Pour mon travail, je pointe parfois le nez hors de mon bureau et parcourt la ville. Ma destination la plus fréquente reste à ce jour le palais de justice et ses environs. J’ai décidé de vous emmener avec moi. Vous êtes prêts? Tenez-moi bien la main et méfiez-vous, j’ai tendance à marcher sur la route…
Il est 11h45, je reviens du boulevard Saint-Laurent, angle Rue Notre-Dame Est. Je passe non loin du palais de justice dont je connais bien la façade. Un gars me croise, il dit à son chum que les menottes qu’il portait aux poignets lui ont fait mal. Des types en costume les dépassent, la robe d’avocat de l’un d’eux glissée sous un bras.
Je repasse devant le Starbucks dont j’aime la façade. J’y suis entrée il y a une demi-heure pour reprendre quelques notes coincées dans ma mémoire et que je craignais d’oublier.
Je remonte Saint-Laurent vers le nord. Je m’arrête un instant devant un café. Des articles en devanture annoncent que c’est un incontournable, bien connu des juristes. Je glisse le nez à l’intérieur et les odeurs de sandwichs chauds me happent alors qu’il est l’heure de luncher.
A l’angle de la Rue Saint-Jacques, je fais face aux gens qui s’apprêtent à traverser et à l’horloge du journal La Presse. Il est 11h54.
Pour les journalistes montréalais, La Presse est une belle place. Lorsque j’étais encore en France, l’un des chefs de la rédaction était venu témoigner de leur fonctionnement. Le web y tenait une place importante, il avait la primauté sur l’actualité, le journal papier jouant le rôle de suiveur. En France, la tendance a longtemps été inversée, le web se ramassant les clopinettes et les textes trop longs pour le print. Ce n’est que de trop longues années après, pour certains journaux en tout cas, que l’on a pris conscience que le web nécessitait des investissements importants et des techniques de rédaction particulières.
Ensuite j’ai croisé un poulet sur un mur, un coq pardon mais j’aime bien le mot poulet, et j’ai eu la chanson une poule sur un mur pendant une partie du trajet.
J’aime toujours me retrouver dans le Vieux-Montréal à cause des bâtiments qui me rappellent l’Europe. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est simplement que j’aime les vieilles pierres qui semblent abriter sous leur surface effritée une histoire.
De l’autre côté de la rue, derrière le coq, il y avait ce bâtiment plus petit, attirant, unique et qui abritait des cours de yoga et un restaurant. J’aurais eu le goût de m’asseoir sur la terrasse et de regarder le flot des voitures qui passaient.
J’ai traversé au milieu de la route comme une poule abandonnée parce que j’avais vu le soleil apparaître au dessus des immeubles et que je voulais le photographier. Bien sûr, une fois que mon mètre 20 et moi nous sommes retrouvés sous le bâtiment, je n’ai plus rien vu, mais comme j’aimais la façade et son arbre devant, j’ai sorti l’appareil.
Quelques dizaines de mètres plus loin, les cloches sonnaient et les touristes affluaient devant la Basilique Notre-Dame. Je n’ai pas d’attirance particulière pour l’intérieur des bâtiments religieux alors je suis restée à distance, tentant d’embrasser du regard et de l’objectif toute la Place d’Armes. Je n’ai pas réussi.
A côté de moi il y avait le musée de la Banque de Montréal et des employés qui sortaient pour le lunch. Dans leur dos, le drapeau du mouvement LGBT était en berne.
Je suis descendue sur la rue Saint François-Xavier puis j’ai traversé Saint-Antoine Ouest, à l’endroit où le Vieux cède la place à la modernité. Je me suis arrêtée au milieu du passage pour prendre la photo.
J’étais bien sûre allée trop loin, perdue dans mes pérégrinations alors j’ai fait demi-tour. Remontant Saint-Antoine, j’ai débouché à l’angle de la rue Saint-Urbain. Dans mon dos, la Côte Place d’Armes affichait sa pente, caractéristique du Vieux-Montréal. J’ai regardé un instant l’eau couler dans la fontaine et j’ai tourné les talons. Le métro se dressait devant moi.
Avez-vous apprécié la balade? On repart bientôt?
-Lexie Swing-




























