Quand nous sommes revenus de vacances, c’était un dimanche. Dès le lundi nous reprenions tous le chemin de notre quotidien. C’était un choix, et peut-être pas si mauvais compte tenu du fait que cela a évité aux filles de se morfondre devant la fin des vacances, et à nous de traîner la patte pour retourner au travail.
Le reste a suivi avec un peu plus de mal. Notre jardin était en friche, notre potager attendait ses plants, le sol du salon était toujours en stand-by, etc. Les jours ont défilé avec cette régularité qui rend facilement indolent face au moins nécessaire, comme le blogue.
Mais les semaines ont passé, nous avons rattrapé le retard des jours d’absence et il est temps de replonger. Ce n’est pas un début d’année mais qu’importe. Nous sommes toujours au commencement de quelque chose.
J’ai réfléchi à ce qui me plaisait de lire ailleurs, et j’ai décidé de le souligner un peu plus ici. Un peu plus de quotidien, un peu plus de choses testées que je souhaiterais vous partager (mais ne comptez pas sur moi pour photographier tous mes plats au restaurant, je n’ai pas la politesse d’attendre avant de dévorer), un peu plus de voyages, j’espère, et quelques repères pour les nouveaux arrivants. Un peu plus de chair, en fait. J’ai aussi décidé (enfin) de changer le physique du blogue. Il a une nouvelle coupe tendance, il a pris le soleil du Sud, il a fait du sport, et désormais il se sent mieux. J’espère qu’il vous plaira ainsi.
Il est possible que vous ayez l’impression que je prends un virage écolo-bio-féministe, ou féministo-biocolo-végétarien. Je veux d’abord que vous sachiez que ce n’est pas un virage. Comme je l’ai déjà souligné, le bio m’a longtemps fait rire (je trouvais que c’était une arnaque) et le véganisme (comme ce cupcake) est longtemps resté pour moi un truc d’extrémiste, chose que – comme je ne vous l’ai jamais caché – j’exècre. Il est vrai que j’évolue tranquillement vers ça (c’est pourquoi j’ai ensuite mangé ce cupcake). Parce que l’on change en grandissant, en vieillissant, et que je trouve ça correct. Il y a peu de chances que je me déclare soudainement la grande papesse de la tendance grano du moment. Parce que, chanceux que vous êtes, ce défaut là commence aussi à disparaître avec le temps. Quatre ans et demi de maternité, quatre ans comme immigrée, six mois comme nouvelle employée… Tout ça contribue à redonner un petit coup de boost à mon humilité.
Là où je vais être chiante, certainement, c’est sur l’égalitarisme, le féminisme. Quel que soit le nom qu’on donne à ce mouvement, il est pour moi central, primordial. Il est à la fois ce que je suis et ce que je transmets. Et j’avoue admettre peu les arguments qui vont dans l’autre sens. Je comprends qu’on puisse se sentir moins concerné, parce qu’on ne l’a pas vécu vraiment de discrimination, parce que le couple de ses parents était un couple très égalitaire, parce que l’on a jamais eu l’impression d’être choisie ou refusée pour son physique ou son sexe, parce que personne n’a jamais eu de paroles déplacées… Encore une fois, je ne suis pas extrême. Je ne suis pas susceptible non plus. Je suis une cause perdue. Je ne sais ni tenir correctement un balai ni faire une division de tête (et encore, s’il ne s’agissait que des divisions…). Je ne rentre dans aucune case de genre, je suis trop à gauche, tassée dans un coin, je dépasse, j’étouffe un peu des fois, et je ne me reconnais pas toujours dans les traits que l’on veut me dessiner, mais comme je suis gentille je me contente de sourire et de tourner les talons. La position est inconfortable, elle l’est depuis longtemps, pour beaucoup de femmes, et beaucoup d’hommes, et aussi pour tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans leur genre d’origine. Je veux autre chose pour nous, maintenant, et pour nos enfants, demain. Voilà pourquoi de temps en temps mes articles reviendront sur cette idée. Et pourquoi je continuerai à partager des articles qui font une promotion accessible de l’égalité des genres et des efforts de chacun.
Vous êtes libres de suivre ce qui vous plait, mais ne fermez pas les yeux trop vite. On peut tirer matière à réflexion de tout, même si l’on est pas dans cette tendance, et même si l’on est pas d’accord.
A très vite!
-Lexie Swing-
Crédit photo : Lexie Swing











