, et que ça l’est au Québec. Le poids de l’Histoire, la place d’une communauté dans une société, devrait primer sur le droit de porter n’importe quel déguisement à l’Halloween. La Petite Indienne en France est un personnage de livre, une héroïne de dessin animé. La communauté à laquelle un tel déguisement ferait référence ici au Québec se doit d’avoir le respect de son peuple, les Canadiens. Tout comme n’importe quelle communauté, a fortiori si elle est ou a été discriminée.

Et non, contrairement au parallèle émis dans l’article mentionné ci-dessus, je ne pense pas que cela puisse être mis sur le même plan qu’un déguisement de Flamenco ou de French Cancan. Ni même de Geisha. Et celui qui crie au loup revient à dire que les Françaises dansent toutes le French Cancan, et que les Espagnoles maîtrisent toutes le Flamenco. Pour avoir du sang des deux peuples, je vous confirme que l’on peut être aussi peu douée dans l’un ET dans l’autre.

Alors exit le déguisement de Petite Indienne, nous avons misé sur du solide, du doux, du pelucheux cette année. En bons végés, amis des bêtes, nous avons voté pour la ménagerie. Cette année nous avons donc l’ex chat, devenu souris (une reconversion) et le petit cheval déguisé en chat (des oreilles qui trainaient par là).

Et vous, quels déguisements avez-vous ressorti des placards? Et pensez-vous que l’on devrait pouvoir tout porter?

-Lexie Swing-

10 choses qui font de moi une super mère

On crie, on sacre parfois, on se trompe, on tranche un conflit de façon injuste, et on culpabilise, forcément. Ce n’est pas évident d’être parent, c’est un apprentissage de chaque instant, certainement le plus dur, le plus long et le plus complexe des apprentissages sur lesquels nous avons dû travailler.

Pourtant, nous sommes aussi de bons parents, des parents inventifs, des parents généreux. Nous avons tous nos qualités, tous nos aptitudes. Certains d’entre nous sont les rois du bricolage du dimanche, d’autres ont toujours le mot pour rire ou faire des pitreries. Il y a ceux qui n’ont pas leur pareil pour concocter un goûter de rois à partir de rien, et ceux qui restent en tout temps des piliers, immuables, indéboulonnables, et qui tiennent bon contre vents et marées.
Parce que l’on préfère souvent culpabiliser que se congratuler, je déclare la révolution lancée. Nous sommes de bons parents, nous essayons, nous réfléchissons, nous nous amendons et nous aimons à la folie. Alors voici le top 10 des choses pour lesquelles je suis une super maman, un super parent.

1. Je suis bonne comédienne.
Mon chum vous confirmera que je suis nullissime pour faire les accents mais que je suis une très bonne actrice. Donnez-moi le loup et deux-trois cochons et je vous fais tomber n’importe quelle maison, fracas et grand souffle à l’appui. Je mime, je m’époumone, je dramatise, j’ironise… bref je vis les histoires et j’adore ça.

2. J’aime cuisiner. Vous noterez que je n’ai pas dit « je suis bonne cuisinière ». Mais oui, j’aime cuisiner. Y passer du temps. Stocker au frigo trois plats pour la semaine, un cake pour le petit déjeuner et deux baguettes sorties du four. Imaginer un trifle aux pommes végane parce que manger seulement une pomme me semble un peu plate. J’aime manger, les repas en famille, donc je cuisine, et ça me donne l’impression de diffuser beaucoup d’amour (même si mes petites ingrates font la moue devant mon couscous-1h de découpage-30 Minutes de cuisson).

3. J’ai confiance en mes capacités. Quand je dis « je vais les emmener faire un tour de vélo sur la route même pas peur », I mean it. Je n’ai pas peur, je sais que je suis capable de gérer, j’ai confiance. Ça m’aide à leur faire faire des choses qui sortent de l’ordinaire.

4. Je sais garder mon calme. Je craque souvent à l’issue d’une journée ordinaire : trop de stress, pas assez de rapidité d’exécution dans l’enfilage du pyjama ou le brossage de dents. Mais mettez-moi dans un supermarché avec un Terrible 2 en phase de mutation et je suis d’un calme olympien. L’enfant qui nage au milieu du carrelage, oui oui c’est le mien. Non, je ne compte pas le sortir de là. Et oui, il va apprendre. Et sinon, ce fromage, vous le vendez combien ?

5. Je les fais bouger. J’aime mettre du Shakira et me remuer. Pousser la chansonnette (partiellement faux) sur Au Clair de La Lune. Initier une séance de yoga. Improviser une séance de peinture. J’aime passer à l’action, et les solliciter.

6. Je suis pro nature. Les tablettes, télé et jeux vidéos, très peu pour moi. Ça ne me rend pas fière qu’elles connaissent des publicités par cœur. Qu’elles reconnaissent le bruit d’un pic dans la forêt oui. Qu’elles s’émerveillent du chuchotement de leurs pas dans les feuilles d’automne, absolument. J’aime les savoir dehors et pour moi qui me suis longtemps terrée entre une couette et un bon livre, c’est un vrai progrès.

7. J’entends tout, et surtout les cauchemars à deux heures du matin. Un corps qui se tend, un murmure étouffé… Les angoisses de la nuit évitent rarement mon radar. Ce qui mine mon repos fait la joie de mes enfants: à toute heure de la nuit, je suis prête à réagir immédiatement.

8. J’entends leurs souhaits. « Je voudrais faire des cupcakes avec des paillettes vert-de-gris », « je rêve de voir un bébé veau en vrai » et l’habituel « moi veux aller au parc à vélo » de Tempête, sont des demandes que j’essaie de satisfaire. Pas tout de suite, pas là maintenant, mais elles savent que je vais y penser. Que je vais magasiner les bonnes paillettes, et regarder la météo pour savoir si on peut aller samedi au parc en vélo. Quant au petit veau je cherche toujours… une idée de ferme pédagogique avec des veaux juste nés?

9. Je me mets en quatre pour les anniversaires, pour l’Halloween, pour Noël, pour les fêtes en général.

10. Je les aime et je leur dis. Souvent. Chaque jour. Plusieurs fois par jour.

Et vous, qu’est ce qui fait de vous un parent incroyable ? De quoi êtes-vous fier? Que diront vos enfants de vous plus tard? Je veux tout savoir !

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Relaxation : pratiquer la visualisation avec son enfant

 Miss Swing a un livre de yoga et relaxation depuis son plus jeune âge. Et aussi loin que je me rappelle, il a toujours eu beaucoup de succès. C’était un achat/cadeau utile et intelligent (quand on sait le nombre de trucs que l’on achète et qui ne servent jamais…).Hier soir, nous avons donc ressorti ce livre. Le yoga est le sport du trimestre à la garderie, alors c’est avec aisance que ma plus si petite fille a enchainé papillon, grenouille, chat et incontournable chien, fesses en l’air. On a suivi une autre page : doudou sur le ventre pour bien mesurer sa respiration, puis sur les jambes, pour tenter de concentrer son attention, puis sur la tête, etc.

J’ai tenté ensuite de lui faire fermer les yeux et suivre mon doigt sur son bras, sa jambe, etc, mais très chatouilleuse, elle se tordait de rire. Je suis donc revenue à ce que je connais le mieux de la relaxation : la visualisation.

J’ai lu pour la première fois un livre au sujet de la visualisation il y a une quinzaine d’années. Se trouvait chez nous un ouvrage consacré à – je pense – la visualisation à titre thérapeutique. Je me souviens clairement du procédé énoncé alors que l’auteure mentionnait la visualisation comme aide dans la lutte contre la maladie : il s’agissait de visualiser les cellules malades et de les pousser dehors, en les imaginant sortir de son corps. J’ai alors essayé, avec le sentiment de sentir un chatouillis très léger parcourir mon corps à mesure que j’y conduisais un chemin.

J’ai gardé de cette lecture l’habitude d’utiliser la visualisation comme technique de relaxation. Je l’ai également utilisée à différentes reprises avec des enfants lorsque j’étais animatrice de colonies. Elle a été efficace aussi sur des adultes alors que je passais mon brevet d’animatrice. Hier, ma fille y a été particulièrement réceptive, plus qu’elle ne l’a jamais été. Ce qui me fait dire que son âge – 4 ans – est certainement un point de départ intéressant pour qui veut pratiquer la visualisation avec son enfant. Ça vous intéresse? Voici quelques conseils amateurs en la matière.

Comment on fait : Lumière tamisée, l’enfant est allongé, on peut mettre une musique douce, à un volume bas. Si cela n’angoisse pas l’enfant, proposez-lui de placer un doudou/toutou ou une peluche molle sur ses yeux afin de conserver une certaine concentration. On lui explique que, pour se relaxer, il va devoir imaginer qu’une petite bille parcourt son corps et qu’il doit la suivre avec son esprit. Avec votre voix, vous allez guider le parcours de la bille. Lorsque l’enfant est prêt, touchez doucement le haut du crâne et signifiez-lui que la bille se trouve là, puis d’une voix calme et douce, commencez à raconter son parcours : «La petite bille glisse sous tes cheveux, elle file jusqu’à ton oreille droite, le haut de l’oreille d’abord, puis le lobe… Maintenant elle passe derrière ta tête, traverse ta nuque et remonte jusqu’à ton oreille gauche…» Continuez ainsi le chemin de la bille en nommant précisément chacune des parties du corps, chacun des doigts, chacun des orteils. À la fin, faites remonter la bille le long de la colonne vertébrale et ressortir par le haut de la tête.

Application de la technique à l’enfant : Si l’enfant n’identifie pas complètement la droite de sa gauche, accompagnez les mots droite et gauche (ça fait toujours un apprentissage) d’un toucher très léger de la main sur l’endroit mentionné. Faites de même lorsque vous nommez les doigts. Prenez garde à ne pas oublier de nommer une partie du corps («l’index» par exemple) car le passage de la «bille» va suivre un certain automatisme. Si vous oubliez de nommer une partie du corps alors que la bille y passe, l’esprit de l’enfant risque de buter sur votre oubli et de sortir de la relaxation.

Intérêt : La visualisation permet au corps de l’enfant de se détendre complètement en obligeant les membres à se relâcher. Elle améliore également la concentration. Si votre enfant est bien à votre écoute, vous aurez la surprise de voir la bouche s’ouvrir, les genoux frémir ou les doigts de pieds bouger au moment où la «bille» passe. C’est une technique intéressante avant le sommeil, ou lorsque vous voulez aider l’enfant à reprendre le contrôle de lui-même lors d’un moment de stress ou de panique.

Limites : L’enfant doit être à l’aise avec l’ensemble du processus, notamment la lumière tamisée, le fait de fermer les yeux et/ou d’avoir une peluche posée dessus, et également d’imaginer une bille. Certains enfants préféreront peut-être imaginer autre chose : un mini animal, un bonbon rond. Il est possible aussi que votre enfant n’arrive pas à se plonger dans l’exercice, vous interrompe, se redresse. N’insistez pas, le moment est peut-être mal choisi. Passez à quelque chose de plus actif, comme du yoga, et réessayez plus tard.

Pour aller plus loin : La visualisation a d’autres vertus. On peut s’en servir pour visualiser une situation effrayante et trouver les clés pour la désamorcer. Elle peut avoir un intérêt également en cas de douleur pour permettre à l’enfant d’accompagner lui-même ses sensations. Elle est aussi utilisée pour se projeter dans une situation «gagnante» (l’enfant réussit un examen) pour une personne qui manque de confiance en elle, etc., ainsi que comme technique de concentration avant de faire ses devoirs, de passer un concours ou de faire face à une épreuve.

Quelques sites :

-Lexie Swing-

Photo : Fujikama (Pixabay)

 

La violence faite aux femmes devrait avant tout être le problème des hommes

J’ai écrit deux articles, j’ai lu, coupé puis laissé de côté. Les hashtag d’expériences d’harcèlement ou d’agressions sexuelles sont une déferlante à laquelle je m’identifie sans souhaiter y prendre part afin de ne pas altérer la puissance de certains témoignages par les miens.

Si j’avais deux choses à dire, la première serait que j’ai été étonnée de constater, en en discutant avec des amies ou connaissances, combien de femmes ont intégré des comportements de défense comme s’ils étaient gravés dans leur ADN. Nous savons toutes comment feindre l’indifférence, hâter le pas, esquiver, ignorer les avances à peine dissimulées, se cacher sous de grands capuchons et des hauts informes le soir venu, et dissimuler dans nos sacs nos hauts talons. Nous avons appris à repérer les ruelles problématiques, les groupes arrogants, les pervers gouailleurs. Nous avons l’instinct sûr mais nous sommes parfois en mal de force, en mal de mots et en mal de possibilités pour éviter l’impensable. L’impensable se produit tout le temps, partout, dans toutes les sphères de la vie, dans tous les domaines de métiers. Nous subissons, nous ironisons, nous plaisantons, nous crions, nous pleurons, nous nous plaignons, nous partageons, mais à la fin nous sommes seules.

La deuxième chose que je voudrais souligner c’est que nous ne voulons plus être seules. Vous le savez, je crois fermement à l’égalité. Je crois qu’on ne peut changer le monde que si tous les acteurs de celui-ci marchent ensemble. Je crois que le harcèlement, les agressions, sont avant tout la résultante d’abus de pouvoir, d’un problème de limites sociétales et de complaisance dans l’éducation donnée aux garçons pendant trop longtemps. Je crois aussi que les hommes devraient en avoir marre. Parce que ceux et celles qui vous excusent vous disent que vous êtes trop cons pour connaître les limites, trop bestiaux pour retenir vos bas instincts. Ils vous privent de vos capacités humaines de conscience et d’empathie.

J’ai déniché cette vidéo dans les Ted Talks et elle m’a fait le plus grand bien. Elle était la lettre manquante à mon équation compliquée. Elle a répondu à la question « quels rôles peuvent jouer les hommes ? »

Cette vidéo vous dit notamment ceci (de mémoire):

  • La violence faite aux femmes est en premier lieu un problème d’hommes. Pas de femmes. D’hommes. L’agresseur est responsable de ses actes. Pas la victime, pas ce qu’elle portait, ni la couleur de son rouge à lèvres.
  • Fermer les yeux, hurler avec les loups, et rire avec les hyènes, c’est faire preuve de complicité. Lorsque vous laissez votre ami mettre une main aux fesses de la serveuse sans intervenir, vous êtes complice. Ne faites pas semblant que le harcèlement et les agressions ne sont pas votre problème parce que vous n’avez jamais harcelé ou agressé quelqu’un.
  • Vous pouvez changer les choses. C’est parce que des hommes s’opposeront à d’autres hommes que les choses changeront. Nous ne pouvons changer les choses et la société seules. Nous avons besoin qu’au quotidien, en notre absence, dans la communauté masculine, vous refusiez que les femmes et n’importe quelle autre personne, soient maltraitées. Vous vous offusqueriez d’un commentaire raciste, vous interpelleriez une personne extrémiste, alors prenez votre place d’homme et refusez le sexisme ordinaire.

Ça fera de vous des leaders. Et si vous ne me croyez pas, regardez ceci :

Je mets volontairement l’accent ici sur une opposition : violence sur les femmes perpétrées par des hommes. Nous savons tous que les agressions sexuelles ne sont pas perpétrées seulement par des hommes, ni seulement sur les femmes. Cela n’enlève rien aux victimes, quelles que soient leur âge ou leur sexe. Cependant, cela n’enlève rien au problème non plus. Merci de ne pas vous insurger dans les commentaires que l’ensemble de la planète ne soit pas mentionnée, soupesée et accentuée ici, dans l’ensemble de ces possibilités, états et sexualités.

-Lexie Swing-

Mon faire-part avec Popcarte

Elle est posée là, sur notre nouveau comptoir de bois. Lorsqu’ils l’aperçoivent, les gens s’exclament. Que c’est joli! J’aime la police! C’est vraiment vous sur la photo? Mais une question surtout les taraude : est-ce que c’est vrai?

La réponse est que non, ce n’est pas vrai. Mais je l’accompagne toujours d’un sourire. Car oui, ça pourrait l’être. La date est celle de notre anniversaire de rencontre. 2019. Nous fêterons alors nos douze ans. Fêterons-nous autre chose ce dimanche-là? Impossible à dire. Peut-être? Qu’en pensez-vous?

Reste cette carte. La courbe délicate de nos noms d’emprunt. La photo à l’intérieur dont j’ai changé la teinte. Les pleins et les déliés, la rondeur des mots d’annonce. J’adore cette carte. L’annonce et les noms sont faux mais le bonheur et l’amour y sont véritables.

J’ai réalisé cette carte pour vous. Je voulais essayer – ainsi qu’on me l’a proposé – le site français de création de cartes Popcarte. Je me suis demandée ce que vous, vous aimeriez créer. Quels seraient vos besoins. J’ai autour de moi des gens qui annoncent tous les jours leur mariage prochain. Même si l’on dit que le mariage a moins le vent en poupe et que la mode est à l’union libre, et au PACS (ça tombe bien, car il y a des cartes d’annonce de PACS également). Vous pouvez retrouver les faire-part sur la page dédiée de Popcarte. 

Les cartes d’anniversaire

Ce sont les toutes premières cartes que j’ai regardées. Je n’avais jamais songé avant à faire une carte d’anniversaire moi-même. J’en achète pourtant tous les mois, pour différentes personnes. Des collègues, des proches, des gens de Montréal et quelques-uns de France. Je les choisis soigneusement, je ne suis pas de ceux qui prennent la première sur la tête de gondole. J’y passe de longues minutes. Prenant, reposant, hésitant.

J’ai fait de même sur Popcarte. J’ai arpenté. J’ai scrollé vers le bas. Je suis remontée. Je les ai comparées. J’en ai finalement choisi une avec photos. Je les ai sélectionnées, les ai intégrées. J’en ai changé deux. Et je suis revenue à ma sélection initiale (je suis d’une inefficacité redoutable). J’ai réfléchi au texte, j’ai fait quelques rimes. Elles étaient grossières alors j’ai dû recommencer. Je ne vous la montrerai pas. Elle est mon secret pour plus tard. Mais voici quelques exemples que j’avais retenus, dont celle ci-dessous qui est même disponible en version aimantée (je rêve de recevoir ça pour mon anniversaire! Quelqu’un? Youhou?).


Je voulais tester le caractère pratique du site. J’ai proposé à mon amie d’envoyer une carte à son tour. Son neveu fêtait son anniversaire, elle a donc parcouru les cartes pour enfants. La version cowboy l’a séduite. Elle n’a eu plus qu’à charger sa photo, et l’affubler de quelques artifices, comme une moustache et un chapeau. Le petit M. l’a reçue quelques jours plus tard et ouverte le jour J. Il était heureux et sa maman a confirmé nos premières impressions : la photo était impeccable, et la carte d’une qualité irréprochable.

Les cartes postales

C’est par elles que tout est arrivé, un précédent essai ayant donc mené à d’autres. Pour l’occasion, j’ai sollicité de nouveau Mamy, dont le mur ferait pâlir n’importe quel collectionneur. J’ai procédé comme la dernière fois : une fois l’application Popcarte téléchargée gratuitement – j’ai utilisé le site internet pour mes autres créations – j’ai pu naviguer parmi les propositions. L’application est ludique, facile à utiliser. Il existe un onglet spécifiquement appelé cartes postales, avec un design particulier et le genre de petits messages que vous pouvez trouver sur les cartes du bord de mer («Vacances les pieds dans l’eau à Saint-Malo», «Bisous salés»… vous voyez ce que je veux dire?), le tout agrémenté de dessins de glaces, de coquillages ou d’un fond façon carte du monde. Pour ma part, j’ai choisi l’onglet qui proposait un agencement de plusieurs photos, comme la fois précédente. J’ai rehaussé mes photos avec un filtre spécial proposé (le genre de filtre que l’on trouve sur Instagram). Le tout m’a pris trois minutes, envoi compris. La carte postale est arrivée deux jours plus tard dans les mains de ma mère, qui se trouvait là. De son avis, la qualité est bonne, mais le rendu était un peu trop rouge, pas naturel. Pour avoir reçu et envoyé plusieurs cartes, par différentes compagnies, je pense qu’il est indispensable d’utiliser des photos de très bonne qualité, et bien exposées, sinon la qualité s’en ressent à l’impression.

Les cartes de vœux

J’avais annoncé mon mariage, fêté deux personnes dont un enfant, et envoyé deux cartes postales, alors je me suis demandée ce que je pouvais faire d’autre. Ce que vous aimeriez pouvoir faire vous. J’ai songé à ma belle-sœur qui envoie toujours des cartes pour la nouvelle année. Une jolie tradition qui se perd un peu. Devais-je essayer d’en envoyer moi aussi? J’ai fait le choix d’être égoïste. Après sélection du modèle qui me plaisait le plus, j’ai chargé mes photos. Au moment de valider, j’ai fait un truc un peu fou : j’ai sélectionné «magnet». 10*15, la même carte que je m’apprêtais à commander, mais en version qui se colle sur mon frigo, sans aide et aimant qui se barre tout le temps.

Elle est mon coup de cœur. Je l’adore. Elle est fine comme une carte, parfaitement aimantée. Les photos sont superbes. Celle que vous voyiez à l’écran est floutée mais vous n’en devinez pas moins les couleurs éclatantes et nos visages heureux.

J’ai une carte de vœux de nous pour l’année 2018. Je ne suis pas sûre que ça se fasse, de s’envoyer une carte de vœux pour la nouvelle année, mais je vous le conseille! On ne se fait pas assez de cadeaux à soi-même…

*Concours*

Popcarte vous propose de gagner, par mon unique, merveilleux et modeste intermédiaire, 40 euros à dépenser sur le site internet. Que vous ayez des faire-part de naissance à envoyer, des faire-part de mariage, des cartes en tout genre ou que vous ayez le goût, comme moi, d’essayer plein de choses et de faire plaisir aux gens autour de vous, vous pourrez les utiliser comme bon vous semble.

Pour participer, je vous propose de faire un tour sur Popcarte.com et de me laisser un commentaire ou de m’écrire un message en privé en me disant simplement quelle(s) carte(s) aurai(en)t vos préférences.

Vous pouvez participer où que vous soyez dans le monde, jusqu’au vendredi 20 octobre 23h59, heure de Montréal (je suis sympa, ça laisse de l’avance pour tous ceux qui se trouvent à l’est ;)) . Le ou la gagnant(e) sera tiré(e) au sort parmi les commentaires et messages. Un code de promotion lui sera ensuite remis par le prestataire. Bonne chance!

{Edit du 21 octobre 2017: Une main innocente et pleine du sirop d’érable du samedi matin a tiré au sort le nom… d’Alienor! Merci à toi!}
-Lexie Swing-

Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat.

 

Connaissez-vous la région de Charlevoix?

Entre Charlevoix et nous, c’est une histoire d’amour. On a longtemps cru que c’était le nom d’une ville, on voulait « aller à Charlevoix », mais nous avons dû nous rendre à l’évidence : Charlevoix, c’est plus que ça. C’est une région, un ensemble. Des parcs naturels avec des vues à couper le souffle, le Saint-Laurent, les jolies villes qui bordent le chemin, le petit train qui remonte le long du fleuve, entre Québec et la Malbaie. C’est le terroir, la tradition, les élevages d’animaux (même de lamas!), les fromageries…

Nous revenons de Charlevoix. Mon chum a encore dressé des plans, arpenté des terrains et visionné des maisons, j’ai encore retenu mon souffle face au mouvement de l’eau tantôt apaisée, tantôt agitée. Il a fait 25 degrés et de la pluie battante dans la même journée. Et puis orage, le soir venu…

Allez faire un tour, à Charlevoix… Pour deux jours, pour une étape, pour une semaine. Donnez-vous cette chance, c’est une région magnifique.

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing

 

« Il s’adaptera de toute façon »

Sainte-Irénée, CharlevoixHier midi, ma prof racontait comment, lors de son jogging, elle était allée à la rencontre des lieux qui avaient ponctué sa vie jusqu’à 20 ans : son école primaire, son école secondaire, l’appartement où elle vivait enfant, le premier qu’elle a loué seule… Elle a voyagé à travers le monde et vécu dans au moins un autre pays, mais les principaux lieux de sa jeunesse, son ancrage, tiennent dans quelques kilomètres carrés. À l’inverse, les deux autres personnes présentes, un autre étudiant et moi, serions incapable d’un tel «voyage». Nos jambes n’y suffiraient pas. Une voiture oui, et plusieurs journées devant nous. Nous avons vécu deux enfances fort différentes, mais elles se ressemblent sur un point : celles-ci ont été ponctuées de maisons et de déménagements. Pas au point des enfants de militaires ou des enfants de parents «Michelin» qui changeaient de pays au rythme des mutations parentales, mais beaucoup plus que certains des amis que nous avons croisés dans nos vies, qui ont ouvert les yeux sur un monde dont les coordonnées topographiques n’ont que peu changé.

Les enfants sont adaptables. Tout le monde le sait, tout le monde vous le dira. Il y a des exceptions cependant, et je garde en mémoire cette personne que j’aime beaucoup et qui regrette l’immigration de ses parents depuis 50 ans. 50 ans oui. Mais les enfants sont adaptables. Est-ce pour autant dire que c’est une chance, pour un enfant, de déménager souvent?

Enfant moi-même, je ne me posais pas vraiment la question. Je suis aussi la résultante de ces changements. Serais-je pire ou meilleure aujourd’hui si je n’avais pas changé plusieurs fois de villes, de maisons et d’habitudes? Seul un univers parallèle pourrait éventuellement y répondre. Serais-je à cet endroit dans ma vie? Non, probablement pas. Je ne crois pas aux destinées. Je crois que notre entourage, notre environnement et la vie quotidienne nous façonnent. Parfois on s’extirpe de son milieu, de sa bourgade, pour filer ventre-à-terre découvrir ce que le monde a à nous offrir. Parfois on voyage toute son enfance et l’on jette l’ancre sitôt la majorité atteinte pour ne plus jamais bouger. Et les gens se désolent : «S’enterrer ainsi, alors que ses parents lui avaient tant fait voir le monde». Je le répète, on est la résultante de ce que l’on a vécu. Quelle que soit l’équation. Nombre de déménagements + nombre d’écoles connues × nombre de jours où l’on a été surnommé «le nouveau» = envie de ne plus jamais bouger.

À l’inverse, un enfant qui aura beaucoup voyagé aura peut-être aussi «la piqûre du voyage». Une fille croisée un jour durant mes études, fille de voyageurs au long cours, m’avait ainsi expliqué se sentir incapable de se poser quelque part. Elle ne se sentait chez elle qu’en «transit». Un drôle de sentiment.

Pour revenir à mon interrogation initiale, car il y en avait une, je me suis souvent demandée, depuis que je suis mère, quel serait le mieux pour mes enfants. J’ai toujours aimé changer, déménager. Immigrer a été pour moi une chance, mais en tant que personne individuelle, et aussi en tant que couple, je rêve d’en voir encore et toujours plus. Parlez-moi de Boston, de Toronto, des Prairies, même de Charlevoix, de Sherbrooke, de la Nouvelle-Zélande, des pays nordiques… Je vous dirais que j’ai déjà regardé chacun de ces endroits, chacun de ces pays, pour savoir quel genre de travail on pouvait y trouver et comment y était la vie. Nous nous sommes déjà demandés si nous serions heureux ailleurs. Mais le nous a grandi.

Je n’ai aucun impératif professionnel. Mon conjoint non plus. Nous n’avons plus d’excuses. Nous pouvons parfaitement nous épanouir professionnellement à Montréal, et nous en avons d’ailleurs le souhait. Pour la première fois depuis que j’ai commencé ma vie d’adulte, je suis arrivée quelque part avec le sentiment d’avoir atteint un but, une ligne d’arrivée. Nous avons seulement toujours eu cet appétit insatiable de voir encore plus, de voir ailleurs. En bons représentants de notre génération, le monde n’est qu’une succession de stations dans un train lancé à grande vitesse.

Mais mes enfants? Les voyages forment la jeunesse, certes. Mais je ne suis pas certaine que les déménagements soient nécessaires, soient obligatoires, pour former une jeunesse équilibrée et sûre d’elle. Déménager, changer d’école et de ville, voire de pays, rend adaptable. Les plus sociables accroissent cette capacité, tandis que les plus timides se renferment. Chez certains, l’adaptabilité frôle l’invisibilité. Ils se fondent dans la masse sans laisser de traces. Puisque de toute façon on les oubliera.

Je crois que j’aimerais ça, que les repères de mes enfants puissent se concentrer sur quelques kilomètres carrés. Au moins sur une partie de leurs vies. Qu’elles évoluent, sûres d’elles, dans un monde qu’elles connaissent et maîtrisent, pour laisser toute la place au reste. Qu’elles n’aient pas à se soucier de se faire connaître. Que leurs racines bien plantées leur apportent le nécessaire, pour qu’elles n’aient à gérer que le superflu.

Je crois que j’aimerais ça oui, puisque c’est aussi pour ça que je suis venue ici. Dans l’idée de leur offrir quelque chose de spécial, une chance particulière, un endroit que nous avions choisi pour y faire notre nid. Elles seront libres plus tard de choisir où faire le leur.

La réflexion demeure…

Et de votre côté? Comment avez-vous grandi? Et qu’avez-vous choisi?

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing (quand je la vois courir ainsi j’ai toujours la musique de La Petite Maison dans la Prairie dans la tête).

Karaté kid

B. a fait plusieurs activités depuis ses premiers rires. Des cours de bébé-piscine, des sessions Karibou, de la gym-trampoline en septembre dernier. 

Je n’en avais pas vraiment conscience, alors que je l’accompagnais, vêtue de son justaucorps, mais elle n’avait pas envie de s’y rendre. L’idée lui plaisait, le sport, l’action, certaines des professeurs, mais il y flottait ce-je-ne-sais-quoi qui la retenait de s’y épanouir. Cela me sert un peu le cœur quand j’y repense. Mais je sais aussi que la vie sera faite de lieux où elle n’aura pas envie de se rendre et de choses dont elle repoussera l’exécution. Les activités de loisirs, cependant, devrait rester une source de plaisir. Pourquoi s’astreindre à faire à tout prix de la course à pied alors qu’on déteste courir? Pourquoi s’inscrire pour abandonner immédiatement? Nous avons tous quelque chose, un sport, une activité, qui nous correspond. J’en suis intimement persuadée. Ce n’est pas parce que faire du sport nous demande un effort suppplémentaire que l’on ne peut y trouver du plaisir, de la satisfaction.

Forts de cette idée, nous avons cherché ce qui pourrait correspondre à notre grande de 4 ans et demi. Un âge où plus d’activités sont désormais permises. Et nous ses parents avons choisi le karaté.

Je dis nous car, à la mention du karaté, B. nous a dit «non». Juste non. Vous ne l’auriez pas inscrite? En vérité, tout comme moi au même âge, et même moi il y a quelques mois , elle n’avait aucune idée de ce qu’était le karaté, de ce qu’on y apprenait. Si c’était drôle, si c’était pour tout le monde.

On a d’abord pensé au karaté car il allait apporter tonus musculaire, équilibre et souplesse à notre petite fille un peu gauche. On a continué à penser karaté quand les deux ans sont devenus trois ans, puis quatre, et que son caractère a dû faire face à la vie, la vie de famille, la société. Quand elle a dû apprendre à garder le contrôle et que l’on a dû apprendre à garder le nôtre. On a enfin évoqué le karaté en apprenant qu’il donnait confiance, que tout le monde pouvait y trouver son compte, que c’était amusant mais rigoureux. Notre petite fille est rigoureuse, elle aime les règles, elle aime l’ordre, elle est souple et enjouée. À elle aussi le karaté pouvait correspondre.

On lui a dit qu’on allait juste essayer. Juste comme ça. On lui a montré une vidéo pour qu’elle ne soit pas surprise de la tenue portée et on s’est inscrit pour le cours d’essai.

Ils étaient plein d’enfants, mais aussi plein de professeurs. C’était joyeux, bruyant. B. était comme anesthésiée, toute à son effort de tout observer. Elle a enfilé la tenue sans mot dire. Le professeur a demandé aux enfants de venir s’asseoir devant lui. 10 se sont mis à courir vers lui. Deux se sont mis à sangloter. On a retenu notre souffle et Tempête qui voulait se joindre au groupe… et la magie a opéré. B., quatre ans et demi, ma toute petite souvent en retrait, a pris sa place dans le groupe. Mieux : elle a dit bonjour. Mieux encore : elle s’est présentée.

Pendant le cours nous observions. Souriants devant son enthousiasme, soucieux devant sa mine parfois fermée. Lorsque le professeur «principal» a sonné la fin du cours, nous sommes restés immobiles. B. nous a rejoint en courant, avec une moue lasse, et en cœur nous avons posé la question qui allait tout déterminer : «As-tu aimé? Veux-tu t’inscrire?»

Son visage s’est illuminé. Elle a dit «oui je veux!», et puis «c’est quand la prochaine fois?». Elle a parlé de jack et de punch, elle a mimé l’esquive. Elle a surtout dit que Monsieur Truc était gentil et il est où Monsieur Truc, est-ce qu’il sera là la prochaine fois? C’est quand la prochaine fois?

Que fait B. au karaté? Elle y va une demi-heure deux fois par semaine. Ils commencent par des étirements, un petit laïus/action sur le contrôle de soi, en groupe ils reprennent les enchaînements de «coups» et mouvements. Puis ils se séparent en petits groupes autour des enseignants «adjoints» pour des exercices plus précis. À la fin, le professeur les invite à s’asseoir autour de lui et il évoque le «mot de la semaine» comme environnement, confiance ou une notion similaire.

Comment c’est? Joyeux, entraînant! La qualité du cours vient en partie de la personnalité du professeur principal. Les notions sont claires, il les encourage, il mime, il parle d’une voix forte et invitante, l’ensemble est rythmé, les professeurs adjoints font pleinement partie du programme et répondent aux questions du professeur principal pour donner le ton à la troupe. La politesse est de mise, ainsi que l’importance de répondre d’une voix distincte et d’un ton clair.

Des défauts? Oui et non. Une demi-heure c’est super. Deux fois par semaine c’est demandant. Cela rajoute un certain stress à notre semaine. Si B. ne s’y plaisait pas autant on ne se donnerait pas la peine. Également, le prix, 100$ mensuels environ, est un investissement supplémentaire à ce qu’on aurait pensé mettre pour l’activité sportive de notre fille de 4 ans.

Je recommande? Oui, je crois que vous l’avez senti. Malgré les inconvénients, l’argent et le temps que cela nous prend, je vous l’assure, it worth it. Comme nous assistons à tous les cours, nous reprenons les thèmes évoqués, nous lui rappelons de parler d’une voix claire et de regarder dans les yeux. Et notre petite se transforme tranquillement, prenant confiance et assurance, et s’amusant, surtout.

-Lexie Swing-

Quand l’anglais bloque…

Au Québec, à Montréal du moins, tout le monde parle peu ou prou anglais. Au moins un peu. Contrairement à la France, il est rare de commencer une phrase par «Hey, can I ask you…» et de se retrouver face à une personne montrant une incompréhension totale. Suivant le niveau de la conversation, il est possible que l’on vous réponde en français, mais la compréhension orale est bonne. Le quotidien, les publicités, la radio, la télévision et le reste ont largement contribué à cet état de fait.

Alors quand on arrive au Québec, on réalise vite qu’il va falloir maîtriser aussi l’anglais, au moins un petit peu. Lorsque l’on travaille dans les services, ou en contact avec la clientèle, il est (selon moi) indispensable d’être capable d’interagir dans les deux langues, dans le cadre d’une conversation basique au moins. Et surtout, surtout, d’être capable de comprendre son interlocuteur.

Travaillant pour un média francophone, j’ai passé les trois premières années dans un confortable déni de mon piètre niveau. Je m’y suis trouvée confrontée, à de rares moments, lors d’entrevues avec des anglophones, mais la honte du moment était vite oubliée.

Peu à peu, parce que l’on reprenait et synthétisait des articles de médias anglophones, ma compréhension s’est améliorée. Reste que je me retrouvais incapable d’aligner deux mots.

J’ai pourtant passé quelques mois en Irlande, mois dont je suis revenue avec un anglais courant, à défaut d’être fluent. Mais face à la concurrence environnante, et cette aisance à changer de langue au fil d’une même conversation, ma capacité à m’exprimer en anglais s’est comme atrophiée. Je me suis mise à bafouiller, à dire des do quand il fallait dire does, et des is quand j’aurais dû dire was. Mon accent, qui de façon surprenante était relativement correct pour une Française; mon accent est devenu indéchiffrable, incompréhensible. Un yaourt semblait habiter ma bouche. Une patate brûlante.

J’ai changé de travail et j’ai commencé à devoir échanger avec des Anglophones. À l’écrit, à l’oral. Au fil des réunions, ma compréhension devenait quasiment parfaite. Mais lorsqu’il s’agissait de s’exprimer, m’agrippant au principe de la province francophone, je me rabattais sur le français. Toujours. Si je devais écrire un courriel en anglais, je vérifiais la moitié des mots sur Linguee et ne mettait personne en CC.

Et puis un beau jour on m’a proposé des cours d’anglais. Pas parce que mon niveau était atroce mais parce que cela se faisait, dans mon entreprise. Je me suis donc retrouvée face à elle, ma prof. Une Anglophone de Montréal au rire sans fin et au verbe pointu. Une fille passionnante, avec qui j’ai commencé à échanger sur toutes sortes de sujets, faisant fi de cette langue que je ne maîtrisais plus.

Quand elle m’a demandé «Que souhaites-tu retirer de ce cours, pour quelle raison es-tu là?», j’ai mentionné mon envie de dépasser mes peurs. Peu importait que je fasse des fautes, je voulais être capable de parler, juste ça, parler.

Trois heures par semaine ont eu raison de mes appréhensions. Tout à coup le barrage a lâché. Tout à coup ma parole s’est libérée. J’ai cessé de tout regarder sur Linguee. Je me suis fait confiance, puisqu’elle semblait me comprendre.

Trois semaines après mes débuts, mon accent était revenu, normal, habituel. Pas parfait mais compréhensible. Et pour la première fois, cette semaine, j’ai mis une collègue en CC. Sans relire dix fois. Juste comme ça. Parce que maintenant je sais, je suis capable, et demain sûrement je saurais encore mieux.

Ce que je fais pour améliorer mon anglais au quotidien:

  • Je lis de la chick-lit. Je sens que là je vous fais rêver… Je suis incapable de lire Bridget Jones et autres comédies romantiques du genre, sauf en anglais! En anglais je n’ai pas conscience du style, ni de l’incohérence de l’histoire. Les histoires sont gentillettes. Parfaites pour lire sans se prendre la tête en butant sur les mots. S’il y en a un que je ne saisis pas, ce n’est pas grave, ça ne devrait pas me faire perdre le fil de l’histoire… Dans le même genre, une amie m’a confiée avoir lu Fifty Shades of Grey dans la langue de Shakespeare. Et puis c’est facile, martinet se dit martinet, en anglais.
  • Je parcours des articles. Je lis Courrier International depuis des années… La distance fait que, désormais, je le lis en priorité sur Internet. Alors quand la version originale est anglophone, je n’hésite plus, je me plonge dans l’article en VO. Et si à la fin j’ai un doute de compréhension, je peux toujours relire la traduction de Courrier International, histoire de…
  • Netfliiiix. A notre arrivée au Canada, nous avons dédaigné la télévision pour investir dans ce qui n’existait alors pas en France : Netflix. Si j’imagine que dans l’Hexagone les films et séries proposés sont traduits en français, il n’en est pas de même ici. Certains sous-titres sont parfois disponibles, mais pas partout, et pas tout le temps. Et puis on s’habitue vite à la vraie voix de Chandler ou de Monica (vous vous rappelez lorsque le doublage changeait soudainement au milieu d’une saison? Affreux!). Désormais, on ne cherche plus. On écoute les films en anglais, sous-titrés en anglais au besoin. Et on imaginerait plus les regarder autrement!
  • J’écoute des podcasts! C’est assez récent, ça a commencé lorsque J. a abordé le sujet de ses podcasts préférés sur son blogue. J’ai notamment commencé à écouter « Terrible, thanks for asking« . Nira McInerny a une histoire difficile mais une voix incroyable. J’adore l’entendre. Plus récemment, je me suis lancée dans « Stuff Mum Never Told You« , un podcast animé par deux Américaines et qui traite de sujets sur les femmes / le féminisme. Je les écoute pendant ma pause lunch au boulot ou dans le train. Je sais que J. écoute plutôt lorsqu’elle marche dans la rue. Chacun ses habitudes, l’important est d’habituer son oreille et d’entrainer sa compréhension orale!

Et vous, parlez-vous bien anglais? Au boulot? Dans la vie de tous les jours? Comment faites-vous pour vous entraîner?

-Lexie Swing-

 

Ma fille porte des fringues de gars (mais pas que …)

Le rose a longtemps été exclu de la garde-robe de ma première fille. Écœurés par les dégradés réduits (rose pâle/rouge framboise/fushia/mauve) et les jouets genrés, nous avons coupé court dès l’annonce de notre première grossesse par le biais d’une véritable campagne de terreur visant à éliminer tout désir d’offrir à notre progéniture quelque vêtement rose que ce soit. Non seulement cela a fonctionné, mais les gens s’excusaient : «Je suis désolée il y a quelques pois roses sur la poche arrière droite», ou «Le smock est blanc rosé mais je peux le découdre si tu préfères». Avec le recul, c’était un poil mesquin de notre part, mais à l’époque nous avions l’impression que cela était nécessaire pour éviter de se retrouver avec une garde-robe unicolore. Et avec raison : les quelques personnes non-prévenues nous ont invariablement offert du rose.

Est-ce parce que toutes les personnes pensent que les petites filles doivent porter du rose? Oui, mais pas seulement. La société bien sûr a codifié cette impression. Et le choix en lui-même reste restreint. Tous les parents qui ont souhaité gardé la surprise du sexe en ont fait l’expérience : au royaume du vêtement pour bébé, le mixte n’existe pas (pas beaucoup disons, restons quand même honnêtes) ou c’est un sac de jute. J’entends par là que le mixte, ou le non-genré, est forcément jaune ou beige.

Nous avons donc travaillé ardemment à offrir autre chose à notre fille. Pas parce que nous voulions changer la société par son biais, mais plutôt pour que ses goûts ne se limitent pas au rose, aux robes, aux paillettes, aux smocks, et aux leggings.

Pour les leggings, c’est foutu.

Mais pendant longtemps, le stratagème a fonctionné. Au milieu d’une marée de petites amies déguisées en princesses à l’Halloween, notre B., déguisée en super-héroïne, scandait : «Moi, z’aime le blue».. Et fiers parents que nous étions alors (on est toujours un peu cons, quand on est parent, on s’enorgueillit de choses surprenantes).

Et puis le vent a tourné : elle s’est mise à réclamer des chats, à quémander des paillettes et surtout, surtout, elle s’est mise à aimer le rose. Pire : c’est devenu sa couleur préférée. Et insidieusement, j’ai moi-même commencé à en acheter de plus en plus. Après tout : qui n’a pas envie de «faire mouche» avec son enfant et de voir le bonheur dans ses yeux alors qu’il déballe son quinzième chandail acheté pour la rentrée?

Ça m’embêtait un peu, quand même, cette histoire de rose. Mais je me disais que c’était hors de mon contrôle. La garderie, les amies, avaient eu finalement raison de ses préférences.

Un midi, je me suis retrouvée dans les allées du magasin Old Navy. Pas très cher, et avec des messages sur les pyjamas assez féministes (côté fille en tout cas) comme «Offrez-lui une belle nuit de sommeil afin qu’à son réveil elle soit capable de déplacer des montagnes» (en anglais, c’est plus court ;)) ou «Smart girl». Mais force est de constater que le rose est souvent de mise.

Le matin, j’avais proposé un chandail orange et vert à ma fille, qui m’avait aussitôt tancée : «Ça, c’est pour les garçons». Et tout à coup je me suis réveillée. Mes discours du type «Il n’y a pas de vêtements pour les garçons ou pour les filles, tu peux porter ce que tu veux» n’avaient aucune valeur, puisque moi-même je ne lui offrais pas cette possibilité. Il y avait des couleurs qui devaient être pour les garçons puisque ces couleurs-là, je ne les lui faisais pas porter.

Même sans voir l’enfant qui les porte, la société nous a conditionnés à juger si un vêtement est «de fille» ou «de garçon». Et je ne parle pas d’une jupe ou d’un boxer, mais bien de la couleur ou de la forme. Le rose, les pois, les nœuds, le violet, sont «de fille». L’orange, le vert (foncé surtout), le marron, les formes larges, sont «de garçon».

Ce midi-là, hésitant entre des étoiles et une sirène, j’ai fait deux pas sur la droite et j’ai commencé à évaluer les pyjamas «de garçons». Je faisais la moue. Ils avaient tellement l’air «de garçons». Je me retrouvais à lutter contre mes propres démons et me trouvais soudainement ridicule.

J’ai finalement attrapé un ensemble bleu nuit avec des planètes dessinées en vert. J’espérais ainsi séduire ma fille dont la garderie décline l’ensemble de son organisation ainsi que le nom de ses groupes en rapport avec l’astronomie. Fière de mon choix, je me suis alors dirigée vers les chandails. Plus compliqués, car «portés en publics». Lequel accepterait-elle d’arborer? Quels choix pour une transition en douceur?

J’ai sorti du lot un chandail assez large, avec des manches longues cousues dans des manches courtes. Un chandail bleu chiné, avec des manches longues grises et sur le devant, le S de Superman. Il se trouve que ma fille, si elle aime les super-héros, les apprécie principalement par le biais de ses amis garçons. Ainsi Spiderman et Batman n’ont plus de secrets pour elle. Mais puisqu’on parle peu des super-héroïnes aux garçons, et qu’eux-mêmes s’identifient plutôt aux hommes, ce qui est normal, ma fille elle-même ne se transforme, lorsqu’elle joue, qu’en Spiderman ou autre.

Ce soir-là, lorsque j’ai ramené les vêtements pour ma fille et qu’elle a ouvert le paquet, j’ai vu dans ses yeux, et à la forme de sa bouche, ce «O» de surprise conquise, que oui, j’avais fait mouche. À 4 ans, elle a encore le désir d’aimer les mêmes choses que ses amis. Tous ses amis. Garçons compris.

C’est donc avec bonheur que, dès le lendemain matin, elle a enfilé ses leggings (on ne se refait pas), ses baskets violettes et son chandail Superman. À notre arrivée, nous avons croisé l’un de ses camarades, qui a eu LA réaction que je n’aurais même pas espérée : «Wow Maman, t’as vu le chandail de B.? Comme il est beau? Maman je veux ce chandail! Elle est trop cool B.! »

Ma fille avait tout à la fois enrichi sa garde-robe et créé un nouveau pont avec des amis, un ami du moins. L’expérience était un succès!

Désormais, j’essaye de faire fi de mes préjugés et de glaner les vêtements dans toutes les sections de son âge, en m’attachant à des dessins ou des couleurs qu’elle aime, en faisant fi de l’agencement des couleurs, de la forme, ou des détails.

Et de son côté, la société avance : déjà deux fois que je relaie la décision de boutiques de vêtements pour enfants de cesser un étiquetage en fonction du genre. Juste laisser les gens décider ce qu’ils trouvent jolis, ce qu’ils ont envie de porter, sans se sentir nécessairement hors-norme parce qu’on aime les vêtements un peu larges ou les pois roses.

-Lexie Swing-