Conseils vitaux pour déboires parentaux

4 ans et quelque de gestion parentale m’ont appris beaucoup de choses sur moi-même, et la vie en général. Qu’un instant de silence peut-être aussi vital qu’un verre de vin à 15h30. Qu’un instant de silence à 15h30 est aussi suspect qu’une chambre d’enfant rangée plus de deux minutes trente post-ménage. Qu’une chambre d’enfant rangée est en fait une illusion Pinterest, etc.

J’ai été en criss jusqu’au bout de mes ongles pas faits (mais pas rongés), souvent, mille fois par jour. J’ai été merveilleuse d’inventivité, méchante à force d’être tannée. Tour à tour mère parfaite et Folcoche exacerbée, tenant par un bout de pied le poupon au-dessus de la poubelle et criant «je compte jusqu’à trois, si tu ne ranges pas ces légos tu peux lui dire ADIEU». (Reposez ce téléphone, je parle d’une vraie poupée, en plastique noir, avec deux yeux qui se ferment dont un, un peu croche). Une bipolarité parfaite, au rythme des cris, des rires, des supplications et des «je t’aime maman, tu es mon amour de ma vie maman».

À date, j’ai survécu. Et croyez-moi il y a des jours où je me trouve héroïque. Où j’aurais le goût de chialer tellement le salon est crade et rempli de jouets poilus – merci le chien – et que ce fichu lave-vaisselle est encore, ENCORE bon sang, à vider. Et je ne chiale pas. Parce que j’en ai juste pas le courage, parce que je suis trop fatiguée, rendu là.

Il y a aussi d’autres jours parfaits, où on fait les choses dans le bon ordre, où la maison est correcte, où les enfants chantent et où je fais des superbes chorégraphies dès potron-minet sur l’air de «Sardine à l’huile, que fais-tu là? Ouachichi, ouachacha…»

Il y a des astuces au quotidien pour donner à la routine un semblant d’efficacité, et pour ne pas vivre à mille à l’heure la main sur le buzzer et l’autre sur le col de la veste de sa cadette à hurler «descends pas l’escalier j’te dis!!». Voici 5 conseils que j’essaye d’appliquer, pas toujours, mais j’essaie, et quand j’y pense, ça marche (CQFD).

Préparer les habits la veille, avec les enfants. Avant l’heure du coucher, on consulte la météo du lendemain et on prépare les vêtements dans un coin de la chambre. On a le temps de se chamailler, d’éteindre les incendies du type «je mettrais que des jupes qui tournent TOUTE ma vie durant et tu pourrais RIEN faire pour m’en empêcher» et penser au passage à préparer le sac de piscine qu’on aurait probablement oublié dans la tempête du lendemain matin. On se lève serein, ceux qui ont un enfant autonome apprécieront qu’il puisse arriver au petit déjeuner déjà tout vêtu-les-chaussettes-dépareillées (la gauche a mystérieusement disparu pendant la nuit) et c’est dix minutes de cris économisées pour tout le monde.

Avoir une boîte-à-tout. J’ai une boîte-à-tout à l’entrée de la maison. C’est la boîte des choses à ne pas oublier. Les clés. La tenue de rechange. Le courrier à traiter dans la semaine. On y pitche l’essentiel et ça marche bien mieux que de se coller des post-its sur le frigo ou de lancer «Dis, tu me rappelleras de prendre…». Et ça évite de perdre certaines choses. «Elles sont où les casquettes?», «Dans la boîte!». «T’as pas vu mes lunettes?» «Si, dans la boîte!». «On devait pas penser à…» «DANS LA BOÎTE!». «Il est où le chien?» «Euh…?» (Pneus qui crissent, demi-tour au feu rouge, déboulement dans le jardin pour retrouver le chien qui mouette devant la porte).

Préparer le repas la veille ou le matin. Eille, je vous entends déjà rouspéter! J’admets que ça prend du temps que l’on n’a pas toujours, le soir ou le matin. Mais rappelez-vous de cette sensation délicieuse d’un retour à la maison en sachant que le repas vous attend tranquillement dans le bac du frigo? Les chanceux lanceront leur Thermomix ou leur mijoteuse programmable. Les autres (dont moi, qui n’aime pas savoir que quelque chose cuit lorsque je suis absente de la maison) commenceront leur préparation la veille ou le matin pour rentrer à la maison plus serein. On arrive, on enfourne les lasagnes précuites et on va donner le bain. Les enfants se lavent seuls? On s’assoit sur le sofa, les pieds nus sur la table basse et on savoure un verre bien mérité.

Tout ramener devant les chambres. Je me retrouve toujours à ranger une fois les enfants couchés. Et en attendant qu’elles soient complètement endormies, je ne sais jamais que faire du linge que j’ai plié et des jouets que j’ai ramenés. Désormais, je les empile à l’entrée de la chambre, si nécessaire dans une boite dédiée ou sur une petite chaise. Je profite de ma soirée dans un salon et une cuisine dégagés, et je range dans leurs chambres en allant me coucher. J’oublie? Pas grave, ça fera un excellent exercice de «montre-moi comme tu es autonome et range bien ta chambre mon grand». Miss Swing a parfaitement compris le concept : elle empile dans un coin sombre et place son pouf au-dessus en attendant que la motivation la gagne.

Apprendre à lâcher prise. L’état de la cuisine me met à l’envers. Ma chambre ne reste une chambre, à savoir un espace sans linge à plier et peluches variées, que 2h seulement par quinzaine, le sous-sol est bon à karsheriser, le jardin est une forêt vierge et ça fait déjà trois fois que je demande une copie de ce reçu super important qui disparaît sans cesse dans la pile du «à ranger». Mais mes enfants sont propres (pas le soir à 17h45, là, elles sont souillées de sable et de tâches non identifiées), elles mangent à leur faim (trois petits pois et huit gâteaux). Nous sommes en bonne santé (avec trois kilos de cellulite en trop) et surtout nous avons un évier cosmique tellement immense qu’on peut continuer à s’y laver les mains après huit jours à y empiler de la vaisselle. «Je suis TELLEMENT chanceuse» me dit souvent Miss Swing en collant son 3501e autocollant Paw Patrol. Et elle a bien raison.

N’oubliez pas. No job is too big, no mum/dad is too small. You’ll figure it out.

-Lexie Swing-

Vivre de fruits et de salade {idées recettes}

Je ne voue pas un culte aux salades. « Oh si l’été c’est si frais! », « je mangerai de la salade toute l’année » et « moi une petite tomate mozza ça me fait ma journée » sont des phrases qui ne trouvent aucun écho. Je pourrais manger un camembert rôti en toute saison, ça oui. Mais les salades non.

Cependant, depuis quelque temps, je suis véritablement tombée en amour avec  les mélanges salades à feuilles – légumes – fruits. Plein de fruits.

Ça apporte de la couleur, du goût, de la fantaisie. Ça satisfait mon amour récent pour le sucré salé (brie-pommes-canneberge, chèvre-raisins…) et ça plait aussi aux enfants. Pour un barbecue avec des amis, j’ai simplement rempli pour les enfants un grand Tupperware de légumes et fruits coupés, avec quelques noix et du fromage. Grand succès! (Le plat de service est rapidement devenu l’assiette de Tempête qui y avait vidé l’intégralité du contenant.)

RecetteLa première salade est celle du barbecue. L’idée m’est venue après avoir dégusté quelque chose de très similaire dans un restaurant. Elle était tellement grosse que j’ai été incapable de finir et que j’ai emporté le restant dans un doggy bag… pour faire goûter à la maisonnée.

Dans ma propre version, j’ai donc mis du quinoa, du kale, des feuilles d’épinards, des noix, de la fêta, du concombre, des radis du jardin, des poivrons de différentes couleurs, des pommes, du raisin, et du kiwi jaune (celui dont le goût est plus doux et sucré). J’ai saupoudré de flocons d’érable et j’ai servi avec une vinaigrette à l’érable. Dans une première version effectuée plus tôt, quand j’avais tenté de copié la recette du restaurant, j’avais remplacé le kiwi par des oranges (des clémentines seraient délicieuses aussi) et ajouté des pois chiches pour un plat très complet!

RecetteJe trouve que ces salades se marient à merveille avec un barbecue, qu’ils soient fait de saucisses de porc ou de saucisses veganes. Hier, j’en ai imaginé une nouvelle pour accompagner du halloumi grillé au bbq, un fromage que je n’avais jamais testé. J’ai détesté le halloumi (peut être la marque ? N’est ce pas affreusement salé et caoutchouteux ?) mais j’ai adoré la salade.

La salade de base était faite de pousses d’épinards ajoutées à un « mélange printanier ». J’y ai ajouté des framboises, des amandes effilées, copiant une ancienne recette,  avant de disposer sur le dessus quelques tranches de poires que j’avais d’abord fait revenir à la poêle dans un peu d’huile et de sirop d’érable. Délicieux !

Découper et poêler des fruits est un peu fastidieux mais réaliser ce genre de salades ne l’est pas! Devant la mine un peu déconfite du hot-dog qu’était censé amener pour son lunch mon amoureux, j’ai pris le parti de faire un petit quelque chose de plus, pour accompagner.

J’aime ce moment où l’on se retrouve devant le frigo en choisissant tout ce qui pourrait agrémenter au mieux sa salade. Il en a résulté un mélange de feuilles, des fraises, des raisins, du kiwi jaune,  de la fêta, des noix et quelques radis.

Et vous, avez-vous des mélanges pas trop secrets à partager ?

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing

Enthousiasme et sportivité : mon Canada

C’était un rainy sunny day. Un de ces jours typiquement irlandais comme l’été québécois en est ponctué cette année. J’étais arrivée sous un soleil brûlant, regrettant déjà la crème solaire oubliée dans la voiture. La nourriture tout juste sortie des frigos, l’orage a tonné, sonnant le glas du temps d’été et de l’insouciance. Lire la suite

Le joli tipi de « Sur le fil »

tente wigwamUne cabane dans les arbres, une maisonnette dans le jardin, une cachette dans le sous-sol… Je pense que tous les enfants du monde rêvent d’un petit coin à eux. Pour ma part, j’ai fantasmé fort longtemps, petite fille, sur la perspective d’avoir une maison pour enfants. Je salivais devant les mini-demeures, rangées dans un recoin de la jardinerie, sans savoir qu’il s’agissait d’abri de jardin.

J’en ai un, maintenant, d’abri de jardin, et c’est pas pantoute cosy, entre les araignées pis la rare lumière du jour.

Reste que, après avoir hésité entre un coffre à jouets et un cheval à bascule, c’est finalement une cachette que nous avons choisie pour Tempête, pour l’anniversaire de sa première année (+ 10 mois, on est du genre indécis). 

Un tipi. Un merveilleux, somptueux tipi. 

Je l’ai vu s’afficher un jour sur le profil d’une amie. Un tipi fait main pour le petit garçon qui les rejoindra bientôt. Il était parfait! Un abri idéal, un élément déco adorable.

Alors j’ai contacté la créatrice, Valérie, pour connaître la démarche. J’ai donné mes préférences de coloris, elle m’a proposé des tissus. J’ai hésité parce que je voulais qu’ils soient bien coordonnés. Elle m’est venue en aide et m’a conseillée. Nous avons opté pour un coussin de sol, Valérie a sélectionné les motifs adaptés. Choix, approbation, paiement des tissus et du travail, et attente avec de belles images en tête.

tente wigwamMais aucune image n’était aussi jolie que le travail que j’ai eu sous les yeux le jour où B. et moi avons fait la route jusqu’à Mascouche. Il était là, dressé au milieu du salon. Avec ses plumes et son tapis motif écorce. Sa cabane, son refuge. Valérie y avait inclus une poche du même motif que les rabats et nous a offert un toutou tout doux, juste comme ça.

Ça a pris un instant pour le plier, un autre à peine pour le faire glisser dans l’auto. Maintenant il est là, dans sa chambre. Il trône fièrement, rempli de peluches et de coussins en tout genre. Les rabats sont souvent fermés. Tempête y tient des conciliabules secrets, avec sa sœur et ses toutous. Un monde s’invente là, entre 5 pieds et plusieurs morceaux de beaux tissus. 

Comment ça fonctionne? On prend contact avec Valérie, elle vous explique quels choix s’offrent à vous, quelle est la taille du tipi, de quelle façon il est possible de le personnaliser, etc. Vous vous accordez sur des choix de tissus, Valérie le confectionne et elle vous envoie des photos de votre tipi une fois créé! Ensuite, plusieurs possibilités : vous venez rencontrer Valérie directement chez elle à Mascouche et vous récupérez votre tipi, vous vous mettez d’accord avec la créatrice pour qu’elle vous le porte car vous habitez dans les environs, ou vous utilisez une livraison traditionnelle (UPS, …).

tente wigwamCombien ça coûte? Toutes les options sont possibles et le prix diffère en fonction des choix que vous faites. Notre tipi, tel que vous le voyez sur les photos, avec tapis de sol, nous a coûté 187 dollars tout compris.

Et si je ne veux pas de tipi? Allez quand même faire un tour sur la page Facebook de Sur le fil! Cette créatrice aux doigts de fée fait de multiples choses : toutou personnalisé,  couverture, bavoirs, courtepointe,  guirlande de fanions…, et elle est ouverte aux suggestions!

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Dormir 6 heures par nuit (et survivre)

Veille sur toiL’application censée me tenir en forme est formelle : je dors trop peu la nuit. Aujourd’hui, elle m’a carrément fait la leçon : il faut dormir 7 à 10h par nuit sans quoi les batteries s’épuisent plus vite. Je schématise mais c’était le propos. Elle me fait même perdre des points, parce que jour après jour, je m’entête à rentrer le chiffre 6 dans mon compte d’heures dormies.

Eteignez votre cellulaire. Gardez votre chambre fraîche. Réservez votre lit au sommeil et au sexe. Couchez-vous à heures fixes. Elle égrénait les conseils. « Vendez vos enfants ». Voilà ce qu’elle n’a pas dit. Mes enfants sont le meilleur Redbull au monde. A peine l’oeil fermé (le mien), elles se mettent à geindre. Avec une ponctualité confondante. Pas tous les soirs à 11 heures, non. Tous les soirs, 11 minutes précises après que j’ai fermé les yeux.

C’est un art, de la virtuosité à l’état pur. Mieux : c’est une représentation collective. Point de solo, point de violon de tête. Un duo parfait, l’accord piano-voix en démesure majeure. La petite, d’abord. Puis la grande, une heure plus tard. Puis le duo, l’explosion finale. L’apothéose. A 3 heures du matin. Pour une couette mal mise ou une sucette tombée. J’applaudirais si mes mains parvenaient à se rencontrer à cette heure, mais mes yeux clos m’en empêchent.

C’est ainsi que, il y a deux nuits de ça, j’ai désigné la salle de bains à ma fille qui voulait faire pipi à deux heures du matin. « Vas-y chérie ». Sa voix trahissait son doute. « Dans le salon maman? » J’avais les deux yeux encore bien fermés, malgré mon esprit parfaitement clair. Pipi il fallait faire, essuyer l’enfant même j’allais.

Cependant, une nuit sur trois environ, les nuits sont bonnes, complètes, parfaites. Pas de cauchemar, pas d’envie pressante, pas de sucette chue sur le parquet de la chambre. Je coche alors « nuit de qualité » et mon application ronronne de contentement.

Le chiffre 6, lui, reste immuable. Et j’ai longtemps stressé de ce 6 à venir. Rangeant l’épicerie après les courses du soir, jetant assiettes et couverts (ustensiles) dans le lave-vaisselle, pliant le linge familial, l’oeil sur l’horloge et le coeur se serrant. Je n’atteindrais pas le chiffre 7. Pas encore cette fois, pas encore cette nuit.

Et puis je me suis rendue compte. A force d’entendre « je ne sais pas comment vous faites vous les parents qui dormez si peu », à force de prétendre que j’allais dormir debout et d’assurer au boulot, à force de sentir l’adrénaline coulée dans mes veines la douche du matin à peine terminée, j’ai compris que oui, ça allait aller. 6 c’est peu, mais pour le moment c’est assez. J’ai arrêté de stresser et de culpabiliser devant l’heure qui tournait. On peut fonctionner ainsi, on peut avancer, on peut assurer.

Pas pour longtemps, pas pour toujours, même si ça prend quelques nuits ponctuelles de rattrapage où l’on confie cauchemars et pipis nocturnes au bon soin de l’autre parent pour se carapater sur le canapé du salon.

On est capable.

On dormira quand ils seront partis de la maison.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing. Veilleuse : Veille sur toi

« J’ai changé de job » : 6 mois déjà!

Il y a six mois je vous annonçais mon grand changement de l’année 2016 (in extremis) : je changeais de job. De journaliste, métier visé depuis l’adolescence, je suis devenue… Je suis devenue quoi au fait?

Je suis devenue coordonnatrice. Ce qui est cool, avec un titre pareil, c’est qu’il veut tout dire. On lui accole toutes les prérogatives, et toutes les possibilités. Il y a des adjointes administratives qui sont des coordonnatrices, il y a des gestionnaires qui ont des titres de coordonnatrices. Et moi… et bien moi je suis un peu au milieu de tout ça. J’ai un poste pivot, un poste transit, je fais de l’administratif, j’ai une responsable à laquelle je me réfère, je coordonne de l’événementiel et soumet mes recherches à des comités. Je suis les discussions en témoin discret, en CC dans les courriels, en adjointe de réunion. Je documente, je garde, je garde tout. Dans un coin dans ma tête, dans mes cartables/classeurs par milliers. Je synthétise des informations, je dresse des bilans, j’accueille des gens, je pose des questions et anime en duo des tables rondes.

Je suis un membre d’équipe, ce que j’ai toujours ardemment souhaité. Je suis un personnage de l’ombre, comme je l’ai longtemps voulu. Je suis une personne référence, et ça me donne un petit quelque chose au quotidien.

Cela fait six mois. Pas une journée n’a été la même, pas une semaine n’a ressemblé à une autre. Je mesure aussi ma chance. Ce changement, sans expérience. Cette confiance, basée sur mes seules compétences et ma seule envie, n’aurait pas été possible ailleurs, en tout cas pas si facilement. Je suis venue au Canada aussi pour ça, et je suis rassurée de savoir que l’oasis au loin n’était pas qu’un mirage.

Je suis enfin revenue sur mes rails.

-Lexie Swing-

Enfants : les p’tites boutiques de la Rive-Sud

On est bien chanceux sur la Rive-Sud : la Montérégie regorge de belles adresses de boutiques pour enfants indépendantes. Certaines ont les verres Pat’Patrouille dernier cri, d’autres s’orientent plutôt vers l’écolo et le bio, quand des troisièmes ont à cœur de faire découvrir les créateurs québécois, du genre que l’on trouve sur Etsy. Petite liste non exhaustive. Lire la suite

Le petit potager pour les nuls

Ça ne pouvait pas louper : ma tendance BoBo écolo-bio m’a fait déboucher sur la construction d’un potager en carré. Associée à l’incontournable argument « mais siii, ça fera tellement plaisir aux enfants », la plantation de légumes home-grown a eu lieu.

Nous avons Youtubé (du verbe Youtuber, regarder sur Youtube) toutes les informations nécessaires : construction du potager, plantation des légumes, taillage des plants… le tout en mode « mute », tant les digressions et autres fautes de langage sont parfois insupportables.

Rapidement, cependant, sont venues les premières questions : quoi planter? Et combien? Directement en plants? Et ça s’arrose beaucoup?

Vous qui connaissez bien la terre ou possédez votre propre potager depuis longtemps, je sais que vous riez. Mais sachez que c’est exactement le genre de questions que j’ai posées à Hélène et Célia (et elles m’ont répondu très sérieusement!).

Quand j’étais enfant, mes grands-parents possédaient une fermette, à laquelle nous nous rendions les fins de semaine et pendant certaines vacances. Cahin-caha sur les chemins (« tu nous secoues comme des salades », riait alors ma grand-mère), nous allions cueillir les légumes fraîchement poussés. Les rares images que mon esprit a conservées sont celles des haricots qui tanguaient dans la chaudière (le seau) de ma grand-mère.

Pourtant, aujourd’hui, je suis obligée de googler « comment savoir qu’un haricot est mûr ».

Sérieux? Oui, sérieux… Je ne sais pas à quoi sont censés ressembler mes radis une fois prêts à cueillir, ni quand mes poivrons verts vont devenir rouges . Je me pose de vraies questions, ça me remet à ma place d’humain complètement déconnectée de la terre mère, et c’est un peu navrant.

Alors voilà, j’ai un potager. Il fait 1m20 par 1m20, les planches sont en bois non traité, et ça m’a pris deux allers-retours à Home Dépôt pour le remplir jusqu’en haut. Dedans, il y a des petites graines bios des Jardins de l’Ecoumène, commandées en ligne (je recommande, leur choix est incroyable) et des plants issus du Marché Longueuil. Il y a des tomates jujubes (c’est vraiment leur nom), un plant de fraises, des haricots verts, des radis français, des poivrons, des courgettes et pas mal d’herbes aromatiques. A date, on a mangé une fraise, et un écureuil a volé la deuxième. C’est une maigre récolte, mais je suis patiente, je finirai par apprendre. En attendant, les filles ont chacune leur « carré » dédié, dans lequel elles ont planté des radis, des haricots et de la ciboulette. Tempête en a déjà déterré une partie et l’écureuil s’est chargé du reste. Mais les radis résistent…

-Lexie Swing-, qui, entre autres choses, peine à différencier herbes aromatiques et mauvaises herbes

Crédit photo : Lexie Swing

EDIT (dix jours plus tard) : nous avons mangé 8 radis et c’est vraiment le fun de dire aux petites « regarde c’est le radis qui vient de la graine que tu as toi-même – sauvagement et en déterrant ce qu’il y avait autour – planté ». Les premières tomates apparaissent également. Par contre j’ignore toujours si les haricots sont dus et je n’ai aucune espèce d’idée par quel bout sont censées pousser les courgettes… Mais on tient le bon, de bout…

La reprise

cupcakeQuand nous sommes revenus de vacances, c’était un dimanche. Dès le lundi nous reprenions tous le chemin de notre quotidien. C’était un choix, et peut-être pas si mauvais compte tenu du fait que cela a évité aux filles de se morfondre devant la fin des vacances, et à nous de traîner la patte pour retourner au travail.

Le reste a suivi avec un peu plus de mal. Notre jardin était en friche, notre potager attendait ses plants, le sol du salon était toujours en stand-by, etc. Les jours ont défilé avec cette régularité qui rend facilement indolent face au moins nécessaire, comme le blogue.

Mais les semaines ont passé, nous avons rattrapé le retard des jours d’absence et il est temps de replonger. Ce n’est pas un début d’année mais qu’importe. Nous sommes toujours au commencement de quelque chose.

J’ai réfléchi à ce qui me plaisait de lire ailleurs, et j’ai décidé de le souligner un peu plus ici. Un peu plus de quotidien, un peu plus de choses testées que je souhaiterais vous partager (mais ne comptez pas sur moi pour photographier tous mes plats au restaurant, je n’ai pas la politesse d’attendre avant de dévorer), un peu plus de voyages, j’espère, et quelques repères pour les nouveaux arrivants. Un peu plus de chair, en fait. J’ai aussi décidé (enfin) de changer le physique du blogue. Il a une nouvelle coupe tendance, il a pris le soleil du Sud, il a fait du sport, et désormais il se sent mieux. J’espère qu’il vous plaira ainsi.

Il est possible que vous ayez l’impression que je prends un virage écolo-bio-féministe, ou féministo-biocolo-végétarien. Je veux d’abord que vous sachiez que ce n’est pas un virage. Comme je l’ai déjà souligné, le bio m’a longtemps fait rire (je trouvais que c’était une arnaque) et le véganisme (comme ce cupcake) est longtemps resté pour moi un truc d’extrémiste, chose que – comme je ne vous l’ai jamais caché – j’exècre. Il est vrai que j’évolue tranquillement vers ça (c’est pourquoi j’ai ensuite mangé ce cupcake). Parce que l’on change en grandissant, en vieillissant, et que je trouve ça correct. Il y a peu de chances que je me déclare soudainement la grande papesse de la tendance grano du moment. Parce que, chanceux que vous êtes, ce défaut là commence aussi à disparaître avec le temps. Quatre ans et demi de maternité, quatre ans comme immigrée, six mois comme nouvelle employée… Tout ça contribue à redonner un petit coup de boost à mon humilité.

Là où je vais être chiante, certainement, c’est sur l’égalitarisme, le féminisme. Quel que soit le nom qu’on donne à ce mouvement, il est pour moi central, primordial. Il est à la fois ce que je suis et ce que je transmets. Et j’avoue admettre peu les arguments qui vont dans l’autre sens. Je comprends qu’on puisse se sentir moins concerné, parce qu’on ne l’a pas vécu vraiment de discrimination, parce que le couple de ses parents était un couple très égalitaire, parce que l’on a jamais eu l’impression d’être choisie ou refusée pour son physique ou son sexe, parce que personne n’a jamais eu de paroles déplacées… Encore une fois, je ne suis pas extrême. Je ne suis pas susceptible non plus. Je suis une cause perdue. Je ne sais ni tenir correctement un balai ni faire une division de tête (et encore, s’il ne s’agissait que des divisions…). Je ne rentre dans aucune case de genre, je suis trop à gauche, tassée dans un coin, je dépasse, j’étouffe un peu des fois, et je ne me reconnais pas toujours dans les traits que l’on veut me dessiner, mais comme je suis gentille je me contente de sourire et de tourner les talons. La position est inconfortable, elle l’est depuis longtemps, pour beaucoup de femmes, et beaucoup d’hommes, et aussi pour tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans leur genre d’origine. Je veux autre chose pour nous, maintenant, et pour nos enfants, demain. Voilà pourquoi de temps en temps mes articles reviendront sur cette idée. Et pourquoi je continuerai à partager des articles qui font une promotion accessible de l’égalité des genres et des efforts de chacun.

Vous êtes libres de suivre ce qui vous plait, mais ne fermez pas les yeux trop vite. On peut tirer matière à réflexion de tout, même si l’on est pas dans cette tendance, et même si l’on est pas d’accord.

A très vite!

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Galanterie : savoir-vivre ou sexisme?

Une porte à passer et le geste de la main de l’homme qui se tient à mes côtés. Un proche, un inconnu. Qu’importe. Un signe de tête imperceptible. Sa main pour retenir la porte. Son épaule contre la chambranle.

Un ascenseur. Des hommes et des femmes. Des hommes qui s’effacent. Et laissent passer les femmes. Un regard circulaire. Un couloir qui se créé entre les costumes, entre les cravates et les chaussures cirées. Et moi qui le traverse.

Un fonctionnement acquis, une danse qui se répète. Un ascenseur encore. Un seul homme et cinq femmes. L’homme est près de la porte. Il sera le dernier à sortir. De l’épaule il retient le mouvement de mâchoire, la porte qui s’agite, prête à repartir.

On voudrait changer la donne, prendre sa place, être une égale, épaule contre épaule, intelligence contre intelligence. Mais selon toute vraisemblance, l’éducation et l’habitude nous ont plus façonnées que la volonté et les certitudes. Dans mon repère, les femmes sont brillantes et fières, plus égales aux hommes qu’elles ne l’ont jamais été dans beaucoup de sociétés de part le monde. Mais elles acceptent le jeu, jouent leur rôle.

Et quel rôle d’ailleurs? Que font ses hommes qui laissent passer, qui tiennent la porte? Quels arrières assurent-ils? Quel danger retiennent-ils? Comment, même dans cette société bien plus égalitaire que d’autres, la galanterie a-t-elle si bien gardé sa place?

Et que faire, d’ailleurs? Et doit-on faire quelque chose? Est-ce une autre forme de soumission féminine et de domination masculine? Peut-on considérer que seule la volonté d’aider règne ici? Est-ce important, de refuser de valser cette danse?

Je sais ce que vous en pensez, on s’en fiche un peu de tout ça non? Je suis d’accord. Qu’importe la galanterie, elle ne changera pas la face du monde. En tout cas pas aujourd’hui. Mais si elle la changeait, demain? Si la refuser aujourd’hui permettait de promouvoir l’égalité dans dix ans? Si mon refus, accompagné d’un sourire, ou ma propre politesse (« non je vous en prie, vous le premier ») autorisait mes filles, et les vôtres, à être un jour les parfaites égales des hommes? Si ça leur permettait, à elles aussi, d’assurer un jour les arrières d’un homme, de votre fils peut-être, sans qu’il s’en sente diminué mais au contraire rassuré, voire valorisé?

Plus jeune, hier, je me sentais flattée. Aujourd’hui, je m’interroge. Et demain?

Et puis vous, qu’en pensez-vous?

-Lexie Swing-