Avoir moins de 25 ans et signer au Monde

Navigation (multi) journalière sur lemonde.fr, un sujet me tombe sous le nez: « Monde académie, pages ouvertes aux jeunes talents ». Des colonnes réservées aux jeunes, journalistes ou non? J’achète… Pas pour longtemps malheureusement car l’initiative est réservée aux 15-25 ans et que je postule à présent du côté des « over twenty-five ».

Une page dédiée sur le site du Monde annonce la couleur: « Vous avez entre 18 et 25 ans, vous rêvez de journalisme, vous avez des idées, des projets sur des thèmes et des sujets que vous ne voyez pas traités dans Le Monde ? » Le projet est plaisant. Déjà parce que le lectorat jeune est la cible numéro 1 de la presse aujourd’hui. Selon un sondage réalisé par le magazine l’Etudiant il y a deux ans, « les lycéens sont plutôt adeptes de la télévision (44 % la choisissent en priorité pour s’informer,  30 % optant pour Internet et 15 % pour la presse écrite), (mais) les étudiants préfèrent nettement le Web : 45 % y ont recours pour s’informer, contre 25 % pour la télé, qui arrive devant la presse écrite (20 %) ».

Demander aux jeunes d’écrire pour les jeunes pourrait être la porte d’accès à un lectorat plus jeune. C’est attirer les jeunes grâce aux jeunes. 68 candidats devraient participer à l’expérience de septembre 2012 à juin 2013, expérience à l’issue de laquelle trois jeunes seront embauchés pour une durée d’un an au minimum. Vous signez?

-Lexie Swing-

Fête des pères, véritable hommage à la paternité?

Alors que State.fr publiait il y a trois jours un article intitulé « Comment sait-on quel jour tombe la fête des mères« , la journaliste Mélody Piu en profitait pour rappeler que, malgré les critiques dont fait parfois l’objet la fête des mères, il s’agit avant tout d’une tradition et non d’une invention des fleuristes. Une loi de 24 mai 1950, signée par Vincent Auriol, alors président de la République, consacre cette fête qui avait pris toute son importance après la première guerre mondiale.

Moi je suis du genre à voir toutes les fêtes comme commerciales: la Saint-Valentin, la fête des grands-mères. Noël le devient aussi quand le 12 décembre, j’ai déjà claqué mon budget loisirs dans une pile de bouquins ou un nouveau portable. N’empêche, quand j’ai vu l’article de Slate, je me suis aussitôt demandée « et les pères alors? » Les pères sont fêtés le troisième dimanche de juin dans de nombreux pays, dont la France. Et contrairement à la fête des mères, c’est bien un commerçant qui est à l’origine de cette célébration. C’est le fabriquant de briquets Flaminet, installé à Redon, qui eut le premier l’idée de la fête des Pères. Réputé pour ses nombreuses innovations commerciales (Galet, cadeaux de Noël et d’affaires…) , il proposa un briquet spécial pour les papas. L’idée d’une fête des pères était lancée! Elle devient officielle en France en 1952.

Mais au départ, la célébration vient des Etats-Unis. Sonora Smart Dodd, jeune femme originaire de l’Arkansas, avait été élevée par son père depuis le décès de sa mère alors qu’elle avait 16 ans. Entendant un jour à l’église un sermon au sujet de la fète des mères, elle eut envie de rendre hommage de la même façon à son père. Elle suggéra une fête à l’Alliance ministérielle de Spokane. La fête des pères fut célébrée pour la première fois à Spokane l’année suivante, le 19 juin 1910. Calvin Coolidge, président de 1924 à 1929 inaugura son mandat par la création d’un jour spécial dédiée aux pères. Et si les Américains suivirent rapidement l’idée, il faudra attendre 1966 pour que le président Lyndon Johnson proclame officiellement le troisième dimanche de juin comme étant celui de la fête des pères.

Le symbole des pères serait la rose. Mais comme pour toutes les fêtes et célébrations, on reste entièrement libre de choisir le cadeau que l’on veut, et même de célébrer ou non ce moment.

-Lexie Swing-

Paris : Du jazz gratuit sur le parvis de la Défense

Les flyers commencent à être distribués, les noms des artistes passent de bouche en oreille, les concerts gratuits de jazz organisés fin juin sur le parvis de la Défense à Paris sont enfin en ligne de mire. La 35e édition du facilement nommé « Défense Jazz Festival« , organisée par le conseil général des Hauts-de-Seine, se tiendra du 23 juin au 1er juillet.

Entièrement gratuit, ce festival permet au jazz de s’ouvrir à un public non initié. Les styles musicaux qui tendent de plus en plus à se lier au jazz ces dernières décennies (hip-hop, funk, soul, rock, musiques du monde…) y seront représentés… avec talent! Car parmi les artistes présents durant cette semaine de concerts, on peut d’ores et déjà notés les noms de l’américaine Robin McKelle, souvent comparée à Ella Fitzgerald pour son timbre de voix, qui jouera avec les Flytones; ou encore le pianiste de jazz, également américain McCoy Tyner, connu pour ses collaborations avec John Coltrane. Joli clin d’oeil, il se produira avec le fils de ce-dernier, le saxophoniste Ravi Coltrane. Pour vous faire une idée, voici une vidéo amateur de la rencontre entre le McCoy Tyner trio et Ravi Coltrane, tournée en 2008 à Mexico. Le saxophoniste fait son entrée vers 1 minute 12.

A noter que le festival organise chaque année un concours national ouvert aux groupes et musiciens de jazz amateurs. Dix formations sont sélectionnées et se produiront les 29 et 30 juin.

-Lexie Swing-

Un job sur twitter

Ce qui est bien, avec Twitter, c’est qu’on sait tout. On sait combien de manifestants il y a au Canada, qui est primé à Cannes, quel temps il fera demain. Dans les minutes qui suivent la manifestation, la remise de prix ou le premier coup de tonnerre. On sait aussi quel job se libère. Exit Pôle Emploi, le recrutement se fait maintenant sur le web, notamment sur les réseaux sociaux comme Twitter. Présentation du job, compétences demandées, nom et compte twitter du recruteur. Le tout en 140 signes. L’efficacité même. Depuis deux ans que ce réseau monopolise l’information courte sur le web, certains postes ont reçu leurs propres abréviations. Ainsi les community manager, le type même d’employables qui se trouvent sur Twitter, voient désormais leurs offres d’emplois hashtagué (le fameux # à la fin d’un tweet) d’un #CM.

Attention cependant, si l’on en croit Amélie Broutin, ce type de recrutement serait surtout une manière efficace, pour les entreprises, de se faire connaître. Les community manager étant solidaires, l’offre d’emploi devient virale, retweeté de compte en compte.

Dans l’ensemble, il est plus facile de trouver un emploi dans la communication via Twitter qu’un boulot dans un restaurant par exemple. L’Etudiant a bien résumé la situation via des témoignages de jeunes recrutés via le réseau ou qui l’utilise dans ce but.

Il y a aussi ceux qui utilisent Twitter pour se faire connaître à l’image de deux designers hollandais qui ont repris le concept du réseau dans une vidéo au poil… le tout pour obtenir un poste. Un CV des plus originals.

L’important reste avant tout d’entretenir un réseau, pour avoir accès à un maximum d’offres. Il est possible aussi de renvoyer son compte twitter vers Linkedin par exemple, pour que les gens qui consultent  votre CV voient aussi ce que vous twitter. Et n’oubliez pas que moi aussi vous pouvez me suivre: @lexieswing

-Lexie Swing-

PS Si vous êtes intéressé, vous pouvez aussi postuler à l’offre d’emploi de France 24 et RFI

Philadelphie mon amour

RTT. Matinée zapping sur la TNT. Première série, cuculapralinochrétienne « Destins croisés », l’homme qui attend que Dieu lui donne une seconde chance (il a été méchant/voleur/mauvais père/cynique/avocat la première fois) vient de Philadelphie. « Philadelphie, ville de l’amour fraternel » est-il précisé, en toutes lettres, en dessous du titre. Je suppute une volonté toute divine (le producteur) d’avoir ainsi rebaptisé la ville pour donner foi à son histoire de Destins. Oui, mais voilà… quelques zaps plus tard, une rediffusion de Cold Case a pour décor Philadelphie. Et l’un des héros, Lily Rush peut-être, de siffler « Quel meurtre sordide, quand on pense que Philadelphie est la ville de l’amour fraternel ».

Philadelphie est le nom choisi par William Penn, l’homme qui créa cette ville de l’est des Etats-Unis (Photo DR)

La coincidence est trop grosse, je vérifie. Philadelphie, Philadelphia en anglais, est un nom construit autour du grec philèin signifiant aimer et adelphos, signifiant frère. Il s’agit donc simplement de la signification d’un nom. Wikipedia précise que ce nom « est celui de la ville antique de Lydie fondée par Attale II philadelphe, frère d’Eumène II, roi de Pergame, où s’établit une des sept congrégations chrétiennes mentionnées dans l’Apocalypse ». Mais d’où vient-il? C’est William Penn, homme très cultivé et religieux, qui créa cette ville des Etats-Unis en 1681 (le blog Des lieux et des mots décrypte d’ailleurs le nom de nombreuses villes dans le monde).

Cela change-t-il quelque chose pour Philadelphie? Curieusement oui, au moins jusqu’à un passé récent. A l’image du nom qu’il lui a donné, William Penn avait voulu faire de Philadelphie une ville humaine, tolérante, accueillante, égalitaire. Il a fait supprimer la peine de mort pour les vols et a prôné la liberté de culte.

Mais si Philadelphie est une ville très riche, qui possède une histoire passionnante, son image en France reste celle… du fromage qui porte son nom. Ledit fromage ne vient d’ailleurs pas de là, mais ça c’est une autre histoire…

-Lexie Swing-

Un matin, le Petit a décrété « Je veux mon papa » (Daniel Pennac)

Première ligne de la quatrième de couverture Des chrétiens et des Maures... le titre est celui des grandes découvertes, et pourtant le livre est gros comme un agenda en début d’année. Je chinais dans une librairie de bouquins d’occasion, la semaine dernière, lorsque mes doigts ont rencontré ce petit roman, coincé entre Zola et les soeurs Brontë.

« Il a repoussé son bol de chocolat et j’ai su, moi, Benjamin Malaussène, frère de famille, que le Petit n’avalerait plus rien tant que je n’aurais pas retrouvé son vrai père ». Je connais bien les Malaussène de Pennac, leur foisonnant quartier de Belleville, leurs secrets, leur rocambolesque famille où la mère devient le seul point commun d’une tripotée d’enfants. Souvent, ce sont des histoires de plusieurs centaines de pages, comme dans La fée Carabine ou Au bonheur des ogres. On s’y plonge avec délectation, pour le reposer une heure plus tard, et le reprendre ensuite, quand vient le moment de se coucher.

Des chrétiens et des Maures, publié en 1996, est différent. Il est un souffle. On tourne les pages sans s’en rendre compte, juste parce qu’il est important de savoir ce que réserve le chapitre suivant. 89 pages chez Folio, terminées en une petite demi-heure. Le Petit, quatrième ou cinquième enfant de la famille Malaussène, veut savoir qui est son père. Or chez les Malaussène, il n’est jamais question de pères. Plutôt de géniteurs. Si rôle de père il y a à jouer, c’est Benjamin, l’aîné et narrateur, qui s’y colle. Alors, que Le Petit, tout d’un coup, déclare « Je veux mon papa », c’est la révolution.

J’ai vu ce petit roman de Pennac, paru après quatre autres romans concernant la saga Malaussène, comme une annexe, un point de détail. La question que se pose Le Petit, c’est un peu celle que l’on se pose depuis le début de l’histoire: « mais au fait, c’est qui leurs pères ». On comprend tout sans, mais on est content de savoir enfin. On repose Des chrétiens et des Maures sereint, prêt à reprendre le fil de l’histoire.

-Lexie Swing-

Qui veut gagner 20 millions de roupies?

DR allociné

Ce soir W9 diffuse « pour la première fois sur la TNT » (j’aime cette tendance à l’optimisme) Slumdog Millionnaire. Pour mémoire, le film réalisé par Danny Boyle (vérification du nom sur Wikipedia, j’apprends au passage qu’au Québec le film a été renommé « Le pouilleux millionnaire »… ça m’enchante, j’adore les traductions québécoises) en 2008, met en scène un jeune Indien des bidonvilles, ultracultivé, qui participe à un jeu du genre « Qui veut gagner des millions » (leur Foucault à eux s’appelle Prem Kumar). Impossible, vues ses origines plus que modestes, que Jamal Malik soit capable de gagner sans tricher. Il subit alors les interrogatoires (atrocement) musclés du flic Srinivas.

J’aime bien l’Inde, un pays à la fois magnifique et dérangeant. Magnifique par ses paysages, sa culture, ses origines, dérangeant par sa pauvreté, ses castes, sa violence parfois. C’est un pays insaisissable qu’illustre bien Slumdog Millionnaire. Aussi attendu que cette idée puisse être, l’Inde a de multiples facettes. Il paraît plus aisé de dresser un portrait des Etats-Unis, avec ses 9 millions et demi de km2 et ses 50 Etats, que de l’Inde.

L’Inde est d’abord le deuxième pays le plus peuplé (1,1 milliard d’habitants) après la Chine et bénéficie d’une réserve de main-d’oeuvre bon marché pour les entreprises occidentales qu’elle attire en grand nombre, à l’image de Siemens. Elle possède un fort potentiel économique, encore inexploité. La Goldman Sachs publiait un rapport en 2008, estimant que bien menée, l’Inde pourrait devenir d’ici 2050 la deuxième économie mondiale. 350 000 ingénieurs sont sortis des écoles indiennes en 2010, c’est-à-dire autant qu’aux Etats-Unis. Mais nombre d’entre eux immigrent ensuite, pour gagner en niveau de vie, créant ce que l’on qualifie de « fuite des cerveaux ». L’Inde a été aussi un pays longtemps colonisé, jusqu’au départ des Anglais en 1947 (date de son indépendance). L’anglais y est resté la langue officielle, avec l’Hindi. Quatre grandes religions, dont le bouddhisme et l’hindouisme, sont pratiqués dans le pays. Pour l’anecdote, l’Inde regroupe en réalité 28 Etats, possédant chacun un gouvernement et un parlement.

Pour revenir au cinéma, l’Inde s’est déjà fait une place au soleil avec ses productions made in « Bollywood ». L’industrie cinématographique y est la plus prolifique au monde avec 800 films environ par an. Envie de les découvrir? Rendez-vous sur le très complet « Blog de Bollywood ». Le film commence, il est temps de rejoindre Dev Patel (qui joue Jamal Malik) dans son ascension. En même temps, gagner 20 000 000 de roupies c’est bien, mais le faire vite c’est mieux: si l’on en croit le Parisien d’aujourd’hui, la monnaie indienne serait en pleine dégringolade. Elle aurait atteint 56,38 roupies le dollar la semaine passée.

 

-Lexie Swing-

Vous reprendrez bien un peu de morue…

Hier. Terrasse d’un restaurant. Je parcours la carte jusqu’à tomber sur un plat de « fish’n’chips », la spécialité anglaise plus que célèbre. Description du plat: « bâtonnets de cabillaud frits ». Mon girophare interne se met à bourdonner. C’est pas de la morue ça? Ma voisine sort son iPhone, direction Wikipedia, la bible de tout Français qui tate un peu au Trivial Pursuit. Avant on vérifiait dans le Larousse ou le Petit Robert, mais même Mary Poppins n’avait plus la place dans son cabas! Wikipedia. Morue. Introduction: « La morue (ou cabillaud)… » Je le sentais, je triomphe, les bâtonnets sont rejetés à la mer.

Double vérification (c’est le métier qui rentre), je tape « Cabillaud ». Annonce du site: « Le cabillaud est le nom commun pour tous les poissons qui vivent dans les eaux froides ». La morue est un cabillaud, mais le cabillaud n’est pas forcément de la morue? Que nenni, car Wikipedia continue: « On les connaît aussi sous le nom de morue ». Donc morue ET cabillaud (à ce stade, on est donc certain que c’est seulement une question de vocabulaire) sont plusieurs. Ils sont tous les poissons des eaux froides. Quand je mange du cabillaud (ou de la morue), je mange donc une espèce variable, voire plusieurs espèces mises bout à bout (on connaît les critiques faites aux entreprises de production de reconstituer les chairs dans les poissons panés). Si l’on en croit Wikipedia, la morue (ou le cabillaud) se déclinerait selon sa provenance: morue de l’Atlantique, morue du Pacifique, etc. Seule certitude, le poisson que vous dévorez a fait plutôt trempette dans des eaux type Normandie à Pâques que Seychelles en février.

Cependant, une autre question, personnelle cette fois-ci, me taraude: pourquoi suis-je prête à manger du cabillaud et pas de la morue? A mon avis, la réponse est linguistique. Vous avez déjà entendu, vous, une fille siffler: « P’tain, t’as vu ce cabillaud »?

-Lexie Swing-

Discrimation féminine à Cannes?

Slate publiait il y a quelques jours un article relayant l’action du collectif La Barbe: 1700 personnes du milieu du cinéma ont signé une pétition dénonçant l’absence de films réalisés par des femmes à Cannes. Moi, dès que je lis « femmes », « discrimination », « lutte féminine », je clique. C’est mon dada, l’égalité hommes-femmes. J’admire les femmes fortes et indépendantes, applaudit les mères, fait la moue quand une amie m’annonce « son congé parental de trois ans et après on verra », soupire quand l’une de mes consoeurs, surdiplômée, snobe son groupe de copines pour tendre le pot de cornichons au couvercle récalcitrant au seul homme de la tablée.

Sur Slate.fr, j’ai lu « misogyne » alors j’ai cliqué. Qui était encore le gros naze de bonhomme qui faisait le paon sur son piédestal?

Pas de films de réalisatrices à Cannes… bon. Je connais mal le milieu du cinéma, mais on semble y croiser plus d’hommes que de femmes. Pourtant j’ai gardé en mémoire l’excellent Polisse réalisé par Maïwenn, le Tout ce qui brille de Géraldine Nakache (son premier long-métrage), l’oscar du meilleur film en 2010 pour Démineurs de Kathryn Bigelow. Cannes privilégierait les réalisateurs? Je reste souvent stupéfaite devant certains rouages corruptifs dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence, mais encore ici je doute. Le festival de Berlin, moins snob, et semble-t-il plus ouvert, accueille-t-il plus de réalisatrices? Et surtout: le milieu des récompenses cinématographiques devrait-il user de discrimination positive à l’égard des films « de femmes »?

Moi je ne pense pas. Mettre en avant les femmes par le biais de la discrimination positive, c’est parfois urgent, par moments incontournable, mais à mon sens pas toujours nécessaire. Je pars du principe que l’on aime les films (qu’on soit jury à Cannes ou simple spectateur, entendons-nous bien!) indépendamment du sexe de son réalisateur. On recherche la qualité des plans, la capacité à raconter une histoire, les prises de risque. A un moment, il serait bon de cesser de différencier pour englober. Il est des choses pour lesquelles hommes et femmes seront toujours différents, physiologiquement entre autres, mais le fait de réaliser un bon film, apprécié du public, adoubé par un jury à Cannes, Berlin ou Toronto n’en fait pas partie.

Le problème est alors dans « l’avant », la décision. Comme le souligne Charlotte Pudlowsky dans son article, en reprenant les paroles de Thierry Frémaux, Cannes n’est que l’illustration de ce qui se passe dans le milieu du cinéma: très peu de femmes réalisent des long-métrages. Si mise en avant des femmes il doit y avoir, elle doit se faire en amont. En les appâtant dans les écoles de cinéma, en les poussant à prendre des risques, en les rassurant dans leurs capacités à lutter, non pas en tant que femme mais en tant que réalisateur à part entière.

« Polisse »

-Lexie Swing-