Stationserviceophile

Aussi loin que je me souvienne, arriver sur une aire d’autoroute affublée de son incontournable station service à 3 euros le litre d’essence a toujours été pour moi une aventure. Même en plein été, entre Narbonne et Montpellier, alors que ces mêmes stations dégueulent leurs lots de vacanciers, ça reste l’aventure.

Déjà, croiser des centaines de gens en short – tongs – lunettes vissées sur le crâne me fait immédiatement me sentir en voyage. Même lorsque je ne m’arrête moi-même que lors d’un déplacement professionnel, je ressens l’excitation des vacanciers comme une midi-adrénaline. Et la queue aux toilettes des femmes est immanquablement le signe que le premier « chassé-croisé des vacances » a commencé.

Et puis surtout, je suis fascinée par le choix de produits. Mini saucissons, part de cake et yaourt individuel avec-la-cuillère-en-plastique-à-monter-soi-même m’enchante, réminiscences de dinette d’enfants et des minis-fausses-vaches-kiri qu’elle abritait. Depuis que c’est moi qui détient le portefeuille, je suis devenue encore plus accro à ce shopping impromptu. Mini ceci, portion de cela. Je prends tout. Une pause gâteau? L’exercice se corse. Je passe un quart d’heure le nez dans le rayon. Granola? Fingers? Gaufres liégeoises? Nouveaux biscuits de chez Milka? Cookies? Gâteaux fourrés au chocolat? Je fais le tour, je prends, je repose, je commence à marcher vers la caisse et puis je fais demi-tour.

Au final, je prends toujours les Granola.

Et vous?

-Lexie Swing-

People or not people? People!

Le deuxième roman de Lauren Weisberger./ Photo DR

A la bibliothèque, j’aime bien glaner au pif et mon panier s’en ressent. Je suis ainsi ressortie, la semaine dernière, avec « L’herbe rouge » de Boris Vian, une biographie d’Ella Fitzgerald et… « People or not people » de Lauren Weisberger. Au cas où le nom de l’auteure vous serait encore inconnue: elle est cette Américaine, ex-assistante d’Anna Wintour, qui une fois son job quitté écrivit « Le diable s’habille en Prada« , tiré de son expérience. Son premier roman à succès devrait d’ailleurs bientôt avoir une suite.

Deux ans plus tard, en 2005, sort donc « People or not people ». Moins de succès je crois, la lassitude peut-être puisque l’on reste dans le même esprit. Beth, jeune New-Yorkaise, quitte l’univers de la banque dans lequel elle s’ennuie ferme pour prendre un poste – servi sur un plateau d’argent par son oncle journaliste – dans l’événementiel. A elle les grandes soirées dans les lieux les plus trendy, les rencontres avec des stars, les paillettes, le clinquant.

Quand j’ai entendu parler du livre il y a quelques années, j’ai passé mon chemin. J’avais aimé « Le diable s’habille en Prada », assez fascinée par l’univers qu’il décrivait. Mais la petite campagnarde, récemment New-Yorkaise, qui devient la star incontestée des soirées de la grosse Pomme, c’était trop pour moi. Trop rêve américain. Trop Cendrillon aussi.

Je ne regrette pourtant pas d’être tombé dessus il y a une semaine. Je lis de temps en temps des romans de chick lit (« livres pour filles »), surtout en anglais (facile à lire, plein de mots usuels). Mais c’est vite fade et attendu. Le premier éloge que je pourrais porter à Weisberger, c’est sa façon d’incarner ses personnages. Beth est sympathique: pas prétentieuse, un peu paumée parfois (souvent), mais assidue à la tâche. Comme le commun des mortels elle en a vite sa claque des soirées mondaines et préfère le beau type discret à la star des podiums. Mais surtout, elle possède cette petite passion savoureuse: elle adore la littérature érotique, les fameux « Harlequin » dont Didier D. rapportait récemment les techniques d’écriture. Elle adore, au point de faire partie d’un « club de lecture ».

Le second éloge que j’ai envie de faire à l’auteure, c’est qu’elle écrit pour ses lecteurs. Point de cheminement tortueux: le beau type discret est là où on l’attend, le mec archi-connu est niais et vulnérable mais pas méchant, les amitiés sont solides et la famille de Beth attachante. Bien sûr que ce n’est pas du Proust, mais ça n’enlève rien aux qualités d’écriture de Lauren Weisberger. Je n’ai pas encore envisagé de lire « Sexe, diamants et plus si affinités… » qu’elle a publié ensuite – à cause du titre trop « Amour, gloire et beauté » sans doute – mais peut-être finirais-je par me laisser convaincre…

-Lexie Swing-

De l’art de faire du prosélytisme fessier

Prosélytisme fessier, j’ai entendu ça hier sur France Info. Philippe Vandel interviewait alors le journaliste Thomas Hugues dans le cadre de « Tout et son contraire« . Thomas Hugues, c’est ce journaliste et animateur français qui était dans les années 90 le joker de Pernaut pour les journaux télévisions de TF1. Pour moi qui regardais le club Dorothée à cette époque, c’est plutôt le Thomas Hugues de Sept à Huit, qu’il animera à partir de 2000, que j’ai en mémoire. Aujourd’hui, il est le présentateur d’un magazine télévisé hautement supérieur à mes yeux: Médias, le magazine.

Prosélytisme fessier signifie pour Hugues « pousser les autres à montrer également leurs fesses », entendez par là que lui montrait facilement son fessier et aimait bien pousser ses copains à faire de même. Je suis certaine que cette expression pourrait avoir d’autres sens et cela me rappelle invariablement Jim Carrey faisant parler ses fesses dans Ace Ventura, mais passons. J’ai retenue cette expression mais l’interview dévoile beaucoup plus (et plus intéressant que ce détail).

http://www.franceinfo.fr/player/export-reecouter?content=645507

Thomas Hugues, c’est le genre de types qui, de prime abord, paraît assez lisse (c’est d’ailleurs le titre du podcast « Je n’aime pas qu’on dise que je suis lisse »). Pas trop grande gueule, sérieux dans son boulot, fin et discret dans sa présentation. L’art de Vandel, c’est justement de sortir de cette image. Donner du relief à ces interviewés. La moitié des gens qu’il choisit pour sujet ne m’intéresse pas à la base: acteurs entendus et réentendus, chanteurs habitués des pages people, sportifs préférés des Français, etc. Et pourtant je ne me lasse jamais d’écouter ses interviews, parce que j’ai toujours l’impression de découvrir « quelque chose de plus ». L’anecdote d’enfance, l’accroc dans la carrière parfaite et même le silence qui en dit long…

Sujet du jour:Lord Kassity à Dallas

-Lexie Swing-

La nostalgie du papier… déjà

Je suis contre les livres virtuels sur tablettes. Je ne doute pas de la facilité avec laquelle ils se transportent alors, et le prix semble attractif. Mais je crains que cela entraîne la disparition précipitée des livres, des vrais, ceux qui se tournent, se cornent, s’empilent dans la bibliothèque en vestiges des lectures passées. On se les prête, se les conseille, on les chine dans des boutiques d’occasion. Rien ne me plaît tant que de tourner les pages d’un livre prêté et de découvrir les annotations de son propriétaire et les pages qu’il a marquées. Et puis les livres, ça a une odeur particulière. Du bouquin de classe neuf qui sent encore l’emballage au roman des grands-parents poussiéreux, chacun a ce petit quelque chose que n’aura jamais un livre virtuel. Comme un petit bout d’âme.

Qu’à cela ne tienne, les rois du marketing dirigent les tendances et ont déjà flairé le filon… de l’odeur du livre. Comme le rapporte My Little Paris, il est possible de retrouver la bonne odeur de la bibliothèque avec la bougie « Bibliothèque » de By Redo. De quoi lire virtuel et respirer comme pour de vrai.

Et si on éteignait plutôt la tablette pour voir?

La bougie senteur « Bibiliothèque » de By Redo./ Photo DR My Little Paris

-Lexie Swing-

 

Avoir moins de 25 ans et signer au Monde

Navigation (multi) journalière sur lemonde.fr, un sujet me tombe sous le nez: « Monde académie, pages ouvertes aux jeunes talents ». Des colonnes réservées aux jeunes, journalistes ou non? J’achète… Pas pour longtemps malheureusement car l’initiative est réservée aux 15-25 ans et que je postule à présent du côté des « over twenty-five ».

Une page dédiée sur le site du Monde annonce la couleur: « Vous avez entre 18 et 25 ans, vous rêvez de journalisme, vous avez des idées, des projets sur des thèmes et des sujets que vous ne voyez pas traités dans Le Monde ? » Le projet est plaisant. Déjà parce que le lectorat jeune est la cible numéro 1 de la presse aujourd’hui. Selon un sondage réalisé par le magazine l’Etudiant il y a deux ans, « les lycéens sont plutôt adeptes de la télévision (44 % la choisissent en priorité pour s’informer,  30 % optant pour Internet et 15 % pour la presse écrite), (mais) les étudiants préfèrent nettement le Web : 45 % y ont recours pour s’informer, contre 25 % pour la télé, qui arrive devant la presse écrite (20 %) ».

Demander aux jeunes d’écrire pour les jeunes pourrait être la porte d’accès à un lectorat plus jeune. C’est attirer les jeunes grâce aux jeunes. 68 candidats devraient participer à l’expérience de septembre 2012 à juin 2013, expérience à l’issue de laquelle trois jeunes seront embauchés pour une durée d’un an au minimum. Vous signez?

-Lexie Swing-

Fête des pères, véritable hommage à la paternité?

Alors que State.fr publiait il y a trois jours un article intitulé « Comment sait-on quel jour tombe la fête des mères« , la journaliste Mélody Piu en profitait pour rappeler que, malgré les critiques dont fait parfois l’objet la fête des mères, il s’agit avant tout d’une tradition et non d’une invention des fleuristes. Une loi de 24 mai 1950, signée par Vincent Auriol, alors président de la République, consacre cette fête qui avait pris toute son importance après la première guerre mondiale.

Moi je suis du genre à voir toutes les fêtes comme commerciales: la Saint-Valentin, la fête des grands-mères. Noël le devient aussi quand le 12 décembre, j’ai déjà claqué mon budget loisirs dans une pile de bouquins ou un nouveau portable. N’empêche, quand j’ai vu l’article de Slate, je me suis aussitôt demandée « et les pères alors? » Les pères sont fêtés le troisième dimanche de juin dans de nombreux pays, dont la France. Et contrairement à la fête des mères, c’est bien un commerçant qui est à l’origine de cette célébration. C’est le fabriquant de briquets Flaminet, installé à Redon, qui eut le premier l’idée de la fête des Pères. Réputé pour ses nombreuses innovations commerciales (Galet, cadeaux de Noël et d’affaires…) , il proposa un briquet spécial pour les papas. L’idée d’une fête des pères était lancée! Elle devient officielle en France en 1952.

Mais au départ, la célébration vient des Etats-Unis. Sonora Smart Dodd, jeune femme originaire de l’Arkansas, avait été élevée par son père depuis le décès de sa mère alors qu’elle avait 16 ans. Entendant un jour à l’église un sermon au sujet de la fète des mères, elle eut envie de rendre hommage de la même façon à son père. Elle suggéra une fête à l’Alliance ministérielle de Spokane. La fête des pères fut célébrée pour la première fois à Spokane l’année suivante, le 19 juin 1910. Calvin Coolidge, président de 1924 à 1929 inaugura son mandat par la création d’un jour spécial dédiée aux pères. Et si les Américains suivirent rapidement l’idée, il faudra attendre 1966 pour que le président Lyndon Johnson proclame officiellement le troisième dimanche de juin comme étant celui de la fête des pères.

Le symbole des pères serait la rose. Mais comme pour toutes les fêtes et célébrations, on reste entièrement libre de choisir le cadeau que l’on veut, et même de célébrer ou non ce moment.

-Lexie Swing-

Paris : Du jazz gratuit sur le parvis de la Défense

Les flyers commencent à être distribués, les noms des artistes passent de bouche en oreille, les concerts gratuits de jazz organisés fin juin sur le parvis de la Défense à Paris sont enfin en ligne de mire. La 35e édition du facilement nommé « Défense Jazz Festival« , organisée par le conseil général des Hauts-de-Seine, se tiendra du 23 juin au 1er juillet.

Entièrement gratuit, ce festival permet au jazz de s’ouvrir à un public non initié. Les styles musicaux qui tendent de plus en plus à se lier au jazz ces dernières décennies (hip-hop, funk, soul, rock, musiques du monde…) y seront représentés… avec talent! Car parmi les artistes présents durant cette semaine de concerts, on peut d’ores et déjà notés les noms de l’américaine Robin McKelle, souvent comparée à Ella Fitzgerald pour son timbre de voix, qui jouera avec les Flytones; ou encore le pianiste de jazz, également américain McCoy Tyner, connu pour ses collaborations avec John Coltrane. Joli clin d’oeil, il se produira avec le fils de ce-dernier, le saxophoniste Ravi Coltrane. Pour vous faire une idée, voici une vidéo amateur de la rencontre entre le McCoy Tyner trio et Ravi Coltrane, tournée en 2008 à Mexico. Le saxophoniste fait son entrée vers 1 minute 12.

A noter que le festival organise chaque année un concours national ouvert aux groupes et musiciens de jazz amateurs. Dix formations sont sélectionnées et se produiront les 29 et 30 juin.

-Lexie Swing-

Un job sur twitter

Ce qui est bien, avec Twitter, c’est qu’on sait tout. On sait combien de manifestants il y a au Canada, qui est primé à Cannes, quel temps il fera demain. Dans les minutes qui suivent la manifestation, la remise de prix ou le premier coup de tonnerre. On sait aussi quel job se libère. Exit Pôle Emploi, le recrutement se fait maintenant sur le web, notamment sur les réseaux sociaux comme Twitter. Présentation du job, compétences demandées, nom et compte twitter du recruteur. Le tout en 140 signes. L’efficacité même. Depuis deux ans que ce réseau monopolise l’information courte sur le web, certains postes ont reçu leurs propres abréviations. Ainsi les community manager, le type même d’employables qui se trouvent sur Twitter, voient désormais leurs offres d’emplois hashtagué (le fameux # à la fin d’un tweet) d’un #CM.

Attention cependant, si l’on en croit Amélie Broutin, ce type de recrutement serait surtout une manière efficace, pour les entreprises, de se faire connaître. Les community manager étant solidaires, l’offre d’emploi devient virale, retweeté de compte en compte.

Dans l’ensemble, il est plus facile de trouver un emploi dans la communication via Twitter qu’un boulot dans un restaurant par exemple. L’Etudiant a bien résumé la situation via des témoignages de jeunes recrutés via le réseau ou qui l’utilise dans ce but.

Il y a aussi ceux qui utilisent Twitter pour se faire connaître à l’image de deux designers hollandais qui ont repris le concept du réseau dans une vidéo au poil… le tout pour obtenir un poste. Un CV des plus originals.

L’important reste avant tout d’entretenir un réseau, pour avoir accès à un maximum d’offres. Il est possible aussi de renvoyer son compte twitter vers Linkedin par exemple, pour que les gens qui consultent  votre CV voient aussi ce que vous twitter. Et n’oubliez pas que moi aussi vous pouvez me suivre: @lexieswing

-Lexie Swing-

PS Si vous êtes intéressé, vous pouvez aussi postuler à l’offre d’emploi de France 24 et RFI

Philadelphie mon amour

RTT. Matinée zapping sur la TNT. Première série, cuculapralinochrétienne « Destins croisés », l’homme qui attend que Dieu lui donne une seconde chance (il a été méchant/voleur/mauvais père/cynique/avocat la première fois) vient de Philadelphie. « Philadelphie, ville de l’amour fraternel » est-il précisé, en toutes lettres, en dessous du titre. Je suppute une volonté toute divine (le producteur) d’avoir ainsi rebaptisé la ville pour donner foi à son histoire de Destins. Oui, mais voilà… quelques zaps plus tard, une rediffusion de Cold Case a pour décor Philadelphie. Et l’un des héros, Lily Rush peut-être, de siffler « Quel meurtre sordide, quand on pense que Philadelphie est la ville de l’amour fraternel ».

Philadelphie est le nom choisi par William Penn, l’homme qui créa cette ville de l’est des Etats-Unis (Photo DR)

La coincidence est trop grosse, je vérifie. Philadelphie, Philadelphia en anglais, est un nom construit autour du grec philèin signifiant aimer et adelphos, signifiant frère. Il s’agit donc simplement de la signification d’un nom. Wikipedia précise que ce nom « est celui de la ville antique de Lydie fondée par Attale II philadelphe, frère d’Eumène II, roi de Pergame, où s’établit une des sept congrégations chrétiennes mentionnées dans l’Apocalypse ». Mais d’où vient-il? C’est William Penn, homme très cultivé et religieux, qui créa cette ville des Etats-Unis en 1681 (le blog Des lieux et des mots décrypte d’ailleurs le nom de nombreuses villes dans le monde).

Cela change-t-il quelque chose pour Philadelphie? Curieusement oui, au moins jusqu’à un passé récent. A l’image du nom qu’il lui a donné, William Penn avait voulu faire de Philadelphie une ville humaine, tolérante, accueillante, égalitaire. Il a fait supprimer la peine de mort pour les vols et a prôné la liberté de culte.

Mais si Philadelphie est une ville très riche, qui possède une histoire passionnante, son image en France reste celle… du fromage qui porte son nom. Ledit fromage ne vient d’ailleurs pas de là, mais ça c’est une autre histoire…

-Lexie Swing-