Cette fois encore je n’allaiterai pas

Pause biberon./ Photo Rita M.

Pause biberon./ Photo Rita M.

L’autre jour j’ai lu le témoignage d’une femme qui racontait combien l’allaitement avait été quelque chose de merveilleux pour elle. Dans son texte, il y avait de la tendresse, il y avait de la douceur, et beaucoup de promesses aussi. Ça m’a presque convaincue d’allaiter. Au moins pendant quelques secondes. Ensuite je me suis rappelée combien c’était doux pour moi de donner le biberon, combien c’était merveilleux de partager ce moment avec l’amoureux et combien je n’ai pas eu l’impression de me prendre la tête.

L’allaitement maternel devrait être un choix. Donner le biberon devrait en être un autre. Une alternative. Pas une solution de la dernière chance. Ni quelque chose dont on s’excuse en cherchant des raisons.
« Je n’avais pas assez de lait »
« Je ne m’imaginais pas… »
« J’ai les seins trop sensibles »

Pour ma deuxième fille, j’ai eu peur de ne pas assumer. De me chercher des excuses. De devoir me justifier, devant le doc, devant les sage-femmes, devant les autres mères, si nombreuses ici à allaiter.

En lisant ce témoignage j’ai trouvé un écho. Parce que ce bonheur qu’elle confiait, je l’ai vécu aussi. Avec un biberon. Ce n’est pas un choix par défaut, c’est un choix qui me ressemble. Et lorsque la doc, à l’approche de la naissance, me demandera « mais pourquoi vous ne voulez pas allaiter? », je répondrai : « je vais donner le biberon parce que ça me rend heureuse ainsi, parce que c’est la solution que nous avons choisie ». Je laisserai de côté l’agressivité, je ferai semblant de ne pas entendre le jugement. Je donnerai enfin à entendre combien donner le biberon est positif pour moi, et pour toutes celles qui ont fait ce choix par envie, au lieu de m’excuser de ne pas me conformer. Je respecte beaucoup celles qui se battent pour allaiter, faisant parfois fi des douleurs, des tétées à répétition, de la fatigue. Celles qui assument leur décision no matter what, parce qu’elles sont persuadées d’avoir fait le bon choix. J’attends pareil en retour.

-Lexie Swing-

Abandonner son chien pour les vacances ?

Chien abandonné./ Photo Alexandre Piron

Chien abandonné./ Photo Alexandre Piron

L’été approchant, les posts habituels fleurissent sur ma page Facebook. « Ne m’abandonne pas pour les vacances » est souvent le message, flanqué d’un chiot aux yeux élargis par la peur et ligoté à un arbre sur le bord de la route.
On sait aujourd’hui que les gens qui abandonnent leur animal au départ des vacances sont souvent les mêmes qui investissent dans un chiot Noël venu. Ces mêmes gens que les mêmes associations préviennent alors : « Je ne suis pas une poupée, je suis un animal ». Mais rien n’y fait.
Il y a cinq ans je rêvais d’un chiot poilu et doux, qui m’aimerait d’un amour démesuré et m’accompagnerait partout. J’attends toujours. Je ne perds pas espoir. Un jour je connaîtrais peut-être ce chien là. Mais pas tout de suite. Mon chien est effectivement poilu et doux. Et extrêmement chiant aussi. Personne n’imagine se retrouver avec un cas social comme chien de compagnie. Un chien mi-autiste mi-claustro.

La semaine dernière j’ai passé une journée de télétravail avec lui. Je l’ai souvent contemplé ébahie. Lorsqu’il est parti se cacher dans la chambre du bébé parce qu’il avait entendu le camion-poubelle. Lorsqu’il s’est terré sous la table pour ne pas sortir faire ses besoins dans le jardin. Lorsqu’il a sursauté en entendant le chien des voisins aboyer.
Jamais je n’aurais pu prévoir ça. Jamais vous ne pourrez prévoir ça. On vous dit que si vous choisissez un chiot chaleureux, qui vous fait la fête dès votre première rencontre et ne semble pas dominant, alors vous aurez choisi le bon. C’est faux. Eleven était un chiot adorable, qui essayait de monter sur les genoux. Mais c’était Dr Jekill et Mr Hyde. Il suffit de l’emmener en pleine cambrousse et de le regarder courir partout, faire la fête aux vaches et se rouler dans la boue (et se faire la malle) pour s’en convaincre.

Point numéro 2 : votre chien passera après votre gamin. Je ne sais pas si c’est une chose évidente, ni même si c’est une bonne ou une mauvaise chose, mais c’est ainsi: une fois que les enfants arrivent, le chien est relégué à une place moins enviable. Moins de caresses, plus de « pousse-toi de mes jambes ». Vous n’imaginez pas tous les croche-pieds qu’un chien est susceptible de vous faire quand vous portez un nourrisson de trois semaines. Hier, vous l’évitiez simplement, mais soudain il vous paraît dangereux, et vous l’éloignez sans cesse, lui criez de reculer, arrête de sauter tu vas lui faire mal, ne bouge plus tu mets des poils…
Les poils, parlons-en : nous passons notre vie armés d’un rouleau collant. Sur les vêtements, sur les jouets, sur les draps bien qu’il ne s’en approche pas. Même notre fille de deux ans sait s’en servir. Le pire moment a été la longue période où notre bebe joufflu galopait à 4 pattes ou rampait, mâchonnant allègrement les paquets de poils. Je rêve d’un tapis que je n’aurais jamais, parce qu’il serait immédiatement recouvert de longs poils blancs impossibles à décoller.

Je donne sûrement l’impression que je déteste mon chien. Ce n’est pas le cas. Il me rend juste chèvre :). Je donnerais n’importe quoi pour lui, pour qu’il soit bien. J’ai appelé des dizaines de garderie avant de trouver la bonne parce que je savais précisément dans quelles circonstances il serait vraiment bien. J’ai essayé plein de techniques différentes pour le rendre moins peureux, consultant nuit après nuit des tas de sites canins qui ne reflétaient jamais tout à fait notre réalité. Mais je refuse de me voiler la face et de couvrir également la vôtre en vous donnant l’image d’un prétendu chien idéal. Ce n’est pas juste le bonheur un chien. Mais ça en mérite par contre. Et se rendre compte à temps que l’on ne va pas pouvoir lui en donner, ça permet d’éviter une nouvelle séparation six mois plus tard.

Je n’ai jamais voulu me séparer de lui. J’y aurais sûrement songé s’il était devenu dangereux pour nos enfants. Mais nous avons supporté bon gré mal gré les insupportables sorties en ville, et son corps trop gros dans notre salon trop petit. Parce que nous savions que nous changerions un jour pour lui permettre de s’épanouir. Depuis que nous l’avons, nous avons toujours pensé à lui comme un membre à part entière de la famille, dont le vote, certes muet, valait autant que celui des autres. Lorsque nous sommes partis au Canada, il n’a jamais été question de le laisser en arrière. Je me souviens que des gens nous posaient la question, surpris parce qu’on l’emmenait. Moi j’ai toujours été surprise qu’on me pose la question. À la fin je répondais « oui et j’emmène ma fille aussi ». Je voulais montrer la bêtise que m’inspirait cette question.
Lorsque nous avons voulu acheter, nous avons vite renoncé aux appartements sans ascenseur. Car qui dit gros chien dit problème de hanches potentiel, et je n’avais aucune envie de devoir un jour le porter sur trois étages. Lorsque nous avons acheté la voiture, le constat a été le même : il nous fallait un véhicule dans lequel il puisse voyager en ayant un minimum de place. Pas question de l’obliger à rester assis aux pieds des heures durant parce que nous rêvions d’un coupé sport plutôt que d’un SUV. Je n’aurais jamais hypothéqué le bien-être mon chien pour pouvoir jouir d’un faste qui ne pouvait l’inclure.

Je ne suis pourtant pas mieux que les autres. Je me suis parfois demandée s’il ne serait pas mieux, ailleurs, adopté par quelqu’un d’autre, chez un couple de retraités qui vivraient dans la campagne profonde avec trois vaches et une poule. Et quelque part, en toute honnêteté, ce serait probablement le cas. Mais je ne supporte pas l’idée qu’il puisse être malheureux chez quelqu’un d’autre et de ne rien y pouvoir. Et si la personne, excédée comme moi-même je peux l’être quand il me renverse pour se cacher dans une chambre parce que le facteur a osé frapper à la porte, en venait à le taper ? Et s’il passait l’hiver dehors ? Et s’il était mal nourri ? Et s’il était abandonné à nouveau et que je perdais sa trace ? Égoïstement je préfère le savoir moyennement bien avec nous dans une maison que – je sais – il juge trop bruyante, plutôt que potentiellement malheureux chez quelqu’un d’autre. Et puis il y a autre chose : il a apporté beaucoup à ma fille. Chaque fois que je la vois poser sa petite menotte douce sur sa tête, chaque fois qu’elle le prend dans ses bras, aussi largement que ceux-ci le lui permettent, chaque fois qu’elle tombe en pâmoison devant un animal, je mesure ce qu’il lui a apporté. Elle est arrivée dans notre famille alors qu’Eleven était déjà là, et ça l’a, quelque part, rendue meilleure. J’en suis persuadée.

Adopter un chien de façon réfléchie, ce n’est pas se dire qu’on sera capable de tous les jours le sortir, ou penser que oui, c’est bon, il y aura toujours des amis pour le garder au moment des congés. C’est plutôt se demander ce qu’on est capable de lui apporter nous, quels sacrifices on est prêt à faire, quelle place on accepte qu’il prenne dans votre vie. En d’autres termes, ne vous demandez pas ce qu’avoir un chien va changer pour vous, demandez-vous ce que vous, vous allez changer pour lui. Alors vous aurez commencé, déjà, à le voir avec le respect qu’il mérite.

-Lexie Swing-

Enceinte… et libre

Free./ Photo bzhmatth

Free./ Photo bzhmatth

Force est de constater que le stress était un poil plus présent pour cette grossesse que pour la précédente. À quelques instants près, j’ai passé la première grossesse sur un petit nuage idyllique. Elle s’était greffée, elle allait donc rester. Point. Bien sûr j’ai eu le doute des « pertes bizarres » (et connu ainsi les urgences de Paris), « la chute avec chien » (urgences d’Auch) et le « votre col a trop raccourci, vous ne partirez pas dans votre famille à Noël », mais pas de quoi fouetter un cerf avec ses bois.

Par définition logique, la deuxième grossesse devrait être bien plus simple que la première. Rapport au terrain connu. Il n’en fût rien. J’ai attendu la fin du premier trimestre la trouille au ventre, stressé devant le regard bizarrement inquiet de l’échographe, googlé encore plus de trucs improbables. À la veille de mon départ en vacances, je me demandais encore si mon corps allait tenir le choc d’un road trip de 2000 km. Et puis nous avons vu la doc pour la visite de check-up mensuelle.

Et elle a ri.

« Je ne pense pas que vous ayez un problème de col cette fois.

– Oui mais la première fois il avait raccourci vers 6 mois.

– Non vraiment je ne pense pas que là ce soit le cas, et puis…

– Et puis quoi ?

– Et puis s’il raccourcit un tout petit peu, ce ne sera pas grave.

– Il paraît que c’est grave quand ça raccourcit trop tôt pourtant ?

(Silence souriant du médecin)

– Oui mais le vôtre fait deux fois la taille normale (et ce n’est pas une expression).

Je suis partie en voyage avec un col de près de 6 cm. Comme l’a souligné ma copine Sarah, « ce n’est pas un col, c’est un tunnel ». Et pour moi, c’était le tunnel de la liberté d’esprit. Bien sûr, si mon col tombait tout à coup à 3 cm, ce serait problématique. Car il aurait retrouvé une taille normale mais également raccourci de moitié, ce qui, plus que le chiffre lui-même, est la donnée qui inquiète les gynécos.

Mais la porte est fermée à double tour et ma petite mandarine est en sécurité. Le médecin était serein, et sa zénitude était contagieuse. Les vacances furent une délivrance. 200 km en moyenne par jour, une journée de marche à Boston, une autre à Providence. J’avais le coeur léger et le ventre soutenu par ma ceinture de grossesse pour éviter que la demoiselle ne pèse trop. J’ai marché, joué sur le toboggan avec ma fille. Je me suis baignée. Je me suis souvent reposée aussi, pas parce que j’en ressentais l’obligation morale mais bien parce que mon corps me le demandait. Je me suis retrouvée, avec toujours dans le ventre ce tumulte perpétuel de ma mandarine insomniaque qui a effectué pour la seconde fois de sa vie un voyage à l’étranger (et sans passeport!).

J’avance doucement, sereinement, dans ce début de dernier trimestre, avec la grâce d’un manchot à qui on aurait posé des crampons. Mais je me sens enfin libre!

-Lexie Swing-

 

Des baguettes sans pétrissage en quelques tours de cuillère en bois

Le titre le plus long, ever, pour parler d’une recette ridiculement courte à préparer… J’ai commencé à faire mes baguettes maison lorsque j’en ai eu marre d’acheter à prix d’or les baguettes rances proposées par les grandes chaînes de boulangerie soit-disant françaises d’ici. Du pain dégueu on en trouve partout, en France comme ailleurs, mais vendre du pain rance au prix normal semble être une spécialité du coin.

J’ai un Kitchen Aid pour pétrir mais j’ai toujours eu du mal à trouver un pain qui goûte convenablement. Je suis loin d’être la reine de la boulange disons! Alors j’ai franchement été charmée le jour où j’ai découvert la recette de la baguette magique de Rose, chez Cooking Mumu.

Depuis, j’en fais plusieurs fois par semaine. Cette recette présente un seul défaut : la pâte est très liquide et donc difficile à séparer en deux parties. Je le fais grossièrement et sans état d’âme mais ceux qui apprécient les formes arrondies et régulières devront investir dans des moules à baguettes et peut-être même se tourner vers d’autres recettes avec pétrissage. Cependant, le goût est celui d’un bon pain et la mie est aérée.

Pour deux baguettes, comptez 375g de farine, une cuillère à café de sel, 6g de levure sèche et 300 ml d’eau tiède.

Mon bol de pâte (à 8h tapantes)./ Photo DR Lexie Swing

Mon bol de pâte (à 8h tapantes)./ Photo DR Lexie Swing

Mélangez la levure avec 30g d’eau tiède environ dans un grand bol, et laissez buller une dizaine de minutes. Ajoutez l’eau restante (donc environ 270g d’eau – je sais je suis forte en calcul mental). Puis la farine et le sel. Mélangez à la cuillère en bois jusqu’à ce que toute la préparation soit bien amalgamée. Placez le bol recouvert d’un linge humide dans un endroit chaud, ou dans votre four préchauffé quelques minutes puis éteint.

Lorsque la pâte a doublé, versez-la sur une plaque de cuisson ou un moule à baguettes, recouverts dans les deux cas de papier parchemin ou sulfurisé. Le but du jeu est de séparer votre pâte en deux, et là c’est l’école de la débrouille : vous pouvez prélever la moitié de la pâte dans le bol et façonner votre première baguette, puis la seconde. Ou bien tout verser et séparer la pâte une fois celle-ci versée sur la plaque. J’ai une préférence pour la première version car les traces de pâte (dues à la séparation) ont tendance à noircir. Faites des grignes sur le dessus de vos baguettes (mais n’attendez pas que je vous explique comment on fait je suis nulle pour ça). Vous pouvez essayer ce tutoriel.

Préchauffez votre four à 460°F ou un 240°C en plaçant un ramequin d’eau rempli sur une grille du four (oui c’est carrément tropical) ou en remplissant la lèchefrite d’eau. Vous pourrez en rajouter pendant la cuisson. Enfournez pour 28 minutes environ (c’est le temps idéal chez moi, ce sera peut-être 30 chez vous mais commencez à surveiller vers 25 minutes).

Vous pouvez les dévorer, attendre le lendemain matin ou les congeler. A vous de voir mais n’oubliez pas de goûter à la sortie du four (après que le pain ait refroidi hein), c’est délicieux!

-Lexie Swing-

Crêpanita et le Marché Saint-Jacques

Crêpanita est tenu par un couple de Bretons./ Photo DR Lexie Swing

Crêpanita est tenu par un couple de Bretons./ Photo DR Lexie Swing

Depuis quelque temps, nous n’avons plus de poêle à crêpes. Notre cuisinière électrique a été remplacée par une autre, induction cette fois-ci, avec les accessoires coûteux que l’on connaît. Au vu du prix des casseroles, nous avons donc fait l’impasse sur ladite poêle. Mais cela faisait plusieurs semaines que je me languissais d’en manger. En attendant l’investissement, je me suis abonnée au fil Instagram du restaurant breton-montréalais Crêpanita, histoire de saliver à défaut de dévorer.

Et puis hier, à la faveur d’un post, j’ai découvert que les propriétaires lançaient « L’Oiseau matinal », une formule à 10$ proposée les fins de semaines de 9h à 11h et qui comprend une crêpe sucrée, une boisson froide et une boisson chaude. Nous n’avions rien de prévu le lendemain matin, c’était encore un peu les vacances dans notre tête (nous rentrons d’une semaine aux USA), nous avons donc jugé le moment opportun (enfin j’ai jugé, et vu mon débordant enthousiasme n’admettant aucun refus, Mr Swing s’est incliné) pour tester la petite enseigne, tenue par un couple de Bretons, dont nous avions déjà plusieurs fois entendu parler.

Voici le menu tel qu’il était inscrit sur Instagram et Facebook :

– 1 crêpe beurre-sucre OU 1 crêpe sucre-citron OU 1 hermine (au sarrasin, caramel au beurre salé et pacanes torréfiées OU au froment, caramel au beurre salé et amandes effilées) – 1 boisson froide (jus d’orange ou de pamplemousse fraîchement pressé, limonade à l’eau de rose, jus d’hibiscus, jus de pomme) – 1 boisson chaude (thé, café, jus de pomme chaud à la cannelle, chocolat chaud).

Nous sommes arrivés à 9h30, nous étions les seuls et avons donc pu profiter pleinement de l’endroit, assis autour d’une jolie table en bois, tandis qu’Erwan le propriétaire expliquait à voix basse à son second les rudiments de – je pense – la confection du Kouign Amann (à en juger par le fait qu’ils touraient la pâte, mais je m’avance peut-être lol, c’est parce que je rêve désormais de tester le Kouign Amann, j’y ai vu un signe!!).

La miss au marché Saint Jacques./ Photo DR Lexie Swing

La miss au marché Saint Jacques./ Photo DR Lexie Swing

Nous avons choisi des crêpes (citron et sucre), mais n’avons pas résisté à l’envie de goûter une hermine (un petit gâteau en forme d’étoile filante – superbe… et impossible à photographier puisqu’il a été dévoré sitôt posé sur la table – non non, pas par l’enfant…) à la farine de sarrasin, caramel au beurre salé et pacanes). Les crêpes sont fines et goûteuses, les jus de fruits pressés servis dans de jolies bouteilles à l’ancienne et le café est bon. Je recommande, notamment si vous avez la chance de vous asseoir à la table du fond que Miss Swing a nettoyée en long, en large et en travers durant toute la fin du repas (c’est son plaisir du moment).

Je ne vous referais pas le topo sur tout ce que le resto propose de fameux, notamment la pâte à tartiner et le caramel au beurre salé maison mais vous pourrez en savoir plus en lisant l’article de ma copine Marie (et puis elle, elle a mis des photos des plats ;)).

Avant de rentrer, nous avons voulu voir le marché Saint-Jacques juste à côté, inconnu au bataillon pour nous. Et c’est une sacrée découverte! Le marché – intérieur – est très mignon. Petit mais bien achalandé. Nous avons testé le primeur (et les légumes et fruits goûtés ce midi y sont bons), ainsi que le saucissier allemand qui vend également du Milka (je trépignais) et le boulanger. J’y ai vu aussi un frigo de fromages estampillé « 3 pour 14 dollars ». Une affaire quand on voit le prix du fromage au Québec! Un peu plus loin, un café turc et une très jolie pâtisserie ferment la marche. Vous laisserez vous tenter?

-Lexie Swing-

 

Femme et journaliste

Nellie Bly, l'une des premières femmes journalistes vraiment influentes./ Photo Newseum

Nellie Bly, l’une des premières femmes journalistes vraiment influentes./ Photo Newseum

Il y a quelques jours, des femmes journalistes politiques françaises ont publié une longue tribune dénonçant le sexisme auquel elles ont droit. Regard appuyé sur le décolleté, blagues déplacées, minimisation des compétences. C’est un peu ça le trio infernal.

En France, l’homme politique a en moyenne, je ne sais pas, 50 ans ? Ceux que l’on rencontre sont en tout cas tous grisonnants. Ils sont assis, confiants, sur leur trône de pacotille, et vous accueillent avec la légitimité qu’ils estiment vous devoir. Aux hommes, même jeunes, la poigne confiante. Aux femmes, surtout jeunes, le dédain, le sourire condescendant ou concupiscent selon les goûts du bonhomme et l’humeur du moment.

Il faut du temps à une femme journaliste politique pour acquérir le respect auquel elle a droit. Il y a celles qui bataillent, il y a celles qui échouent, il y a celles qui s’en moquent. Mais toutes ont eu droit un jour ou l’autre à leur lot de petites remarques sexistes ou apparentées. À leur invitation à souper et plus si affinités. À leur petite drague ouvertement plébiscitée par les autres bedonnants en présence.

Ce n’est pas une poignée de femmes journalistes, parmi les plus connues du bottin, qui expriment ainsi leur désarroi. C’est une profession à part entière. La plus grosse moitié. Ce ne sont pas seulement celles qui bénéficient du package Entrée à l’Elysée et déjeuner de presse sur les Champs Elysées. Mais toutes les femmes journalistes politiques, reconnues ou temporaires, de signature ou de remplacement pour l’été.

Ce sont des hommes qui proposent des lois pour abolir les comportements sexistes au travail. Des hommes qui estiment en assemblée qu’est considéré comme du harcèlement sexuel une remarque ouvertement déplacée, et qui se permettent, dans l’antre de leur bureau, de soupeser sans gène aucune les jambes croisées de la femme qui les interviewe. Ce sont des hommes qui votent pour l’égalité des salaires et évaluent les compétences en fonction de la taille des bonnets. Ce sont des hommes qui ont la parole dorée, le rire gras et la main baladeuse.

Ce sont des hommes qui disparaîtront. Car c’est l’un des premiers arguments donnés dans la tribune précitée : ce sont des hommes dans le déclin de l’âge qui seront bientôt remplacés par une toute autre génération. Une génération que l’on qualifie volontiers de paresseuse et d’égoïste, mais une génération qui croit aussi à l’égalité des sexes, au partage des tâches et à l’importance des enfants. Une génération née sous la coupe de femmes libres. Il n’y aura plus alors de place pour les hommes d’hier, les vieux de la vieille, qui rassurent leur peur de la déchéance à grands coups de remarques sexistes.

Mais dans tout ce tapage, il y a quelque chose qui me sidère : assez nombreux sont les commentaires de femmes, et j’appuie sur ce dernier mot, qui déclarent qu’elles « l’ont bien cherché » et qu’elles n’ont qu’à pas « coucher avec des politiques » et « porter des robes courtes ». Au pays du sexisme, le premier ennemi de la femme, c’est la femme elle-même. Ça se confirme, ça perdure. Et ça ne changera pas tant que toutes les femmes ne parleront pas d’une même voix. Mais peut-être est-ce un autre débat ?

-Lexie Swing-

Vivre à deux (en une)

Porter bébé./ Photo Meagan

Porter bébé./ Photo Meagan

La miss pleure. Un cauchemar. Je chuchote à son attention depuis mon lit. Le cri s’amplifie alors je me lève (la nuit rend l’amoureux particulièrement sourd). La belle au bois dormant n’a plus le sommeil très paisible et son petit corps se tord sous l’assaut de quelque mauvais rêve.

Tandis que je l’apaise, 30 centimètres de chair et d’os s’agitent en mon for intérieur. Car quand sa soeur est réveillée, mon bébé ne tarde jamais à s’agiter. Telle une lionne tapie dans la savane, ma future-née ne dort jamais que d’un oeil. Il me suffit parfois de penser à elle pour sentir ses petits pieds s’agiter sous mon nombril. À midi ou au milieu de la nuit, elle est toujours partante pour quelques soubresauts.

Et lorsque je sens glisser sous mes doigts de fines articulations, je réalise que je ne suis plus jamais seule. Dans quelques semaines, j’aurais recouvré la propriété entière de mon corps, à défaut d’en avoir vraiment l’usage. Mais pour le moment, je suis un condo en location. Un studio un peu étroit duquel elle repousse souvent les murs, défiant les lois de la physique et des sciences humaines en réduisant mon estomac à la taille d’un timbre poste et écrasant ma vessie comme un vulgaire coussin à billes.

Ma petite mandarine est de ces pensionnaires presqu’encombrants, qui prennent deux fois la place allouée et font la fête aux aurores sans se soucier du sommeil des propriétaires.

Mais elle est aussi présente, toujours. Me tenant par la main du coeur à chaque moment de fatigue, à chaque moment de doute. Me rappelant sa présence, son énergie, une énergie vitale brûlante qu’elle me partage chaque jour. Elle est tout à tour cabotine, enthousiaste ou câline. Se serrant contre la joue de son père avant de lui décocher un coup sur le nez tandis qu’il cherche à lui parler.

Je ne sais pas si elle restera cette enfant-là, ou si le petit ouragan qui vit en moi deviendra un nouveau-né au calme olympien, à peine troublé par une porte qui claque ou un chien qui aboie. Je commence juste à retrouver le (mauvais) caractère de sa soeur lorsqu’elle était dans mon ventre. Nul doute que passer de quelques centimètres carrés au vaste monde demande un peu d’adaptation.

By the way, Mandarine, c’est juste parce que j’aime bien ce mot. Il y a longtemps elle n’était qu’une mandarine, un petit fruit rond et souple à peine éclos. Elle fait désormais la taille d’une aubergine (selon mon appli de grossesse chérie), mais c’est nettement moins sexy non?

-Lexie Swing-

 

Ses lunettes Babiators : épisode 2

Le style Babiators./

Le style Babiators./

En ce moment, c’est le rush : nous partons bientôt en vacances! Alors côté maison comme boulot, il faut ranger, trier et organiser. Du coup, le temps pour écrire se fait moindre et j’ai loupé la publication de mai pour les nouvelles, mais je me rattraperai.

Qui dit vacances, dit soleil, enfin avec un peu de chance. Et qui dit soleil, dit lunettes. On avait acheté des Babiators pour la miss il y a un an environ, mais lorsqu’il s’est agi de remettre la main dessus, impossible. J’imagine qu’elles ont été posées négligemment sur une table de café, puis oubliées. Mister S. vote pour la paire oubliée au fond d’un sac lui-même perdu quelque part entre le sous-sol et le grenier. Bref, des lunettes il nous fallait, et j’ai donc recommencé à lorgner sur les paires pour enfants, quand une petite phrase m’a sautée aux yeux : « Babiators, vous les perdez ou vous les cassez ? On vous les échange! »

Miracle de la vie, j’avais effectivement enregistré le numéro de garantie au moment de l’achat. Mais commander la nouvelle paire n’a pas été si simple. Le site s’obstinait à m’afficher un pays qui n’était pas le mien, alors j’ai contacté le service client. « Il va falloir vous réenregistrer », m’a gentiment répondu une conseillère. « Vous avez oublié de remplir la case pays la première fois et le site a mis « USA » par défaut. » Ah oui tiens, ça me ressemble d’oublier un truc pareil.

J’ai voulu me réenregistrer comme proposé, mais il me fallait le code barre sur la boîte. Cela va sans dire que, comme je n’ai plus les lunettes, je n’ai plus non plus la boîte. J’ai recontacté la conseillère qui a gardé tout son calme pour m’envoyer un nouveau code.

J’ai pu m’enregistrer, rentrer mon nouveau numéro de garantie, choisir mes nouvelles lunettes, rentrer mon adresse, taper mon code de carte bancaire et.. ça n’a pas marché. Pas plus que les douze autres fois. J’ai donc recontacter la conseillère. Je pensais qu’elle me traiterait de demeurée, c’est ce que j’aurais pensé moi, à sa place. Je lui ai dit « Thanks a lot but your website is driving me crazy ». Oui je pesais mes mots. Elle a dû comprendre qu’on était en train de me perdre. Elle a réagi promptement en me disant « ici faut pas d’espaces, pour ce truc oui, pensez à supprimer les accents, et envoyez-moi un screenshot si ça ne marche toujours pas. » Elle n’a pas dit « Je suis avec vous, bon courage » mais c’était tout comme. Elle m’a donc psychologiquement tenue la main pendant que je recommençais fébrilement la manoeuvre. Et là, magie de la technologie, la page a affiché le mot « Success!! » C’en était un!

Moyennant le coût du transport – un poil exorbitant pour le Canada – j’ai donc pu bénéficier de la paire de lunettes de remplacement. Elles n’arriveront probablement pas à temps, j’ai donc pris le parti d’en acheter une autre d’une toute autre marque. Les Babiators feront toujours le bonheur de numérobis, cette délicieuse quoique violente petite fille qui devrait pointer son nez en août.

Un service client aussi performant, c’est assez rare pour être mentionné! Non?

-Lexie Swing-

Ready for the nap ?

La sieste de la petite Reese./ Photo Donnie Ray Jones

La sieste de la petite Reese./ Photo Donnie Ray Jones

Je recommence ce texte alors même qu’il vient intégralement de s’effacer…

La sieste pour moi c’est sacré. J’ai souvent eu une pointe de culpabilité de m’assoupir ainsi tandis que mon amoureux partait bricoler ou travailler, ou que mon infatigable mère s’agitait entre les étages de la maison et que je refermais doucement la porte sur ses pas dans l’escalier. Ce sentiment doux qui enveloppe ton corps assoupi, tes paupières lourdes en ce début d’après-midi. L’endormissement est toujours un moment fabuleux… le réveil beaucoup moins! Dur de s’extirper des bras de Morphée en pleine digestion. Et que dire de la lumière qui s’étiole à l’horizon bien trop tôt l’hiver venu ?

Du côté de Miss Swing, point de problème. Le marchand sablait ses yeux dès la dernière bouchée de yogourt englouti, et c’est avec délectation que la demoiselle rejoignait alors son lit. Mais ça, c’était avant! Avant que nous investissions dans un lit de grande! Car si les couchers du soirs ne durent qu’un instant, ceux de la sieste ont rapidement pris des allures de fête foraine, la miss sautant sur le lit, battant le rappel, courant me chercher, moi qui tentait désespérément de sommeiller.

Il nous a fallu 5 essais pour trouver la solution. Essai 1 : la miss a fini dans le lit à barreaux, à sa demande. Essai 2 : la miss a fini dans son lit à barreaux, à la demande de sa mère, dont la patience à ce terme de la grossesse est inversement proportionnelle à l’envie d’aller se coucher à toute heure de la journée. Essai 3 et 4 : la sieste s’est faite en voiture (petits joueurs, les parents!). Essai 5 : transformé ! (Quoi, vous ne regardez pas le rugby??).

Nous avons trouvé la solution tout à fait par hasard. Nous devions retrouver des amis pour se promener en début d’après-midi. Or qui dit balade en début d’aprem, dit sieste déplacée (ou enfant-qui-chouine-pour-se-faire-porter). Comme la miss se lève aux aurores (6h30, dimanche compris), nous l’avons mise au lit à 11h du matin. Pas un bruissement de couette, pas un appel. Le pote Morphée attendait notre belle qui s’est endormie en deux minutes montre en main. Et moi aussi.

Depuis, chaque week-end, nous retentons l’expérience, avec toujours autant de succès. Et c’est devenu le moment parfait! Dimanche dernier, la miss s’est donc levée à son heure habituelle. 9 heures, baby gym. 10 heures : bibliothèque. 11 heures : dodo. 13h : repas. Et après : une immense après-midi rien qu’à elle pour jouer dans le jardin au soleil. Sans compter que, pour elle comme pour moi, le réveil est drôlement plus facile à 13h, lorsqu’un doux fumet nous chatouille les narines.

Le bonheur a l’odeur d’une purée – saucisses au barbecue, le saviez-vous?

-Lexie Swing-

 

Mom toujours prête!

Time goes by./ Photo Sara B.

Time goes by./ Photo Sara B.

Je n’ai jamais été scout. J’aurais pu! Mes copines étaient Jeannettes et m’apprenaient toutes les chansons à connaître! De cette période de non-scoutisme je garde un sens aigu du « toujours prêt ». Et cela vaut pour les road-trips (décollage demain dix heures pour les Maldives? Ready to go honey !) (Oui, je suis aussi totalement prête dans mes rêves) comme pour l’arrivée de mes enfants.

Je lis une future juillettiste (entendez par là : une fille qui doit accoucher en juillet) et celle -ci assure qu’elle n’est pas du tout, du tout pressée de voir sa rose progéniture pointer le bout de son nez. La preuve : elle n’a encore rien. Ni le berceau, ni le siège-auto, et encore moins l’attirail nécessaire aux 4 jours de séjour à la maternité (en France). Mais elle a bien le temps, écrit-elle.  Il ne va pas arriver demain. Peut-être même pas au terme (croise-t-elle les doigts).

Je ne suis pas non plus pressée de rencontrer ma demoiselle. Je ne suis pas encore pressée, devrais-je dire. Car je suis le genre de fille à trépigner à 37 sa venues. Je ne voudrais pas qu’elle arrive demain, parce que ce n’est pas son heure (il paraît que 37 sa non plus, ce n’est pas forcément la bonne heure, mais comprenez bien qu’à ce stade, je perds ouïe et raison). Mais si c’était le cas, je serais prête.

Je ne suis pas du genre à me poser beaucoup de questions. Je suis un chemin que je trace à mesure et deal avec les obstacles avec plus ou moins de patience (très peu en fait). Mais de question, point. Il y a des gens qui se contraignent à l’immobilisme parce qu’ils soupèsent sans cesse le pour et le contre, et que chaque pas est assorti d’un « est-ce le bon ». Chez moi, l’immobilisme est un synonyme de la flemme. Et si je ne fais pas, ce n’est pas par peur d’échouer, mais bien parce qu’à ce moment-là, je dors (et je dors beaucoup).

Je crois fermement qu’on est toujours prêt pour tout. Et qu’il faut finalement peu pour accueillir un enfant, surtout dans un pays où les magasins sont ouverts 7 jours semaine. Je ne suis pas de celles qui pensent que ma valise de maternité serait mal faite si elle devait être préparée en urgence par mon amoureux (parce qu’il aurait pensé à l’essentiel : le chocolat), ni qui relisent sans cesse leur bouquin de maternité à la page « Comment accoucher » (pousse chérie pousse). On y arrive toujours, no matter what. On se découvre des réserves insoupçonnées. On se surprend à demander poliment la péridurale à l’anesthésiste lorsqu’on aurait envie de lui arracher les yeux et de les mitonner en bourguignon. On s’aperçoit qu’un pull d’adulte peut faire une excellente couverture et que pain-chips-chocolat peut être un très bon repas improvisé (surtout avec quelques baby carottes pour se donner bonne conscience). Et on estime finalement que se coucher à 22 heures est un moment acceptable si cela signifie grasse mat’ pour tout le monde.

En d’autres termes, ne paniquez pas : vous pouvez couper votre cheveu en dix mille et en scruter un par un les morceaux, vous trouverez toujours la réponse ailleurs. Dans votre expérience, dans votre instinct, dans les yeux de quelqu’un d’autre.

-Lexie Swing-